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Souvenirs de Coup de soleil Midi-Pyrénées : depuis 2005…

 Nos archives étaient sur l’ancien site web (2007-2015) de Coup de soleil. Nous sommes allé les chercher pour vous, pour nous aussi : remémorer, depuis 2007, nos joies et nos peines. Les principales manifestations apparaissent, avec parfois seulement une date, un lieu et bien peu de description ; mais parfois aussi des commentaires, des images que nous ne voulons pas perdre, car c’est notre mémoire commune. Vous avez ci-dessous une histoire « à l’envers », du plus récent au plus ancien, avec en début les conversations que Marc a récupéré avec quatre d’entre nous qui expliquent ce que Coup de soleil est pour elles et eux.

 

Juin 2015: Michel Molinier est décédé.

MichelGrand amateur de jazz, cet ancien avocat de Rouen, nouvel adhérent de Coup de Soleil Midi-Pyrénées, vient de nous quitter « dans un claquement de doigt ».

Nous ne nous connaissions pas encore très bien mais nous avions déjà beaucoup apprécié son calme, la sûreté de ses avis, ses compétences juridiques, et surtout la fermeté de ses engagements associatifs et militants.

Lorsque Michel et Micheline, son épouse, nous ont rejoints, après les attentats de janvier, ils nous fait part de leurs engagements rouennais dans une association d’amitié kabyle, avec les restaurants du cœur, de leur amour de la langue berbère. Mais nous ne savions pas combien Michel avait marqué les esprits dans son rôle d’avocat, dans la défense des sans-papiers, des réfugiés, des sans-grades.

C’est pendant ses funérailles, en ce lundi matin 15 juin 2015, devant une assistance très nombreuse venue de Toulon, de Rouen, de Paris, de Toulouse, que nous avons pris la mesure de cet homme de bien. Il va d’autant plus nous manquer !

Nous voulons surtout témoigner à son épouse Micheline notre soutien dans cette épreuve. Coup de Soleil est de tout cœur avec elle et ses enfants.

L’équipe de Coup de Soleil Midi-Pyrénées

affiche de la conférence de Gleya

affiche de la conférence de Gleya

2015 Mardi 20 janvier Coup de Soleil Toulouse vous proposait une rencontre avec Gléya Maâtallah sur les dernières élections en Tunisie. Gléya est enseignante à l’Université de la Manouba, à Tunis.

Ce fut une belle conférence, illustrée par des photographies, devant un public très intéressé d’une trentaine de personnes. Après la victoire du Parti Islamiste il aura fallu 4 ans de luttes acharnées sociales, culturelles, féministes, éducatives, pour réussir à imposer une nouvelle constitution, des élections libres et bientôt un nouveau gouvernement. Et ce sans passage par la violence.

La Tunisie, malgré toutes les difficultés reste un exemple de Printemps Arabe réussi.

 2015 Janvier : Après le Sept Janvier

Pour nous, membres de « Coup de soleil » en Midi Pyrénées, les  choses sont simples. Il suffit d’écouter non pas les arguties franco-françaises qui circulent si vite sur le net, mais les voix qui nous parviennent de l’autre côté de la Méditerranée. Encore faut-il pouvoir les entendre dans ce flot continu de l’émotion franco-française. Vue d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, l’islamisme est UN FASCISME! Le mouvement des femmes, les intellectuels, les démocrates, les journalistes et les syndicalistes ont payé chèrement le droit d’être entendus. 

NI ISLAMOPHOBIE NI ISLAMISME : La dénonciation de l’Islamophobie sans dénonciation de l’Islamisme c’est un discours franco-français qui excuse et renforce l’intégrisme. Toutes les dérives maffieuses y sont banalisées puisque ces pauvres jeunes sont victimes de racisme islamophobe.

