Assia Djebar au Centre culturel Algérien, juin 2015

Samedi 13 juin 2015 à partir de 11h – Paris

Académie Française

Académie Française

Journée d’étude et de lecture: « L’œuvre d’Assia Djebar dans la langue de l’autre » Organisé par le Cercle des amis d’Assia Djebar en partenariat avec le Centre culturel algérien. Pour célébrer les dix années de la création du Cercle des amis d’Assia Djebar, l’association organise sa seconde journée d’étude et de lecture au Centre culturel algérien à Paris. La première journée avait eu lieu il y a cinq ans au Reid Hall, Centre culturel américain de Columbia University. Assia Djebar qui nous a tristement quittés le 6 février dernier était notre invitée d’honneur. Cette nouvelle journée se doublera d’un hommage qui lui sera rendu avec la présence et la participation de sa fille, Jalila Imalhayène-Djennane.

L’œuvre d’Assia Djebar a été traduite dans une vingtaine de langues. Le premier traducteur dans l’œuvre est l’écrivaine elle-même. Tout au long de son chemin d’écriture, Assia Djebar a cherché à écrire l’oralité féminine algérienne arabe et berbère dans la langue française. Cette transposition d’une langue à l’autre fait naître la question suivante : comment transformer cette oralité par écrit avec sa rythmicité particulière et ses silences, dans la langue du colonisateur, définie ensuite par elle comme la langue de l’autre, tout en ayant conscience que la langue originelle perd inéluctablement de sa substance poétique et musicale ? Pour combler cette insuffisance et dépasser cette limite, elle est passée par le cinéma. « L’image-son » lui a permis de réintroduire cette oralité première afin de circuler entre quatre langues : le berbère, l’arabe dialectal, l’arabe classique et le français selon la réalité algérienne d’hier et d’aujourd’hui qui n’a jamais connu de monolinguisme.

La complexité de la démarche de traduction dans le cas de l’œuvre d’Assia Djebar sera le sujet de cette rencontre. Comment les traducteurs ont travaillé la transposition des univers culturels propres à la société algérienne de manière à trouver leur équivalent dans une autre langue. Cet équivalent est nécessaire pour le lecteur afin de pénétrer dans des univers qui lui sont probablement étrangers. L’étude des rapports entre les langues permet d’approcher ces notions d’interprétation, de transposition, d’équivalence, de circulation ou de passage. Elle implique de s’interroger sur les pratiques de la lecture, les discours critiques, les contextes littéraires et historiques de production et de réception.

Traduire une œuvre permet de la rendre accessible à un lectorat plus large. Cette démarche implique le partage et la transmission, ce qui amène à réfléchir sur les enjeux poétiques et politiques de cette œuvre dans la « littérature-monde ».La journée réunira plusieurs intervenants dans différentes langues comme l’espagnol, le turc, l’allemand, l’arabe, l’anglais, le japonais, etc. Une communication inaugurale posera les jalons théoriques de cette réflexion sur la traduction et le passage d’une langue à (ou dans) une autre, d’une culture à une autre. Des temps de lecture de l’œuvre dans les différentes langues présentes lors de cette journée vont ponctuer les interventions. Les extraits choisis par les intervenants seront lus par eux dans la langue de la traduction. La version originelle sera portée par un comédien et une écrivaine et journaliste. A l’issue de cette journée, le film documentaire écrit par Assia Djebar et Malek Alloula et réalisé par l’écrivaine, La Zerda ou le chant de l’oubli, sera projeté, suivi d’une table ronde autour des questionnements liés à l’usage de différentes langues dans le film.

Où ? CCA (Centre culturel algérien) 171 rue de La-Croix-Nivert, PARIS 15ème

(extrait de l’agenda culturel hebdomadaire de Coup de soleil)