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Maghreb-Orient des livres 2018

 

 

Plusieurs séances et conférences ont été prises en vidéos consultables sur Youtube:

“Revoir Camus”, café littéraire, 3 février 2018, animé par Yves Chemla, avec Jacques FERRANDEZ, Saad KHIARI, Christian PHÉLINE, Agnès SPIQUEL, Michel THOUILLOT

Jacques Ferrandez, nous donne à voir toute la biographie de Camus dans sa BD sur Le premier homme, qui fait suite à deux autres, sur L’hôte, puis sur l’Etranger(2013). http://coupdesoleil.net/blog/j-ferrandez-letranger-dapres-a-camus/ Cette autobiographie inachevée qu’est Le premier hommenécessite pour Ferrandez un travail de découpage, en s’appuyant sur les notes du livre. Dans la BD, il a fallu supprimer des personnages secondaires esquissés seulement (le frère), mettre en scène le long terme : retour aux années 1848, au Benidorm des origines de la grand-mère, au temps long de la mère à la fois jeune épouse et vieille veuve.

Les autres interventions se concentrent toutes sur l’avant seconde guerre mondiale, moment où se situe L’étranger. Le livre d’histoire de Phéline et Spiquelapprofondit le détail des années 1935- 1937. Ce fut pour les auteurs un bonheur de fouiller les archives (en particulier revenues de Moscou…), de recueillir les témoignages des « filles des » protagonistes de Camus, de retrouver les sociabilités de ces européens de gauches, jeunes étudiants à l’époque comme Camus, et futurs « libéraux » dans la guerre d’Algérie. Ils reconstituent les quelques mois de l’activité, « déviationniste » pour le PCF, de la Maison de la culture et du Théâtre du travail, aventures fondatrices et inoubliables pour Camus. Celui-ci vit là des années de violence politique : l’union nationale que représente pour le PCF le Front populaire implique l’abandon de la solidarité avec les nationalistes algériens. Or, pour Camus, le projet Blum Violette de ce Front populaire (jamais voté ni appliqué), donnant le droit de vote « français » à une minorité de « sujets musulmans », est une première étape qu’il faut soutenir (voir http://alger-mexico-tunis.fr/?p=192 ). Ce que refuse alors Messali Hadj, mais ce qu’en 1939 les Messalistes emprisonnés réclameront. Comme les responsables politiques plus haut placés, Camus est exclus du Parti. Mais c’est déjà un poids lourd intellectuel, si bien que son exclusion évite les cérémonies coutumières alors de dénonciations et de calomnies.

Deux romans relèvent le défi, qui a déjà été le succès que l’on sait avec Kamel Daoud, de donner une suite à L’étranger. Khiari nous donne une première métamorphose du roman, en mettant en scène Marie Cardona, qui réussit à savoir qui est le frère de « l’arabe », le rencontre et mène avec lui un voyage- reportage, pour une introspection sur les deux communautés de « petites gens » qui se sont côtoyées sans vivre ensemble, en espérant une symbiose post-coloniale.

Thouillet donne une autre suite à L’étranger : au lieu d’être condamné à mort (ce qui est effectivement une invraisemblance, certainement assumée par Camus), Meursault découvre dans la prison où il est enfermé à vie le monde des détenus presque tous « musulmans »…, le racisme au quotidien, la montée du nationalisme algérien. On sait qu’au printemps 1939 Camus a demandé la libération des Messalistes emprisonnés.

Nous avions eu une “avant première” de cette séance à l’automne 2017; http://coupdesoleil.net/?s=ferrandez/

Lire aussi sur l’actualité de Camus: http://coupdesoleil.net/blog/albert-camus-un-homme-en-revolte-alessandro-bresolin/

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“En finir avec le patriarcat”, café littéraire, 4 février 2018, animé par Yves Chemla, avec Myriam BLAL, Nadia EL BOUGA, Maya EL HAJJ, Malika HAMIDI

“Exils, migrations, diasporas”, café littéraire, 2 février 2018, animé par Yves Chemla, avec Karim KATTAN, Bahiyyih NAKHJAVANI, Rosie PINHAS-DELPUECH, Habib-Abdulrab SARORI, Catherine WIHTOL DE WENDEN

Ce café littéraire accueille cinq auteurs. N’oublions jamais que dans le monde il y avait en 1900 quelque 5% de gens « immigrés » (c’est-à-dire vivant dans un pays où ils n’étaient pas nés). Ils ne sont plus actuellement que 3,5% : au début du Xxe siècle la mobilité était freinée par les Etats qui empêchaient la sortie de leurs sujets (grands empires autoritaires en particulier). Actuellement ce sont les pays d’accueil qui freinent les entrées. Cette restriction actuelle à la migration des hommes est un paradoxe face aux flux de plus en plus intenses pour les informations, les capitaux, les marchandises.

Catherine Witol de Wenden, dans « Faut-il ouvrir les frontières ? » nous rappelle les 32000 morts en Méditerranée depuis 2000. Proposer plus d’ouverture est banal, alors que dans la migration le réfugié n’est pas un migrant banal, monde où le pauvre est forcément un migrant « clandestin », alors que le riche ou le «qualifié » des pays pauvre voyage normalement avec son passeport. Il faut maintenant être vieux pour se souvenir que avant 1989 le « bloc de l’Est » était le monde dont il était interdit de sortir.

Karim Kattan, ghazaoui, dans « Préliminaire pour un verger futur » nous donne trois nouvelles publiées par Elyzad, le grand éditeur tunisien. Il nous rappelle que le migrant n’est pas toujours un exilé, que ne pas écrire dans sa langue natale est un « pas de côté », qu’un « amour échoué » fait des personnages qui ne voient pasautour d’eux.

Rosine Pinhas Delpuech dans L’angoisse d’Abrahamnous dit que pour elle, migrer a été écrire dans une langue étrangère : sa langue est-elle le turc, le français familier, celui de l’école, ou l’hébreux appris vers 1966 ? ce fut en découvrant un Israël frustre où les kibboutz ne sont déjà plus qu’une queue de comète.

