Archives Lire, voir, écouter



Alger, ombres et lumières

la grande posteAlger, ombres et lumières,

exposition de photographies de Habib Boucetta à Paris

Exposition du 4 décembre 2015 au 05  janvier 2016

 

De la Casbah à la ville européenne, entre ombres et lumières, Alger apparait comme un lieu de contrastes que la proximité de la mer ne parvient pas à apaiser.La ville a cette longue histoire d’attachement et de séparation, de lien et de délien, de perte et de retrouvailles. chaque fois c’est le même émerveillement dans la lumière.”...Alger est une icône car elle irradie de la lumière, et celle-ci est d’or, l’éclat y est jaune mais d’un jaune pulvérisé, éclaté en des milliards de particules dorées qui s’inscrivent dans le paysage, lui donnant quelquefois l’impression d’être nimbée, auréolée d’un éclat divin…  ( Alain Vircondelet )

Horaire : 18h30. Où ? CCA ( Centre culturel algérien),

En savoir plus 

Raphaëlle Branche, La guerre d’Algérie : une histoire apaisée ?

Raphaëlle Branche, La guerre d’Algérie : une histoire apaisée ? Seuil Points, Inédit Histoire, 2005, 445 p.

« Les voies pour une histoire sereine de la guerre ne se dégagent que lentement ». Ainsi l’histoire apaisée de la guerre d’Algérie chemine… Elle dépend d’un dialogue franco- maghrébin, pour comprendre, sans vouloir imposer de vision officielle, dialogue où les historiens algériens ont une place croissante.

Raphaëlle Branche nous montre avec subtilité que « la » guerre s’est décomposée en trois conflits : algéro- français certes, mais aussi algéro- algérien et franco- français. Et aussi que les conflits ont commencé en 1945 dans l’est algérien à Guelma et à Sétif, que cette guerre sans nom en a plusieurs (révolution algérienne face à maintien de l’ordre, voire événements tout court). Une guerre menée et supportée par les paysans algériens, héros collectif, qui pour beaucoup, chassés des campagnes, survivaient en 1962 dans les camps de regroupement. L’auteur raconte ce que sont les multiples sources dont disposent les historiens pour étudier cette guerre : les sources publiques s’ouvrent peu à peu au compte goutte alors que les sources privées dépendent en partie de la mémoire d’une génération de milliers de témoins encore vivants.

La guerre d’Algérie doit être replacée dans un mouvement mondial : Alger a été le cœur d’un des deux grands empires coloniaux du XIXe et du XXe siècle, celui de la couronne britannique et celui de la France. C’est aussi dans les décennies 1960- 1980, avec La Havane, la capitale d’un Tiers Monde que les partisans de la décolonisation ont cru au centre d’un monde nouveau. Un livre de référence en ces années où les dates anniversaires du « cinquantenaire » se succèdent.

Exposition “Osiris, mystères engloutis d’Egypte”

7779667787_l-exposition-osiris-mysteres-engloutis-d-egypte-a-commence-mardi-a-l-institut-du-monde-arabe

7779667787_l-exposition-osiris-mysteres-engloutis-d-egypte-a-commence-mardi-a-l-institut-du-monde-arabe (1)

L’Institut du monde arabe accueille l’exposition événement de la rentrée « Osiris, mystères engloutis d’Égypte » qui dévoile 250 objets issus de 7 années de fouilles sous-marines menées par l’archéologue Franck Goddio, auxquels viennent s’ajouter une quarantaine d’œuvres provenant des musées du Caire et d’Alexandrie, dont certaines sortiront d’Egypte pour la première fois.

Ces découvertes, à la signification historique hors du commun, permettent de faire revivre l’un des grands mythes fondateurs de la civilisation égyptienne : « Les Mystères d’Osiris ».Cette exposition révèle les dernières découvertes sous-marines de Franck Goddio et de ses équipes, et notamment les vestiges de la cérémonie des Mystères d’Osiris qui étaient célébrés dans les villes de Thônis, Héracléion et Canope. Franck Goddio est le fondateur et le président de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM) basé à Paris, ainsi que de la Far Eastern Foundation for Nautical Archaeology (FEFNA) située à Manille aux Philippines.

