On aime,on soutient



Face au racisme: Coup de soleil et élections présidentielles françaises 2007

A Mesdames et Messieurs les adhérents de Coup de soleil

Chers amis,

Le groupe de pilotage du Maghreb des livres a tenu, samedi 29 avril 2017, une réunion à laquelle participaient un grand nombre d’élus au conseil national d’administration de Coup de soleil. Nous avons largement évoqué la manière dont notre association devrait – ou non – réagir, face au risque que la France tombe, le dimanche 7 mai prochain, dans les filets de l’extrême droite. Comme vous le savez, nous nous gardons, par principe, de nous immiscer dans les questions de politique intérieure française et maghrébine, source évidente de division, incompatible avec notre souci majeur de rassemblement. Mais nous nous sommes toujours gardé la possibilité de le faire, chaque fois qu’en France, au Maghreb ou en Méditerranée, des évènements graves allaient à l’encontre de nos valeurs fondatrices : la paix, la justice, la liberté, l’égalité et la fraternité (1).

Nous sommes donc convenus à l’unanimité samedi, après une ample discussion, que j’adresserais au plus tôt à l’ensemble des participants un projet de prise de position sur ce vote du second tour aux élections présidentielles françaises. Je l’ai fait ce mardi 2 mai au matin et les deux journées des 2 et 3 mai ont été marquées par de fructueux échanges de courriers électroniques qui nous ont permis d’élaborer hier soir une dernière version du texte, approuvée ce matin par le C.A.

Ce texte est donc maintenant une nouvelle prise de position « officielle » de l’association Coup de soleil et je vous l’adresse ci-joint : libre à vous, si vous l’estimez utile, de la diffuser plus largement.

Je vous assure, Madame, Monsieur, chers amis, de mes sentiments les plus cordiaux.

Pour mémoire, nous avons pris position à plusieurs reprises, depuis la naissance de l’association en 1985 sur : l’assassinat de Malik Oussekine en 1986, les assassinats de jeunes Français Maghrébins dans les années 90, les menaces contre le droit du sol en matière de nationalité (1994), les deux guerres d’Irak, la décennie noire en Algérie, les soubresauts du conflit israélo-palestinien et les « guerres de Gaza », la guerre en Bosnie, les attentats du 11-Septembre 2000, les révoltes de 2005 en banlieue, les révolutions arabes de 2011, les attentats de 2015 et 2016, etc.

Georges MORIN

Un appel de l’association Coup de soleil à ses adhérents et amis

Dimanche 7 mai 2017 : ne jouons pas avec le feu !

Dimanche 21 avril 2002, résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française : le leader de l’extrême droite est qualifié pour le second tour (16,86%), face au président sortant (19,88%). Toute la France est sidérée : c’est bien sûr la joie, presque incrédule, de celles et ceux qui ont voté Le Pen. L’immense majorité de tous les autres, de toutes opinions, refusent que la France prenne le visage d’un candidat nostalgique de la collaboration avec l’occupant nazi, fier d’avoir torturé durant la guerre d’Algérie, ouvertement anti-juif et anti-musulman, qui sème la peur, le rejet et la haine de l’autre. Dix jours plus tard, le 1er mai 2002, ce sont des millions de Français qui descendent dans la rue, dans toutes les villes de France, avec leurs partis, leurs syndicats et leurs associations, pour clamer leur refus de l’extrême droite et leur appel à voter Chirac, seule solution évidente pour éviter le pire ! Les adhérents de Coup de soleil ont alors massivement participé aux manifestations de Paris, Lyon, Marseille, Montpellier et Toulouse. De manière toujours « a-politique » et toujours « positive », comme le veut la charte de notre association, nous défilions à Paris sous la banderole « Pour une société française sûre d’elle-même, ouverte au monde et fraternelle », texte qui figure dans l’article 2 de nos statuts.

Résultat du second tour : 82,21% des suffrages exprimé pour Chirac et 17,79% pour Le Pen. Quel soulagement ! Malheureusement, peu de responsables politiques ont ensuite tiré les enseignements de cette première alarme. Les dérèglements climatiques, économiques, financiers, sociaux et politiques se sont encore amplifiés dans le monde : explosion des inégalités, montée des intégrismes religieux, multiplication des conflits, recul des droits de l’homme et de la démocratie, ces phénomènes ne cessent de malmener et de fracturer gravement toutes nos sociétés.