Habib Sarori, dans La fille de Suslovnous montre un Yémen passé du « marxisme léninisme » (où un « intégriste » s’appelle un Suslov) au salafisme. Le héros du livre se sent vivre à la fois dans le monde yéménite et le monde parisien.

Bahiyyih Nakhjavani, dans Eux & nous nous parle de la diaspora iranienne, qui commence bien avant la révolution de 1979. Le départ révèle sans cesse les non-dits familiaux, dans des mondes où la corruption et le vol sont quotidiens. Tous les personnages cherchent leur langue, du Marais à Paris, à Los Angeles, à l’Australie. Il y a des Iraniens partout dans le monde et ils se reconnaissent au coup d’œil dans n’importe quelle rue (comme tous les étrangers dans tous les métros d’ailleurs). Le symbole est de savoir si les tapis sont déployés dans le logis ou roulés dans un coin.

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“Hommage à Maurice Audin”, animé par Nathalie Funès, avec Michèle Audin, Aïssa Kadri, Cédric Villani, le 3 février 2018

Maurice Audin est un mathématicien. Né à Béja (Tunisie, 1932), mort à Alger, 1957, « disparu ». Dans la guerre civile algérienne (1954-1962), l’armée française a été responsable, après leur arrestation, de la disparition de milliers d’hommes (sans doute un maximum, quelque 3000, pendant le premier semestre de 1957, celui de la « bataille d’Alger) : soit morts sous la torture, soit victimes d’exécutions « extrajudiciaires ». Parmi ceux-ci, un seul « européen », Audin.

Celui-ci, fils de gendarme, fait ses études en partie à Autun, mais sutout à Alger, où à l’université il est recruté comme assistant en mathématique. Après sa disparition sa thèse sera cependant soutenue à Paris « en son absence » (Laurent Schwartz rapporteur).

. C’est sa fille, Michèle Audin, mathématicienne membre du groupe OULIPO créé par Raymond Queneau, qui le raconte.

Aïssa Kadri, historien, nous raconte comment Maurice Audin, communiste, est arrété chez lui, conduit au CTT (centre de triage et de transit) d’El Biar, banlieu algéroise : c’est un des quelque 200 lieux de détention, triage, interrogatoire, où opère l’armée française en Algérie. Celui-ci à l’époque est assez « protégé » pour que la Croix Rouge internationale ignore son existence. Henri Alleg, journaliste communiste y est détenu lui aussi, il y reconnaît Audin. Le général Aussaresses, mort en 2013, confirme dans ses mémoires l’ordre d’exécuter Audin.

La place Maréchal Lyautey à Alger prend en 1963 le nom de Maurice Audin. En visite en Algérie, le président Hollande reconnaît l’assassinat d’Audin. Candidat à la présidence, Macron dénonce les exactions de l’armée française en Algérie. Il fera part à Cédric Vilani de sa politique sur ce sujet : pas de « vérité gouvernementale officielle », mais une incitation à un vrai travailsur ces dossiers, y compris sur celui des harkis, ce qui suppose une action croisée des historiens algériens et français, comme une ouverture des dossiers des deux côtés.

Cédric Vilani, mathématicien et médaille Field, député depuis 2017, est fils de pieds noirs d’Algérie, où il fait son premier voyage en 1990. Les blessures de la guerre d’Algérie sont une part de l’histoire commune des deux pays. Il faut panser ces plaies et construire un avenir commun. L’association Maurice Audin s’est scindée en deux actions : une, militante, pour la mémoire et l’élucidation de la disparition : l’avocat Roland Rappaport, mort récemment, y a consacré 60 ans de sa vie. L’autre action, scientifique et de développement, gérée par l’Institut Henri Poincaré : un prix de mathématique est attribué annuellement à deux lauréats de moins de 45 ans, l’un algérien, l’autre français, qui chacun traversent la Méditerranée pour recevoir un prix qui est… ce voyage. La coopération scientifique avec l’Algérie est urgente dans ce pays dont la recherche scientifique est sinistrée par la décennie noire qui a obligé à fuir de nombreux scientifiques, dont la gouvernance scientifique actuelle est faible et dont le nombre d’étudiants demandeurs de visas vers la France est à la hausse.

Dans le public, Georges Morin insiste sur la curiosité des jeunes Algériens pour savoir ce que fut cette guerre vieille de plus d’un demi siècle, ses protagonistes, tant du côté algérien que du côté français. Dans le même sens, une Algérienne qui appartint au Parti communiste algérien rappelle le déni, des deux côtés, de ce que fut le rôle de ce parti qui était composé de gens des deux « communautés ».

Michèle AudinUne vie brève, Paris, Gallimard, coll. « L’arbalète », 2013

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“Musulmans, juifs: manière d’être en contexte laïc”, café littéraire animé par Yves Chemla, avec Rachid Benzine, Mohamed Chirani, Adil Jazouli, Benjamin Stora, Michel Wievorka, le 2 février 2018

En France (60 millions de gens), par rapport à l’Europe, la part des musulmans (quelque 6 millions) et de juifs (quelque 0,6 million) est plus forte qu’ailleurs : parce que le passé colonial de la France lui lègue des Maghrébins musulmans et juifs.

Benjamin Stora montre comment juifs et musulmans de Méditerranée ont quinze siècles d’histoire commune, où cuisines et musiques foisonnent et s’entrecroisent, la séparation advenant non pas par la religion mais par la politique quand les modernisations du XIXe siècle, essentiellement coloniales, sont vécues de façon radicalement différente. Les juifs cessent d’être des dhimi pour se vouloir citoyens, mais de quelle nation ?  Les musulmans construisent leur citoyenneté au sein de nationalismes visant des Etats à constituer, au sein desquels les citoyens sont plus ou moins religieux.

Mohamed Chirani, élevé en France, arrive avec ses parents en Algérie à 6 ans en 1986. En 1994 il lit par hasard en arabe le Protocole de sages de Sion et en parle à son père (illettré…), qui le gifle et lui dit que lire n’importe quoi est nuisible. Il se souviendra du conseil. Comment témoigner que chacun a sa propre loi pour s’approcher de Dieu, dans un pays où la laïcité ouvre un espace à toutes les spiritualités ? Il faut que chacun se souvienne que toutes les civilisations ont leur exil fondateur : fuite hors d’Egypte avec Moïse pour les juifs, hégire pour les musulmans.

