Evénements



« Littérature algérienne : passions et violences », au Maghreb des livres 2017

Djamel Mati

Djamel Mati… et sa famille

Café littéraire 5 « Littérature algérienne 2 : passions et violences »

Mehdi Charef, Salah Guermiche, Djamel Mati, Mohamed Sari, Ahmed Tiab

( Notre spectatrice est arrivée en cours d’un débat déjà amorcé… )

 Salah Guemriche Passions et violences autour de Camus. Je fais parler le fils du Camus de L’Etranger dans un Alger où les indigènes sont transparents.

« Aujourd’hui Meursault est mort…Ca se passe à Alger… » L’auteur lit de nombreux extraits de son livre.

Yves Chemla C’est la question de la place de l’écriture qui est centrale. Dans «  Yoli » » Djamel Mati vous mettez en place un huit clos et vous reculez le moment où le lecteur va apprendre ce qui se passe. Comment est venu ce projet ?

Djamel Mati Comment écrire la violence et les passions qu’on subit soi même ?

C’est l’histoire de trois familles qui n’auraient pas dû se rencontrer mais qui partagent le même tragique destin.  Alger-Bamako.  Comment faire ressortir les sentiments et les émotions de gens meurtris par une tragédie commune. L’effet de l’émigration clandestine sur les proches de la victime morte en mer. Le « Barzak » c’est comme un purgatoire où les gens se trouvent dans une ambiance oppressante, où tout le monde culpabilise sur une tragédie.

Un couple, Fatouma et Kamel a adopté une enfant Malienne. Un couple mixte, un Malien et une Algérienne, ont perdu un enfant. Une autre personne dont le fils était amoureux de Mariama qui est morte dans la traversée. Le livre traite aussi du racisme anti-noirs latent en Algérie.

Tout le monde souffre d’une même douleur mais chacun réagit à sa manière. Yoko, une chatte siamoise, est le point de convergence, à travers son regard, de ces histoires parallèles qui se rejoignent.

Yves Chemla

Les trois textes de ces trois romanciers interrogent la manière d’écrire des histoires indicibles. C’est la même chose pour le texte de Mehdi Charef.

Mehdi Charef « J’étais enfant dans la montagne pendant la guerre. Les harkis nous faisaient plus peur que les soldats français. J’ai un souvenir très violent des harkis. Je les déteste, et j’aurais pas envie de raconter cet épisode de mon enfance.

En 1962, après la guerre, je suis venu à Nanterre, dans une cité de transit d’Algériens où sur une porte de baraque il y avait un grand H comme harki. Là on a pas envie d’écrire un livre. Y’a des livres qu’on écrit pas… On a pas envie de les écrire Harki c’est encore une insulte aujourd’hui… »

Questions de la salle:  Un jeune trentenaire en France depuis un an “Il faut relativiser la violence. Le traumatisme de la guerre, puis du terrorisme n’a pas été soigné. L’intégrisme n’est pas ancré dans la tête des Algériens ( )

 Mohamed Sari

L’Afrique du Nord a toujours été un pays d’affrontements, de violences, depuis les Phéniciens. Ma responsabilité de romancier c’est d’essayer de comprendre. Il y a beaucoup de formes de violence.

Pourquoi tous les Algériens riches ou pauvres aiment venir en France ? Un roman c’est aussi le plaisir du texte qu’on peut lire plusieurs fois.

Une femme Elle parle de son expérience de la violence quand elle faisait partie d’une troupe en Algérie qui a du interrompre son spectacle. Pour elle il faut pouvoir faire face, continuer à vivre.

Yves Chemla Le livre est une aventure de l’imaginaire. La trame d’un récit ne résume pas un livre. La fonction de la littérature c’est de tout faire, sauf nous rassurer.

Remarque Dommage que Salah Guemriche et Kamel Daoud, qui ont chacun écrit un livre en écho à l’Etranger de Camus, n’aient pas été invités à débattre ensemble lors de ce café littéraire.