La dénonciation de l’islamophobie donne aussi des excuses à la propagation de la pensée fasciste, dans les cités avec tous ces discours valorisant un islam rigoriste, la haine des femmes, le couvre feu de fait pour les filles, la fermetures des bars, l’interdiction de l’alcool.

Inversement la dénonciation de l’Islamisme sans dénoncer l’islamophobie c’est renforcer l’amalgame et l’exclusion des musulmans. Les conditions que l’État et la société impose aux pauvres de notre pays: la précarité, le chômage, les logements indignes, l’abandon des quartiers ghétoisés ou s’entassent des population ostracisées devraient être dénoncées avec autant de violence que le terrorisme du Jihad.

Mais l’un ne va pas sans l’autre!

Bureau 2015 : présidente : Sabah Riboulet  Secrétaire : Marc Bernard.  Trésorier : Dominique Thura

2013, juin : Manoubistan, chronique tunisienne : un bras de fer entre  groupuscule salafistes et universitaires démocrates

affiche, Tunis, 2011, image des femmes dans la révolution

affiche, Tunis, 2011, image des femmes dans la révolution

A Toulouse, le 2 juin 2013, au « rendez-vous des voyageurs » à la Colombette, nous recevons le doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Tunis, connue sous son nom de La Manouba. Ce dimanche matin, la salle d’une cinquantaine de personnes est pleine. C’est ARP-PHILO qui a organisé la séance et Ndaa Tounes qui nous reçoit. Comme partenaires, la Ligue des droits de l’homme et Coup de Soleil/ Midi-Pyrénées ont lancé des invitation.

Le doyen nous décrit le conflit qui pendant des mois, en 2011 et 2012, a opposé cette communauté universitaire à un petit groupe de pression salafiste, composé de jeunes qui presque tous n’appartenaient pas à cette Faculté de la Manouba. L’enjeu : imposer une pratique « religieuse » extrême (séparer femmes et hommes, implanter des salles de prière, obliger les filles au port du « voile intégral » = niqab). Un film- reportage nous montre la phase aigüe du conflit. Le livre de Habib Mellakh, Chronique du Manoubistan (2013, Ceres Editions, Tunis, 327 p.) décrit le déroulement entre décembre 2011 et août 2012. Ce doyen de la Manouba que nous accueillons est Habib Khazdaghli, qui a préfacé le livre et qui est devenu le symbole de ce conflit.

couverture du livre "Chronique du Manoubistan"

couverture du livre « Chronique du Manoubistan »

Dans un français parfait, simple, ironique quand il le faut, il nous montre l’ambiance de ce campus immense qui accueille quatorze écoles supérieures et facultés dans la banlieue de Tunis. Sous Ben Ali, un poste de police surveillait l’entrée du campus, la révolution l’a supprimé. Sous Ben Ali, les doyens des Facultés étant élus par leur communauté universitaire, aucune faculté nouvelle n’a été créée. La vingtaine de facultés nées après l’indépendance (après 1958) sont toutes de l’époque de Bourguiba. Après, sous Ben Ali, ont été crées des Ecoles supérieures au directeur nommé par le gouvernement, tout comme les présidents d’universités : la révolution a établi l’élection des uns et des autres par leur communauté universitaire respective. Si les salafistes se sont attaqués à la Fac de lettres de la Manouba, c’est parce que l’on y pratique des disciplines dont l’enjeu démocratique est immédiat (lettres, langues étrangères, histoire, philo), mais aussi parce que son public est en grande majorité composé d’étudiantes. Donc un lieu phare pour les tunisois. Ce public étudiant est socialement sensible : un tiers des 900 000 chômeuses et chômeurs du pays sont des anciens étudiants diplômés. Les incidents sont spectaculaires : par moments l’administration universitaire (dont le doyen) n’a plus accès à ses locaux, occupés en permanence… par quelques dizaines de jeunes gens. Heureusement un témoin peut attester que la scène des deux étudiantes giflées par le doyen est inventée… alors que les coups reçus par celui-ci sont réels.