Michel Wiévorkaa été étudiant d’Alain Touraine avec Farhad Khosrokhavar : ils ne se sont plus jamais perdus de vue. A partir de leur livre commun, il retrace la trajectoire des juifs de France. Jusqu’aux années 1950 ils étaient devenus des « israélites » républicains, pour qui la religion était affaire strictement privée. Puis ils se redécouvrent juifs, certes républicains, mais fiers de leur parenté avec un Etat nouveau et progressiste, Israël. C’est vers 1980 que le négationnisme pour qui la shoah est un « détail », comme la nouvelle figure d’un Israël agresseur du Liban, les rendent victime d’un nouvel antisémitisme surtout maghrébin. Un nouveaudialogue est à créer : dans la laïcité d’un temps nouveau où les religions existent en France, pas comme dans l’autrefois où  les « israélites » se devaient d’être invisibles…

Rachid Benzinedit qu’en tant d’ex-marxistes il manque la connaissance historique de ce que sont les croyances religieuses. Or nos religieux modernes, dans leurs rêves de pureté et d’authenticité, ignorent le jeet se complaisent dans un nous, celui de notremal pire que celui des autres. Ce sont des analphabètes du religieux, chacun s’occupant de « ma haine, contre moi seul ». Il faut se rappeler que « les religions sont des langues » (Paul Ricoeur) qu’il fau apprendre. Il faut oublier cette « république une et indivisible » qui est une sorte de monothéisme, pour se rappeler qu’il existe trois Abraham, dans chacune des religions du livre.

Adil Jazouli, anthropologue, nous présente son premier roman. Il s’inspire de l’après novembre 2015 à Paris. Il est fait de trois contes juxtaposés qui racontent les amours d’un Gabriel, anthropologue lui-même, libano-égypto-anglais pour qui la laïcité à la française n’a pas de sens et qui s’éprend de trois dames françaises « laïques » de trois origines différentes et qui symboliquement s’appellent Marie, Miriam et Meriem : un roman érotique…

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“Hommage à Mohamed Charfi”, animé par Georges Morin, avec Khedidja Cherif, Ahmed Mahiou, le 3 février 2018.

Mohamed Charfi est un juriste tunisien. Ce militant est co-fondateur de la Ligue des droits de l’homme en Tunisie. Il a été le réformateur de l’éducation en Tunisie en tant que ministre de Ben Ali en 1989.

Georges Morin, qui anime cette séance d’hommage, rappelle ce qu’a été en 1988 la sortie « en douceur » d’un président Bourguiba devenu sénile et l’immense espoir populaire qui porte alors Ben Ali, qui laisse les mains libres à Charfi, « Jules Ferry tunisien », pour révolutionner l’éducation du pays, la moderniser en pourchassant les traces d’islamismes dans les programmes et les manuels scolaires. Georges Morin a découvert Charfi lors d’un voyage à Alger et Tunis avec le premier ministre Jospin en 1987, puis lors de la mission d’élus locaux socialistes français au Maghreb en 1991, juste après la première guerre du Golfe.
Ahmed Mahiou, ex-doyen de la Faculté de droit d’Alger est en somme jumeau de Charfi et aurait dû présenter le livre posthume de celui-ci, Combats pour les lumières. Les deux hommes se sont rencontrés depuis 1970, dans le Comité permanent de coordination maghrébine qui esquisse ses bases d’une communauté des trois pays, bloquée par le problème du saharaoui dès 1975. En 1981 Charfi relance en vain cette coopération en reprenant ce que fut en 1958 la Charte de Tanger pour une association maghrébine : en 1982 une conférence réunit à Tunis quelque 100 participants (deux tabous : la participation de l’historien Mohamed Harbi et … le Sahara occidental), sans qu’une suite positive puisse advenir.

Khedija Cherif nous dit le rôle de Charfi, à partir de 1980, dans l’action de la Ligue des droits de l’homme. En 1985 on y admet des « islamistes », dans une association où les « indépendants non-politiques » sont majoritaires. On y débat de sujets brulants, dont le droit des femmes. Le comité directeur, élu sur proposition de Charfi valide la liberté de conscience, le choix du conjoint, les droits de l’enfant naturel… à une voix de majorité. Depuis la « révolution » de 2011, ces problèmes ne cessent de revenir sur le devant de la scène politique, mais sur ces bases établies depuis 1985.

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“Hommage à Mahmoud Darwich”, poète palestinien, avec Elias Khoury, Farouk Marmad-Bey et les lectures de Rima Slimane et Daria Al Joundi, le 3 février 2018:

Comment Darwich est-il devenu le poète phare de la Palestine ? Un écrivain exigeant qui dispose d’un public très large. Un orateur dont la déclamation était sans égal. A 25 ans, ce poète de la résistance palestinienne est un des rares écrivains nourri de littérature classique, en même temps que créateur d’une poésie moderne. Les commentaires alternent avec la double lecture des poèmes en arabe et de leur traduction en français.

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“Quel avenir pour le Moyen-Orient”, Café littéraire animé par Agnès Levallois, avec Gilbert Achcar, Charles Enderlin, Jean-Pierre Filliu, Hyam Yared, le vendredi 2 février 3018:

Pour Achcar, la région du monde où le plus de facteurs d’instabilité s’accumulent est bien le Moyen Orient : par le nombre des acteurs, mais aussi parce qu’aucun système ne régule l’ensemble. Depuis 2011, l’instabilité politico- ethnique s’est amplifiée vers le social, qu’aucun des pays de la région ne prend en compte. Des oppositions « non violentes » ne sont possibles que face à des régimes gardant un minimum d’humanité, encore possible dans le cas d’Israël, pas dans celui de la Syrie. Sans se laisser aller à de l’optimisme, on peut pratiquer l’espoir, car les nouvelles générations sont partout là, capables de minimiser la violence, en particulier par un travail au sein des armées.