(Aldona Januszewski)

« Littérature algérienne : la fêlure », au Maghreb des livres 2017

Café littéraire 3 : « Littérature algérienne 1 :

la fêlure »

 Charles Bonn: Universitaire chercheur à l’IMAG, spécialiste de la littérature maghrébine. En 1969 se retrouve par hasard nommé à l’université de Constantine. Découvre l’Algérie, via la littérature. « Le premier texte que j’ai lu c’est « Le polygone étoilé » de Kateb Yacine. Je ne connaissais rien à la littérature algérienne. J’ouvre le texte et je sens que c’est un grand texte, même si je n’y comprends rien, ce qui est vexant pour un prof de français…

J’ai passé ma vie à essayer de montrer la « littérarité » des textes de la littérature algérienne de langue française, très mal connue en France. J’ai passé ma vie à essayer d’aborder l’aspect politique ou documentaire de ces textes, mais à travers leurs qualités littéraires. Mon approche interroge le fonctionnement littéraire de ces textes. »

Yves Chemla « Avec des pierres dans ma poche » de Kaouther Adimi qui raconte les appels récurrents d’une mère à sa fille qui vit à Paris, c’est l’histoire d’un écart, d’une « fêlure » sous jacente ?

Kaouter Adimi

Kaouter Adimi… en signature

 Kaouther Adimi « Il ne reste que toi à ne pas être mariée » lui dit sa mère. Le thème du mariage est un prétexte d’écriture. Le livre des souvenirs. Ce que c’est de grandir en Algérie pour une trentenaire. La narratrice a plein de fêlures. C’est un personnage brisé qui a du mal à se construire à cause des pierres qu’elle a dans sa poche ( sa mère, les souvenirs, et ses angoisses). Pourquoi se retrouve t’elle en France seule ?

Yves Chemla L’univers du livre est construit à partir de ces « pierres dans sa poche » et des personnages rencontrés par la narratrice. L’enfance de la narratrice s’est déroulé pendant les années de la guerre civile.

Maïssa Bey (Nouvelles d’Algérie) « Il s’agit d’un livre plus ancien réédité cette année. C’est un recueil de nouvelles qui mettent en scène des personnages des années 90, dont des femmes qui racontent le quotidien des Algériens à ce moment là. Il s’agissait de  mettre des mots sur quelque chose que plus personnes ne maîtrisait. Mettre des mots sur une sorte de folie, de déraison dans la tourmente de ces années là. Les éditeurs m’avaient reproché que ce soit un livre trop poétique. Ils voulaient des témoignages. Choisir le genre de la nouvelle était un pari risqué. Finalement ces textes ont été publiés et quelques uns restent d’actualité ».

 Yves Chemla « Le lecteur n’est pas mis en position de voyeur. C’est un objet esthétique fort, et qui tient le lecteur à distance. »

Maïssa Bey « Beaucoup de textes de cette époque là ont été qualifiés de « littérature de l’urgence ». Cette catégorisation déniait le droit à toute personne d’être écrivain. »

Yves Chemla Amine Zaoui dans « Incendie au paradis » vous exprimez votre colère ?

Amine Zaoui Universitaire essayiste. « Femme, religion et culture ». Chronique, journal. Incendie au paradis.  C’est une méditation sur la société algérienne. Essai, journal nocturne autour de trois axes :

  • Les femmes, moteur essentiel de la modernité, malgré le machisme ambiant.
  • La religion, devenue un fond de commerce politique et une main armée qui tue dans le monde arabo-musulman, elle est vidée de toute spiritualité et liberté. Seule la laïcité peut sauver la religion de la sauvagerie politique.
  • La complexité et la pluralité culturelle et linguistique ( arabe, tamagiz, dialectes, français ). Le pays ne peut pas être en bonne santé sans le respect de cette diversité. Les meilleurs poètes algériens écrivent en dialecte.

Ces concepts sont exposés à travers une touche romanesque.

 Yves Chemla Il y a un déficit de la lecture en Algérie. Bachir Mefti écrit en arabe et publie en Algérie

Bachir Mefti Publie en arabe et en français. A quoi sert la littérature dans un pays qui a un paysage culturel pauvre ? Que peut la littérature. Les écrivains écrivent et s’interrogent sur leur société ?

« En ce moment je reviens sur les années 60 pour essayer de comprendre comment les Algériens ont vécu cette période, se sont soumis à un pouvoir non démocratique. A travers un personnage qui revient chez son oncle. Le jeune héros idéaliste devient un lâche car il ne sait pas dire non à son oncle. Est-ce que le bonheur a un prix et ce prix est la lâcheté ?