Dans cette Tunisie fortement charpentée par les branches du syndicat UGTT, la résistance de celui-ci, mais aussi des associations de magistrats, avocats, médecins, journalistes, montre le poids d’une société civile démocrate, sans doute la plus forte parmi les pays du Maghreb. C’est une tâche prioritaire pour nous, au nord de la Méditerranée, de faire connaître et d’aider cette société civile.

 

Mai 2013 Chantier A, film en avant-première sur l’Algérie profonde

pochette du DVD Chantier A

pochette du DVD Chantier A

Projection à l’ESAV (Université Toulouse le Mirail). Film de Tarek Sami, Lucie Dèche, Karim Loualiche. 100′. 2013. C’est le voyage de Karim qui n’était pas rentré chez lui depuis dix ans, dans la Kabylie profonde d’abord, puis en un voyage initiatique, ailleurs en Algérie. Plusieurs autres projections du film à Toulouse ces jours-ci (cinéma le Cratère, etc).

Karim, qui nous a quitté, nous avait parlé de son projet, lors d’une réunion de Coup de soleil Midi Pyrénées, puis à nouveau plus récemment nous disait que le montage était commencé, nous attendions de voir le film. Il a été aidé par notre association, tant au niveau national que pour Midi-Pyrénées.

C’est une poésie d’images lentes, entre immenses panoramas du Djurdjura ou du Hoggar et détails intimes minuscules. Les dialogues en kabyle avec ceux du village que Karim rencontre, lui héros et acteur du film, sont sous titrés au minimum. Retrouvailles des femmes : mère, sœur, vieilles tantes sans doute. Avec les hommes, les bribes de conversations, ponctuées de coups de rouge, tissent ensemble le français et le kabyle, pour des plaisanteries où « le français » est envié et charrié à la fois.

En pays touareg, le dialogue se réduit : la langue est cousine trop éloignée du kabyle et la compréhension mutuelle passe plus encore par les rires, sourires et regards. L’homme à qui on demande s’il se sent algérien répond que oui, mais plus encore touareg, et là, aussi bien nigérien ou malien qu’algérien.

Et le voyage continue, de plus en plus fragmenté, en images bien plus qu’en paroles, au Gourara (Timimoun), au milieu des séguias d’irrigation de l’oasis, puis en ville, à Constantine et à Alger, univers marqués par le bruit et la tension violente.

 

2013- Mai Le lauréat du Coup de coeur de Coup de soleil, pour son roman « la compagnie des tripolitaines » Kamel Ben Hameda, La compagnie des tripolitaines, de la Zélande au Lauragais   à la maison des associations Arnaud Bernard, 3 rue Escoussières, Arnaud Bernard, Toulouse métro Jeanne d’Arc ou Compans Cafarelli

couverture de La compagnie des Tripolitaines

couverture de La compagnie des Tripolitaines

Tripoli, Libye, début des années 1960. Le petit Hadachinou ne saisit pas ce qui se trame, les femmes occupées à la cuisine, l’agneau que le boucher saigne sur la terrasse, jusqu’à ce que, devant l’assemblée familiale, le barbier, psalmodiant une sourate du Coran, « [prenne] une lame de rasoir d’une main et mon prépuce de l’autre… » Malgré cette entrée dans le monde des hommes, le garçon reste avec les amies de sa mère. Tante Fatima, la veuve, qui passe son temps à escorter sa grosse fille Houda, et tante Hiba, qui cache son visage tuméfié par les coups de son mari. Fella, la juive, qui l’emmène au marché. Filomena, d’une famille italienne installée à Tripoli depuis trois générations, ou la jeune Zaïneb, qui pour échapper au mariage s’asperge de naphte… Derrière le babil, l’air immobile, la violence des hommes est toujours là…