Filiusouligne la rapidité des évolutions récentes. L’exigence de droits de la part des peuples s’impose depuis 1949 dans la région. Les gardiens des statu quo savent qu’ils n’ont plus de marge. Ces gardiens préservent leur rente de situation : rente du pétrole (le mien ou celui de mon voisin), rente de frontière avec Israël, rente de potentiel terroriste exportable. L’exemple clé en est le Sinaï. Croire dans les victoires « anti djihad » est illusoire : sur le territoire syrien stagnent dans des zones que personne ne contrôle quelque 10 000 personnes disponibles pour toute aventure possible. Au cœur des droits des peuples non respectés dans la région : celui des palestiniens. Ce sont maintenant des citoyens qui ont besoin de droits, plus des communautés. Aux médias de montrer la non violence qui se constitue peu à peu et qui n’est pas spectaculaire [voir son livre: http://coupdesoleil.net/blog/filiu-generaux-gangsters-et-jihadistes/

Enderlin rappelle que c’est dès 1969-70 que Israël a soutenu le Hamas. La droite israélienne  a pour vision un sionisme religieux, mis en place dès 1979 (traité avec l’Egypte), pour coloniser l’ensemble du territoire. Le cadastre établi en territoires occupés détermine les terres « libres » domaniales et a permis l’installation de 400 000 colons [+ 600 000 isreliens à Jérusalem est]. Personne dans le monde ne soutient aucune solution négociable, sauf le maintient d’une « autorité palestinienne », qu’on soutient seulement en payant ses fonctionnaires de police. Mais la crise monte avec des associations de démobilisés israéliens et de jeunes palestiniens démocrates.

A travers son roman Yaradmet en scène l’autorité patriarcale : comment exister comme peuple, comme nation, dans ce monde « post ottoman ». Au Liban chaque « communauté », sans aucun consensus, entretient une cacophonie de petites dictatures patriarcales. Le film L’insulteillustre l’amenuisement des espaces de liberté intellectuelle. Au cœur du problème, le statut des femmes. On est loin des conquêtes tunisiennes au Liban, où quand même depuis peu une femme peut se plaindre de violences devant un policier, et non pas seulement devant un tribunal religieux.

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“Actualité du Golfe”, Table ronde animée par Alain Gresh, avec Laurent Bonnefoy, Philippe Gunet, Fatiha Henidazi, et Stéphane Lacroix, le 3 février 2018

L’extrême diversité des Etats qui composent cette région explique la complexité des interventions. Fathia Henidazi ouvre le panorama en rappelant ce que fut l’échec partiel dès le départ du Conseil de coopération du Golfe en 1981, face à l’Iran : l’impossibilité de créer une monnaie commune. Laurent Bonnefoy centre son exposé sur le problème yéménite, un Etat sans consistance héritant en 2011 d’un sultanat en place depuis 30 ans, où l’action du grand voisin saoudien est depuis 2015 aussi couteuse qu’incertaine. Stéphane Lacroix expose toutes les facettes de politiques menées au nom de l’Islam, dans des sociétés où le politique est inclus à l’intérieur du religieux. Le salafisme y est au départ une piété extrême foncièrement apolitique. Les mouvements politiques « islamistes » se positionnent face à des Etats extrêmement différents (modernisme militaire nassérien, monarchies aux conservatismes fondés sur des bases différentes). En commun, l’urgence d’agir face à de possibles « printemps arabes » à partir de 2011.

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“Mouloud Ferraoun, journal”, Lecture par les comédiens de la Compagnie du dernier étage, 2 Février 2018

Mouloud Ferraoun, assassiné en 1962 par l’OAS avec cinq autres collègues des Centres sociaux créés par Germaine Tillion, est né en 1913 en Kabylie, où il est élève à l’école primaire. « Je suis un algérien kabyle de culture française ». Elève au collège de Tizi Ouzou, il est logé chez un pasteur protestant, il pratique le scoutisme. Il entre par concours à l’Ecole normale d’instituteurs de la Bouzareah (Alger), ce qui le met en contact avec l’écrivain Emmanuel Roblès. Il enseigne dans son propre village puis dans d’autres lieux de Kabylie puis à Alger.

En 1957, il est nommé directeur de l’école du Clos Salembier à Alger, puis entre aux Centres sociaux, mal vus du FLN, de l’armée française et plus encore de l’OAS. En 1957 il commence à écrire son journal, destiné à être publié. Peu de jours avant sa mort il donne à Emmanuel Roblès le manuscrit « brut », publié vite aux Editions du Seuil : un document essentiel sur le vécu de la guerre, tant en Kabylie qu’à Alger.

Les extraits de son texte lus ici sont suivis de la lettre envoyée par le fils de Mouloud ferraoun à Roblès juste après la mort de l’auteur.

Pour une mise en scène antérieure du Journal de Mouloud Feraoun:

http://alger-mexico-tunis.fr/?p=312

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“Villes plurielles d’Orient” Café littéraire, 4 février 2018, animé par Akram Belkaid, avec  Nedim GÜRSEL, Bernard HOURCADE, Salam KAWAKIBI, Frank MERMIER

Les quatre intervenants nous parlent de Téhéran, Istamboul, Alep et du couple Sanaa/ Aden. Pour répondre à plusieurs questions ; caractères saillants de la ville, comment la « reconstruire » ou mettre fin à ses fractures, comment la comparer à une homologue hors de l’Orient ?

Téhéranest une ville jacobine où une moyenne bourgeoisie pieuse ne cesse de résister à un Etat, avant comme après la révolution de 1979. Sanaa(traditionnelle, devenue cosmopolite) et Aden(colonie britannique de 1839 à 1967) sont les capitales d’un territoire qui n’est qu’exceptionnellement un Etat. Istamboul(Byzance, Constantinople) a été capitale de deux empires fondamentaux et les stambouliotes plaisantent : quand aime-t-on Ankara (la capitale) ? quand on la quitte pour revenir à Istamboul… Alepn’existe plus. Elle a été capitale de la route de la soie, multi-religieuse et cultivée, marginalisée par l’ouverture du canal de Suez (1869) puis par la création d’une Syrie (1920-28).

Les comparaison fusent : Téhéran avec Paris, Alger avec Naples et Marseille, Istamboul avec Venise « deux villes narcissiques », Sanaa avec Damas, Alep avec Jérusalem.

