ARP/PHILO: du nouveau en Algérie, printemps 2018

Session ARP Philo  Expérience Collective du 20 au 30 Mars 2018.

Voyage Atelier itinérant en ALGERIE.

Les groupes, Français, Algériens et Tunisiens se sont retrouvés pour une mise en commun d’une richesse culturel, d’échanges philosophiques sur une réflexion partagée « La Pensée Créative », l’approche Artistique, Esthétique.

Les groupes ont mené un travail interculturel, intergénérationnel et inter statutaire tout confondu ( Inspecteur, Enseignants, Elève, Parent/Enfant), en présence d’Enseignants et cadres de l’Education et aussi d’Enfants volontaires sur le thème  » la Créativité à l’Ecole ». Nous avons eu la possibilité de voir et d’animer des Ateliers Enfants et  d’entendre philosopher des enfants.

L’objectif Général de ce voyage atelier itinérant a été de pratiquer la réflexion partagée à visée philosophique sur la pensée créative, et, pour nous  participants, se former à l’animation de « Moments Philo »  par la pratique et la théorie.

La pratique de  l’éducation Civique en Algérie ouvre une porte possible pour les ateliers Philo.

Déroulement du voyage atelier :

GHARDAIA : Atelier enfants à partir d’un film documentaire sur la Planète et le respect de l’environnement. Atelier adultes itinérant à SebSeb (Palmeraie et la Culture du sable).

LAGHOUAT : Atelier documenté  et lectures partagées de poèmes choisis, dans le cadre du Festival de la Poésie Féminin en présence de la poétesse Fouzia LARADI.

BOUSAADA (Cité Du Bonheur):Atelier enfants « logico-mathématique » puis avec des adolescents à l’école ELMOUNIR à partir du film d’animation de Djilali BESKRI sur le thème du « cadeau ». Ensuite, Atelier adultes « approche d’une œuvre » au musée Nessredine DINET en présence d’artiste peintre.

TIPASA : Atelier documenté avec des étudiants en philo mené par le  projet  de Malika BENDOUDA et Nacer BOUHOUIA. Suivi d’un atelier documenté enfants à partir du texte «  Vincent l’éléphant ou Méssaoud en arabe et la bande des grands ».

En résumé, nous avons rencontré chez les Algériens une volonté d’instaurer une dynamique autour des ateliers Philo documenté. Certains existent déjà  dans des écoles privées et  fonctionnent grâce à l’investissement personnel d’enseignants qui se sont saisi de ce projet Philo pour qu’il perdure. (Yasmina Houari)

Des coupures de presse pour la session de Tipaza http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/wp-content/uploads/sites/12/2018/04/DUPIN-Danielle-Algérie-avril-2018.pdf

Rappelons que notre chronique antérieure concernait les travaux 2015 à 2017 (http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2015/07/02/ateliers-philomaroc-en-mai-2015-toulouse-en-octobre-2015/

ALGÉRIE MARS 2018 Journal de voyage de Danielle Dupin (merci à Danielle de nous avoir permis d’utiliser de larges extraits de son texte)

Dimanche 18 mars

Mes origines se rappellent à moi en ce presque jour anniversaire  du 19 ; période de retrouvailles avec mon pays de naissance, l’Algérie ! Origine : le Chlef, ce fleuve qui passait à Orléansville rebaptisée El Asnam puis depuis, Chlef… ville des tremblements de terre où je suis née il y a 78 ans.

D’abord les visas et démêles avec le consulat de Toulouse ; alors que partout ailleurs tout se faisait en 48 h nous sommes restés dans l’attente… depuis novembre ! Il nous a fallu déployer des trésors de patience, de diplomatie et de sollicitations d’intervention à tout niveau pour faire avancer notre dossier : Ministère ENA, COOP Algérie-France, Magistrat de liaison des ambassades, Affaires Étrangères…pour ENFIN voir la situation se débloquer le dernier jour et sans savoir pourquoi! J’ai eu les passeports tamponnés le vendredi 17 à midi, pour un départ le 18 ! Arrivés à l’aéroport d’Alger, nous trouvons plus commode d’accepter un taxi qui se présente et nous propose de nous conduire toutes  les 5 à Alger centre avec bagages pour … 7,50 euros, c’est bon !