 Né à Tripoli en 1954, Kamal Ben Hameda a fui son pays pour cause de « sécheresse intellectuelle ». Après des études en France, il vit aujourd’hui aux Pays-Bas. Ce joli premier roman nourri de souvenirs jette un regard tendre et désespéré sur ces femmes du Maghreb qu’une société machiste empêche de respirer (Luc Le Chatelier – Telerama)

Voici un semestre (2012), notre groupe Coup de soleil- Midi Pyrénées avait parlé des cinq livres sélectionnés pour le coup de coeur 2012- 2013, dont bien sûr La compagnie des Tripolitaines. Et ce vendredi 17 mai 2013, nous avons, grâce à Sabah, la chance de converser avec Kamel, car il vient de s’installer à deux pas, sur le Canal du Midi, à Gardouch. Cet homme aux cinq langues, grâce à un père tripolitain émigré en Tunisie, puis en France, s’est éduqué en français, ce qui nous donne un récit d’une langue vive, savoureuse. Pourquoi écrit-il en français? Parce qu’à l’époque de Khadafi, un opposant ne pouvait écrire que dans une langue étrangère. Kamel a été professeur dans de nombreuses villes françaises, avant la Zélande (aux Pays-Bas)… puis Gardouch maintenant.

Marc et Claudine nous lisent des passages, temps forts du roman. Kamel nous dit que, de sa trajectoire personnelle il a tiré une position où l’identité nationale est dépassée: la Libye de l’après Khadafi est son pays d’enfance, les Pays-Bas le pays où il a pu dépasser les tensions identitaires d’une France qui refuse le communautaire, la France son milieu de vie actuel. Un Libyen a besoin d’une protection que donne la communauté aux Pays-Bas, que le « républicanisme » français ne lui donnait pas.

Au coeur du livre, ces femmes dont il nous dit que c’est parce qu’elles échappent de plus en plus à la domination des hommes que ceux-ci, désemparés, croient retrouver au sein de l’islamisme le pouvoir que leur donne la tradition. Ces femmes dont toutes les expériences maghrébines des participants à cette conversation montrent comment elles préservent un espace de liberté au sein de la société masculine, fragmentée mais pas brisée. Francis remarque que si Kamel ne se sent plus lié à la Lybie, sa relation avec les femmes d’autrefois, là bas, reste très forte.

Voir la fiche d’analyse du livre http://coupdesoleil.net/blog/kamel-ben-hameda-la-compagnie-des-tripolitaines/#more-1316

 

couverture du livre "Le temps de la coopération"

couverture du livre « Le temps de la coopération »

2013- Avril Dans le cadre des « troisièmes Vendredi du mois » de Coup de Soleil/ Midi Pyrénées, une présentation du livre Le temps de la coopération, sciences sociales et décolonisation au Maghreb, sous la direction de Jean-Robert Henry et Jean-Claude Vatin, Karthala/ IREMAM, 2012. En visionnant le DVD « Coopérations » qui accompagne le livre, Claude Bataillon a résumé l’ouvrage et la discussion a porté sur le rôle des coopérants dans l’enseignement pour les trois pays du Maghreb, surtout aux charnières des indépendances, mais aussi jusqu’à aujourd’hui. La question de l’usage du français comme langue littéraire, scientifique et technique s’est trouvée posée à cette occasion, sur plus d’un demi-siècle. http://coupdesoleil.net/?s=Vatin

 

cafeph112012 Cafés philo C’est à partir de cette année que, sous l’impulsion de Danielle Dupin, des cafés philo, apprentissages de la citoyenneté, sont organisés avec d’autres militants de Coup de soleil Midi Pyrénées, en Tunisie, en Algérie, à Foix en Ariège en France. C’est depuis cela une des activités phares de notre association.

 

binebine2011- La section de CDS reçoit le lauréat 2011 MAHI  BINEBINE pour  » les étoiles de sidi moumen «  le 22 /09/2011 à la bibliothèque de la Croix Daurade à Toulouse.