Les fractures et les destructions sont un refrain pour les villes évoquées, comme pour Beyrouth dont le centre, reconstruit après sa destruction en 1975-90, n’est plus en rien le lieu de convergence des communautés. Au pire les trésors de patrimoine architectural sont détruits, au mieux ils sont préservés comme musées, pas comme lieux de vie. Pour ces villes dont les centres sont dégradés, la croissance d’immenses périphéries est le plus souvent ignorée, voire niée par les autorités urbaines comme par les élites. Même si depuis 1979 à Téhéran sont nés 800 centres commerciaux « modernes », la capitale commerciale de l’Iran est à Dubaï et les familles « d’en haut » ignorent que dans l’immense banlieue pauvre du sud la majorité des femmes travaillent, révolution fondamentale. A Istamboul on veut ignorer que la véritable conquête par l’Anatolie ne date pas du 15esiècle, mais de la construction des trois ponts sur le Bosphore. « Ceux de la haute » à Alep, récemment, ignoraient où était l’Université et ne comprenaient pas l’installation du centre scientifique français dans la vieille ville. Aden garde son image de mélange social et de cosmopolitisme face au tribalisme.

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« Vivre dans l’Empire ottoman », table ronde avec Isabelle GRANGAUD, Nora LAFI, Robert SOLÉ, Marie-Carmen SMYRNELIS, Isik TAMDOGAN (Modération : François GEORGEON)

L’Empire ottoman s’est étendu de l’Algérie aux Balkans et à l’Anatolie sur six siècles, en un système organisé surtout dans des villes, par une vie intercommunautaire aussi complexe que les vies intracommunautaires de chaque groupe. Ce système se décompose au XIXe siècle, rongé par les nationalismes balkaniques et maghrébins. Là où l’Europe voit dans cet Empire un « homme malade », les souvenirs internes révèlent une nostalgie pour un « vivre ensemble » harmonieux.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des occidentaux « se faisaient turcs », c’est-à-dire se convertissaient à l’islam, entre autre pour participer à un pouvoir politique très particulier, puisqu’il n’y avait pas de dynastie héréditaire, la caste des soldats descendant de femmes esclaves ; ces soldats ont une solde, essentielle à leur statut.

La société ottomane est fondamentalement inégalitaire (clivages : nomades/ sédentaires, ruraux/ urbains, étrangers/ citadins, non-musulmans/musulmans). Elle est composée de communautés solidairement responsables (villages, quartiers urbains), vis-à-vis du pouvoir. L’invention au XIXe siècle de la citoyenneté individuelle casse ce système. Avec des moyens d’accéder à la justice très inégaux, tous les sujets, femmes et esclaves inclus, ont droit de réclamer : aux archives d’Istamboul on trouve une infinité de pétitions écrites dans une multiplicité de langues. Les conflits étaient réglés par les chiouk dans des palabres (pour celles-ci, le terme de chikaia a été repris par les pouvoirs coloniaux français au Maghreb). A Smyrne, la co-existence concrète entre communautés concernait les fêtes, les affaires, mais aussi les mariages, surtout dans les couches sociales élevées.

La plus ancienne fracture de l’Empire est la destruction de l’Etat des Mamelouks en Egypte, par Bonaparte : au Caire il fait bruler les portes des quartiers, dont les notables perdent leur légitimité. Puis Mehemet Ali ouvre la nahda, modernisme de la technique et de la citoyenneté. A Alger aussi les quartiers sont cassés par les français en 1830 : les noms de quartiers cessent de donner leur identité aux maisons, pourvues d’un nom de rue avec un numéro.

L’Egypte se détache peu à peu de l’Empire, avec la décision symbolique, dès 1850, de construire le Canal de Suez (inauguré en 1869). L’introductions d’écoles étrangères, surtout catholiques, sert à former les nouvelles élites, le nouvel Etat s’endette : il se sépare officiellement de l’Empire en 1914.

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A mesure des envois de nos militants et amis, les commentaires sur les manifestations du MODEL nous arrivent:

A propos du livre de Jean-Pierre Filiu, Généraux, gangsters et jihadistes

Filiu: généraux, gangsters et jihadistes

 

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Le MODEL 2018 est présenté en vidéo par les présidents des deux associations organisatrices, Coup de soleil et IReMMO: 

https://www.youtube.com/watch?v=NFgdkBXhDYw

 

Affiche :

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Communiqué de presse :

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LE PROGRAMME

(au 25-01-2018)

 

Le chronogramme de la manifestation :

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Index alphabétique des auteurs présents :

(les éditeurs sont généralement en France, sauf indication: DZ=Algérie, MA=Maroc, TN=Tunisie)

ABDESSEMED Charaf : Et s’ils étaient restés ? – Balland

ACHCAR Gilbert : Symptômes morbides. La rechute du soulèvement arabe – Actes Sud

ADIMI Kaouther : Nos richesses – Le Seuil samedi 3 –

ADNANI Razika : L’islam : quel problème ? Les défis de la réforme – Upublisher

AKOUCHE Karim : La religion de ma mère – Ecriture

AL JOUNDI Darina : Prisonnière du Levant – Grasset

ALCARAZ Emmanuel : Les lieux de mémoire de la guerre d’indépendance algérienne – Karthala

ALDEGUER Hélène & GRESH Alain : Un chant d’amour : Israel-Palestine, une histoire française – La Découverte

AUDIN Michèle : Une vie brève – Gallimard

AZOULAI Nathalie : Les spectateurs – P.O.L.