Depuis la fin des années noires on est sorti de la violence dans une période un peu absurde, avec une incapacité de changer quoi que ce soit. Mais on continue d’écrire. »

Yves Chemla L’écriture est dans l’insoumission. Yves Chemla lit un extrait du livre de Kaouther Adami sur un prêcheur de la TV algérienne. Dérision et fiction ? Qu’elle est la place de la littérature ?

 Kaouther Adami « On nous demande toujours de témoigner, alors que moi avant tout je fais de la littérature. Mon questionnement est avant tout sur la langue. C’est parce qu’on vient de ces pays là qu’on ne doit pas travailler sur la structure de la langue quand on est écrivain ? »

Charles Bonn Le texte littéraire ne peut pas n’être que le reflet de la réalité d’un pays sans avoir de qualités littéraires. Ne demander que des témoignages et non des textes littéraires à un auteur Algérien ( ou Africain) est une attitude paternaliste. Le témoignage est nécessaire mais non suffisant pour un écrivain qui fait de la littérature.

Maïssa Bey La langue du texte écrit. « Toutes les assignations nous les vivons au quotidien : questionnements d’ordre sociologique qui n’ont rien à voir avec le littéraire, qu’on nous fait de ce côté ci de la méditerranée à nous auteurs algériens. L’auteur, contrairement aux sociologues, journalistes, essayistes, propose de rentrer dans l’intime. La fiction emprunte au réel mais donne à voir l ‘intime des personnages, raconte des histoires. »

Amine Zaoui Le travail de l’écrivain est d’abord un travail sur la langue qui permet de casser les tabous, élargir la liberté du lecteur, lui permettre de reculer les barrières, d’aller un peu plus loin.

« J’écris dans plusieurs langues, j ‘entend différentes langues dans ma tête, avec différentes sonorité linguistiques ». Comment écouter ces langues qui nous habitent ?

Bachir Mefti « Je ne me pose pas ce genre de question sur les procédés littéraires. Je ne crois pas que ça intéresse le public. J’écris en arabe. J’ai mon petit public (400 personnes attendent mes livres). Beaucoup d’écrivains algériens cherchent la célébrité ailleurs, à l’étranger, en France… Alors qu’il y a un public en Algérie. »

Questions du public Aujourd’hui en Algérie il y a des écrivains qui écrivent en arabe mais ont du ressentiment pour ceux qui écrivent en français. Il a eu du succès quand il a été traduit…

Amine Zaoui « La langue de l’écriture c’est une recherche. Les Algériens parlent le français poétiquement très fort mais avec une cassure dedans. L’écrivain enfante le texte qui devient un objet qui forme le lecteur. »

(Aldona Januszewski)

Malek Chebel, Anthropologue, psychanalyste, islamologue, politologue

IMG_0942Hommage à Malek Chebel,

Anthropologue, psychanalyste, islamologue, politologue

 

Le journaliste Akram Belkaid, modérateur passe tout de suite la parole à Michael le fils de Malek Chebel qui explique que dès la disparition de son père en novembre, nombre de ses amis ont proposé à son fils de créer une fondation Malek Chebel. Celle-ci est née officiellement fin décembre 2016.

Il explique ce que seront les deux objectifs de cette fondation pour le savoir et la culture qui se situe dans le prolongement de l’œuvre du penseur.

  • Continuer à faire vivre l’enseignement de l’œuvre et de la pensée
  • Partager une vision du monde dans la reconnaissance mutuelle

Pour cela trois outils

  • Mettre en place des cycles de recherche universitaires
  • Monter un Musée du coran et de la civilisation musulmane
  • Constituer un groupe de recherche pour mener à bien les travaux initiés et les publier

Michael Chebel nous parle aussi de la revue Nour dont le troisième numéro est en préparation.

Rachid Benzine prend ensuite la parole en nous disant comment au sortir d’une conférence où comme toujours il avait invité à faire du Coran des lectures capables de nous réconcilier avec l’histoire et l’humanisme, où il avait parlé à un public curieux des chemins tortueux du doute sans autres promesse que la déconstruction nécessaires de nos certitudes et sans autres horizon que de dépasser les blocages qui nous barricadent, donc en sortant de cette conférence où il s’était senti rassuré par l’échange qu’il avait eu avec ce public ouvert, il se sentit brusquement seul en apprenant le décès de Malek Chebel.