Dimanche 23 avril 2017, quinze ans après, résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française : les deux grands partis de droite et de gauche sont éliminés, la cheffe de l’extrême droite est qualifiée pour le second tour (21,30%), face au candidat du mouvement « En marche » (24,01%). Mais la France semble davantage ébranlée par l’implosion des deux grandes forces républicaines que par la qualification de l’extrême droite !… Entretemps il est vrai, le parti qui l’incarne n’a cessé de progresser en pourcentage de voix. Mais, bien pire, ses « idées » de peur et de haine ont gangrené beaucoup d’esprits, en France comme en Europe et dans le monde. Et puis les sondages nous ont préparés à cette présence probable de Le Pen au second tour. Dès lors, ce ne sont que de maigres cohortes, aux slogans parfois ambigus, qui se sont manifestées dans cet entre-deux-tours du 1er mai 2017. De pitoyables calculs politiciens, à droite comme à gauche, continuent à occuper l’actualité, accroissant, chez nos concitoyens, la confusion et l’incertitude sur leur vote du 2ème tour.

Pour Coup de soleil, les choses sont claires : comme en 2002, et même beaucoup plus qu’en 2002, le danger est immense et on ne saurait y opposer des réponses alambiquées. Pour celles et ceux qui adhèrent à Coup de soleil, qui en sont proches, qui partagent nos valeurs et veulent continuer à vivre dans une SOCIÉTÉ FRANÇAISE SÛRE D’ELLE-MÊME, OUVERTE AU MONDE ET FRATERNELLE, le choix est clair : – pas de vote Le Pen, cela va de soi ! / – pas davantage de refuge illusoire dans l’abstention puisque ce « non-vote » augmentera automatiquement le pourcentage des voix de cette candidate, défigurant un peu plus la France que nous aimons. / – pas d’autre choix que de mettre dans l’urne, le 7 mai prochain, un bulletin Macron ! Chacun(e) pense ce qu’il veut du candidat et de son programme. Mais, contribuer à le faire élire, c’est au moins la certitude que la liberté, l’égalité et la fraternité ne seront pas remises en cause dans notre pays. C’est aussi la certitude que chacun(e) pourra ensuite exercer librement son choix de soutenir ou de combattre la politique du nouveau président, et ce dès les élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Pour ce qui nous concerne, nous saurons rappeler au nouveau pouvoir qu’il doit s’attaquer sans tarder aux causes profondes du désespoir qui atteint aujourd’hui tant de nos compatriotes. Coup de soleil sera particulièrement vigilant sur les politiques qui devront être rapidement engagées pour traquer sévèrement toutes les formes de discriminations et pour réduire les fractures économiques, sociales et culturelles qui entravent la pleine intégration de notre jeunesse au sein de la nation.

A Paris, 4 mai 2017.

Pour le conseil national de Coup de soleil, le président : Georges Morin

 

Bienvenue à Madagascar/ Franssou Prenant : filmer Alger

Bienvenue à Madagascar/ Franssou Prenant : filmer Alger

Franssou Prenant

Franssou Prenant

La Chine est encore loin pour parler de l’Aurès, alors pourquoi pas Madagascar pour parler d’Alger ? Si la récitante / auteure du film a été compagne de l’ambassadeur à Alger de cet autre pays africain ?

Avant tout, Franssou Prenant est de métier monteuse de films autant qu’auteure. Elle part de la nostalgie de l’Alger de sa jeunesse (1962- 1966, à 10- 14 ans). Elle a un « œil de caméra » exceptionnel, pour filmer la ville d’Alger et ses gens. De cette ville si délabrée elle tire une poésie du quotidien, avec le ballet d’une bouteille en plastique prise dans le tourbillon du vent ou dans une vague, avec les murs et les escaliers, avec les ciels et la mer. C’est le rythme de ces images qui commande le film, mosaïque et kaléidoscope. On a même droit au peintre Marquet…

th-1Mais le film n’est pas muet et c’est là qu’il pose problème. Les séquences sonores sont aussi brèves que les plans visuels et le mélange des deux relève de rêveries et d’associations d’idées, sans cohérence mutuelle entre l’image et le son. Des murmures d’introspection se tressent avec du commentaire politique contemporain, ou avec la voix d’André, père de l’auteure, racontant son voyage en 1946 de Marseille à la frontière saharo- marocaine.