BADER Ali : Vies et morts de Kamal Medhat – Le Seuil

BAKIR Sabrina : La théiere magique – L’Harmattan

BANLIEUE-PLUS (Collectif) : Miroirs de vies – Le Lamantin

BEDOS Guy : A l’heure où noircit la campagne – Fayard

BEGAG Azouz : La faute aux autres – L’Esprit du temps

BELASKRI Yahia (dir) : Mohammed Dib, un écrivain de lumière – Sedia (DZ)

BELKAID Akram : Pleine lune sur Bagdad – Erick Bonnier

BELQAID Moulay-Bachir : Réflexions sur la laïcité arabe – Erick Bonnier

BENBEKHTI Omar : Qui peut mettre fin au terrorisme ? L’Euro-Méditerranée à l’épreuve des faits – Riveneuve

BENSLAMA Fethi : Le jihadisme des femmes : pourquoi ont-elles choisi Daesh ? – Le Seuil

BENYAHIA Racim-Bey : Carnet des trois voyageurs – Dalimen (DZ)

BENZINE Rachid : Finalement, il y a quoi dans le Coran ? – La boîte à Pandore

BERERHI Abdelhak : Itinéraires – Nécib (DZ)

BESSIS Sophie : Les Valeureuses – Elyzad (TN)

BESTANDJI Taoufik : L’Algérie en musique – L’Harmattan

BEY Maïssa : Surtout ne te retourne pas – L’Aube

BINEBINE Mahi : Le fou du roi – Stock

BLAL Myriam : Le baiser du ramadan – Bayard

BLANC Pierre : L’invention tragique du Moyen Orient – Autrement

BONNEFOY Laurent : Le Yémen. De l’Arabie heureuse à la guerre – Fayard

BOUCHERON Patrick : Histoire mondiale de la France – Le Seuil

BOUDJEDIA Nor Eddine : Fin de journée au paradis – Anne Carrière

BOURGES Hervé : Dictionnaire amoureux de l’Afrique – Plon

BOUVET DE LA MAISONNEUVE Fatma : Une Arabe en France – Odile Jacob BOUYERDENE Ahmed : La guerre et la paix : Abd-el-Kader et la France (1847-1852) – Vendémiaire

BOZARSLAN Hamit : Qu’est-ce qu’une révolution : Etats-Unis, France, Monde arabe – Le Cerf

BRAHIMI Denise : Qui a créé l’Occident ? : XIXe et XXe siècles – Petra

BRANCHE Raphaëlle : L’embuscade de Palestro – La Découverte

BROMBERGER Christian : La Méditerranée, entre amour et haine – L’Aube

CAUBET Dominique : Jil Lklam – Sirocco (MA)

CAZENEUVE Bernard : Chaque jour compte – Stock

CHÂABANE Nadia : Tunisie 2ème République. Chronique d’une constituante 2011-2014 – Démeter (TN)

CHAMI Yasmine : Mourir est un enchantement – Actes Sud

CHARFI Faouzia : Sacrées questions – Odile Jacob

CHEDDADI Abdesselam : Ibn Khaldoun : une biographie romancée – La Croisée des chemins (MA)

CHETTI Mourad : Berbères, Le pays des Massylès – Casbah (DZ)

CHIRANI Mohammed : Islam de France : la République en échec – Fayard

COURBAGE Youssef – Le rendez vous des civilisations – Le Seuil

DAOUD Kamel : Zabor ou Les psaumes – Actes Sud

EL BOUGA Nadia : La sexualité dévoilée – Grasset

EL HAJJ Maya : Burkini – Erick Bonnier

ELKHARRAZ Osman : Confessions d’un acteur déchu : de L’Esquive à la rue – Stock ENDERLIN Charles : Au nom du Temple – Le Seuil

FADEL Youssef : Un oiseau bleu et rare vole avec moi – Actes Sud

FECIH Malika : Gaïs ou la renaissance – Dalimen (DZ)

FERRANDEZ Jacques : Le premier homme – Gallimard

FILIU Jean-Pierre : Généraux, gangsters et jihadistes – La Découverte

GEISSER Vincent : Musulmans de France : la grande épreuve – L’Atelier

GEORGEON François : Le mois le plus long. Ramadan à Istanbul – CNRS Editions

GHARBI MECHAKRA Yasmina : Sonia, le calvaire au féminin – Média-Plus (DZ)

GIRAUD Brigitte : Un loup pour l’homme – Flammarion

GUEMRICHE Salah : Petit dico à l’usage des darons et des daronnes… – Le Seuil

GUERZIZ Naïma : La sorcière Microba – Thot

GÜRSEL Nedim : Le fils du capitaine – Le Seuil

GYPS & DAHMANI Lounis : Oualou en Algérie – La boîte à bulles

HADDAD Gérard : Monsieur Jean – Zellige

HAMIDI Malika : Un féminisme musulman, et pourquoi pas ? – L’Aube

HAMISULTANE Maï-Do : Lettres à Abel – La Cheminante

HAYTHAM, HÉNIN Nicolas & PARK Kyungeun : Haytham, une jeunesse syrienne – Dargaud

HIMMICH Bensalem : Ma tortionnaire – Erick Bonnier

HOUDAÏFA Hicham : Extrémisme religieux : plongée dans les milieux radicaux au Maroc – En toutes lettres (MA)

HOURCADE Bernard : Géopolitique de l’Iran Les défis d’une renaissance – Armand Colin

HUGEUX Vincent : Kadhafi – Perrin

HUMAYDAN Iman : Cinquante grammes de paradis + Beyrouth noir – Gallimard

HUSSAÏN Fawaz : Le rêveur des bords du Tigre – Les Escales HUNTZINGER Jacques : Initiation à l’Islam – Le Cerf

JAZOULI Adil : Marie, Meriem, Myriam – La boîte à Pandore

KACIMI Mohamed : Jours tranquilles à Jérusalem. Chroniques d’une création théâtrale – Riveneuve

KACIMI Samir : L’amour au tournant : roman – Le Seuil

KAHN Francine : Loin de Fès dispersés – Virgule Editions (MA)

KAOUAH Abdelmadjid : Diwan du jasmin meurtri – Chihab (DZ)

KASSOUL Aïcha : La colombe de Kant – Casbah (DZ)

KATTAN Karim : Préliminaires pour un verger futur – Elyzad (TN)

KHADHER Ridha & GUERZIZ Naïma : La baguette de la République – Fauves

KHIARI Saad : Le soleil n’était pas obligé – Hibr (DZ)

KHOURY Elias : Je m’appelle Adam – Actes Sud

KOUBAA Laïla & JANSSENS Laura : Plus profond que l’océan – Steinkis

KRIEGEL Danièle : La Moustache de Staline – Le Seuil

KSIKES Driss : Le match + 180 degrés (théâtre) – Presses universitaires de Bordeaux KUPFERSTEIN Daniel : Les balles du 14 juillet 1953 – La Découverte

