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les femmes du Maghreb écrivent, médiathèque de Roques

Samedi 29 avril à 10h30, une séance de lectures et de discussion à la Médiathèque du Moulin, à Roques-sur-garonne http://lemoulin-roques.com/agenda/mediatheque/item/petit-dejeuner-lecture. On parlera de Assia Djebar

Maghreb des livres 2017: coup de soleil présente ses auteurs

Quelques 130 écrivain(e)s ont été invités à venir signer leurs livres (presque tous ont pu venir…), mais aussi sont venus participer à des entretiens avec Catherine Dupons-Humbert ou à des cafés littéraires organisés par Yves Chemla. Et puis d’autres, venus participer à des tables rondes et autres cartes blanches, ou à montrer leurs talents de graphistes, calligraphes, caricaturistes. Et enfin ceux qui venaient présenter la revue qu’ils animent, ou exposer leurs tableaux. De nombreux amis sont venus nous voir, ou voir les écrivains et artistes.

Nos photographes ne pouvaient être partout à la fois ni “mitrailler” pendant les quinze heures d’ouverture de ce salon du livre “maghrébin”. Nous avons puisé dans les collections de Monique Chaïbi (cette collection est présente sur le Facebook de Coup de soleil Languedoc), Mauricette Mazzanti, et Philippe Sabatier. Et si d’autres spectateurs du Maghreb des livres 2017, d’autres militants de Coup de soleil nous envoient leurs images, fixes ou animées, comme leurs commentaires écrits à ce qu’ils ont vu et entendu, comptez sur nous pour publier ce que nous recevrons! Et voici déjà plus de cent images pour remémorer notre Maghreb des livres de 2017.

Alors ci-dessous, le “trombinoscope” de nos auteurs et amis, par ordre alphabétique… et nous donnerons un prix à tous ceux qui signaleront nos erreurs d’identification des personnages, bien sûr.

Ecrivains au Maghreb des livres 2017, liste alphabétique des images (certaines identifications et leur orthographe sont à vérifier…)

Mouloud Achour Kaouter Adimi N. AGSOUS Lounis AÏT MENGUELLET Allagui Karim Amellal Faïrouz Amouri Mohamed Amouri Rachid Arhab Cécile Atlan Bouchera Azzouz Hedia Baraket Mohammed BEDJAOUI Guy Bedos Yahia Belaskri Lotfi BELHASSINE Abdelkrim Benbelkacem Samira BENDRIS OULEBSIR Frédéric BENIADA Omar Benlaala Anouar Benmalek Maïssa Bey Mohamed A Bouaoune Boussad Boucenna Sébastien Boussois Michel Canesi Mehdi Charef Faouzia Charfi Magyd Cherfi Alice Cherki Ali CHIBANI Marie Chominot Daïffa Kamel Daoud Abdelkader Daoudi Christian Delorme Sylvie Deverhere Abdelkader Djamaï Karim DJEBIBA Christine DUMONT-LEGER Hayat El Yamani Fériel FATES Colette FELLOUS Jacques Ferrandez Jacques Fournier Jacques Frémeaux Mohamed Ghafir GYPS Hubert Haddad Nora Hamadi Zine Elabidine HAMDA CHERIF Assiya Hamza Christiane Hessel Arezki Idjérouidène Luc Jennepin M. KABBAL Yasmina Karima Kendib Lynda KOUDACHE Kris Philippe Langenieux-Villard Waciny Laredj Fouad Laroui Khalid LYAMLAHY Djamel Mati Fadila Mehal Fawsi Mellah Brahim Metiba Smaïl Metmati Mohamed Nedali Ourida Nekkache Nocq Hela OUARDI Cécile Ouhmani Mazarine Pingeot Henri POUILLOT Jamil Rahmani Abdelkader Railane Adel Riam Reda Sadiki Ysabel Saïah Baudis Salama Jean-Marc Salmon Leïla Sebbar Rachid Sguini Mohand SIDI-SAÏD Slim Salah STETIE Benjamin Stora Akli Tadjer Valensi, Armand VIAL Tounsi Youcef Amine Zaoui Soufiane Zitouni Fawzia Zouari

Malek Chebel, Anthropologue, psychanalyste, islamologue, politologue

IMG_0942Hommage à Malek Chebel,

Anthropologue, psychanalyste, islamologue, politologue

 

Le journaliste Akram Belkaid, modérateur passe tout de suite la parole à Michael le fils de Malek Chebel qui explique que dès la disparition de son père en novembre, nombre de ses amis ont proposé à son fils de créer une fondation Malek Chebel. Celle-ci est née officiellement fin décembre 2016.