Les amoureux d’Alger trouveront leur compte dans ce film, mais il n’aidera pas les néophytes à la découverte de ce pays.

Film: Retour en Algérie, Cinéma Luminor, Hôtel de ville

Voir l’affiche du film: cliquer ci-dessous

http://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2017/01/RetourEnAlgerieDossierdePresseParisLuminor2017.pdf

www.retourenalgerie-lefilm.com

Emmanuel.audrain@orange.fr 06 80 95 12 45

Cinéma LUMINOR – Hôtel de Ville 20 rue du Temple 75004 Paris

10 Projections – rencontres

Avec le Réalisateur Emmanuel Audrain

Et ses « Invités »

Samedi 21 Janvier, 11h : Raphaëlle Branche Historienne

Samedi 28 Janvier, 11h : Xavier Jacquey ancien Appelé

Mohamed Khaznadji ancien Moudjahid

Samedi 04 Février, 11h : Claire Mauss-Copeaux Historienne

Samedi 11 Février, 11h : Pierre Joxe ancien Appelé, ancien Ministre,

“Avocat des mineurs”

Samedi 18 Février, 11h : Nils Andersson Editeur

Samedi 25 Février, 11h : Tramor Quémeneur Historien

Samedi 04 Mars, 11h : Claude Juin, ancien Appelé Sociologue

Samedi 11 Mars, 11h : Jean-Claude Escaffit Journaliste

Samedi 18 Mars, 11h : Gilles Manceron Journaliste et Historien

Samedi 25 Mars, 11h : Florence Beaugé Journaliste

Producteur délégué : Anne-Marie Yvon, Le Goût du Large

Coproduction : France Télévisions – France 3 Pôle Nord-Ouest Avec la participation… CNC, Centre National de la Cinématographie et de l’image animée Le Conseil Général des Côtes d’Armor . La Région Bretagne

Equipe du Film :

Réalisation et image : Emmanuel Audrain . Assistante à la réalisation et son : Sophie Audrain

Montage : Michèle Loncol . Palette graphique : Alexandre Babelot . Etalonnage : Marcello Cilurzo

Voix : Vincent Spatari . Musiques : Matthieu Saglio (violoncelle) . Malika Ouahès (chant Kabyle traditionnel) . Sons additionnels et Mixage 5.1 : Frédéric Hamelin . Affiche : Sylvie Dessert

S Y N O P S I S

Ils ont eu 20 ans, entre 1954 et 1962. Comme deux millions de jeunes Français, leur Service militaire ce fut la Guerre d’Algérie. Torture et « corvées de bois », sont les blessures dont leur génération n’a pas pu parler.

À 65 ans, avec la possibilité de percevoir leur « retraite du combattant », Rémi, Georges, Stanislas, Gilles et les autres… choisissent de mettre cet argent en commun, pour financer des projets solidaires, en Algérie. Eux, qui s’étaient tus si longtemps, voilà qu’ils parlent. Et leurs vieux coeurs qui rajeunissent ! Allant à la rencontre de jeunes lycéens, ils disent : « Parfois, il faut désobéir… Oser, dire Non ! » Ils ajoutent : « Cette histoire, a bouleversé nos vies. Mais – aujourd’hui – retournant en Algérie, c’est une autre page que nous voulons écrire… Solidaire et fraternelle, celle-là ! »

 

Algérie du possible, film de Viviane Candas

affiche du film

affiche du film

Algérie du possible, une biographie : depuis le FLN au combat, vers le pied-rouge non conformiste

« C’est l’histoire d’une femme qui a perdu son père et qui cherche à savoir pourquoi. Yves Mathieu, avocat anticolonialiste et militant socialiste est-il mort dans un banal accident de voiture ? Difficile d’y croire lorsque l’on sait que le camion qui l’a percuté, un jour de 1966, appartenait à l’armée algérienne.

