Asma N° 4

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

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ETE 1996 N°4 prix de soutien 15 Fr.

LEZZAYER      ALGERIE
TUGDUT        DEMOCRATIE

TAMSETLA    SOLIDARITE

 

SOMMAIRE

Ce dernier numéro avant l’été, nous l’avons en partie consacré à l’économie algérienne. Autour des éco-dernières et de quelques chiffres significatifs, le processus de paupérisationde l’Algérie (p.2) est analysé, en dépit (ou à cause) du satisfecit du FMI(p.3). Étranges collusions des forces intérieures et extérieures au pays, dans un contexte de réformes calquées sur les diktats libéraux, qui font passer d’un État entrepreneur à un Etat marchand(p.4). À qui profite la dette? Se demande Farida G. en pointant du doigt à quel point « le Tiers-Monde finance le Nord. (p.5). Après un bref point d’information sur ce que sont Patronat et forces syndicales algériennes(p.5) Asma donne la parole à un journaliste qui revient de Médéa, Au-dessous des brouillards de Tibhrineoù ont été assassinés les prêtres chrétiens (p.7). L’arrêt de l’utilisation du religieux à des fins politiques, Une insulte à l’Islam(p.7), est un des éléments du Mémorandumproposé par le Président Zéroual (p.8). Une synthèse reprise de Alger Info International permet de comprendre les Réactions des principales forces politiques en présence(p.7). En France, pendant ce temps, les réseaux de solidarité avec la démocratie algérienne semblent se diriger vers des projets fédérateurs, comme le montre la naissance d’une coordination grand sud« Pour une Algérie démocratique », la rencontre de Paris, (p.8) et l’Appel en solidarité avec les journalistes algériens(p.9). Asma s’achève avec quelques pages culturellesqui mettent en valeur une pensée et une création qui, en dépit de l’exil et le la mort, continuent à être fécondes. Un dernier mot avant que les coups de soleil ne vous accablent la légèreté et la fraîcheur des flots méditerranéens où les amoureux s’étreignent est pour une multitude d’entre nous le mirage qui cache une véritable mer de plomb. Merci à vous tou(te)s de nous accompagner encore pendant ces quelques mois.

Question de noblesse

Il y a une qualité que les hommes politiques ne connaissent pas : la noblesse. Ce qui est en jeu ici en France, à travers le problème de situation précaire des réfugiés politiques et des sans-papiers comme là-bas, en Algérie, dans la lutte contre les intégristes est corrompu de tous bords, c’est la dignité humaine. Non pas l’honneur de tel ou tel clan, parti politique ou religieux, la fausse dignité des dignitaires, d’où il soit. Mais la simple noblesse de qui veut vivre, et vivre en paix. La noblesse d’une femme qui refuse qu’une administration, au nom de lois absurdes, pousse sa famille à éclater et lui dénie le droit de travailler pour élever ses enfants. La dignité de ceux qui pour défendre leurs villages et cesser d’être les otages d’enjeux politique, prennent les armes et s’organisent, les patriotes des villages algériens. Noblesse de tout ce qui, un jour se lève face à toute forme de violence pour réaffirmer que la vie est sacrée, et elle seule, et qu’aucune cause ne peut pardonner le meurtre d’un seul enfant.

Le combat est le même des deux côtés de la Méditerranée. C’est celui du noble contre l’ignoble, de ceux pour qui la vie privée contre ceux pour qui la vie passe après. Après la pureté d’une nation d’une religion. Non les démocrates ne se laisseront pas sacrifier gentiment sur l’autel de la pureté. Mais en Algérie, ni en France. N’avons pas honte de ce que nous combattons, et nous n’avons pas honte du combat. Car les victoires ici, quand il y en a, comme à Toulouse pour les parents deux enfants français qui ont obtenu le droit de vivre en famille, ce sont des victoires de la noblesse sur l’abjection. Il n’y a qu’un seul courage, celui de la vie.

Julien

Le patronat algérien
Patronat public
Le secteur public représente l’essentiel de l’économie du pays. Il est très dominant dans le secteur industriel. L’Union Nationale des entrepreneurs Publics (UNEP) est le principal représentant des chefs d’entreprises, cadres dirigeants et gérants du patrimoine de l’état. L’UNEP joue un rôle non négligeable dans les débats qui agitent actuellement la société algérienne. Le syndicat des entrepreneurs publics a adopté très souvent des positions opposées aux islamistes notamment en participant à la fondation du Comité National de la Sauvegarde de l’Algérie (CNSA) destiné à barrer au FIS l’ascension au pouvoir.
La position de I’UNEP par rapport au processus de libéralisation de l’économie algérienne n’est pas très nette, cependant elle refuse fermetures d’entreprises et licenciements massifs. Il existe aussi des petits syndicats du secteur public dans la totalité des régions et localités du pays.

Patronat privé

Deux grands syndicats se partage le secteur, à côté d’une multitude de petites organisations plus ou moins représentatives et très sectorielles.
• La Confédération Algérienne d patronat (CAP).
• La Confédération Générale des Opérateurs Economiques Algériens (C.G.0 E.A.).

Sur le plan des positions politique face à la tragédie algérienne, la totalité des organisations du patronat pris ont brillé par leur grande discrétion Ces attitudes sont certainement dictées par leur souci de préserver leurs intérêts et leur avenir quelle que soit la nature du régime algérien. Signalons quand même que le patron de la CAP a pendant longtemps occupé le ministère des PMI-PME.

