Yamen Gharbidialogue avec Francesca Isidori au MODEL 2019

(Auteur tunisien, premier roman “Tunis Magma, Asphalte éditions

Votre roman est un roman à trois personnages, proche du naturalisme. Je ne connais pas Tunis, est-ce une ville réelle ou imaginée que vous décrivez ? C’est un roman aux images cinématographiques, plein de fausses pistes, une sorte de polar aux inquiétantes étrangetés, fantastique et plein d’humour. Et il y a un jeu de mot dans le nom d’un personnage Oui, Fakhat cela signifie “j’ai pensé”. Je l’ai modifié en “Fak art”. Les descriptions de Tunis sont réelles.C’est une flânerie dans la Tunis d’aujourd’hui. une Tunis infernale, agitée, grouillante de chats de gouttière où l’on a du mal à circuler sans en écraser un. Cela rappelle d’autres chats, par exemple “Le chat noir” de POE.Il y a des perspectives diaboliques, une menace en attente.

Les chats existent à Tunis, il y en a beaucoup mais pas autant bien sûr. Ceux du roman sont borgnes, estropiés, sales, repoussants, fréquentent les poubelles. C’est “trash”, et naturaliste.

L’inquiétude sociale est très prégnante, c’est une métaphore intelligente, qui montre un désenchantement … tout n’est qu’illusionIl n’y a aucune vérité crédible, c’est un flou incompréhensible, une confusion totale qui règne dans cette histoire. Une fricassée absurde et originale.C’est le chaos, la confusion, d’où le “magma” ce mélange confus de matières.(Monique Chaïbi)