Pour ! revue franco-algérienne, années 1990

Pour ! Action & solidarité avec les démocrates algériens

Pour savoir comment nous l’avons retrouvéehttp://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/31/toulouse-reims-paris-ayda-et-asma-pour-lire-marion-camarasa/

Éditorial du numéro un de Pour :

La fête est finie. Les youyous se sont tus. Les balles ne sont plus tirés en l’air mais pour tuer.

Le président Zeroual est devant un triple choix :

-Il continue sa politique d’immobilisme et attends les élections législatives qui risquent de reproduire la victoire des islamistes.

-Il choisit la négociation avec les islamistes en acceptant un certain nombre de leurs revendications et s’en est fini de tout espoir de démocratie.

-Il peut aussi s’engager dans la voix de la rupture réclamée par une grande partie de son électorat ; l’impulsion d’un renouveau politique sur la base de la lutte contre l’intégrisme et la corruption, de la remise en cause du code de la famille, d’une réforme de l’enseignement, et du principe de l’alternance politique, d’une Algérie plurielle. Alors seulement, une mobilisation de toutes les forces démocratiques et progressiste pourra peser sur ces nouvelles orientations et redonner espoir à tous ceux qui luttent contre le fascisme et l’intégrisme. (J. Porchez)

Manifeste de la revue 

Qui sommes nous ? Des citoyens français et des citoyens algériens qui vivons et travaillons en France, réunis autour d’un même projet et nous sentons tous concernés par la montée du racisme en France et de l’intégrisme islamique en Algérie. La France l’Algérie sont liées par leur histoire commune, l’importance des populations d’origine algérienne et des Français d’Algérie vivant en France, les rapports économiques et culturels privilégiés.

Devant la montée des périls tant en France qu’en Algérie, nous ne sommes pas neutre. En France le racisme et la xénophobie progressent, et l’intégrisme menace. En Algérie les forces de progrès sont prises en tenaille entre le pouvoir militaire et le camp intégriste. Une partie des forces qui se prétend démocrate pactise avec les organisations intégristes et fascisantes.

Que voulons-nous ? Rappeler avec force que l’intégrisme n’est pas une fatalité en Algérie. Combattre la pensée dominante en France qui, sous prétexte de « paix civile », prône des accords avec les intégristes au détriment de la démocratie. Soutenir les forces de progrès qui luttent pour l’instauration de la démocratie.

Comment ? En développant l’information sur la situation algérienne et ses répercussions en France. En contribuant à lutter contre la désinformation dominante. En ouvrant le bulletin au débat d’idées. (Le comité de rédaction).

Article : Surlendemains d’élections (Simon Blumenthal)

À la stupéfaction générale, le peuple algérien s’est rendu en masse dans les bureaux de vote pour l’élection présidentielle du 16 novembre. Ce seul fait constitue une réplique cinglante au clan de ceux qui, de Mehri à Ait Ahmed,ont tout tenté pour contrecarrer l’expression populaire.

Face aux menaces, « un bulletin égal une balle », ou « après l’urne le cercueil », abondamment diffusée dans toute l’Algérie, la participation massive au scrutin constitue un modèle de courage et de dignité, un véritable défi au terrorisme islamiste. Ces élections ont marqué, en quelque sorte, une irruption du peuple algérien sur la scène politique. Voilà la nouvelle donnée dont il faudra bien tirer toutes les leçons.

Il y a, au moins, deux leçons qui ressortent du scrutin. D’une part, les Algériens rejettent nettement l’intégrisme totalitaire, et d’autre pas, ils rejettent avec la même vigueur les solutions « pacifistes » de ceux qui, réunis à Rome, préconisent de fait la soumission, face aux crimes et à la terreur. Évidemment tout reste affaires.

Le danger de l’intégrisme est toujours présent, il comprit, mais pas seulement, à travers le mouvement de la société islamique, Hamas), de M. Nahnah. Il est indéniable que des coups sévères ont été portés aux groups islamistes armés par les forces de l’ordre et la résistance populaire. Mais seuls les naïfs pourraient penser que le bulletin de vote mettrait fin à leurs prétentions et leurs exactions. Les assassinats ont repris de plus belle.

Face à cette situation, force est de constater que le camp démocratique se présente encore en ordre dispersé. En aucun cas, le score réalisé par Saïd Sadi n’est représentatif de la totalité des forces républicaines de progrès. Loin de là ! Beaucoup de démocrates ont porté leurs voix sur la candidature de Zeroual, pour ramener la paix en réduisant les éléments du terrorisme, pour favoriser l’émergence de la liberté expression, du pluralisme politique et l’éclosion du débat démocratique. Le peuple ne pardonnerait pas… Ce n’est sans doute pas le même message que véhicule une partie de l’entourage présidentiel, et parmi les groupes de pression plus ou moins opportunistes qui s’agitent autour de la présidence, plus d’un rêve à une sinécure ou l’intérêt personnel prime sur celui de la nation. Ce n’est pas, à coup sûr, ce qu’a voulu exprimer le peuple algérien en se rendant dans les bureaux de vote. Et sa vigilance est en éveil. Alors que les conditions sociales sont d’une injustice criante, alors que se profilent des échéances proches, ce peuple ne pardonnerait pas aux « élite politiques » d’avoir méconnu son message et ses inspirations.

Une mère de famille algérienne à Paris : Langue arabe ou religion ?