Où ? Institut du monde arabe .Quand ? Du mardi 8 septembre 2015 au dimanche 31 janvier

2016.Mardi, mercredi, jeudi : 10h-19h.Vendredi : 10h-21h30.Samedi et dimanche : 10h- 20h.

Fermeture hebdomadaire le lundi. Combien ? Tarifs sur place :15,50€ : tarif normal l 12,50€ :

groupes de 20 personnes ou plus, enseignants, Pass éducation l 10,50€ : 12-25 ans, demandeurs d’emploi, RSA

http://www.imarabe.org/exposition/osiris-mysteres-engloutis-d-egypte

«Un si parfait jardin», Sofiane Hadjadj et Michel Denancé, 2007

s250309153513«Un si parfait jardin», Sofiane Hadjadj et Michel Denancé, Le Bec en l’air, 2007, Collection «Collatéral».
Alger, théâtre d’ombres, ville hostile
Sofiane Hadjadj (1) est connu en Algérie pour être le fondateur, avec Selma Hellal, de Barzakh, une maison d’édition consacrée à la création littéraire. Pour la presse culturelle algéroise, il est surtout l’éditeur de Rachid Boudjedra, de Chawki Amari ou de Salim Bachi, ce qui, souvent, fait passer au second plan son travail d’écrivain. Son dernier ouvrage est un roman, «Un si parfait jardin», paru en France aux éditions Le Bec en l’air. Ce texte court, illustré d’une vingtaine de clichés de Michel Denancé (2), a été publié dans la collection «Collatéral», qui croise littérature et photographie contemporaines.

Naghem L., un jeune

Tarek Ghezali, Un rêve algérien : chronique d’un changement attendu, 2012

s151012160637, L’Aube, 2012
L’Algérie attire souvent, révulse parfois, intrigue toujours. Un pays riche aux habitants pauvres. Un État qui dépense sans compter dans un paysage entrepreneurial désertique. Un territoire magnifique au tourisme peu développé. Un métissage unique de civilisations menacé d’un rétrécissement identitaire arabo-islamiste. Un peuple jeune aux élites septuagénaires. Cette nation, cinquantenaire en 2012, qui sort à peine des tumultes de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte, saura-t-elle dépasser ces paradoxes à l’heure où un sirocco démocratique secoue ses voisins arabes ? Les obstacles sont nombreux, mais quand le pire est déjà là, que perd-on à espérer le meilleur ? Ce livre est celui d’un jeune citoyen méditerranéen qui a grandi et s’est construit entre l’Algérie et la France, et qui croit le changement possible.

Abdel BELMOKADEM – “Tendez-nous la main”, 2012

s151012163053Abdel BELMOKADEM – “Tendez-nous la main” (éd. Anne Carrière), 2012. Abdel Belmokadem est un enfant de Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise. En octobre 1990, son quartier, le Mas du Taureau, est le théâtre des plus importantes violences urbaines qu’ai connues la France depuis la guerre. Il a alors vingt-deux ans et démarre une carrière de boxeur professionnel. Cette semaine va changer sa vie. Abdel s’interpose entre la police et les jeunes, neutralise les casseurs, protège les pompiers. Il promet aux jeunes de les aider et sensibilise les autorités à leurs difficultés. Un an plus tard, il est le premier médiateur nommé dans le cadre de la politique de la ville. Il devient un exemple de réussite, une fierté pour tous les habitants du quartier. Adjoint au Maire de Vaulx-en-Velin, père de deux filles, il dirige aujourd’hui sa propre entreprise : un cabinet de trente consultants spécialisés dans la prévention, la gestion de crise et l’insertion des jeunes en difficulté dans les zones urbaines sensibles. « Avec ce livre, je veux montrer qu’on peut renoncer à la fatalité, ne pas vivre sa différence comme une injustice, mais comme une force et un point d’appui. J’ai eu la chance de rencontrer sur ma route des personnes d’autres milieux sociaux, qui ont cru en moi et m’ont aidé à grandir. Mon histoire est la démonstration que tout est possible, à condition de le vouloir et d’oser faire un pas vers l’autre. Ce livre est un message d’espoir mais aussi une alerte : aujourd’hui, les quartiers sont étrangement calmes. Jamais la situation des jeunes n’y a été aussi dure. Il est urgent de leur tendre la main. »