Fatima Mernissi, hommage au Maghreb des livres 2017

 

 

sur grand écran

sur grand écran

Rencontre : « Hommage à Fatima Mernissi » (dimanche 19 février, 11 h 15 – 12 h 15) au Maghreb des Livres 2017

 avec Maati KABBAL et Feriel LALAMI (Rencontre modérée par Nadia AGSOUS)

Sur l’écran devant nous, une photo de Fatima Mernissi, très belle et vêtue d’un drapé splendide.

Fatima  Mernissi (1940-2015) Sociologue, écrivaine, féministe marocaine.

Grâce à une relecture attentive du Coran, des hadiths et de l’histoire, elle montre que le rôle prépondérant du patriarcat dans le monde arabe n’est pas inscrit dans l’Islam ; que le message initial de l’Islam a été dévoyé par l’entourage du prophète et que son message égalitaire a été progressivement effacé dans la loi islamique qui s’est mise en place (voir en particulier Le Harem politique : le prophète et les femmes, Albin Michel, 1987). Ce faisant, elle fonde les mouvements de féministes islamiques contre lesquelles s’élèvent les islamistes conservateurs et les États qui se réclament aussi de la légitimité religieuse. Elle s’empare du domaine du savoir religieux, jusque là exclusivement masculin.

Elle joue ainsi un rôle déterminant dans le développement du féminisme en Algérie, au Maghreb et dans tout le monde arabe. Elle est à la fois moteur et historienne de ce développement. Elle est en butte aux attaques de certaines féministes révolutionnaires qui la considèrent comme une bourgeoise conservatrice.

En tant qu’enseignante de sociologie à l’Université Mohammed V de Rabat, elle se heurte à la fois aux marxistes et aux Égyptiens venus arabiser l’enseignement ; mais elle forme ses étudiants aux enquêtes de terrain (c’est sa marque spécifique). Elle fonde des « caravanes civiques » qui vont à la rencontre des femmes et des jeunes – de manière à donner voix à la réalité, à la rue. Dans un but analogue, elle lance des ateliers d’écriture avec les journalistes marocaines (voir Génération Dialogue, Marsam, 2012).

L’Algérie en bulles: les BD au Maghreb des livres 2017

 

Alignement des écrivains autour de Yves Chemla (Algérie en bulle)

Alignement des écrivains autour de Yves Chemla (Algérie en bulle)

Café littéraire : « L’Algérie en bulles » (samedi 18 février, 14 h 45 – 16 h) au Maghreb des Livres 2017

 avec Racim BENYAHIA, Jacques FERRANDEZ, KRIS, Gaëtan NOCQ, Benjamin STORA (Sébastien VASSANT, le bédéiste avec qui il a travaillé, n’a pas pu venir) : 5 auteurs de « BD documentaires » sur l’histoire de l’Algérie (Café animé par Yves CHEMLA). Ce café littéraire a attiré un large public et deux enthousiastes nous ont envoyé leurs notes et commentaires.

Quand on choisit la BD pour raconter l’histoire, quelle représentation/re-création du réel propose-t-on ? En quoi est-ce une façon différente de raconter l’histoire ?

Des périodes différentes de l’histoire de l’Algérie

  • la fin de la guerre d’indépendance (Terre fatale de Jacques Ferrandez, dixième et dernier tome de sa série, Carnets d’Orient, commencée en 1987) ;
  • les premières années de la colonisation et la résistance de Constantine (Constantine 1836 de Racim Benyahia, sa première publication) ;
  • l’ensemble de la guerre d’Algérie (Histoire dessinée de la guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant) ;
  • le témoignage d’un appelé sur la guerre d’Algérie et sur sa démobilisation (Soleil brûlant en Algérie de Gaëtan Nocq, sa première BD) ;
  • la formation de l’équipe de football du FLN, en 1958, par des sportifs qui évoluaient en championnat de France (Un maillot pour l’Algérie de Kris).
ala table des caricaturistes

ala table des caricaturistes

Raconter en BD

  • il y a une différence radicale entre histoire dessinée et histoire illustrée
  • à partir de personnages de la réalité, on invente des personnages fictifs ; ensuite, il faut organiser le récit
  • le dessinateur choisit les situations qu’il va montrer ; il fait un travail de mise en scène
  • le dessin sublime le réel pour rejoindre l’image idéale qu’on a en tête
  • la BD a des techniques spécifiques de narration, fondées sur la pratique constante de l’ellipse : entre les cases, l’imaginaire du lecteur fonctionne à plein ; et souvent le dessin d’une scène n’a pas besoin de mots : on fait confiance au lecteur.