 

A Toulouse, en ce mois de mai 1996, le préfet Bidou s’est engagé par écrit à accorder des titres de séjour aux parents d’enfants français rapide.

Après 19 jours de grève de la faim et une mobilisation exceptionnelle.

En Haute-Garonne, cette mesure touche essentiellement des Algériens, dans le droit de vivre en famille se voit ainsi reconnu. Mais ailleurs en France l’arbitraire continue à être la règle.

19 jours, 19 jours étonnants, chaleureux, fraternels. La question des parents d’enfants français à rassembler tous les horizons du monde associatif toulousain, et bien au-delà, créant une dynamique comme on en voit rarement.

Ce qu’elle demandait était simple : alors que leurs enfants, où certains d’entre eux, sont de nationalité française, par ce que je n’ai en France de parents eux-mêmes nés avant l’indépendance de leur pays, et se voir refuser tout titre de séjour sur le territoire

 

Deux initiatives conjointes de rencontres ont eu lieu, l’une à Montpellier à l’initiative de SAFA et de l’AYDA Toulouse l’autre à Paris.

Naissance de la coordination Grand Sud pour une Algérie démocratique

Alors nous mettons sous presse, la rencontre de Paris n’a pas encore eu lieu. Celle de Montpellier, extrêmement positive, a débouché sur la création d’un collectif d’initiative grand-Sud, au sein duquel chacun garde son identité.

Cette réunion informelle avec comme objet de permettre aux individus, groupes ou associations du sud de la France s’occupant de l’Algérie–
– de se connaître, s’informer de leurs existences et de leur projet ;

– d’échanger leurs expériences, de confronter leurs difficultés ;

– de tisser un réseau d’échange d’informations ;

– de pouvoir s’entendre en cas de nécessité dans le sens de nos intérêts communs ;

– d’avoir des actions communes éventuelles, au coup par coup, en fonction des affinités.

Un texte et des projets sont nés de ce rassemblement auquel on participé ou entre les individus, environ 17 associations situées entre Aquitaine et Provence. Nous le reproduisons ci-dessous. L’époque est visiblement à une maturation dans laquelle la recherche de pratique fédératives et constructives en direction de l’Algérie démocratique et résistante ne se constitue pas au détriment des nécessaires débats d’idées et des confrontations d’analyse.

Nous appelons les individus ou groupes du Sud intéressé à nous contacter à Aïda Toulouse.

 

Déclaration de Montpellier

Des Algérien(ne)s et Françai(e)s, structurés ou pas en association, groupe ou syndicat, se sont rencontrés à Montpellier le 8 juin 1996 pour soutenir ce qui, en Algérie, porte l’espoir d’une société démocratique.

À l’issue de cette rencontre d’information et d’échange, dans le respect de l’autonomie, des différences et des spécificités de chacun, est née la Coordination Grand Sud «Pour une Algérie Démocratique »

Elle se donne pour objectif de tisser un réseau d’échange et d’information pour coordonner et renforcer les actions de solidarité matérielle et morale de manière à

  • Soutenir et s’inscrire dans les luttes et les résistances menées en Algérie contre le terrorisme, l’intégrisme et leurs alliés, et pour l’émergence et la construction d’une société démocratique.
  • Œuvrer pour des conditions d’accueil, de séjour et d’emploi des Algériens en France dans le respect de la dignité et de la tradition républicaine.
  • Agir contre l’isolement de l’Algérie en faisant pression pour obtenir et garantir la liberté de circulation des personnes entre nos deux pays notamment par la délivrance de visas.

La Coordination Grand Sud « Pour une Algérie Démocratique » (et ceux qui souhaitent la rejoindre) contribuera ainsi (notamment) à enrichir les passerelles que les associations démocrates des femmes et hommes d’Algérie ont su rapidement bâtir avec des femmes et des hommes de France.

 

UNE PREMIÈRE BASE DE TRAVAIL COMMUN

  • procéder à un échange constant d’informations.
  • travailler sur des projetsinitiés en Algérie, clairement identifiés et validés, et donc de prévoir le voyage d’une délégation en Algérie, à cet effet.
  • organiser une protestationle 26 septembre devant les préfectures (à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Abderamane Fardeheb, économiste d’Oran assassiné après le refus des autorités françaises de lui délivrer un visa).

Thème: visas et liberté de circulation entre les deux pays. Régularisation du séjour des démocrates algériens exilés.

 

ASMA GRAND SUD

  • Elargissement de la conception et de la diffusion du journal ASMA à toute la région Grand Sud

– 1 personne de chaque région sera désignée dans le Comité de rédaction

– Une réunion du Comité de Rédaction se tiendra en septembre ou octobre à Toulouse.

– Un espace à déterminer sera réservé pour l’information de chaque association; on peut penser à des pages locales ou régionales.

– La fabrication se ferait à Toulouse

– Voir la possibilité d’un numéro spécial sur le statut et la situation des exilés avant la manifestation.

D’autres idées ont été émises, qui seront à discuter ultérieurement.

CONTACTS

La permanence de la coordination Grand Sud sera établie à Toulouse avec une association relais dans chaque région :

Marseille:

RAFD/ Toulouse:

AYDA / Montpellier:

SAFA / Lyon:

Dar Sajia Grasse/Marseille:

Latifa Madani -Festival Transméditerranéen

Bordeaux : Ayda / Grenoble : Algérie au cœur.