 

 

 

Le dimanche 3 juillet 2011 à eu lieu à quelques km de Carcassonne le repas des 3 sections : languedoc-roussillon-toulouse. C’est dans le village d’Aragon dans le département de l’Aude que s’est déroulée cette rencontre .

Elle a débuté par une ballade champêtre suivie du repas et s’est terminée par une discussion autour des projets de coup de soleil en lien avec les pays du Maghreb et suite au voyage solidaire de coup de soleil à Tunis du 2 au 6 juin 2011 et  aux vents de liberté qui soufflent sur les rives  sud de la méditerranée.

 

JUIN  2011  Contact avec la révolution tunisienne

Au milieu d’une délégation de seize amis, membres de Coup de soleil comme nous, trois membres de la section Midi- Pyrénées, Sabah Riboulet, Françoise et Claude Bataillon, ont participé à quatre jours (2- 5 juin) de rencontres à Tunis avec les amis et contacts de l’Association.

Dès le vol Toulouse Tunis, on nous annonce que les salariés de la société qui sert les repas de l’avion est en grève ; à la sortie de l’aéroport de Tunis- Carthage, une grosse manifestation (sous les regards passifs de policiers) des grévistes femmes et hommes brandissent leurs pancartes : le salaire mensuel (120 euros), dans cette société, qui appartenait à des proches de Ben Ali, n’a pas augmenté.

Nous avons eu le temps de visiter des lieux prestigieux où nous avons pu apprendre ce qui fait de la Tunisie un pays particulièrement moderne et cohérent par rapport à ses voisins :

– Le site archéologique de Carthage, dont le musée occupe l’ancienne basilique chrétienne construite vers 1890

-Dans la ville de Sidi Bou Saïd, actuellement une banlieue riche et touristique, la maison – palais construite par le Baron Erlanger dans les années 1920. De cette demeure de style arabo- andalous, il avait fait un musée de la musique tunisienne traditionnelle, que les héritiers ont vendu en 1982 à l’Etat tunisien qui y a constitué le Centre de musiques arabes et méditerranéennes.

-Nous avons visitée la Medina, avec Jamila Binous, qui a joué un rôle de premier plan dans le sauvetage de celle-ci, en participant grâce à l’abandon du projet d’éventrer cette Medina par une large artère faisant communiquer le quartier de la kasbah au nord (l’implantation principale de l’administration municipale et nationale- ministères- depuis avant le protectorat) avec la ville nouvelle qui dès 1860 se développe au sud depuis la Porte de France (Bab el Bahar= porte de la mer). Les quartiers se sont dégradés, abandonnés pendant des décennies par la bourgeoisie qui les laisse aux pauvres dont les familles habitent, pièce par pièce, des maisons inadaptées, vétustes. Elles sont reprises par rénovation au profit soit de familles bourgeoises soit pour des usages « culturels » : centre d’artisanat d’art, galeries d’art moderne, hôtel- résidence de « charme », ou nouvel hôtel en construction dans le respect du style traditionnel.

-Dans cette même Medina, nous découvrons la fondation Orestiadi, installée à Dar Bach Hamba vers 2002, avec son responsable Federico Constanza. Cette fondation sicilienne a donc un site tunisien dans le palais d’un dignitaire turc construit au XVIIe siècle, confié à l’évêché de Tunis, qui en 1923 y installe des sœurs franciscaines pour des œuvres charitables d’assistance (médicale) à la population ; les collections comportent entre autres des théâtres de marionnettes siciliennes du début XXe siècle (pièces à thèmes jouées alors à Tunis) ; depuis la Révolution la fondation accueille directement des artistes peintres tunisiens, par exemple des toiles peintes pendant l’émission de radio « pourquoi faire ».