« Juifs et Musulmans au Maghreb »: Maghreb des livres février 2017

Allagui, Valensi, Kendib: au Maghreb des livres 2017, "Juifs et musulmans au Maghreb"

Allagui, Valensi, Kendib: au Maghreb des livres 2017, “Juifs et musulmans au Maghreb”

Carte blanche aux trois ouvrages « Juifs et Musulmans au Maghreb »

Maghreb des livres février 2017, Dialogue entre Abdelkrim Allagui (Tunisie), Mohamed Kendib (Maroc), Lucette Valensi (Algérie) ; présentation par Sadia Barèche.

Lucette Valensi prend la première la parole pour resituer l’origine du projet Aladin de créer des ponts entre juifs et musulman, Simone Veil et Jacques Chirac avaient constaté qu’un divorce de plus en plus marqué apparaissait surtout en France entre des Juifs et des Musulmans, et non les uns et les autres en général. Mais l’incompréhension était suffisamment inquiétante pour décider des rapprochements Il était prévu des actions pédagogiques à support éthique et historique pour réduire la fracture. D’abord l’établissement d’une charte qui face au flot de haine et de violence qui s’aggrave déclare sa volonté de rapprocher les communautés juives et musulmanes comme elles l’ont été par le passé au moyen orient et affirme son soutien au droits à un état souverain et à la sécurité des peuples juifs et palestinien. Ensuite des actions telles que des voyages à Auschwitz ou la traductions de certains ouvrages comme le journal d’Anne Franck ou Primo Levi pour faire connaitre l’histoire de la shoah et lutter contre le déni des déportations de Juifs, d’homosexuels et de Tziganes. Ce travail ne fut pas aisé dans tous les pays arabes et ce fut souvent l’ambassade de France qui mit en œuvre certaines aspects du projet, comme la traduction du sous titrage du film Shoa.

Film: Retour en Algérie, Cinéma Luminor, Hôtel de ville

Voir l’affiche du film: cliquer ci-dessous

http://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2017/01/RetourEnAlgerieDossierdePresseParisLuminor2017.pdf

www.retourenalgerie-lefilm.com

Emmanuel.audrain@orange.fr 06 80 95 12 45

Cinéma LUMINOR – Hôtel de Ville 20 rue du Temple 75004 Paris

10 Projections – rencontres

Avec le Réalisateur Emmanuel Audrain

Et ses « Invités »

Samedi 21 Janvier, 11h : Raphaëlle Branche Historienne

Samedi 28 Janvier, 11h : Xavier Jacquey ancien Appelé

Mohamed Khaznadji ancien Moudjahid

Samedi 04 Février, 11h : Claire Mauss-Copeaux Historienne

Samedi 11 Février, 11h : Pierre Joxe ancien Appelé, ancien Ministre,

“Avocat des mineurs”

Samedi 18 Février, 11h : Nils Andersson Editeur

Samedi 25 Février, 11h : Tramor Quémeneur Historien

Samedi 04 Mars, 11h : Claude Juin, ancien Appelé Sociologue

Samedi 11 Mars, 11h : Jean-Claude Escaffit Journaliste

Samedi 18 Mars, 11h : Gilles Manceron Journaliste et Historien

Samedi 25 Mars, 11h : Florence Beaugé Journaliste

Producteur délégué : Anne-Marie Yvon, Le Goût du Large

Coproduction : France Télévisions – France 3 Pôle Nord-Ouest Avec la participation… CNC, Centre National de la Cinématographie et de l’image animée Le Conseil Général des Côtes d’Armor . La Région Bretagne

Equipe du Film :

Réalisation et image : Emmanuel Audrain . Assistante à la réalisation et son : Sophie Audrain

Montage : Michèle Loncol . Palette graphique : Alexandre Babelot . Etalonnage : Marcello Cilurzo

Voix : Vincent Spatari . Musiques : Matthieu Saglio (violoncelle) . Malika Ouahès (chant Kabyle traditionnel) . Sons additionnels et Mixage 5.1 : Frédéric Hamelin . Affiche : Sylvie Dessert

S Y N O P S I S

Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur Service militaire ce fut la Guerre d’Algérie. Torture et « corvées de bois », sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler.

