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Le prix »Coup de coeur » depuis 2005

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Lauréat du « Coup de Coeur » 2015 :

Hubert Huertas

La petite fille qui venait d’Alger, Presses de la cité/ Libra Diffusio, 2013, 305 p.

la petite fille..

Livre d’un vieux routier de la presse radio, pied noir comme il nous le raconte (http://www.babelio.com/auteur/Hubert-Huertas/93187 ) Il connait de près l’histoire algérienne et s’attache à mettre à jour ses ambiguïtés et ses non-dits. Son livre est un polar qui remonte à la guerre d’Algérie et redescend jusqu’à l’actualité, à travers les incertitudes chaotiques du moment de l’indépendance et les épouvantes de la « décennie » noire. L’histoire mêle le destin de deux familles, celle du narrateur, pied noir, et celle d’un ami d’enfance algérien dont il adopte la nièce après l’assassinat des parents de celle-ci. Le livre repose sur un contraste : d’un côté un narrateur qui se veut plein de certitudes pour clarifier les rapports entre deux nations qui doivent enfin admettre leur séparation, l’Algérie et la France ; de l’autre la description d’une « françalgérie » où il faut assumer des deux rives l’interpénétration intime du Maghreb et de la France. Il est important que soient mis à jour ce que l’on sait mais que l’on dit rarement : que toute une population en France vit au rythme de la « Françalgérie », tout comme en Algérie toute une population vit imprégnée d’une « Algérifrance », que trois langues sont communes à beaucoup, français, darija, tamazight, pour remémorer des conflits et des connivences sans cesse renouvelés. Le style rapide et parfois brillant est celui du reportage,

2014 :Amara Lakhous  « Divorce à la musulmane à Viale Marconi »

s141013121018Amara Lakhous né à Alger, vit aujourd’hui à Turin. Il est journaliste, anthropologue et romancier.
Son premier roman “Choc des civilisations dans un ascenseur Piazza Vittorio” a été un succès surprise de l’année 2006 en Italie et a reçu de nombreux prix.
“Pendant plus de deux siècles, la culture arabe a été la culture dominante au sud d’Italie. Lorsque je vais en Sicile, j’y retrouve mes racines et je me sens chez moi. Mon projet littéraire consiste, dans l’écriture d’un roman, en deux versions. Chaque roman a deux versions, une en arabe, une autre en italien. Mon premier roman, « Choc des civilisations pour un ascenseur Piazza Vittorio » a été publié en Algérie en 2004 en arabe. Puis je l’ai réécrit en italien. Je ne l’ai pas traduit, mais je l’ai réécrit. »

 

2013 : Canesi & Rahmani  « Alger sans Mozart »

s120912172318Un magnifique portrait de femme : Louise l’indépendante dans l’Algérie colonisée, femme libre dans une Algérie devenue indépendante, Louise l’insoumise dans l’Algérie en proie au chaos civil…
Alger sans Mozart est un roman polyphonique composé de plusieurs voix :
– Celle de Louise, d’abord, qui refuse de quitter l’Algérie, et qui, à l’image de sa ville, se dégrade au fil des jours. En opposition avec sa famille française, en rupture avec sa belle-famille algérienne, Louise est une paria, abandonnée de tous, une greffe de la France des lumières dans la vieille terre d’Afrique. Une greffe en voie de rejet.
– Celle de Marc, son neveu, metteur en scène célèbre qui vit à Paris, catalyseur des destins de Louise et de Sofiane qu’il manipulera, comme ses acteurs, par son cynisme et son désespoir.