Pour en savoir plus : Des années 800 aux années 300 avant JC, Carthage, colonie phénicienne devenue autonome, règne progressivement sur la Méditerranée occidentale et le proche atlantique. Cette « reine des mers » est tuée en un siècle de guerres : la ville passe de 300 000 à 80 000 habitants, mais Rome en fait à nouveau un port qui règne sur la plus riche province de l’Empire romain (Maghreb oriental), devenant la seconde ville de celui-ci après Rome vers 200 après JC. Après l’éclipse des conquêtes vandale puis arabe, Tunis succède à Carthage à partir du XIIIe siècle comme grand centre politique méditerranéen. Le pays tunisien s’appelle alors Iffrqia, comme la province romaine d’Afrique. La continuité politique se poursuit avec le Beylik turc depuis le XVIIe siècle. La grande homogénéité culturelle de la Tunisie s’explique par une arabisation ancienne et une urbanisation étendue précocement aux régions côtières du pays. Une modernisation politique précoce comparable à celle de la Turquie est marquée par une amorce de constitution accordée par le Bey et la création du Collège Sadiki pour un enseignement moderne dès 1850. En 1884 la France a établi son protectorat sur la Tunisie par une « conquête » rapide et peu sanglante ; de même la négociation menée pour l’indépendance par le gouvernement français de Mendes France a abouti en 1956 rapidement avec un minimum de conflit. Sous la houlette de Bourguiba, leader moderniste, dans une atmosphère de consensus entre le parti Neo Destour et le syndicat UGTT, est née une République qui vite a adopté le statut de la femme le plus moderne du monde musulman. La Tunisie pratique le bilinguisme arabo- français le plus étendu et le plus résolument assumé du Maghreb : c’est ainsi que le Journal officiel paraît parallèlement en arabe et en français.

affiche, Tunis, 2011, image des femmes dans la révolution

affiche, Tunis, 2011, image des femmes dans la révolution

Quelle révolution en janvier 2011 ?

Tous nos interlocuteurs tunisois racontent la soudaineté d’une révolution presque immédiatement victorieuse qui les a surpris eux-mêmes. La révolte durement réprimée dans les mines de phosphate  dans le sud, à Gafsa en 2008, est partie d’un concours de recrutement de personnels par l’entreprise d’état… qui n’a pris aucun candidat local, alors que les Gafsaoui sont les premières victimes de la présence des mines, en raison des maladies liées aux nuisances ou des terres rendues incultivables. Toujours dans l’intérieur du pays, à Kasserine ou Sidi Bouzid, les explosions de révoltes en fin 2010 et ensuite proviennent du désespoir de jeunes sans travail , du délabrement des écoles , des hôpitaux et des services publics dans ces régions . Ce sont les réseaux d’internet qui diffusent immédiatement l’information sur la répression, transformée par la jeunesse des classes moyennes de Tunis en vastes protestations de rues. Cette classe moyenne de Tunis, appuyée sur les corporations des professions libérales (médecins, avocats, magistrats) donne à ces mouvements un contenu national de dignité retrouvée et d’affirmation citoyenne après des années d’humiliation.  C’est le 13 janvier 2011 que les jeunes perçoivent que le gouvernement de Ben Ali n’a pas engagé à Tunis ce jour-là sa police répressive la plus dure contre les manifestants. C’est le 14 que l’armée bascule du côté des révoltés et oblige en douceur Ben Ali et sa famille à l’exil. La soudaineté du succès, finalement au prix de très peu de sang, est due à ce basculement de l’armée du côté des protestataires qui n’ont pas eu le temps de devenir insurgés.