LABTER Lazhari : Hiziya princesse d’amour des Zibans – El Ibriz (DZ)

LAREDJ Waciny : La maison andalouse – Actes Sud

LARKECHE Seddik : Le poison français – ENA

LAROUI Fouad : L’insoumise de la porte de Flandres – Julliard

LAROUSSI Houda : Tunisie 2011-2014 : radioscopie d’une entrée en révolution – L’Harmattan

LE DANTEC Jean-Pierre : Le disparu – Gallimard

MABROUK Sonia : Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille – Flammarion

MAHMOUDI Halim : Petite maman – Dargaud

MANAÏ Yamen : L’amas ardent – Elyzad (TN)

MANSOURI Saber : Une femme sans écriture – Le Seuil

MERMIER Frank : Récits de villes, d’Aden à Beyrouth – Actes Sud

MESSAOUDI Samia (avec Mustapha HARZOUNE) : Barbès Café – Au nom de la mémoire

METREF Arezki : Mes cousins des Amériques – Koukou (DZ)

M’FADDEL Naïma : Et tout çà devrait faire d’excellents Français : dialogue sur les quartiers – Le Seuil MOUHOUD El Mouhoub : L’immigration en France : mythes et réalités – Fayard

M’RAD Hatem : Révolutions arabes et jihadisme – Nirvana (TN)

NAKHJAVANI Bahiyyih : Eux & nous – Actes Sud

NEDALI Mohamed : Evelyne ou le djihad – L’Aube

NESROUCHE Nouri (avec Djiali KAYS) : Constantine, mémoire, patrimoine et passion – Chihab (DZ)

OSMAN Khaled : La colombe et le moineau – Vents d’ailleurs

PANCRAZI Jean-Noël : Je voulais leur dire mon amour – Gallimard

PHÉLINE Christian & SPIQUEL Agnès : Camus, militant communiste : Alger 1935-1937 – Gallimard

PINHAS-DELPUECH Rosie : L’angoisse d’Abraham – Actes Sud

RAHAL Malika : L’UDMA et les Udmistes – Barzakh (DZ)

RIMA Barrack : Beyrouth : la trilogie – Alifbata

SADOUN Mohamed : Débâcle – Casbah (DZ)

SANSON Hervé (avec Albert MEMMI) : Penser à vif : de la colonisation à la laïcité – Non Lieu

SANTAKI Rachid : La légende du 9-3 – Ombres noires

SARORI Habib Abdulrab : La fille de Suslov – Actes sud

SEFRIOUI Kenza : Le livre à l’épreuve : les failles de la chaîne au Maroc – En toutes lettres (MA)

SHALITA Rachel : Comme deux sœurs – L’Antilope

SHENNAWY M., MACARON R. & KAY J. : La nouvelle bande dessinée arabe – Actes Sud

SINOUÉ Gilbert : Averroès ou le secrétaire du diable – Fayard

SMAÏN : Les pensées de Smaïn – Fortuna

SOLÉ Robert : Ils ont fait l’Egypte moderne – Perrin

STAMBOULI Najib : Le fils à maman – Casbah (DZ)

STORA Benjamin : Juifs, musulmans la grande séparation – L’Esprit du temps

TANNOUS Manon Nour : Chirac, Assad et les autres : les relations franco-syriennes depuis 1946 – PUF

THOUILLOT Michel : L’affaire Meursault – L’Harmattan

TIAB Ahmed : Pour donner la mort, tapez 1 – L’Aube

VIDAL Dominique : Antisionisme = antisémitisme ? – Temps présent

VILLANI Cédric : Les Rêveurs lunaires: Quatre génies qui ont changé l’Histoire – Gallimard

WIEVIORKA Michel : Les juifs, les musulmans et la République – Robert Laffont

WIHTOL DE WENDEN Catherine : Faut-il ouvrir les frontières ? – Presses de Sciences Po YACINE Tassadit : Souviens-toi ramier. Contes d’amour kabyles – Non lieu

YARED Hyam : Tout est halluciné – Fayard

ZAOUI Amin : L’enfant de l’œuf – Le Serpent à plumes

ZEITOUN Paul : C’était hier à Tunis – Anfortas

ZUBER Valentine : La laïcité en débat : au-delà des idées reçues – Le Cavalier bleu

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Les cafés-littéraires :

7 cafés littéraires ont permis de présenter les livres de 32 écrivains :

Les modérateurs de ces manifestations ont été Yves CHEMLA, Agnès LEVALLOIS et Akram BELKAID

« Musulman, Juif : manières d’être en contexte laïc » Rachid BENZINE, Mohamed CHIRANI, Adil JAZOULI, Benjamin STORA, Michel WIEVIORKA

« Exils, migrations, diasporas » Karim KATTAN, Bahiyyih NAKHJAVANI, Rosie PINHAS-DELPUECH, Habib-Abdulrab SARORI, Catherine WIHTOL DE WENDEN

« Quel avenir pour le Moyen-Orient ? » Gilbert ACHCAR, Charles ENDERLIN, Jean-Pierre FILIU, Hyam YARED

« Revoir Camus » Jacques FERRANDEZ, Saad KHIARI, Christian PHÉLINE, Agnès SPIQUEL, Michel THOUILLOT

« En finir avec le patriarcat ? » Myriam BLAL, Nadia EL BOUGA, Maya EL HAJJ, Malika HAMIDI.