J’ai quitté l’Algérie il y a quelques années, afin de ne pas livrer mes enfants aux griffes de l’intégrisme, à l’école algérienne, où l’on apprend à devenir terroriste. C’est avec un grand soulagement que je les ai inscrit à la communale. Mais, pensant bien faire, j’ai inscrit également l’aîné au cours d’arabe facultatif dispensée au sein de l’école le mercredi matin, jour de repos. Au bout que trois cours, surveillant le cahier d’arabe de mon fils, je me suis aperçu qu’au lieu de lui apprendre à lire et à écrire l’arabe, l’enseignante lui distillait plutôt des notion de théologie, ce qu’on ne lui demandait certainement pas. Depuis mon fils ne va plus au cours d’arabe. Il y a bien une autre enseignante, mais je ne connais pas le contenu de son cours.

Il faudrait je pense que l’éducation nationale exerce un contrôle sur les cours qui ont lieu à l’intérieur d’écoles républicaines et laïques. Farida C. Paris. PS les deux premiers numéro de pourson très bien. Continuez !

Benjamin Stora et Messali Hadj

[…] Dans le premier cas, celui des travaux sur Messali et le messalisme, on soupçonnait, peut- être à tort, quelques affinités et tropismes personnelles et politiques, à cause du long engagement de Stora chez les trotskistes, nuance Lambert, et du longue engagement de ces derniers en faveur de Messali et de son MNA pendant la guerre d’Algérie. Cette fois-ci, la recherche du tropisme doit aller plus loin, franchir l’espace et le temps. Car il est question à plusieurs reprises dans ces page d’un certains Elie Stora (père, oncle), notable israélite et SFIO, maire adjoint de Kenchela, amis de longue date de Ferhat Abbas.

J’avoue que cette discrète référence familiale ne me choque pas. La référence aurait pu être explicite, approfondi : Benjamin Stora n’est-t-il pas l’historien de la « mémoire de la guerre d’Algérie », et dans cette mémoire ne figure-t-il pas lui, sa famille, leur passé ?

L’implication, l’émotion sont présentes : la lisibilité du livre y gagne. A travers la biographie de l’auteur du manifeste du peuple algérien, 1943, du fondateur de l’UDMA, 1946, du premier président du GPRA, 1958- 1961, c’est toute l’histoire de l’Algérie du Xxe siècle qui se déroule […]

Une belle vie ardente et prudente, Plus audacieux qu’il n’y paraît et qui se termine après 1962, jusqu’à la mort, en 1965, dans l’opposition au gouvernement successif de l’Algérie. Une vie d’Algériens modernisateurs, t’es ma liste, modernise heures, Bourguiba liste, qui semble vers la fin suivre le courant majoritaire et se rapprocher de l’islamisme.

Editorial ou adieu ? Dernier n° de Pour…

C’est dur de faire un journal, sans moyens, sans subventions. Nous tenons le coup depuis six ans. Le journal a eu des hauts et des bas. Aujourd’hui nous sommes plutôt dans un creux, cela fait quatre mois que nous n’avons pas paru. Ce n’est pas le manque d’articles, d’informations, de temps : c’est le manque d’argent. Tant que nous n’avons pas l’argent pour sortir un numéro, nous attendons. Nous ne voulons pas laisser d’ardoise à notre imprimeur qui depuis le début, nous aide par ses prix et ses conditions. À titre d’information, nous avons plus de 1000 abonnés payants et notre tirage oscille rentre 3000 et 3500 exemplaires. Il est loin le temps où nous tirions à plus de 5000 exemplaires.

Malgré tout, nous avons continué, via Internet, à informer sur l’Algérie : nous avons sorti près de 400 lettres depuis octobre 1999. Chaque lettre touche près de 2000 personnes. Nous avons également commencé à construire un site Web, au milieu de l’année, et près de 10 000 personnes l’on déjà visité.

Nous voulons continuer. Nous nous sommes donné une date, juin 2002, pour faire le point sur le journal. Pourquoi juin 1002 ? Parce que lors d’une rencontre des collectif Algérie, en janvier, un certain nombre de personnes se sont engagées à verser mensuellement à Pourune certaine somme, par virement automatique. Nous avons évalué nos besoins à 5000 Fr. par mois. Nous avons reçu de plusieurs collectif Algérie des engagement pour un total de 3500 Fr. francs mensuels : Brest, Grenoble, Poitiers, Besançon, Orléans, Mont-Saint-Martin, des militant de l’ADFE, des cercles Frantz Fanon etc.. Nous pensons qu’il est maintenant facile d’atteindre notre objectif, après ces engagements, que nous remercions.

Soutenez financièrement Pour, soit par un don, soit par un engagement à nous verser mensuellement une somme, dès maintenant et jusqu’à juin 2002. Trouver de nouveaux abonnés est aussi une forme de soutien financier. L’équipe de Pours’engage, en contrepartie, à publier régulièrement le journal, huit à neuf numéros par an. À faire un compte rendu du prochain colloque, et en fonction de l’argent reçu, augmenter la pagination. La solidarité avec l’Algérie doit s’amplifier. La lutte contre l’islamisme politique, tant en Algérie qu’à travers le monde, doit se développer. Mais ce combat ne progressera que s’il est lié au combat pour la démocratie, les libertés et le développement de l’État de droit en Algérie. Sur ces bases, nous sommes malheureusement encore peu nombreux. Seul votre soutien financier peut nous permettre de continuer et de conserver notre totale indépendance.