Camille Lacoste- Dujardin, La kabylie du Djurdjura: découverte?

Camille Lacoste-Dujardin, La kabylie du Djurdjura: le bastion montagnard et la diaspora, Editions Achab, 2014,, 172 p

couverture: le Djurdjura

couverture: le Djurdjura

L’auteure, déjà malade, n’a pu qu’à peine regarder son dernier ouvrage. Il reprend bien sûr beaucoup d’éléments déjà présents dans ses livres antérieurs. Mais son éditeur de Tizi Ouzou, en Grande Kabylie, a su mettre en valeur un manuscrit – témoignage, où Camille Lacoste, en un livre court, synthétise sans précautions ni langue de bois ce qu’elle sait sur le monde kabyle après 64 ans de fréquentation. Edition précieuse et peu connue d’un petit éditeur, qui a pris soin de mettre à jour soigneusement la bibliographie de l’auteure, mais aussi la liste des textes essentiels parus depuis 1962 sur cette Kabylie (les textes antérieurs étant recensés dans l’ouvrage de notre auteure (Bibliographie ethnologique de la Grande Kabylie, Paris- La Haye, Mouton, 1962, 104 p.) Ce livre circule-t-il en Algérie, et particulièrement en Kabylie ? Pour ce qui est de la France, il est à peu près inconnu et nous sommes heureux, au groupe Coup de soleil de Toulouse, de le faire connaître après avoir travaillé récemment sur les textes déjà connus Camille Lacoste Dujardin. http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/08/13/camille-lacoste-dujardin-lectures-contes-autour-des-femmes-kabyles-toulouse-maison-de-la-diversite-rue-daubuisson-lundi-26-septembre-a-18h-30/

 

Elle insiste sur le rôle de « bastion » d’une civilisation que représente la Kabylie, sur le très long terme, comme symbole d’un esprit de résistance typiquement algérien, sans masquer tous les conservatismes et les querelles internes qui vont avec. Elle ne masque en rien les conflits récurrents qui opposent ce bastion aux autorités politiques, là aussi sur le long terme, en particulier pour la période coloniale et la période indépendante depuis 1962. Elle montre aussi que ce pays pauvre très densément peuplé n’a pu survivre que grâce au travail en émigration pour ses habitants, d’abord à Alger et dans tout le Maghreb central et oriental, puis précocement outre mer en France et ailleurs. Cette émigration n’empêche en rien, au contraire, l’évolution dynamique d’une culture qui a cessé d’être purement orale, ce dont témoignent les livres que les Editions Achab publient en tamazight. Merci pour cet ouvrage, en français celui-ci.