« Écrire sa Tunisie » Faouzia CHARFI, Houda LAROUSSI, Laïla KOUBAA, Sonia MABROUK, Paul ZEITOUN

« Villes plurielles de l’Orient », Nedim GÜRSEL, Bernard HOURCADE, Salam KAWAKIBI, Frank MERMIER

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 Les entretiens :

Les entretiens ont été préparés et réalisés par Catherine PONT-HUMBERT. Celle-ci a accueilli 27 écrivains, qui présentaient leur livre récent. Ils sont ici par ordre chronologique :

Ali BADER, Fethi BENSLAMA, E.M. MOUHOUD, SMAÏN, Fawaz HUSSAÏN Iman HUMAYDAN, Hervé BOURGES, Jean-Noël PANCRAZI, Bernard CAZENEUVE, Mohammed SHENNAWY, Rachel SHALITA, Waciny LAREDJ, Ridha KHADER & Naïma GUERZIZ, Brigitte GIRAUD, Ahmed TIAB, Kamel DAOUD, Khaled OSMAN, Patrick BOUCHERON, Vincent HUGEUX, Fouad LAROUI, Nathalie AZOULAI, HAYTHAM, Saber MANSOURI, Mohamed KACIMI, Mahi BINEBINE, Maï-Do HAMISULTANE, Guy BEDOS

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Les tables-rondes :

5 tables rondes ont traité de grands thèmes contemporains :

« Vivre dans l’Empire ottoman » avec Isabelle GRANGAUD, Nora LAFI, Robert SOLÉ, Marie-Carmen SMYRNELIS, Isik TAMDOGAN (Modération : François GEORGEON)

« Actualité du Golfe » avec Laurent BONNEFOY, Alain GRESH, Philippe GUNET, Fatiha HENI-DAZI, Stéphane LACROIX

« Les nouvelles dynamiques à l’œuvre en Tunisie » , avec Yagoutha BELGACEM, Nadia CHÂABANE, Fatma CHERIF (Modération : Saber ABBES)

« 40 ans de politique de la ville, et maintenant ? » avec:Azouz BEGAG, Osman ELKHARRAZ, Naïma M’FADDEL (Modération : Nora HAMADI)

« Émergence des auteurs du Maghreb dans l’édition française », avec Maïssa BEY, Elisabeth DALDOUL, Marie DESMEURES, Louis GARDEL (Modération : Nadia AGSOUS)

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Les rencontres hommages :

HOMMAGE A MOHAMED CHARFI, Intervenants : Khedija CHERIF, Ahmed MAHIOU, Modération : Georges MORIN

HOMMAGE A MAHMOUD DARWISH, Intervenants : Elias KHOURY, Farouk MARDAM-BEY, Lectures de textes par Rima SLIMANE (en arabe) et Darina AL JOUNDI (en français)

HOMMAGE A MAURICE AUDIN, Intervenants : Aïssa KADRI, Cédric VILLANI Modération : Nathalie FUNES

 

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Les cartes-blanches :

CARTE-BLANCHE aux revues Confluences-Méditerranée, Orient XXI et Moyen-Orient, avec Pierre BLANC, Alain GRESH et Guillaume FOURMONT.

CARTE-BLANCHE au Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), avec Marie POINSOT et Fathia KOUES,

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Les rencontres jeunesse :

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Les lectures :

Les lectures sont préparées et réalisées par les comédiens de la Compagnie du dernier étage (Louise Bataillon, Nicolas Hardy, Edouard Hureau, Daniel Trubert)

TEXTES DE DRISS CHRAIBI, extraits de Succession ouverte (Gallimard, 1962)

TEXTES DE MOULOUD FERAOUN, extraits de Journal (Le Seuil, 1962)

TEXTES D’ABDELWAHAB MEDDEB, extraits de Portrait du poète en soufi (Belin, 2014)

TEXTES D’ABDELKEBIR KHATIBI, extraits de La mémoire tatouée (Denoël, 1971)

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Revues invitées

(Salon Bertrand)

4 revues maghrébines : – Naqd (DZ) ; – Insaniyat (DZ) ; – Zamane (MA) ; – IBLA + IRMC (TN)

9 revues françaises : – Africultures ; – Algérie littérature action (+ Marsa éd.) ; – Confluences-Méditerranée ; – Écarts d’identité ; – Étoiles d’encre (+ éd. Chèvrefeuille étoilée) ; – Expressions maghrébines ; – Hommes et migrations ; – Horizons maghrébins ; – Migrance ;

5 revues et magazines partenaires : – Au nom de la mémoire ; – Le Courrier de l’Atlas ; – Le 1 ; – Orient XXI ; Salama

Expositions

(peinture, calligraphie)

 

Les peintures de Tunisie et d’Irak proviennent de la collection de Mohamed AMOURI, président de la chaîne Hasdrubal Thalassa Hotels (Tunisie), et sont présentées par Faïrouz Amouri et Khelil Gouia : Aly BEN SALEM (Tunisie), Hassan ABDALWAN (Irak), Ridha BETTAIEB (Tunisie), Mohamed MAHREDDINE (Irak), Nejib BELKOUDJA (Tunisie), Rafaa NASSIRI (Irak), Abderrazak SAHLI (Tunisie), Fakher MOHAMED (Irak), Mahmoud SEHILI (Tunisie), Dhia KHOYUZAI (Irak), Rafik EL KAMEL (Tunisie), Dhia AL AZZAWI (Irak), Dhia AZZAWI (Irak).

Brahim KARIM, « notre » calligraphe habituel est originaire du Sud-marocain et a longtemps vécu à Fès, ville de tradition et de spiritualité, où la calligraphie est omniprésente. Il exécute sur son stand des calligraphies à la demande de celles et ceux qui le souhaitent.

Les peintures d’Algérie, présentées par Zahia GUELIMI, de la galerie Dar El Kenz à Alger sont de : Ilyes BELKAID, Amar BRIKI, Adlane DJEFFAL, Djanet DAHEL, H’CISSEN, Mustapha KHELIFI, Feriel KOUADRIA, Mohamed LARABA, Mohamed OULHACI, Abdelhalim SELAMI, Rachid TALBI

Des peintures de Layachi HADADI, peintre plasticien originaire de Béjaia, Algérie

Des créations de Maiza LOUBNA artiste dessinatrice, créatrice de colliers-collages et de bijoux, originaire de Béjaia, Algérie

Des calligraphies réalisées par : Abdelkrim BENBELKACEM, artiste né dans la région de Souk-Ahras, et installé en région parisienne. Son art s’appuie sur des textes poétiques et philosophiques.

 

Et vous pouvez retrouver quelques uns de nos auteurs invités pour Février 2018: http://coupdesoleil.net/blog/model-2018-nous-avancons-et-nous-recuperons-la-memoire-anterieure/