Voyage rapide avec un chauffeur, Djamal, qui baratine beaucoup, il en a marre de l’Algérie, il veut m’épouser ou nous épouser toutes, peu importe si nous avons 50 ans , 60 dit-il en nous regardant de plus près!!! 78 que je lui dis ! Ma’rliche qu’il répond en rigolant, pas grave !!!

On arrive à l’hôtel SAMIR, équipe accueillante, mais pas d’ascenseur,  les copines comprennent vite qu’ici, inutile de râler, c’est contre productif ! Il vaut mieux rire tout en maintenant ses exigences. Attention au respect de la dignité des gens et à la posture ! On s’en sort bien, notre groupe est sympa et très humain ! La police sollicite tous nos correspondants locaux : il faut nos copies de passeports, celles des tunisiens, les noms des algériens, bref on est tout le temps à répondre à des demandes pointilleuses ! Mais c’est pour notre sécurité.

Rencontres… Rue Didouche Mourad , dès qu’on nous entend parler français, les oreilles se dressent, les sourires arrivent, on intéresse,  surtout les vieux mais pas que… Ainsi un homme parlant remarquablement le français et … d’abondance, nous accompagne amicalement dans la traversée du boulevard et engage la conversation, il ne nous lâchera plus ! il nous offre un thé dans un petit restaurant où on finit par déjeuner d’une rechta, plat traditionnel avec une sorte de vermicelles accompagnés de viande en sauce ! Il s’appelle Hamid , est très intéressé par ce qu’il comprend qu’on fait et nous raconte sa vie, ses réflexions, il a vraiment besoin de parler , mais il écoute quand même aussi : il est professeur d’économie, a bien bourlingué, est d’origine modeste mais avec un grand-père qui a fait la guerre de 14, un père qui a fait celle de 39-45 avec des  souvenirs de fierté et de médailles, il a les larmes aux yeux quand il évoque sa maman à qui on a refusé pour des raisons bureaucratiques la pension de réversion de son mari !

Lundi 19 mars

Je descends seule la rue, besoin de calme,  pour aller à la Brasserie des Facultés retrouver mes souvenirs d’étudiante en y déjeunant ! Dîner ensemble d’un couscous ou d’une shorba au Suisse et on arrose nos desserts de vodka !Yves a commandé une bouteille de rouge, il avait pris une bière dans le salon fumeur avant ! L’hôtel suisse est un des rares où on peut se le permettre à table.

Mardi 20 mars

Vol sans histoire pour Ghardaia mais très secoué par une tempête de sable !

Une jeune fille mozabite, 2 rangs devant,  me fait signe de lui prêter mon manuel d’arabe puis vient s’installer près de moi, elle s’appelle Sara, est étudiante à Alger , elle m’explique la grève des étudiants en médecine en manque de moyens et de formation de qualité, surchargés de responsabilités qu’ils ne peuvent assurer et en plus, là, brutalisés par la police ! En vacances elle revient à Ghardaia et aimerait participer à nos ateliers. Pendant tout le roulis de la tempête on discute ferme et tendre ! Arrivée à Ghardaia dans le noir !

Mercredi 21 mars

9h Atelier enfants. On se rend à l’école privée d’à côté où les enfants nous attendent : 12 filles de 5ème année primaire qui  ne se débrouillent vraiment pas mal en français sur le thème du respect de la planète. Fatima l’enseignante formée par Zohra, est revenue de ses vacances en Kabylie pour  animer ce moment et être avec nous ! Elle est chaleureuse et stimulante, et sait rester exigeante sur la maîtrise de la langue sans casser le rythme et le cours de la réflexion. Les enfants s’expriment sur le respect de l’environnement avec  clarté et plaisir en français, nous ne les dérangeons pas, l’un dit qu’il croit que nous sommes chinois ! Et voilà,  « On n’est plus chez nous !» rions-nous … sauf dans le coeur de nos amis, bien sûr ! La perception de l’étranger est toujours étrange, c’est l’au delà du concevable pour les enfants, alors on est chinois ou anglais ou bêtes quand on parle autrement !