Il explique ce que seront les deux objectifs de cette fondation pour le savoir et la culture qui se situe dans le prolongement de l’œuvre du penseur.

  • Continuer à faire vivre l’enseignement de l’œuvre et de la pensée
  • Partager une vision du monde dans la reconnaissance mutuelle

Pour cela trois outils

  • Mettre en place des cycles de recherche universitaires
  • Monter un Musée du coran et de la civilisation musulmane
  • Constituer un groupe de recherche pour mener à bien les travaux initiés et les publier

Michael Chebel nous parle aussi de la revue Nour dont le troisième numéro est en préparation.

Rachid Benzine prend ensuite la parole en nous disant comment au sortir d’une conférence où comme toujours il avait invité à faire du Coran des lectures capables de nous réconcilier avec l’histoire et l’humanisme, où il avait parlé à un public curieux des chemins tortueux du doute sans autres promesse que la déconstruction nécessaires de nos certitudes et sans autres horizon que de dépasser les blocages qui nous barricadent, donc en sortant de cette conférence où il s’était senti rassuré par l’échange qu’il avait eu avec ce public ouvert, il se sentit brusquement seul en apprenant le décès de Malek Chebel.

Fatima Mernissi, hommage au Maghreb des livres 2017

 

 

sur grand écran

sur grand écran

Rencontre : « Hommage à Fatima Mernissi » (dimanche 19 février, 11 h 15 – 12 h 15) au Maghreb des Livres 2017

 avec Maati KABBAL et Feriel LALAMI (Rencontre modérée par Nadia AGSOUS)

Sur l’écran devant nous, une photo de Fatima Mernissi, très belle et vêtue d’un drapé splendide.

Fatima  Mernissi (1940-2015) Sociologue, écrivaine, féministe marocaine.

Grâce à une relecture attentive du Coran, des hadiths et de l’histoire, elle montre que le rôle prépondérant du patriarcat dans le monde arabe n’est pas inscrit dans l’Islam ; que le message initial de l’Islam a été dévoyé par l’entourage du prophète et que son message égalitaire a été progressivement effacé dans la loi islamique qui s’est mise en place (voir en particulier Le Harem politique : le prophète et les femmes, Albin Michel, 1987). Ce faisant, elle fonde les mouvements de féministes islamiques contre lesquelles s’élèvent les islamistes conservateurs et les États qui se réclament aussi de la légitimité religieuse. Elle s’empare du domaine du savoir religieux, jusque là exclusivement masculin.

Elle joue ainsi un rôle déterminant dans le développement du féminisme en Algérie, au Maghreb et dans tout le monde arabe. Elle est à la fois moteur et historienne de ce développement. Elle est en butte aux attaques de certaines féministes révolutionnaires qui la considèrent comme une bourgeoise conservatrice.

En tant qu’enseignante de sociologie à l’Université Mohammed V de Rabat, elle se heurte à la fois aux marxistes et aux Égyptiens venus arabiser l’enseignement ; mais elle forme ses étudiants aux enquêtes de terrain (c’est sa marque spécifique). Elle fonde des « caravanes civiques » qui vont à la rencontre des femmes et des jeunes – de manière à donner voix à la réalité, à la rue. Dans un but analogue, elle lance des ateliers d’écriture avec les journalistes marocaines (voir Génération Dialogue, Marsam, 2012).

VAC: archives

Nos agendas sont hebdomadaires, présentés dans la rubrique “activités”, mais on peu trouver les agendas anciens en archive:agenda-culurel-266-du-30-septembre-au-9-octobre-2016

Hommage inédit à Camille Lacoste: Mehenna Mahfoufi

Nanna Camille est partie en ce mois de yennayer 2966 qui correspond à janvier 2016

unknown [Ce texte a été rédigé quelques jours après la disparition de Nanna Camille. Mehenna Mahfoufi, docteur ès lettres et sciences humaines diplômé en ethnomusicologie de l’Université Paris X-Nanterre/Laboratoire d’ethnomusicologie du CNRS-Musée de l’Homme-Paris, est l’auteur de plusieurs livres sur les musiques traditionnelles de la Kabylie.]

