Asma N° 5

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

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http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

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Septembre 1996 N°5, Prix de soutien 15f

LEZZAYER ALGERIE

TUGDUT DÉMOCRATIE

TAMSETLA SOLIDARITÉ

SOMMAIRE

Dossier mémoire

Le 17 octobre 1961

Amnésie quand tu nous tiens…

… et le 17 octobre 1996, solidarités

La constitution algérienne

Synthèse et positions des principales forces politiques.
Un appel d’associations de femmes.
France, terre d‘asile ?
Algériens, un cas à part.

INTERVIEW; L’unité dans la différence

M.Z.K. : Comme d’habitude. Vous voilà présent aux «poésiades» ?  Youcef Sebti : Je crois qu’il y a là une tradition qu’il y a lieu de préserver. Le festival est à sa 4e édition, et c’est tout à fait intéressant de ne pas le laisser tomber. D’autant qu’il y a de la part de ses organisateurs (Association Culturel «Soumman») une volonté de faire que l’unité et la différence s’y manifestent de façon tolérante et décontractée.

M.Z.K. : Mais, enfin, ce festival a-t-il quelque chose de particulier ? S. : II s’est déroulé dans une situation un peu particulière (1 mois après l’assassinat du Président Boudiaf…), et c’est un peu là sa gageure. Comparativement à ce que j’ai vécu en 1989, il y a comme des politesses que l’on s’est faites cette fois-ci. En 1989, les frictions fraternellement poétiques étaient plus présentes. Peut-être que l’ambiance d’aujourd’hui à quelque chose à y voire.

M.Z.K. : Et les activités ? S. : Beaucoup de poèmes ont été lus. Surtout en Kabyle, et ensuite en français. Je ne sais pas si la qualité y est fortement présente, mais il est sûr qu’il y a une volonté de dire quelque chose. Des conférences ont été également données.

M.Z.K. : La poésie d’une façon générale ?  S. : C’est l’ultime créneau que l’on peut atteindre dans la culture, et dans l’art. C’est ce qui vient en final d’un long processus d’unités et de différences.

M.Z.K. : La société, pourtant, est de moins en moins réceptive au message poétique? S. : Il doit y avoir un public de jeunes porté par toutes ses attentes non réalisées, la mal-vie. Ils y trouvent sans doute, en y accédant, quelques réponses à quelques difficultés d’être. Mais, enfin, l’édition de la poésie pose problème.

M.Z.K. : En ce qui vous concerne, la poésie n’est pas votre seule préoccupation ? S. : Quand on a plusieurs cordes à son arc, il y a de quoi vous enrichir. J’enseigne, par exemple, la sociologie rurale, et j’ai comme un plaisir à découvrir ici et là ce qui est constitutif chez certains groupes sociaux, autres que le mien. La société rurale est en proie à sa part de crise actuelle. Quant au plan matériel, ses ressources posent problème. Restent alors ses réserves culturelles, par lesquelles elle se trouverait des ressorts moins rouillés. De la sorte, j’ai une propension à macérer continuellement dans le jus de la question culturelle.

M.Z.K. : Qu’est-ce à dire ? S. : Je crois dans le chamboulement général actuel, l’aspect culturel je veux dire l’aspect savoir ou connaissance – a quelque chose de primordial sur le reste. En un certain sens, le regard que l’on a sur soi, a quelque chose d’assez déterminant. Qu’à cela ne tienne, il faut bien naviguer à vue avec ce que l’on a. Et ce n’est jamais assez suffisant pour échapper aux bruits et à la fureur de la houle.

M.Z.K. : Vous êtes qui ? S. : J’enseigne la sociologie rurale à l’Institut National Agronomique d’El-Harrach. J’ai une formation en agronomie et en sociologie rurale. Je taquine ma muse, et je n’ai publié qu’un seul recueil de poèmes (de jeunesse, il est vrai !)
Pour le reste, j’ai des articles autour de telle ou telle préoccupation qu’il me faudrait réunir. J’ai également sorti des nouvelles qu’il y aurait lieu de rassembler. Nous croyions que la libéralisation allait permettre beaucoup de choses.

Mais, ce sont ceux qui ont tiré profit de l’ancien système qui s’en sortiront dans le prochain. (Propos recueillis par Mohamed Ziane-Khodja)