Visite guidée de Benisguen, très intéressante avec un guide attentif et cultivé qui aime sa communauté mais montre humour et recul ! Le costume mozabite, les palmiers dans la cité, le musée des arts et traditions populaires nous interpellent et nous questionnons le guide qui explique avec compétence et passion le mode de vie de sa communauté si particulière !

Soir : Au dîner des invités intéressants : une femme dynamique chef d’entreprise présente ses tissages et broderies à partir de motifs traditionnels recomposés, c’est de l’artisanat créatif !

 Jeudi 22 mars

Arrivée à Seb Seb où nous retrouvons Maamar, Ali, Mohamed Inspecteur d’arabe ! Je fais le point sur nos 3 objectifs :

1- Pratique philo : On est là pour développer une pensée attentive, créative et critique, pour apprendre à penser par et pour soi même avec les autres ! Penser par soi même, n’est-ce pas un pléonasme ? Tout comme pensée créative d’ailleurs ! Qu’est-ce que penser ? Quelqu’un propose de distinguer penser et réfléchir… Réfléchir implique de se concentrer sur une question, penser peut être plus vague et large : ça pense en moi, j’ai des pensées qui me traversent mais je réfléchis à quelque chose…

2- Approfondissement thématique : Distinction pensée créative et créativité ! Pour moi créativité, mot récent en français , renvoie à une qualité supposée des personnes . Question :  Tout le monde l’aurait-il en puissance, à développer ? Ou serait-ce un don possédé par certains seulement ! Le groupe a penché pour la première position : on serait tous créatifs au moins dans un domaine !

La pensée « créative »  renvoie à une forme de pensée qui ne serait pas de pure répétition, d’application logique ou dogmatique !  Si on pense vraiment n’est-on pas dans la création ? Remarquons que nous employons le mot pensée en différents sens : au sens de réfléchir, de prendre conscience et au sens d’avoir des idées et ressentis qui nous traversent !

3-Méthodologie

Récapitulation : nous avons expérimenté un atelier court sur la pensée créative et un atelier documenté sur Sapere Audede Kant !

Le deuxième a été un peu rapide par rapport à la compréhension du texte qu’on a intérêt à lire deux fois quand il est court et difficile !

Je commente le tableau des taxonomies, outil qui permet de situer les ateliers philo dans la masse des activités possibles dans le domaine cognitif, socio affectif ou psychomoteur !

 Vendredi 23 mars

 Matin libre, nous visitons le marché de Ghardaia et, ceux qui le veulent, la palmeraie avec la présentation du système de partage des eaux bien expliqué par un guide mozabite ! Je comprends que les crues qui surviennent violemment 2 fois par an en moyenne sont considérées comme une manne dont il faut partager les bienfaits !

Cette eau est pour l’arrosage des jardins de cet endroit magnifique où les ghardaoui se réfugient en été pour fuir les grosses chaleurs, selon leurs possibilités bien sûr, tous n’ont pas la chance d’avoir une résidence secondaire ici ! Mais la solidarité n’est pas un vain mot au Mzab !

La répartition de l’eau se fait en fonction de la taille du jardin et des besoins ! Les crues alimentent la nappe, donc les puits, le système de canaux et de vannes astucieux est paraît-il unique! Des grenadiers, abricotiers , mandariniers, citronniers, bougainvilliers et bien sûr palmiers dépassent des murailles de clôture des jardins  !

Fidélité de l’amitié qui n’est pas un vain mot ici, je suis heureuse de retrouver souriantes les personnes que nous avons formées ou simplement rencontrées, il y a 4 ans ! Et Marie-Laure, celles qui ont participé à son projet inter-familial de Tipaza !