Voilà une bien triste nouvelle que d’apprendre le décès de Madame Camille Lacoste-Dujardin. Elle faisait partie de ces êtres que l’on souhaiterait voir vivre éternellement. Par ses travaux, qui jettent la lumière sur notre culture dans nos cœurs et dans celui des générations successives qui suivront, elle restera immortelle.

Spécialiste de la culture de la Kabylie, de nombreux ouvrages et articles témoignent de la maîtrise qu’elle avait à la fois de la culture ancestrale, dont elle a su déceler le fonctionnement à travers le conte, et de la culture contemporaine, dont les multiples observations lui ont permis de décrypter le moindre soubresaut qui a secoué la société kabyle durant ces soixante dernières années.

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Madame Camille Lacoste-Dujardin, je l’appelais affectueusement et respectueusement, avec son autorisation, Nanna Camille (« Grande sœur Camille »). Lorsque je lui avais demandé de m’autoriser à l’appeler fièrement Nanna, il y a de cela une bonne dizaine d’années maintenant, j’avais senti chez elle une résonnance particulière. L’appeler ainsi était pour moi une sorte de reconnaissance et de louange que je tenais à lui témoigner. Je considérai qu’elle était une véritable « Grande sœur », une Nanna, à l’instar de Dda Mouloud Mammeri, tant elle me semblait parvenue au rang de ceux que la société kabyle et sa culture intéressaient au plus haut point. Elle était dans la droite ligne de la voie ouverte et empruntée par Boulifa, les Amrouche, Ouary, Feraoun, Mammeri et Bessaoud Mohand-Arab, suivis, après elle par Djaout, Mohia, Bouguermouh, Matoub, Idir, Ferhat du Groupe Imazigen Imoula, et Aït-Menguellet. La nommer par déférence du terme d’adresse Nanna, tiré de la langue usuelle kabyle, était pour moi une façon de reconnaître en elle une véritable Grande sœur pour qui l’Afrique du Nord en général et la Kabylie en particulier doivent tant. D’ailleurs elle avait bien intégré ce terme d’adresse puisqu’elle m’avait dédicacé son livre La vaillance des femmes en signant Nanna Camille.

Une revue toulousaine à Montpellier

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img_2912INVITATION POUR UNE RENCONTRE DEBAT A MONTPELLIER : UN REGARD CRITIQUE  SUR LE PRIMPTEMPS ARABE 
Merci d’informer vos amies, amis de Montpellier
Rencontre à Montpellier  de la revue HORIZONS MAGHREBINS
Le samedi  8 octobre 2016  de  15h à  18h
Lieu : LE CLUB DE LA PRESSE ( quartier Antigone) : 1 Place du nombre d’or – Montpellier
Rencontre  organisée à l’occasion de la parution du n°74/2016 de la revue universitaire  Horizons Maghrébins, intitulée : Itinéraires arabes en révolution ( 2011-2014) [Responsables scientifiques de ce numéro : Nadine Picaudou et Pierre Vermeren]
img_2913Avec la participation de :
Maati Monjib, Historien, universitaire marocain, politologue
Paul Alliès, Professeur émérite de science Politique, Université de Montpellier
Abdallah Gabsi ( Enseignant-Chercheur à l’université de Toulouse, docteur d’Etat en sciences économiques, en Urbanisme et Aménagement…)
Rencontre animée par  Mohammed Habib Samrakandi, Directeur de la revue Horizons Maghrébins, Docteur en Anthropologie (Université de Toulouse Jean Jaurès/CIAM-PUM)

Quelques images lors de cette rencontre:

dédicace de l'ouvrage, avec Habib Sarmakandi

dédicace de l’ouvrage, avec Habib Sarmakandi

 

groupe des présentateurs de l'ouvrage

groupe des présentateurs de l’ouvrage

le public lors de la présentation du n° de la revue "Horizons maghrébins"

le public lors de la présentation du n° de la revue “Horizons maghrébins”

Coallia au Maghreb des livres 2016

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Unknown-4Depuis des années l’association Coallia envoie au Maghreb des livres une dizaine de stagiaires qui participent aux deux jours de la manifestation. Cette année 2016, ils en ont tiré un reportage qui constitue l’essentiel du premier numéro du trimestriel qu’ils viennent de lancer. Merci à eux pour leur travail et leur témoignage. Que ces jeunes apprennent à connaître la France ainsi à l’Hotel de Ville de Paris est un message
d’espoir.