À 65 ans, avec la possibilité de percevoir leur « retraite du combattant », Rémi, Georges, Stanislas, Gilles et les autres… choisissent de mettre cet argent en commun, pour financer des projets solidaires, en Algérie. Eux, qui s’étaient tus si longtemps, voilà qu’ils parlent. Et leurs vieux coeurs qui rajeunissent ! Allant à la rencontre de jeunes lycéens, ils disent : « Parfois, il faut désobéir… Oser, dire Non ! » Ils ajoutent : « Cette histoire, a bouleversé nos vies. Mais – aujourd’hui – retournant en Algérie, c’est une autre page que nous voulons écrire… Solidaire et fraternelle, celle-là ! »

 

Algérie du possible, film de Viviane Candas

affiche du film
affiche du film

affiche du film

Algérie du possible, une biographie : depuis le FLN au combat, vers le pied-rouge non conformiste

« C’est l’histoire d’une femme qui a perdu son père et qui cherche à savoir pourquoi. Yves Mathieu, avocat anticolonialiste et militant socialiste est-il mort dans un banal accident de voiture ? Difficile d’y croire lorsque l’on sait que le camion qui l’a percuté, un jour de 1966, appartenait à l’armée algérienne.

Ce documentaire pudique ne sombre jamais dans l’accusation facile, tout en évoquant beaucoup de sujets passionnants (peut-être trop pour une durée aussi courte) : l’indépendance, le pétrole algérien, l’alphabétisation, l’autogestion, le napalm, la restitution des terres… Le tout éclairé par le commentaire sobre de la cinéaste Viviane Candas » (présentation de Télérama)

routes dangereuses

routes dangereuses

Nous avons vu ce documentaire, en avant-première organisée par le Maghreb des films (il sort en salles le 7 décembre 2016, commenté dans Le Monde du même jour, voir ci-dessous). Il est réalisé par Viviane Candas. Trois séances successives au cinéma La clef à Paris. C’est donc la fille du héros, Yves, qui commente son film en compagnie de l’historienne Sylvie Thénault et d’un ancien militant du FLN emprisonné à Paris, auteur d’un ouvrage sur les Algériens alors condamnés à mort. A une projection suivante, grâce à Mohamed Harbi, on parlera surtout de la réforme agraire (tentative avortée d’auto-gestion) et de la gestion des biens laissés vacants par le départ des pieds-noirs.

école vers 1963?

école vers 1963?

Le film raconte l’histoire de Mathieu en tressant tous les fils disponibles : souvenirs directs de sa fille encore enfant, mais aussi indirectement ce qu’elle entendait dire par les proches à l’époque. Et puis son immense quête en Algérie ou en France auprès des témoins de l’époque, proches de Mathieu. Y compris ce que livrent des témoins essentiels, comme Mohamed Harbi, à la fois militant, acteur et historien du FLN et Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante. Dans la discussion qui a suivi le film, beaucoup de place a été donné à la guerre d’Algérie et au « collectif » d’avocats qui ont défendu les militants emprisonnés, en Algérie comme en France. La description des années 1962-66 en Algérie que donne le film est plus précieuse encore, car c’est un thème particulièrement mal connu « de l’intérieur », en particulier en province, loin d’Alger. Mathieu s’est occupé en juriste des « biens vacants ». Pour les terres et les entreprises, c’est l’histoire cruciale de la tentative d’autogestion, vite remplacée par une gestion bureaucratique centralisée : dans un pays manquant dramatiquement de cadres, aucune des deux solutions de gestion n’avait de chances de réussir facilement. On voit Mathieu et quelques autres « pieds-rouges », avec quelques Algériens « de gauche », essayer de mettre juridiquement et pratiquement en route cette autogestion où les ex-employés assureraient à la fois le travail et la gestion des entreprises abandonnées par le départ des pieds-noirs. On montre l’abandon de fait de cette tentative, abandon accéléré par le coup d’état de Boumediene en 1965. Le parc immobilier de logement était l’autre face des « biens vacants », dont malheureusement le film ne parle guère. Mathieu se reconvertit en avocat qui défend les droits coutumiers des paysans dans l’est algérien. En 1966 tout laisse penser que l’accident de voiture où il meurt est un assassinat organisé par les « services » de la sécurité militaire algérienne. La valeur de ce film est dans l’imbrication des images et témoignages du présent avec les souvenirs récupérés appuyés sur les images d’archives, sans manichéisme.