A 16h il nous faut prendre le bus pour Laghouat ! Mais nous apprenons qu’en fait le bus prévu a eu un accident et que Masaoud a du avec Nasredine trouver une autre solution. Heureusement tout le monde le prend avec sagesse ! Les râleries restent périphériques et passagères !

Arrivée à Laghouat avec 1h30 de retard, on découvre le « Motel El Hana » avec des chambrées de 2  à 5, et pas de sanitaires dans les chambres ! Si on veut son confort club med on peut aller à l’hôtel d’en face El Boustan ! Personne n’y va !

Samedi 24 mars

8h30 Chantal H me prévient que 7 personnes souhaitent aller à pied au Centre Culturel. Je n’y vois pas d’inconvénient, notre séjour à Ghardaia ayant été soft question suivi sécuritaire !

Mais dès que nous arrivons au bus, en nombre réduit, c’est la révolution : La police nous demande de rappeler nos marcheurs, elle est responsable de notre sécurité et doit savoir à chaque moment  où nous sommes ! Masaoud et Hammou sont partis à pied les rejoindre pour les accompagner, les policiers les ont suivis mais pas retrouvés, j’appelle tous azimuts sur mon portable algérien et on finit par les rejoindre déjà arrivés au centre où se déroule le festival !

Matinée de présentation (en français et en arabe) de l’opération Poésie au féminin ! Impressionnant de qualité ! Citations de Madame de Stael et autres,  étonnante pour nous cette culture que tous montrent sans ostentation ! On est ici nourris doublement, d’occident et d’arabité !

Le Maghreb c’est cela, et l’Algérie particulièrement un lieu d’ouverture, un carrefour, avec un lien tout particulier à la France !

L’après midi nous appartient : Nous commençons par une présentation que je fais d’ARP-PHILO à l’aide d’un diaporama. On me pose des questions sur le niveau requis pour participer à un atelier, la langue à privilégier, le milieu social des enfants algériens que l’on voit sur le film…

Des journalistes en réseaux sociaux ou TV viennent m’interviewer . Nous présentons ensuite un moment de partage de sensibilité poétiqueorganisé par Marie-Laure, les poèmes choisis sont lus par leurs auteurs ou par ceux qui les aiment, auteurs Yves ( qui intéresse par son côté ‘’petit prince’’) et Gleya (absente mais dont le texte émouvant sur les harragas est lu par Claude), choix de poèmes écrits par d’autres notamment Pablo Néruda, Mohamed Dib, Tahar Ben Jelloun, Kipling lu en anglais et traduit en français, Jacques Brel, Aragon …

Les textes sont lus de façon expressive, et accompagnés à la guitare par les musiciens… Chacun peut ensuite dire ce qui l’accroche ou le motive dans cette lecture ! Bon moment apprécié par la salle !

Atelier philo documentéprésenté et animé par Jacques. Il appelle 4 personnes de la salle à rejoindre les « philosophes », le groupe est de 12 !

Le texte de Rilke est fort mais long et difficile, et il est lu deux fois… Mais le tour de parole et le débat font une fois de plus apparaître toute la magie de l’ambiance crée grâce à l’outil ! L’atelier mené avec fermeté et bienveillance est découvert par le public qui en redemande ! Bons contacts avec les poétesses qui sont désolées qu’on parte avant la fin du festival et qui auraient aimé pouvoir nous suivre dans tout notre périple !

Nous retrouvons Kaddour Bouzidi, archéologue, et Mohamed, architecte, nos ‘’invitants’’qui ont fondé dans l’ancienne église donnée à la commune de Laghouat par les pères blancs, un musée archéologique ouvert aux enfants à la sortie des écoles ; les dessins exposés montrent leur intérêt pour ce lieu, son histoire, sa nouvelle destination respectueuse de la première ( le baptistère est toujours là !). Retour à l’hôtel toujours escortés par nos anges gardiens…

 Dimanche 25

Voyage en bus jusqu’à Boussaada où nous arrivons à 13 heures, une heure plus tard que prévu, déposons nos bagages dans le hall de l’hôtel et repartons le long de l’oued pour voir le paysage. Après midi de visite de la Zaouia de renommée internationale qui contient une bibliothèque, pleine de trésors de manuscrits du 13ème siècle !