Ci-dessous, le lien pour la version en ligne : https://madmagz.com/fr/magazine/740242?utm_source=m3&utm_medium=email&utm_campaign=f

Langues métissées en Méditerranée: Alain REY, Cheyma DALLAGI, Christophe PICARD

Alain Rey

Alain Rey

Au Maghreb des Livres 2016, organisé par Coup de Soleil, avec l’Hôtel de Ville de Paris

« Langues métissées en Méditerranée »Table ronde de littérature

Massensen CHERBI, modérateur de la table ronde nous lit sa présentation : Le berbère est reconnu depuis peu au Maroc et en Algérie comme langue…

Christophe PICARD : L’histoire de la Méditerranée depuis le 11ème siècles a été écrite depuis le 19ème siècle par les Occidentaux, de grands historiens (Fernand Braudel etc…), dans le fil des latins, laissant les Byzantins et les Musulmans à la marge.

En s’appuyant sur le sources musulmanes on voit que le point de vue change : Peste au 6e et 7 ème siècle et invasions arabes. Les Arabes cherchent à construire un empire au travers d’abord de négociations avec les Byzantins et les autres. S’il n’y a pas de soumission à la clé, il y a bataille puis négociation avec les populations une fois la bataille gagnée. Depuis la 2ème moitié du 20 ème siècle les archéologues ont montré qu’il y a toujours eu vie et activité de l’autre côte de la Méditerranée : Les Chrétiens et les Musulmans.

La guerre est permanente car il ne peut y avoir deux empires. La mer est une frontière. Mais il y a toujours eu des négociations, des accords pour développer le commerce dans des périodes de trêves. La guerre et le commerce ont perduré pendant ce millénaire. Aujourd’hui, on a des éléments pour analyser cette Méditerranée à trois voix : Byzance, Latins, monde musulman. Al Irissi, géographe, a dressé une première carte exhaustive de la Méditerranée qui a toujours été une espace « connecté ».

Des centaines de voyageurs de tous bords y circulent, et les reconnaissances se développent de plus en plus sur mer le long des côtes, vers l’Orient dès le 6/9ème siècle, et jusqu’en Chine. Les Latins sont attirés par les produits qu’ils n’ont pas (l’or, l’alun pour fixer les couleurs).

A partir du 12ème siècle les Italiens se font la guerre entre eux. Alors, même si la guerre est permanente, cet espace a permis finalement aux latins de triompher dans l’espace méditerranéen.

Bagdad, la Sicile. Construction d’une universalité par les musulmans sur les bases d’un savoir grec et persan auquel les savants musulmans ajoutent un savoir propre (médecine, agriculture).

Alain REY Exposé passionnant et percutant, fruit d’une immense culture et d’une grande maîtrise dans la transmission des savoirs. Du coup on se sent intelligent !

Il y a une extraordinaire intrication entre les domaines économiques, religieux, politique, linguistique. Trois familles de langues :- persan (langue indo-européenne apparentée au grec et au latin) – arabe (langue sémitique) apparentée à l’hébreu – turc (langue turco-mongole)

Ces langues sont en interférence quand à leur usage, leur emploi, leur contexte politique.

La cuisine turque, une des premières du monde, a influencé la cousine grecque, balkanique, maghrébine. L’arabe étant la langue de la religion commune.

La langue du Coran est normalise, fixée, et intouchable, contrairement à la renaissance de l’hébreu à la fin du XIX siècle.

Le rôle du langage est une sorte d’arrière plan commun qui abouti à des formes de pensée collective, et des pratiques quotidiennes différentes. Dialectisations locales de l’arabe parlé.

Les langues nationales sont des fictions institutionnelles, pour réaliser un semblant d’unité nationale.

L’héritage d’Aristote a transité par l’arabe. Tradition plus rationnelle et scientifique. Avant le 12ème siècle la pensée occidentale en latin était capitalisée par Platon et le spiritualisme.

L’Islam dans le Coran est dans une continuité consciente du christianisme. Les structures mentales sont induites par les langues.

