Toulouse- Reims -Paris : Ayda et Asma, Pour : lire Marion Camarasa

Marion Camarasa

C’est en approfondissant l’information à partir de la revue Asma que je suis tombé sur Geneviève Azam et Michel et Marie Didier, sur Georges Rivière : mais aussi sur  Annie Rey Goldzeiger… Et tout cela grâce à Marion Camarasa (Claude Bataillon)

Le mémoire de maîtrise Ayda- Toulouse, une aventure de solidarité, de Marion Camarasa,  a été soutenu en  juin 2000 sous la direction de Djamila Amrane. http://marionca.chez-alice.fr/sommaire.htm  Remontons la filiation : Djamila Amrane (1939-2017) est en 1988 l’auteur d’une thèse de doctorat soutenue à l’Université de Reims sous la direction de Annie Rey Goldzeiger (1925-2019). Djamila Amrane résume ainsi sa thèse : « L’objectif de cette thèse est de déterminer le rôle des femmes ayant participé à la guerre de libération nationale en Algérie (1954-1962). Les archives françaises et algériennes sur ces évènements n’étant pas encore accessibles aux chercheurs. Il a donc été nécessaire de faire appel a d’autres sources. Le travail a été principalement base sur l’utilisation de deux sources encore inexploitées : le fichier du ministère algérien des anciens combattants et les témoignages oraux des militantes. Par ailleurs des journaux de l’époque ont été systématiquement dépouilles. Les données fournies par 10 949 attestations de militantisme concernant des femmes tirées du fichier des anciens combattants ont permis d’établir grâce a un traitement informatique, des statistiques fiables et de tirer des conclusions sur l’importance numérique des militantes, leur âge, leur répartition géographique, la date de leur engagement, leurs types d’activités, leur détention éventuelle et la mortalité due à la guerre. 88 entretiens de militantes ont été réalisés, enregistrés, décryptés, puis vérifiés par recoupements et recherches. L’authenticité et le vécu de ces témoignages ont apporté la dimension humaine qui manquait aux statistiques. Pour situer dans le contexte historique le rôle joue par les femmes dans la lutte. La première partie de l’étude fait le constat de la situation de la femme algérienne en 1954. Puis, après l’analyse des résultats statistiques ont été étudiés le contexte socio-culturel et les différents terrains de lutte ».

Annie Rey Goldzeiger

Djamila Amare

Lire la thèsede Marion Camarasa sur Ayda  est passionnant pour qui s’intéresse au militantisme franco-maghrébin à Toulouse. Pour donner l’eau à la bouche au lecteur, j’ai glané un peu. La naissance de Ayda est facilitée en ces temps pré-informatiques par la diffusion de l’information par fax et pendant les quatre ans de vie de l’association (1995- 98) elle tourne entre 200 et 300 adhérents, dont l’essentiel à Toulouse et environs. Ayda a vécu essentiellement grâce aux 50 000 f annuels de subvention du Conseil départemental de Haute Garonne. Deux librairies soutiennent l’action : Ombre Blanche et La Renaissance. A l’Université de Toulouse le Mirail, sont impliqués principalement trois centres : Groupe Simone (études féministes), Analyse du Monde arabe, Groupe de recherche en histoire immédiate. Parmi les innombrables thèmes des manifestations (sous forme de conférences, expositions, concerts, etc.) deux sont centraux : l’émancipation des femmes, l’émigration algérienne.

Pour nous l’édition de la revue Asma est essentielle pour comprendre Ayda : même si seulement six numéros ont été produits, ils ont été tirés à 1500 exemplaires et la publication a eu 137 abonnés, dans cette Occitanie dont le centre est Toulouse.

Revenons à Marion Camarasa : nous retrouvons sa trace au Québec… où elle travaille sur l’émigration algérienne dans ce pays http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/10/27/6678596.html

La revue Pour, quel drôle de nom ! Oui, c’est par Georges Rivière que nous avons appris son existence. Avec un nom pareil, la retrouver grâce au moteur de recherche d’un catalogue de bibliothèque est un travail policier…que sait faire un bibliothécaire de la Bibliothèque nationale. C’est là que j’ai appris que la Bibliothèque Nationale avait quelques numéros de Pour, mais que pour une raison mystérieuse ils n’étaient pas consultables. Déception ! Mais ce même bibliothécaire m’a appris qu’une collection à peu près complète existait à la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) sur le campus universitaire de Nanterre. Là, accueil rapide et sympathique, et très vite je peux photographier les pages qui me permettent de vous faire connaître ce qui fut un outil  essentiel de la solidarité franco-algérienne de la décennie noire. Une revue parisienne qui, elle, a « tenu » quelque cinq ans (jusqu’en 1999), dont nous parle aussi Marion Camarasa.

Retrouvez la revue Pourhttp://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/31/pour-revue-franco-algerienne-annees-1990/

Retrouvez la revue Asma:http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/