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 Le lauréat du prix « Coup de Coeur » 2017 :

 Kamil Hatimi : La Houlette

éditions Elyzad

couverture

Le livre se déroule aujourd’hui dans les milieux du journalisme à Casablanca. Dragan, le héros, est le fils d’un Marocain de Tanger et d’une Serbe, sauvée par son oncle Dragan, communiste convaincu ; au moment des bombardements de la 2° guerre mondiale, elle est élevée par lui.

Dragan est désormais incapable d’écrire (ni à la main ni sur son ordinateur). Revenu à Casablanca après avoir participé à un colloque à Paris, il demande l’aide de son collègue et ami Vigon pour écrire l’article compte-rendu du colloque. Son ami accepte à condition qu’il aille consulter un thérapeute le docteur Urdiz.

Un attentat dans un hôtel de Casablanca (nombreux morts étrangers touristes venus par une agence « le plein de sud ») va faire remonter à sa mémoire un drame de son enfance.

Les autres romans sélectionnés pour le 12ème prix « Coup de coeur »

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Kaouther Adimi   Des pierres dans ma poche

le livre

Partie d’Alger à 25 ans, la narratrice est désormais une Parisienne rompue au charme comme à la froideur de la capitale française, une habituée des allers-retours entre les deux villes. La voilà qui s’apprête à retourner là-bas, pour assister aux fiançailles de sa petite sœur. Or, à quelques jours du départ, ses angoisses se réveillent, car à 30 ans, et malgré une bonne situation, la jeune femme est encore célibataire. L’assaillent alors les questionnements liés au mariage, à la solitude, à l’indépendance, passablement accentués par les névroses de sa mère. Séquences parisiennes et algéroises se succèdent, vague à l’âme et nostalgie alternent, entre tendresse et autodérision…

L’auteure, dont c’est le deuxième roman, offre ici une vision tragi-comique du destin de ceux qui vivent l’entre-deux.

Zadig Hamroune : Le pain de l’exil

 

Allers retours entre la Kabylie et la Normandie. La Kabylie où la mère du narrateur a passé son enfance, enfance marquée par la condamnation à mort et la décapitation de son père sur laquelle s’ouvre le roman. L’enfant orpheline est confiée à sa grand-mère paternelle qui l’élève dans son village de montagne. De belles descriptions de la Kabylie, des traditions, de la vie familiales à travers 2 familles, celle de la mère du narrateur (ou auteur) Nahima et de sa grand-mère, celle de Adan, orphelin membre d’une fratrie de forgerons, le plus jeune, souvent malmené par ses frères, protecteur de sa sœur Tannirt. Les familles vivent dans 2 villages différents mais se croisent au marché, c’est ainsi qu’Adan fait la connaissance de Nahima. Le roman se déroule sur plusieurs époques, avec des retours en arrière.

 

Brahim Metiba : Ma mère et moi

Ma mère et moi couverture de Brahim Metiba

Brahim Metiba a publié en même temps  ses deux premiers récits :Ma mère et moi et Je n’ai pas eu le temps de bavarder avec toi. Un 3e volet est en préparation

Dans ces 2 petits livres il évoque les relations entre le narrateur et ses parents. Les relations entre la mère analphabète et le fils journaliste sont difficiles. La mère ne comprend pas son travail, rêve de le marier alors qu’il est homosexuel. Entre eux les conversations portent sur la cuisine ou les feuilletons TV dont sa mère se délecte. Il lui lit le livre de ma mère d’Albert Cohen, une façon de lier un dialogue et peut-être de lui faire comprendre qu’il n’est pas son fils révé. Quelques courtes phrases montrent l’échec de cette recherche d’un dialogue. Une façon subtile de montrer l’incompréhension entre 2 êtres qui s’aiment.

Ahmed Tiab : Le français de Roseville

Oran, Algérie. Le commissaire Kémal Fadil est appelé sur un chantier de rénovation du quartier de la Marine, où viennent d’être retrouvés des restes humains datant vraisemblablement des années 1960. Il semble qu’il s’agisse d’un enfant qui portait autour du cou un crucifix. L’enquête ne s’annonce pas simple ! En réalité, elle avait été commencée bien plus tôt, menée par des policiers français…

Cinquante ans plus tard, la vérité histo­rique est toujours aussi compliquée à dire.
Ahmed Tiab nous propose une immersion dans l’Algérie d’avant l’Indépendance, mais aussi dans l’Oran d’aujourd’hui, et conduira son enquêteur jusqu’à Marseille.