Les dictionnaires sont une création des arabes et liés à la structure de la langue, vitales racines, et la morphologie puissante de la langue arabe et sa matérialité. La texture des langues influe sur les savoirs et leur transmission.

Cf les réflexions d’Ibn Kaldoun sur la langue : La langue conduit la pensée. La pensée conduit la culture. La culture conduit la politique.

Cheyma DALLAGI Exposé riche et intéressant issue de la thèse en cours d’une jeune chercheuse Tunisienne (qui s’inscrit dans la lignée du travail du regretté linguiste et poète tunisien Salah Garmadi). [Ayant dû m’absenter un moment de cette conférence, mes notes ont pu ont être complétées grâce au résumé que l’intervenante m’a aimablement communiqué, ce dont je la remercie].

Lingua franca et sabir  Ces deux langues véhiculaires représentent deux formes concrètes de métissage européo-islamique. La lingua franca est présente à l’apogée de l’empire ottoman. Quand au sabir il prend le relais de la lingua franca à l’époque coloniale.

1/La Lingua Franca C’est une langue qui sert à communiquer entre des locuteurs de langues vernaculaires différentes. Idiome fait d’assemblages (entre langues romanes et sémitiques), elle a été utilisé durant des siècles de la fin du Moyen Age jusqu’au XIXème, par des locuteurs des deux rives de la Méditerranée. A la base c’est une langue de commerce, de marchands et de marins, mais aussi de pirates, d’esclaves et de bagnards qui se parlaient notamment sur les ports, et sur les mers. Elle est né de la rencontre des langues en cours dans le bassin méditerranéen, celles des deux grands ensembles : les langues romanes européennes au Nord, les langues arabes au Sud.

La lingua franca fait sauter toute la conjugaison et emploie les verbes dans leur forme infinitive. Elle se présente comme une langue à majorité romane où l’arabe, le judéo-arabe, et le turc, figurent de façon marginale. Langue de « contact », elle est née dans une histoire agitée, celle de la guerre de course, ou « corso », qui en italien, désigne les activités de déprédations maritimes réciproques entre chrétiens et musulmans, qui ont eu lieu du XVIème siècle au XVIIème siècle en Méditerranée

Grâce aux récits de voyages notamment, on fait donc remonter au XVIème siècle la naissance de la lingua franca à l’époque barbaresque, marquée par le brigandage maritime, la piraterie, le rapt et la réduction à l’esclavage. D’aucuns font remonter ses origines aux Croisades (hypothèse discutée), où le contact était aussi celui du conflit. Le paradoxe tenant lieu de l’échange qui s’intensifie parallèlement à de tels conflits.

2/Le sabir  Cette langue intermédiaire est le point de rencontre de deux langues différentes, le mot « sabir » est une altération du mot portugais, castillan, catalan et occitan « saber » (« savoir ») emprunté au latin « sapere ». A l’époque coloniale, il sert à désigner le parler des indigènes, c’est-à-dire des autochtones dont la langue maternelle n’est pas le français et qui l’adoptent tout en l’accommodant, et l’agrémentant à leur façon. Il désigne les langues nées en contexte cosmopolite, et se réfère aux parlers en cours entre siciliens, maltais, espagnols, corses, arabe, juif… On peut ainsi qualifier de sabir toutes les langues intéragissant les unes avec les autres. D’où un emploi au pluriel du terme « les sabirs ». Dans ce sens la lingua franca est un sabir, c’est-à-dire une langue qui naît de la nécessité de communiquer.

3/Passage de la lingua franca au sabir  La lingua franca, bien qu’elle soit née dans un contexte de conflit et d’adversité, est une langue employée par des ennemis d’égale stature. Son histoire se fait sur fond de relation paritaire et non de relation conquérante ou coloniale.

Le sabir, lui, est né d’une relation dissymétrique. Pour un même phénomène de contact, on passe en quelque sorte d’une interlangue à une infralangue. Cela est profondément relié au statut qui est alors donné au locuteur : d’abord pirate, corsaire, commerçant, haut-dignitaire, le voilà indigène.

Conclusion : L’intérêt principal de ces deux langues est qu’elles constituent les preuves des transferts culturels toujours en cours.

Aldona Januszewski

Communiqué de presse

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