Pour en savoir plus

Si Bourguiba n’a pas cessé d’être respecté comme héros national de l’indépendance, son long règne comme président seul candidat à l’élection, appuyé sur un parti et un syndicat sans aucun concurrent, a fait monter des mécontentements ; quand en 1987 son ministre de l’intérieur, Ben Ali, le remplace suite à un rapide coup d’Etat, l’espoir d’une démocratisation amène bien des personnalités à collaborer. C’est le moment où Mohamed Charfi devient ministre de l’éducation jusqu’en 1998, rénove les enseignements scientifiques, conforte le bilinguisme dans l’éducation, institue une nette séparation dans les établissements d’enseignement primaire ou secondaire entre l’enseignement de la religion musulmane et celui d’une morale civique qui affirme les droits des citoyens : c’est la génération des élèves de cet enseignement qui a pris le risque de la révolte actuelle. Leurs parents des classes moyennes tunisiennes, eux, nous disent qu’ils avaient appris sous Ben Ali à subir un régime policier qui n’a cessé d’accroître son emprise sur la société.

Mouvement social actuel, que faire de la révolution ?

Par ailleurs ce régime de Ben Ali n’a cessé d’étendre une corruption croissante au profit de sa famille pour aboutir à une économie maffieuse qui a investi tous les secteurs et contrôlait, nous dit-on, 40% du pays ; cela en fait a freiné le développement, rendant plus aigu le chômage des diplômés, qui dure depuis 10 ans malgré des incitations fiscales insuffisantes : il manque 700 000 emplois. Anecdote : quand Ben Ali annonce peu avant son départ la création de 300 000 emplois en deux ans, le sous préfet concerné demande à  M. Amouri de promettre d’engager 30 salariés ; réponse : impossible ; réponse : signez et on verra après ; c’est la fin de la crédibilité de l’Etat.

En ce début d’été 2011, on sait que les élections en cours d’organisation pour octobre vont élire les députés d’une assemblée constituante, par un scrutin de liste par provinces, où la parité femmes/ hommes est exigée pour chaque liste déposée. Des dizaines de partis s’improvisent actuellement, les seuls disposant de cadres et de structures étant les héritiers du Ben Alisme et les islamistes. Un rôle fédérateur du syndicat, l’UGTT, semble probable, grâce à des militants de longue date. Celui-ci est un transmetteur qui regroupe toutes les régions et toutes les professions Les partis nouveaux apprennent à s’organiser ; en particulier ceux qui ont la même sensibilité politique s’apprêtent à se fédérer  pour présenter en commun une liste capable de peser électoralement. Parmi nos contacts, Nadia Jaber présente une association tunisienne pour la citoyenneté : après l’éparpillement de facebook les jeunes veulent être gardiens de la liberté reconquise ; ils ont confiance dans les associations et se méfient des politiques : l’enjeu est pour les élections du 16 octobre d’une information préalable pour inciter à participer au vote et pour organiser un observatoire du vote (des spécialistes du Liban et de Jordanie doivent participer).

Que faire depuis la France pour soutenir la démocratisation de la Tunisie ?

 Avant tout, diffuser l’information sur un pays où non seulement le tourisme est aussi facile qu’avant décembre 2010, mais où toutes les formes culturelles de tourisme sont devenues plus riches. Parallèlement accueillir en France les témoins et témoignages sur le renouveau tunisien (videos, expositions, intervenants)

 

Université du Mirail, Toulouse, Claudine et Dominique

Université du Mirail, Toulouse, Claudine et Dominique

2011 Coup de Soleil Midi-Pyrénées était présent au festival Aires Solidaires qui se tenait dans la grande arche de la fac du Mirail.

 

2011 Coup de Soleil Midi-Pyrénées soutient la manifestation pour la démocratie en Tunisie, en Égypte et en Algérie le samedi 12 février à 11h place du Capitole à Toulouse.

manif à Toulouse, 2011

manif à Toulouse, 2011

Tunisie, Égypte, en Algérie aussi le peuple dit “DEHORS »

Il y a des années que les révoltes algériennes se succèdent, meurtrières, préfigurant les révoltes populaires de la Tunisie et de l’Égypte. Elles ont été à l’avant-garde des revendications démocratiques des pays du sud-méditerranéen. Aujourd’hui pour la première fois la plus grande partie de l’opposition démocratique algérienne s’unit dans une Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie.