 Lundi 26

Journée au Musée Dinet. Découverte du musée : les œuvres et la maison de ce peintre français orientaliste tombé amoureux de Boussaada et converti à l’Islam. Nous  choisissons une œuvre, l’oasis, qui nous semble pouvoir se prêter à une approche plastique et sensible et animons un jeu de piste pour la retrouver. Nous donnons des indices ( couleur verte et harmonie froide, réveillée, réchauffée  par des complémentaires, reflets), les cartes postales étalées sur une table rappellent les originaux que nous avons vus dans le musée. Des peintres ont été invités et l’un d’eux trouve le premier, le tableau que nous souhaitons non pas analyser mais approcher sensiblement pour donner ancrage à l’atelier philo documenté sur le texte de Soulages, atelier qui suivra et qui précisera une définition de l’oeuvre d’art , à la fois objetmatériel existant ici et maintenant, projet et travail d’artisteréalisé dans une intentionnalité artistique d’expression personnelle au-delà des mots, véritable aventure, mais aussi objet du regard , regard  de l’artiste sur sa production et regard des autres qui y trouvent un écho… L’univers sensible et singulier de chacun est ainsi convoqué. Chacun dit par un mot ou une phrase ce que le tableau lui dit , puis par quel agent plastique… Ainsi la vie, la nature, l’harmonie, la paix sont évoquées et le choix des couleurs, de la touche, des contrastes de valeurs et de complémentaires mis en correspondance !

Atelier du regard donc suivi d’un atelier documenté sur le texte de Soulagesanimé par Marie Laure. Le texte allégé est lu. Un échange suit sur ce qu’on en a compris puis un travail de groupes mixtes de 3 ou 4 personnes ( nouveaux et membres d’ARP) invite à formuler une question, ce qui est  l’occasion d’échanger, d’accueillir et de commencer à philosopher ensemble ! Le choix de la question prend du temps ce qui fait que le débat est raccourci mais c’est un choix.

Mardi 27

Nous sommes accueillis dans le local d’une association qui s’occupe de promouvoir la culture et d’assurer le soutien scolaire des enfants.  Surprise de la visite d’élus locaux qui nous souhaitent la bienvenue, en toute simplicité. Le ton est juste et sans emphase !

Une exposition d’oeuvres d’artistes locaux et d’enfants nous est présentée. Atelier courtsur la question  du rapport entre l’esthétique et l’artistique. Nous nous rendons compte que ces mots polysémiques sont pris en un sens différent de celui que nous avions pensé. De plus les outils prévus par nous  pour récapituler l’essentiel des protocoles dans un tableau comparatif m’apparaissent complètement inadaptés ! Il aurait mieux valu prendre les documents de présentation de chaque protocole en une page que nous utilisons d’habitude.

Pourtant, et c’est magique, l’atelier se déroule bien, la pensée avance sur le thème et je peux récapituler en régulation métacognitivenos réflexions sur ce type d’ateliers ! Marie-Laure récapitule à son tour sur l’atelier documenté !

Après midi dans l’école privée El Mounir un atelier sur les situations problèmesdans le domaine logico-mathématique avec des enfants motivés de 5 à 12 ans… Ils comprennent qu’il faut quelquefois sortir du cadre et des habitudes pour trouver la solution ! Le public invité à chercher participe bien, autant l’inspecteur que les enseignants, que les enfants, les arpistes et les étudiants de passage !

Micheline anime ensuite un atelier documentéà partir du film d’animation de D. Beskri sur le cadeau, conte du Mali  (qu’on peut trouver sur You Tube!). Les participants ont entre 12 et 20 ans, ils aiment l’histoire et le thème et s’aventurent dans la réflexion sur leur rapport au cadeau, dans une ambiance de respect avec la stimulation des questions de Micheline pour sortir du convenu  et du formalisme et parler ‘vrai’ !