MEDDEB Abdelwahab, “Sortir de la malédiction”, 2008

s130409124428MEDDEB Abdelwahab, “Sortir de la malédiction”, La Couleur des idées, 2008
” C’est dans la désolation d’Auschwitz que prit pour moi un sens actuel le “pré de malédiction”, cette expression d’Empédocle d’Agrigente pour désigner le lieu où agit le démon de la discorde, de la haine, du mal – auxquels s’oppose l’action du dieu mû par l’amour… Ce “pré de malédiction” est toujours là, à disposition pour les candidats qui se proposent de l’occuper. Après les forces du mal européennes, de genèse chrétienne, le voilà investi par celles d’islam. L’horreur se déplace ainsi à travers les croyances, les langues, les nations, les peuples, les cultures… Des communautés croient y gagner leur régénération, mais elles dégénèrent et s’abîment. Pour sortir de ce pré, nous devons le savoir et agir en conséquence, dénoncer l’inacceptable et donc le désigner sans relâche. Notre honneur est d’être l’allié du dieu qui incarne le pôle contraire, celui dont le défi consiste à avaler le démon qui répand le sang sur le pré de malédiction… D’être du côté du juste qui se détache de sa communauté pour conjurer le mal qui la taraude et l’anime contre autrui. ”

Azouz BEGAG – “Salam Ouessant”, 2012

s151012172921 (éd. Albin Michel), 2012. Un père emmène ses deux filles en vacances d’été à Ouessant. Il se remet mal de son divorce, d’avoir perdu leur garde, n’arrive pas à leur dire qu’ils sont là en souvenir d’un ami d’enfance à Lyon, originaire de l’île natale, qui prenait sa défense quand on le traitait d’Arabe ou d’étranger. Lui s’est toujours senti lyonnais même s’il garde la nostalgie des départs sur le Ville de Marseille l’été pour Alger. La pluie incessante, le regret des filles d’avoir quitté leur mère, la mélancolie qu’il essaie d’endiguer à coups d’enjouements surfaits et de promenades à vélo, la rencontre d’une belle rousse qu’il aurait pu aimer, l’émouvante confession du loueur de vélos font de cette semaine bretonne à la fois un hors temps, un examen de passage familial et une mise au point pour ce père déboussolé qui veut avant tout être aimé. Salam Ouessant a le charme et la mélancolie d’une île entre pluie et nuages qu’éclaire fugitivement le soleil, les personnages n’y ont que l’assurance fragile d’un bonheur à défendre et la sincérité émouvante d’y prétendre. Comme dans tous ses romans, plus ou moins autobiographiques, Begag y évoque le paradoxe d’être d’origine maghrébine, considéré comme étranger et qui plus est arabe, donc en gros voleur de pain des Français de souche…

Dominique DUSSIDOUR – « S.L.E. Récits d’Algérie » , 2012

s051212123324Dominique DUSSIDOUR – « S.L.E. Récits d’Algérie » (éd. La Table-Ronde), 2012. L’enveloppe porte le cachet de la poste de Calais. À l’intérieur, un passeport algérien avec un visa touristique, un billet d’avion Paris-Oran, open… Nous sommes en 1998. Nadjid a dû fuir l’Algérie. Inscrit en doctorat à l’Université de Paris-VIII, il n’a pas obtenu son visa de séjour en France. Alors il va tenter de rejoindre l’Angleterre, confiant à la narratrice ce qu’il a de plus précieux : ses papiers et les dernières photos de sa mère, qu’il n’a pas eu le temps de faire développer. Dominique Dussidour a fait le chemin inverse. Dans les années 70, elle est partie enseigner le français en Algérie. Son récit va et vient entre les deux rives de la Méditerranée, entrecroisant les destins. Apparaissent un petit garçon en gandoura blanche, l’oncle Kader qui aurait aimé voir une femme conduire une locomotive, les noyés du 17 octobre 1961, la recette de la mauresque telle qu’on la servait dans les cafés d’Oran en 1910, et, plus près de nous, les migrants de la jungle de Calais, dont Nadjid, qui réussira à passer de l’autre côté.

Mathias ENARD – « Rue des voleurs », 2012

s081012175940Mathias ENARD – « Rue des voleurs » (éd. Actes Sud), 2012. C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va « fauter », une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi. Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil. Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.