 

2012 : Yahia Belaskri « Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut »

Portrait en 3 tableaux d’une Algérie de douleur, celle de la guerre civile. L’intégrisme gangrène l’Université, les privilèges s’obtiennent sous menace, la corruption souille l’Entreprise, un peuple avili, exploité jusqu’à la déchéance par ses propres semblables, croupit dans la misère. Ce récit serait insupportable sans le talent de l’auteur. Ce livre est l’oeuvre d’un désespéré qui s’en sort grâce à la magie des mots. Un très beau livre.
Ce roman a été choisi par les lecteurs comme lauréat du “Coup de Coeur” 2012 (Voir rubrique “évènements”)

couverture Yahia Belaskri

2011: Mahi Binebine “Les étoiles de Sid Moumen”

couverture livre Binebine
Les Etoiles de Sidi Moumen », Mahi Binebine, Flammarion
Yachine raconte comment il a grandi vite et est mort encore plus vite, à Sidi Moumen, cité en lisière de Casablanca, parmi ses dix frères, une mère qui se bat contre la misère et les mites, et un père ancien ouvrier, reclus dans son silence et ses prières. C’est un enfer terrestre qui a l’odeur des décharges publiques devenues terrains de foot, du haschich et de la colle qui se sniffe, des plongeons interdits dans la rivière tarie, des garages à mobylettes déglinguées. Alors, quand on leur promet que le paradis est à la porte d’en face, qu’ont-ils à perdre, lui et sa bande d’amis « crève-la-faim » ?

Sidi Moumen, un bidonville de Casablanca parmi d’autres. Sa décharge, ses familles nombreuses qui vivent dans une seule pièce, son désespoir, sa pauvreté, sa solidarité, ses drogues et sa violence. Échouer là-bas, c’est la « confluence naturelle de tous les déclins ». C’est dans ce tableau décrit à demi ou à plein mots que Mahi Binebine fait évoluer Yachine, son frère Hamid et ses amis Fouad, Azzi, Khalil et Nabil. Ils forment les étoiles de Sidi Moumen, l’équipe de foot la meilleure de la ville, une bande de jeunes enfermés dans la misère et l’ignorance.
prix “Coup de Coeur” 2011

2010 : Akli Tadjer ” Il était une fois peut-être pas”

s280409130547Akli Tadjer, Il était une fois, peut-être pas, 2008, J J Lattès
De quoi perturber l’équilibre affectif de cet artificier misanthrope qui pour se consoler de l’ingratitude des vivants, convoque la légende glorieuse de ses ancêtres algériens, formidable mille et une nuits qu’il contait chaque soir à sa fille chérie pour l’endormir, et dont il brûle de lui révéler la fin.
Avec ce beau roman, Akli Tadjer nous emmène dans une aventure humaine dense, tendre et surprenante, où les hommes se révèlent meilleurs qu’ils n’y paraissent et où l’étranger n’est pas celui qu’on croit…
Mohamed aime tellement sa fille que ce n’est pas facile de la voir quitter le giron familial… Le nouveau roman, très réussi, du formidable conteur Akli Tadjer.
>br> Mohammed a 44 ans et déborde d’amour pour sa fille Myriam, qu’il a élevé seul. De sorte que le jour où celle-ci quitte la maison pour partir étudier à Toulon, les nerfs du papa sont à cran. Une raison bien fragile pour frôler le désespoir, vous direz-vous ? Mais non, car la jolie Myriam, jeune fille moderne et zélée, a formuler une singulière requête auprès de son géniteur : désormais, s’il le veut bien, il prendra soin de Gaston, son compagnon…
>br> C’est à partir de cette relation triangulaire plutôt passionnelle qu’Akli Tadjer a bâti une fiction à mi-chemin entre le roman familial et le conte. Car Mohamed, le narrateur, est en effet tout entier un conteur, un homme qui n’aime rien tant, pour fuir son désamour de l’humanité, que de fabuler son ascendance algérienne et raconter des histoires à la gloire des siens. Jadis, c’était pour endormir Myriam ; aujourd’hui, c’est peut-être surtout pour se sentir fort face à Gaston, « le gus », l’intrus…