Jeudi 28

Départ à 8h30. Arrêt à la sortie de la ville, il faut attendre escorte et 2ème chauffeur puis à chaque changement de wilaya, attendre le changement d’escorte… et arrivée vers 16h à Tipaza

Malika et Nacer ont choisi de se servir des media pour expliquer leur projet et essayer d’éviter les interprétations et catalogages bloquants ! Donc nous serons interviewés aussi !

Vendredi 29

9h Réunion générale, ouverture par Malika, présidente de l’association algérienne de philosophie, qui introduit le programme, le thème, et nous présente. Je présente ensuite à l’aide du flyer le travail d’ARP-PHILO ici et en France, son lien avec la chaire de philo pour enfants et avec Philosophes sans frontières, les enjeux et options de l’association.

Malika présente en arabe puis en français son association et les perspectives de projets communs dans l’esprit de la chaire UNESCO ! Elle termine en affirmant qu’ici en Algérie elle s’engage à promouvoir avec des personnes ressources compétentes le rayonnement de la philosophie dans l’intérêt commun des enfants, des adultes et de la société qui a à apprendre à se conforter dans une culture de paix et dans l’ouverture à l’autre !

Atelier courtprésenté dans ses principes et animé par moi. Qu’est-ce que la créativité pour vous, dans la vie ? Je demande des volontaires et 7 étudiants se précipitent , nous panachons avec 5 arpistes ! La réflexion s’engage dans le respect du protocole inspiré de Levine et qui fait comme toujours merveille immédiatement avec les adultes ! Les étudiants sont enthousiastes.

Atelier documenté, Malika a préféré un texte philosophique, nous avons choisi un extrait du Discours de la méthodeoù il est question de penser par soi même… La question que nous choisissons est celle du rapport au guide et à la pensée de l’autre ! Cela nous permet  d’aborder et de clarifier scepticisme, dogmatisme, argument d’autorité, manipulation, valeurs… c’est excellent et l’inquiétude exprimée par un observateur extérieur du risque que présenterait l’approche  philosophique sur le cadre culturel ambiant et ses valeurs est vite dissipée .

On comprend l’enjeu de ne pas favoriser le développement des attitudes mécaniques  de robots  remontés à dire et répondre toujours la même chose ou un comportement de brute proche de l’animalité… Grandir en humanité implique qu’on réfléchisse !

Atelier documenté enfants animé par Nacer : Une douzaine d’enfants de 10-11ans qui ont accepté de venir pendant leurs vacances. Le texte est celui du conte de MF Daniel Vincent et la bande des grands, présenté en français et en arabe où Vincent est appelé Messaoud… Nacer a choisi de laisser les enfants libres de s’exprimer en français ou en arabe, certains enfants étant francophones ou parfaitement bilingues. Personne ne peut dire dans quelle langue l’autre pense ( mais nous débattrons de ce choix après). La parole circule dans les 2 langues, un peu monopolisée par un enfant plus rapide que les autres et que le public (surtout français) trouve drôle et pertinent ce qui encourage un peu de cabotinage de sa part…Que ressent-on et que faire quand on est agressé ? Il faudra reposer la question sans public pour faire un inventaire des possibles, à analyser ensuite par rapport à des finalités : vivre d’abord, primum vivere, donc faire arrêter la violence et promouvoir un vivre ensemble dans la paix !

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Conclusion

Nous terminons enrichis de nos différences et motivés pour continuer chacun chez soi et ensemble ! Rien n’aurait pu se faire sans la générosité de nos hôtes, l’engagement de nos amis tunisiens et français, puisque nous avons fonctionné en autonomie, sans subvention aucune… dans le plus grand respect des nouvelles directives officielles algériennes en matière d’éducation à la citoyenneté (appuyée par les ateliers de réflexion partagée et les dispositifs de coopération) !