Ce documentaire pudique ne sombre jamais dans l’accusation facile, tout en évoquant beaucoup de sujets passionnants (peut-être trop pour une durée aussi courte) : l’indépendance, le pétrole algérien, l’alphabétisation, l’autogestion, le napalm, la restitution des terres… Le tout éclairé par le commentaire sobre de la cinéaste Viviane Candas » (présentation de Télérama)

routes dangereuses

routes dangereuses

Nous avons vu ce documentaire, en avant-première organisée par le Maghreb des films (il sort en salles le 7 décembre 2016, commenté dans Le Monde du même jour, voir ci-dessous). Il est réalisé par Viviane Candas. Trois séances successives au cinéma La clef à Paris. C’est donc la fille du héros, Yves, qui commente son film en compagnie de l’historienne Sylvie Thénault et d’un ancien militant du FLN emprisonné à Paris, auteur d’un ouvrage sur les Algériens alors condamnés à mort. A une projection suivante, grâce à Mohamed Harbi, on parlera surtout de la réforme agraire (tentative avortée d’auto-gestion) et de la gestion des biens laissés vacants par le départ des pieds-noirs.

école vers 1963?

école vers 1963?

Le film raconte l’histoire de Mathieu en tressant tous les fils disponibles : souvenirs directs de sa fille encore enfant, mais aussi indirectement ce qu’elle entendait dire par les proches à l’époque. Et puis son immense quête en Algérie ou en France auprès des témoins de l’époque, proches de Mathieu. Y compris ce que livrent des témoins essentiels, comme Mohamed Harbi, à la fois militant, acteur et historien du FLN et Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante. Dans la discussion qui a suivi le film, beaucoup de place a été donné à la guerre d’Algérie et au « collectif » d’avocats qui ont défendu les militants emprisonnés, en Algérie comme en France. La description des années 1962-66 en Algérie que donne le film est plus précieuse encore, car c’est un thème particulièrement mal connu « de l’intérieur », en particulier en province, loin d’Alger. Mathieu s’est occupé en juriste des « biens vacants ». Pour les terres et les entreprises, c’est l’histoire cruciale de la tentative d’autogestion, vite remplacée par une gestion bureaucratique centralisée : dans un pays manquant dramatiquement de cadres, aucune des deux solutions de gestion n’avait de chances de réussir facilement. On voit Mathieu et quelques autres « pieds-rouges », avec quelques Algériens « de gauche », essayer de mettre juridiquement et pratiquement en route cette autogestion où les ex-employés assureraient à la fois le travail et la gestion des entreprises abandonnées par le départ des pieds-noirs. On montre l’abandon de fait de cette tentative, abandon accéléré par le coup d’état de Boumediene en 1965. Le parc immobilier de logement était l’autre face des « biens vacants », dont malheureusement le film ne parle guère. Mathieu se reconvertit en avocat qui défend les droits coutumiers des paysans dans l’est algérien. En 1966 tout laisse penser que l’accident de voiture où il meurt est un assassinat organisé par les « services » de la sécurité militaire algérienne. La valeur de ce film est dans l’imbrication des images et témoignages du présent avec les souvenirs récupérés appuyés sur les images d’archives, sans manichéisme.

Extraits de l’article du Monde :  … « Se dessinent non seulement le portrait d’un combattant à l’idéalisme inflexible mais aussi la fresque funèbre d’une révolution trahie (y en a-t-il d’autres ?). […] A l’indépendance, il avait été chargé par le régime d’Ahmed Ben Bella de donner un cadre juridique à l’expérience d’autogestion tentée dans les grands domaines agricoles et les installations industrielles abandonnées par les (ou prises aux) Français […] Le coup d’Etat de 1965, qui finit par porter au pouvoir Houari Boumédiène, s’est fait contre les amis politiques d’Yves Mathieu, qui a repris ses activités d’avocat et (c’est une hypothèse avancée par sa fille) d’opposant à un régime qu’il réprouve. Alors qu’il se rend dans la région de Constantine pour rencontrer des paysans spoliés dans une affaire de détournement d’eau, sa voiture est heurtée par un camion de l’armée algérienne […] La caméra enregistre la gamme des réactions que provoque l’évocation de ce souvenir embarrassant. Le chagrin vrai, la condescendance, l’hypocrisie, la honte, l’aveuglement (la réalisatrice a rencontré Ahmed Ben Bella avant sa mort en 2012) gravent à l’eau-forte le tableau clinique des séquelles d’une révolution.