Un livre à l’écriture simple, pleine de tendresse , de finesse et d’humour.
Nos lecteurs ont choisi ce livre comme lauréat du prix “Coup de Coeur” 2010

2009 : Boualem Sansal,  Le village de l’Allemand

couverture de Sansal
“Le village de l’Allemand” de Boualem Sansal, prix “Coup de Coeur” 2009
(voir rubrique “événements”)
« Tu n’avais pas le droit de vivre, tu n’avais pas le droit de nous donner la vie, cette vie, je n’en veux pas, elle est un cauchemar, une honte indélébile. Tu n’avais pas le droit de fuir, papa.
Je dois assumer à ta place, je vais payer pour toi, papa. » Soit deux frères – les narrateurs du roman -, Rachel et Malrich, nés en Algérie, de mère algérienne et de père allemand, qui ont été confiés à un oncle, en France, dans une cité de la banlieue parisienne. Avec eux, ils emportent l’espoir d’une vie meilleure. Ils ne connaissent rien de leur langue, de leur histoire et de leur famille. Rachel, l’aîné, a fait des études supérieures et a obtenu un poste de cadre dans une multinationale : il est l’exemple même de l’intégration. A dix-sept ans, Malrich est un vrai gamin de la cité qui ne se préoccupe guère de son avenir : c’est sa manière en lui de s’enraciner. Lorsque commence le roman, Rachel vient de se suicider. Malrich découvre le journal de son frère, et avec lui une autre tragédie : en 1994, le GIA a massacré une partie de la population du village d’Aïn Deb, près de Sétif. Leurs parents ont été au nombre des victimes. Malrich, qui cherche à comprendre, décide de mener l’enquête et va affronter une nouvelle révélation : son père, le très respecté moudjahid local, était un ancien nazi qui a œuvré dans les camps de la mort. Il se met à son tour à écrire. Au désespoir de son frère, il oppose sa révolte… Boualem Sansal relie deux guerres, celle de 1939 et celle de l’Algérie des années 90. Il propose une réflexion grave sur les abominations des hommes et l’extermination de masse, et dénonce avec brio les fanatismes religieux et politiques dont l’humanité reste victime aujourd’hui.

2007 : Beyrouk « Et le ciel a oublié de pleuvoir »

couverture de Berouk

Leguelb, aux confins du Sahara. Quelques campements perdus où le Moyen Âge côtoie la Modernité. Libre de corps et d’esprit Lolla provoque par ses manières orgueilleuses l’implacable tribu des Oulad Ayatt, dont le chef, Bechir, a juré d’épouser la belle au corps de miel et au visage de houri. Celle-ci, pourtant, n’a de cesse de rechigner : « je suis Lolla et je n’appartiendrai ni aux tentes blanches des seigneurs des sables ni au mobilier cossu des citadins parvenus. » L’illusion est de courte durée. Quand l’apocalypse s’abat sur sa famille et ses amours, tout semble consommé pour la belle marginale. Mais l’Antigone des sables refuse la défaite, et seule, va affronter les ombres épaisses des injustices séculaires. L’écriture poétique de Beyrouk, auteur féru de mysticisme oriental, a la beauté sèche des pistes qui mènent à l’oued….
Beyrouk est né en 1957 dans le Nord Mauritanien. Il est aujourd’hui journaliste dans son pays. Et le ciel a oublié de pleuvoir est son premier roman.
Il a été choisi par les lecteurs du “Coup de Coeur de Coup de Soleil” pour le 3ème prix en 2007.

2006 :Arezki Mellal, Maintenant, ils peuvent venir

 Mise en page 1

Sur fond de tourmente algérienne, les errances d’un homme.

Fils, époux, amant, père, il assume ces rôles avec plus ou moins de bonheur et de courage. La mer est son refuge, il rêve d’îles et de fées.

Ce roman n’est pas une triste et macabre complainte. Il restitue les atmosphères, certains dialogues, dans une langue et une construction bouleversées.