Extraits de l’article du Monde :  … « Se dessinent non seulement le portrait d’un combattant à l’idéalisme inflexible mais aussi la fresque funèbre d’une révolution trahie (y en a-t-il d’autres ?). […] A l’indépendance, il avait été chargé par le régime d’Ahmed Ben Bella de donner un cadre juridique à l’expérience d’autogestion tentée dans les grands domaines agricoles et les installations industrielles abandonnées par les (ou prises aux) Français […] Le coup d’Etat de 1965, qui finit par porter au pouvoir Houari Boumédiène, s’est fait contre les amis politiques d’Yves Mathieu, qui a repris ses activités d’avocat et (c’est une hypothèse avancée par sa fille) d’opposant à un régime qu’il réprouve. Alors qu’il se rend dans la région de Constantine pour rencontrer des paysans spoliés dans une affaire de détournement d’eau, sa voiture est heurtée par un camion de l’armée algérienne […] La caméra enregistre la gamme des réactions que provoque l’évocation de ce souvenir embarrassant. Le chagrin vrai, la condescendance, l’hypocrisie, la honte, l’aveuglement (la réalisatrice a rencontré Ahmed Ben Bella avant sa mort en 2012) gravent à l’eau-forte le tableau clinique des séquelles d’une révolution.

Parallèlement, à l’aide d’images d’archives utilisées avec parcimonie, Algérie du possible tente de dire ce qu’aurait pu être une Algérie autogérée, qui aurait aidé les paysans dépossédés par la colonisation à retrouver une terre dont ils auraient été les maîtres, qui aurait accompli les promesses de l’indépendance. Cette évocation d’une utopie s’appuie entre autres sur les souvenirs de ce moment de l’histoire qui vit Alger devenir une Mecque révolutionnaire où se croisaient barbudos et Black Panthers, combattants de l’ANC et délégation pékinoise […] C’est parce que l’auteure ne peut surmonter l’éblouissement que lui a laissé l’épopée qu’a vécue son père qu’elle peut rendre compte aussi exactement du deuil qui a suivi. »

 

 

 

“méchoui” de Coup de soleil “au nord

“méchoui” de Coup de soleil “au nord cet automne: 3 octobre 2016 à Antony

Coup de soleil travaille à faire connaitre les cultures qui unissent les deux rives de la Méditerranée. Mais on s’y divertit aussi: les repas festifs remontent aux débuts de notre association. http://coupdesoleil.net/archivage/ On les organise plus facilement hors de Paris pour les picnics de la belle saison (les trois soleils qui tournent entre Montpellier, Perpignan et Toulouse, en région parisienne http://coupdesoleil.net/blog/parisiens-en-mechoui-septembre-2015/ comme en 2015 ou cette année. Ce moment convivial nous est conservé pour 2016 grâce aux photos envoyées par Cherif Touri, merci à lui.

Mais la nouvelle année est aussi une bonne occasion.http://coupdesoleil.net/blog/faouzia-charfi-galette-a-lageca/

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Maghreb des livres hors les murs: 4 manifestations janvier 2017

En  avant-première du Maghreb des livres des 18/ 19 février 2017 à l’Hotel de ville de Paris, quatre séances centrées sur les grandes bibliothèques publiques de Paris

 samedi 14 à 17h30, bibliothèque municipale Robert-Sabatier (29 rue Hermel, 75018 Paris / M° Jules Joffrin) pour une 1ère rencontre littéraire avec Magyd Charfi, dans le cadre de notre opération « Maghreb des livres hors les murs » et de l’événement national « Nuit de la lecture » [www.nuitdelalecture.fr] : il devrait y avoir du monde… et pas des moindres !… En effet la ministre de la culture a fait plus que passer (voir l’affichehttp://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2017/01/Rencontre_Magyd-Cherfi.pdf Oui! la grande salle de la bibliothèque était pleine et Magyd a su enthousiasmer son public, entre autre en dialoguant, mais aussi en lisant lui-même des passages de son livre.