Parallèlement, à l’aide d’images d’archives utilisées avec parcimonie, Algérie du possible tente de dire ce qu’aurait pu être une Algérie autogérée, qui aurait aidé les paysans dépossédés par la colonisation à retrouver une terre dont ils auraient été les maîtres, qui aurait accompli les promesses de l’indépendance. Cette évocation d’une utopie s’appuie entre autres sur les souvenirs de ce moment de l’histoire qui vit Alger devenir une Mecque révolutionnaire où se croisaient barbudos et Black Panthers, combattants de l’ANC et délégation pékinoise […] C’est parce que l’auteure ne peut surmonter l’éblouissement que lui a laissé l’épopée qu’a vécue son père qu’elle peut rendre compte aussi exactement du deuil qui a suivi. »

 

 

 

ÉVOLUTION DU MONDE ARABE DEPUIS LA RÉVOLUTION TUNISIENNE DE DÉCEMBRE 2010

« L’ÉVOLUTION DU MONDE ARABE DEPUIS LA RÉVOLUTION

TUNISIENNE DE DÉCEMBRE 2010 »

Maison de l’Amérique latine,

217 bd St-Germain, Paris (7ème) le samedi 10 décembre 2016, de 14h à 18h, avec :

 

Yves AUBIN de la MESSUZIÈRE, ambassadeur de France, auteur de « Monde arabe, le grand chambardement » (Plon) ;

Rachid BENZINE, enseignant-chercheur, auteur de « La République, l’Eglise et l’islam », avec Christian Delorme (Bayard) ;

Isabelle MANDRAUD, journaliste (Le Monde) chargée du Maghreb de 2010 à 2014, auteur  de « Du djihad aux urnes » (Stock) ;

c, enseignant-chercheur, auteur de « Comprendre le monde arabe » (Armand-Colin) ;

Hubert VÉDRINE, ancien ministre des affaires étrangères, auteur de « La France au défi » (Fayard) = confirmation le 3 décembre ;

Débat co-animé par Marc SÉMO (Le Monde) et Georges MORIN (Coup de soleil

 

Inscription préalable obligatoire : association@coupdesoleil.net

Participation aux frais : 5 € encaissés à l’entrée

N’hésitez pas à DIFFUSER CETTE INFORMATION dans tous vos réseaux. Merci.

Flyer à diffuser: http://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2016/12/plaquette-10-décembre-2016.pdf

Benslama et Khosrokhavar 10 novembre 2016 IMA Face aux utopies meurtrières

Ces deux écrivains, psychanaliste le premier (Fethi Benslama) et sociologue le second (Farad Khosrokhavar), dialoguent sans pédanterie à l’Institut du Monde Arabe sur les sujets qui nous agitent tous : qu’est-ce que la radicalisation en Islam ? Que veut dire djihad de nos jours ? qu’est-ce que « déradicaliser » ?

 

Farad Khosrokhavar

Farad Khosrokhavar

Qui se radicalise et pourquoi ? Si le terme date de 2001 (attaques sur les tours de New York), au Moyen Orient les jeunes sont déstabilisés dès 1991 (première guerre du Golfe menée par la coalition contre l’Iraq qui vient de s’emparer du Koweit), donc depuis une génération. Et la déstabilisation a commencé avec 1979 (prise en main de l’Afghanistan par l’Union soviétique, arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran suivie de près par la guerre Iran/ Iraq (1980/ 1988, entre ½ et 1 million de morts, majoritairement iraniens). Plus largement, sur ce long terme, tous les pays « musulmans » sont un moment en guerre civile ouverte ou larvée, à peu près tous les jeunes n’ont pas de vision d’avenir possible et vivent dans des sociétés où c’est un enjeu fondamental de savoir ce que c’est d’être musulman. Si bien que la radicalisation est un fait social « total », qui atteint des profils très divers (convertis, femmes). Les mouvements entrainent les adeptes activement. Cela dépasse la formation de sectes, caractérisées par la passivité des adeptes qui obéissent au gourou, adeptes en nombre réduit. Si bien que c’est une illusion de croire que tuer les « chefs » radicaux met fin au radicalisme, qui s’apparente à une hérésie généralisée, face au malaise généralisé d’un occident en crise de ses propres valeurs.

