O bledi ! 0 Toulouse ! Exposition, mémoire du Maghreb à Cabanis

A la Médiathèque Cabanis, https://www.bibliotheque.toulouse.fr/agenda/o-bledi-o-toulouse/le sous-sol est rempli de souvenirs maghrébins et nous sommes quelques uns « soleilleux » à l’avoir visité. Emma a longuement profité des nombreux documents « audio » disponibles, Anne-Lise a conversé avec les organisateurs des conférences programmés en accompagnement. Claude a cherché en quoi Toulouse a une « histoire maghrébine » originale. Par comparaison avec les grandes métropoles françaises qui ont accueilli une main d’œuvre maghrébine nombreuse dans leurs industries lourdes des années 1930-80, le flux vers Toulouse est modeste, sauf dans les occasions où notre capitale de l’aéronautique a joué son rôle : sans doute la liaison ancienne avec Rabat a facilité dans les années 1950 l’implantation dans cette ville d’une antenne de la Faculté de droit toulousaine, quand les autorités françaises voulaient éviter de grosses concentrations étudiantes « maghrébines » tant à Paris qu’à Alger. Soraya nous signale que pour beaucoup de familles maghrébines le Centre d’enseignement à distance toulousain (CNED), seul de son genre en France dans les années 1980 et 1990 a été un facteur de « visibilité » de Toulouse pour un apprentissage du français, quand celui-ci devenait précaire au Maghreb. Plus massivement, la ligne  aérienne Oran Toulouse a polarisé le flux de pieds noirs arrivés en 1962 (voir le livre de Colette Zytnicki

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=colette) et parmi ceux-ci (ils sont 80 000), quelque 15000 juifs sépharades, dont 3000 sont restés toulousains, donnant une communauté presque exclusivement « maghrébine » dans une ville à très faible tradition « ashkénaze» antérieure. Sans surprise, l’activité du bâtiment a dépendu de la main d’œuvre maghrébine à Toulouse comme ailleurs (de forts noyaux kabyles). Cette main d’œuvre, d’abord logée de façon précaire (parfois en coexistence avec les gitans), a habité progressivement en famille dans les grands blocs de HLM construits dans les années 1960 et 1970. Et comme dans d’autres campagnes du sud de la France, le pays rural toulousain a accueilli de forts contingents de harkis dans des « villages forestiers » ou dans des « camps » qui avaient reçu antérieurement Espagnols républicains ou Juifs allemands…

On aurait aimé en savoir plus sur l’accueil des Algériens dans la ville rose pendant la « décennie noire » (voir http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/31/toulouse-reims-paris-ayda-et-asma-pour-lire-marion-camarasa/ ) Mais aussi le rôle des Marocains (voir notre ami Habib http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/08/16/868/ ) venus souvent plus récemment que les Algériens. De toute manière le Maghrébin toulousain le plus célèbre est le nageur Alfred Nakache, constantinois de famille juive, déporté par les Nazis, mais revenu après guerre à la haute compétition.

Notons que quatre médiathèques de quartiers consacrent dans la première quinzaine d’octobre 2019 des expositions à des thèmes « maghrébins, allez les voir aussi…D’autres amis ne vont pas manquer de visiter ces expositions et nous donneront leurs commentaires eux aussi.