La lauréate du 11ème prix :Souad Benkirane, Les quatre saisons du citronnier

Editions Karthala

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Au Maroc, au début du XXe siècle, des femmes venaient encore, sous la contrainte, grossir le cheptel des harems du pays. Enlevées dans les campagnes marocaines, elles étaient vendues au plus offrant partout dans le royaume. Esclaves, concubines ou épouses, obligées de vivre sous le même toit, elles se sont liées d’amitié ou haïes, mais elles sont restées unies par le drame de leur arrachement, souvent très jeunes, à leur famille.

Dans ce premier roman, Souad Benkirane nous livre avec pudeur et justesse la vie de sa grand-mère, qui a partagé l’histoire de ces femmes, et qui a su faire face, avec force et philosophie, aux différentes saisons de la vie, tantôt acides, tantôt lumineuses…

 Les autres romans sélectionnés pour le 11ème prix « Coup de coeur »

Septembre 2015- Avril 2016

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Jacques Alessandra, Café Yacine

 Editions L'Harmattan

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Un homme retourne dans son Algérie natale après de longues années d’absence. Une occasion rêvée de revoir Nedjma et de renouer avec ses origines. Dans ce récit, à la fois remontée dans le temps et traversée du présent, les murs du Café Yacine deviennent l’épicentre d’une histoire sans fin, où se reconstruisent les moments forts d’une famille, mais aussi l’histoire de Constantine depuis l’époque romaine jusqu’à la présence française, la résistance algérienne, l’exode des Pieds-Noirs.

 

 

Azza Filali, Les intranquilles

Editions Elyzad

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L’espoir que fait naître une révolution est immense, un tournant de l’histoire radical auquel il est difficile de s’adapter : tout est à réinventer dans une société forcément partagée entre réconfort de ce qui fut et l’espérance de ce qui sera. Si l’on peut bouleverser un régime politique d’un soulèvement collectif, la mise en place d’un nouveau système mettra un temps certain, durant lequel, chacun cherchera quels bénéfices lui ont apporté cette levée de masse vers des jours meilleurs.
Dans son roman, Azza Filali nous montre la vie post-révolutionnaire de tous les jours, celle de tout un chacun. Les événements qui continuent de frémir touchent un peuple entier. Les rapports entre les gens sont souvent altérés parce qu’il est parfois peu aisé de comprendre l’autre, de trouver sa place sur un échiquier sans cesse en mouvement, lorsque les repères disparaissent, que l’avenir n’est plus qu’une idée en gestation.
Puis, il y a la solidarité qui s’installe entre gens de bonne volonté, ces petits gestes éclairant des jours meilleurs sur des souvenirs trop lourds de l’ancien régime. La nature n’aime pas le vide : en l’attente d’un avenir commun la vie renaît doucement selon les affinités. C’est un livre chargé d’humanité, démontrant les paradoxes d’un peuple en devenir où les aspirations des uns ne rejoint pas toujours celles des autres : mais n’est-ce pas aussi cela l’apprentissage de la démocratie ?

 

Idoumou, Igdi,les voies du temps

Editions Cécile Langlois

 

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Un père meurtri au plus profond de son être par l’opprobe qui s’est abattu sur sa maison.Une épouse murée dans un silence douloureux. Et Igdi, jeune fille dont les larmes abondantes et amères ont creusé des sillons profonds sur ses joues pâles.

La densité des sentiments des personnages, leur volonté de vivre malgré les lacérations de leurs âmes et les outrages, font de ce roman une oeuvre poétique et tragique.

 

Valérie Zenatti, Jacob, jacob,

Editions de l’olivier

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D’après l’Express : « C’est l’histoire d’une photo. Quatre jeunes hommes posant fièrement devant une réplique du Normandie, à Alger. “Vive l’armée française”, trace l’un des appelés, Jacob Melki, en ce mois d’août 1944, à la veille du débarquement en Provence. Jacob, natif de Constantine, mort à 19 ans, 7 mois et 10 jours sur le front alsacien, n’est autre que le grand-oncle de Valérie Zenatti. Et une figure emblématique de la famille maternelle de la romancière de 44 ans, qui, élevée en Israël, s’est longtemps tenue à l’écart de cette parentèle. »

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