UnknownLa querelle (Gilles Képel, Olivier Roy, François Burgat) pour savoir si le radicalisme atteint des musulmans salafistes (à la piété déjà exacerbée) ou au contraire des ignorants de la chose musulmane, est vaine, car on ne peut généraliser à partir de parcours individuels très divers, où la part du psychopathologique est parfois importante, l’engagement radical servant d’auto-thérapie. Certains entrent en guerre par prétexte, ou pour s’assurer un confort moral, pour se donner une loi à appliquer en l’intériorisant. Une même idéologie est servie à l’adolescent français qui veut ainsi devenir un homme et au bédouin du Sinaï égyptien, même si Daesh, qui publie ses prêches en 11 langues, module les contenus selon les publics ciblés. La guerre attire en France, pays sans guerre sur son territoire depuis 1945, où l’idéologie du progrès infini ne marche plus, ni dans sa version républicaine ni dans sa version communiste : seule la religion ouvre un avenir. La jeunesse du monde entier tend à s’homogénéiser, prise dans une adolescence qui commence de plus en plus tôt et se poursuit de plus en plus tard, alors que voici un siècle l’adolescence était le privilège restreint des couches aisées occidentales. C’est maintenant le monde entier qui ne sait que faire d’une part de ses jeunes de 15- 25 ans. Par exemple en Tunisie, sur une population totale de 11 millions d’habitants, 2 millions de jeunes sont sans scolarité, ni travail, ni perspective d’avenir.

Les mêmes formes de contestations peuvent ainsi être adoptées dans des populations très variées. Un exemple nous en est donné par l’anecdote contée par Benslama : en Syrie où il se trouve en 2013 en zone « rebelle », la confusion règne entre les jeunes chefs (émirs) de bandes (katibas) de jeunes armés d’une trentaine d’année. Il les voit en proie à la révolte des « ados » de 12/ 17 ans, qui eux n’ont pas d’armes et trouvent pour s’imposer l’argument du drapeau noir du jihad : une sorte de sous-prolétariat.

Le désir de mourir chez les radicalisés est certes une nouveauté. Il apparaît chez les jeunes iraniens servant de chair à canons dans la guerre Iran/ Iraq en 1980. Il se formalise en une inversion chez les humiliés : au lieu de me mépriser mon adversaire a peur de moi si il sait que je veux mourir. Prétendre que ce « goût de la mort » serait une spécificité du chiisme est absurde. En fait c’est un comportement diffus très large. C’est le dolorisme qui est particulièrement ritualisé (cérémonies, théâtre) dans le chiisme, mais on le trouve aussi dans l’auto-sacrifice de Bouazizi en Tunisie sunnite, dans le christianisme, tout comme dans la religion patriotique qui s’est développée avec la première guerre mondiale (soldat inconnu et monuments aux morts). La mort est une source de dignité partout.

La « déradicalisation » est une formule absurde parce qu’elle suppose que le radicalisé va accepter passivement de changer. Mieux vaut parler d’insertion, d’apprentissage de la citoyenneté, par une approche critique réelle de la société. Il faut des traitements à la fois pour punir et pour démobiliser. Outre la nécessité de prévention massive, s’occuper de ceux qui sont passés à l’acte nécessite un dialogue accepté volontairement. Il y a une petite quantité d’« endurcis » qu’il faut empêcher de nuire en attendant mieux, beaucoup d’incertains avec qui il faut dialoguer, des traumatisés qu’il faut traiter psychologiquement, des repentis qu’il faut faire parler car ce sont les plus crédibles auprès des radicalisés. En général, apprendre à parler, à dialoguer, est essentiel pour sortir du sentiment d’humiliation.

Une question de la salle porte sur le traitement de la religion en entreprise : la demande vient le plus souvent de salafistes pieux (demande de salles de prière, de nourriture hallal) avec qui l’important est un travail de dialogue pour cadrer ce qui relève du privé qu’il faut accepter et du public qui doit rester laïc.