 – mercredi 18 à 19h30, rencontre avec notre amie Faouzia Charfi, qui viendra de Tunis pour nous présenter son dernier livre : « Sacrées questions… pour un islam d’aujourd’hui » (Odile-Jacob, janvier 2017) à la Fondation de la Maison de la Tunisie, Cité internationale universitaire (45 A boulevard Jourdan, 75014 Paris / M° Cité-universitaire). Elle l’a présenté aussi à notre séance “galette des rois” du vendredi 20 à l’AGECA, en un dialogue chaleureux avec le public http://coupdesoleil.net/blog/faouzia-charfi-galette-a-lageca/

de gauche à droite, Tahar Bekri, Bouchera Azzouz, Anouar Benmalek, bibliothèque Couronne, Paris, janvier 2017

de gauche à droite, Tahar Bekri, Bouchera Azzouz, Anouar Benmalek, bibliothèque Couronne, Paris, janvier 2017

 – samedi 21 à 16h, bibliothèque municipale Naguib-Mahfouz (66 rue des Couronnes, 75020 Paris / M° Couronnes) pour notre 2ème rencontre littéraire, avec Kaouther Adimi, dans le cadre du « MDL hors les murs » Voir l’affiche http://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2017/01/Rencontre_Kaouther-Adimi-1.pdf Là encore la petite salle de la bibliothèque était pleine et le dialogue avec l’auteure de qualité.

Tahar Bekri, bibliothèque Couronne, janvier 2017

Tahar Bekri, bibliothèque Couronne, janvier 2017

 – samedi 28 à 16h, bibliothèque municipale Naguib-Mahfouz pour notre 3ème et dernière rencontre littéraire du « MDL hors les murs », avec Bouchera AzzouzTahar Bekri et Anouar Benmalek. Cette dernière rencontre du mois de janvier  a été aussi une réussite. Tahar , Tunisien de Gabès, nous a dit que, comme ses textes poétiques, sa prose reposait sur une volonté poétique. Il s’agit de récits tirés de ses carnets  de notes quotidiennes, prises en particulier au cours de ses nombreux voyages. Il nous lit sa description de l’arrivée en train à Gabès où il revient après une longue absence. Il enseignait jusqu’à hier à l’Université de Nanterre la langue et la littérature arabe.

Bouchera Azzouz, ancrée dans sa banlieue parisienne, écrit (deux livres dont le premier en collaboration avec Corine Lepage) mais aussi réalise des films, dont celui que chacun a pu voir à la télévision française. Elle décrit le courage de sa mère (des mères) arrivée du “bled” vers la France, sans parler ni, bien sûr, écrire la langue de celle-ci. La solide éducation de sa mère lui a permis de surmonter dans son enfance les discriminations qu’elle a connues, en particulier à l’école. Son action actuelle est dans le milieu associatif, après une formation scientifique.

Bouchera Azzouz, Paris, bibliothèque Couronne, janvier 2017

Bouchera Azzouz, Paris, bibliothèque Couronne, janvier 2017

Anouar Benmalek, scientifique lui aussi au départ, nous dit qu’il est citoyen du monde, avec ses attaches algériennes, marocaines et… suisses (une grand-mère… acrobate dans un cirque). L’humour de Anouar, nous dit-il, lui sert à contrebalancer la dureté des thèmes qu’il aborde dans ses récits. Ceux-ci, il les écrits de plus en plus sur des sujets qui lui sont exotiques: si la shoah le hante, cela l’a conduit à découvrir le génocide des Héréros de Namibie, au début du XXe siècle, quand ce territoire était une colonie allemande.

Anouar Benmalek, bibliothèque Couronne, janvier 2017

Anouar Benmalek, bibliothèque Couronne, janvier 2017

Le dialogue entre nos trois intervenants s’oriente vers une des plaies de la France actuelle: l’islam, pas plus que les autres religions, n’y est à peu près pas enseigné en tant que réalité historique dans l’enseignement public. L’enseignement public  moderne de la langue arabe ne concerne que 7000 élèves en France… alors que l’enseignement dispensé dans les années 1980  par des maîtres payés par l’Algérie, le Maroc ou la Turquie (pour aider les jeunes à un “retour au pays” qui ne s’est pas produit) est actuellement relayé par un enseignement de l’arabe mené à l’ombre de nombreuses mosquées, sans aucun contrôle de qualité ni de contenu, théoriquement pour des rudiments de langue et essentiellement pour du catéchisme religieux: il concerne quelque 350 000 jeunes.

Une courte séquence sur Youtube, prise de vue et de son de Bouchera Azzouz https://www.youtube.com/watch?v=d-fMKPELdSQ