Les perspectives développées par Benslama et Khosrokhavar sont à rapprocher de ce que raconte dans ses souvenirs “Fille de daronne et fière de l’être” Bouchera Azzouz. Voir aussi de Benslama http://coupdesoleil.net/blog/fehti-benslama-un-furieux-desir-de-sacrifice-le-surmusulman/

 

 

 

 

Marseille, rencontres “Paroles d’Algérie”, 24-26 novembre 2016

PROGRAMME 

4ème UNIVERSITÉ D’HIVER – 24, 25 et 26 Novembre 2016 

Lieu : Centre le Mistral, 11 impasse Flammarion, 13001 Marseille 

« PAROLES D’ALGÉRIE » 

Quelle image avons-nous de l’Algérie ?

Pour beaucoup, cette image est fortement affectée par les évènements dramatiques des années 90 alors que la société n’a cessé d’évoluer. Elle est formée de clichés médiatiques lancés sous les feux de l’actualité. Elle est le produit d’observateurs, essentiellement extérieurs et limités objectivement par le traitement des « événements de surface » sur le temps « le plus bref mais le plus directement accessible » de la triple temporalité de Fernand Braudel, cet « amoureux de la Méditerranée ».

L’Université d’Hiver invite, pour son édition du 24 au 26 novembre 2016, des hommes et des femmes venus d’Algérie pour nous proposer un regard nouveau sur ce pays. Nous leur donnons la parole pour nous introduire dans la réalité qu’ils vivent au sein de leur société. Ils sont intellectuels, universitaires, écrivains, artistes, membres d’associations et ils partagent la riche diversité géographique de l’Algérie, le foisonnement social, culturel et cultuel qui nous sont souvent invisibles.

 JEUDI 24 NOVEMBRE A partir de 13h30  Accueil des participants
15h  Ouverture de l’UH par Mgr Pontier, archevêque de Marseille 
15h15 à 18h15  L’Algérie : Un pays riche de son peuple et de sa diversité géographique Situation économique et politique :Géographie, populations et sociologie des territoiresMohamed Kouidri, universitaire (Oran)Nordine Azzouz, journaliste (Alger)Slimane Bedrani, universitaire (Alger)Animateur : Christian Apothéloz
Conférence grand public ICM Cycle « Maison de la Sagesse » Soirée de 20h à 22h  «D’Augustin à aujourd’hui, les grandes figures humanistes et spirituelles de l’Algérie » Augustin le Méditerranéen : Sabah Ferdi, directrice de recherche au CNRA (Alger)Abd el-Kader, un humaniste spirituel : Ahmed Bouyerdene, historienDes figures contemporaines humanistes : Karima Berger, écrivainAnimateur / Discutant : Christophe Roucou / Amel Chaouati

 VENDREDI 25 NOVEMBRE Matinée de 9h à 12h30  La culture La culture algérienne d’hier et d’aujourd’hui – Panorama : Toufik Mendjeli, journaliste, spécialiste culture (Alger)La littérature dans la société algérienne, son évolution : Mme Maïssa Bey, écrivain (Sidi Bel Abbès)Assia Djebar ou le chant contre l’oubli de la mémoire et de l’histoire des Algériennes :Mme Amel Chaouati, écrivainL’association « le petit lecteur » (travail auprès des enfants/Oran) : Mme Zoubida Kouti (Oran)

Des décennies de cinéma algérien : Hadj Bensalah (ex-directeur de la cinématèque d’Oran)

Animateur / Discutant : Karima Berger / Christine Ray

Après-midi de 14h à 17h30  Femmes dans la société algérienne Le dialogue des extrêmes : les femmes en Algérie entre tradition et modernitéMaya Boutaghou (Université de Virginie)Le planning familial, de l’indépendance à nos jours : Fazia Belaïdi (médecin, Alger)Les défis de la revue Hayat dans la société algérienne : Mmes Fazia Belaïdi et Aït Yala (Alger)

La lutte des femmes du Sud algérien contre le gaz de schiste : présentation Alice Champseix, CCFD

Des mots de femmes pour dire les maux d’une société : Samira Bendris, éditrice (Alger)

Animateur : Dominique Fonlupt

18h à 19h  Emission RCF en direct