Syndicalistes, universitaires, lycéens, associations et des partis algériens appellent à une marche nationale à Alger le 12 Février.

  • Tous ensembles ils exigent que cessent l’état d’urgence, « l’asphyxie des libertés publiques [qui obstrue] toutes les voies pacifiques de revendication », la généralisation de la corruption, la fraude électorale, les malversations contre les entreprises, la collusion des affairistes et du pouvoir ;
  • Ils dénoncent la précarité et la pauvreté qui accablent la population et la pousse au désespoir, au suicide ou à la fuite du pays par tout moyen, alors qu’ « une richesse mal acquise s’étale sans vergogne » (et que l’excédent commercial du pays en 2010 a été de 16 milliards de dollars !).

La jeunesse « survit » en Algérie, tentant de se débrouiller dans le travail informel, pourchassée par la police, criminalisée lorsqu’elle se révolte quasi quotidiennement.

« Seul le changement radical du pouvoir peut apaiser cette colère.» La coordination exige la libération des manifestants arrêtés car « ceux qui ont contribué par leurs décisions et actes de gestion autoritaire à fabriquer les “ émeutiers “, sont les premiers à devoir comparaître devant la justice ».

Ici, en France tous unis appuyons cette Algérie assoiffée de démocratie ; faisons pression, pour éviter que le pouvoir imagine faire couler le sang une fois de plus en toute impunité.

Exigeons des autorités françaises qu’au lieu de proposer ses flics elle ouvre sa politique des visas et ne contribue pas à l’isolement des peuples du Sud. Soutenons les peuples qui, dans le monde méditerranéen, actuellement, tant en Tunisie, en Egypte, qu’en Algérie, par leurs luttes et des révoltes de masses pacifiques, cherchent tout simplement à vivre dignement et librement.

Les combats de ces peuples sont les nôtres.

 

affiche "coup de coeur" 2015

affiche « coup de coeur » 2015

2010 Coup de cœur de Coup de soleil. C’est à partir de cette année que notre association Midi Pyrénées, sous l’impulsion de Claudine Nissou, a participé à cette activité lancée à Montpellier en 2005. Sélection des romans mis au concours, diffusion de ceux-ci auprès des bibliothèques publiques et des publics scolaires, choix du ou des lauréats, invitation de celui-ci à venir présenter son livres.

 

 

 

2010 Jamal 2010 Jamal el arch

réunion "chemins de l'exil"

réunion « chemins de l’exil »

2010- Vendredi 16 avril, Gaby Etchebarne et Cathy Mayor nous présentent leur livre : « Les Chemins de l’exil », de 19h30 à 22h à  la Maison des assos. Nous nous retrouverons à  19h30 pour un pot amical, suivi de lectures et débat avec les auteures à la Maison des Associations Arnaud Bernard 3 rue Escoussières Arnaud Bernard (quartier Arnaud Bernard, Toulouse)

 

Réunion Jamal el Arch

Réunion Jamal el Arch

Mars 2010 Dans le cadre des « vendredi de Coup de Soleil » dits aussi « 3ème vendredi du mois… » nous avons eu le plaisir de recevoir l’association ESMA (Echange, savoir, mémoire active – qui travaille notamment sur la mémoire des habitants du Mirail) et de projeter le film « Femmes de toutes les histoires » de Jamal El Arch, en présence du réalisateur. »Ce film propose de montrer le caractère délicat de la construction de chaque individu, y compris dans sa relation à l’histoire. Construit à partir d’histoires personnelles, d’histoires familiales, il laisse place à la danse et au corps. Ce film nous donne à voir des identités plurielles, interculturelles, toujours en mouvement. Ce sont des émotions directes qui sont captées, un ressenti de première main, les actrices se livrent tout doucement au son de la musique. Un film heureux… » Nous étions nombreux dans cette petite salle. Le débat qui a suivi fut passionnant et les agapes conviviales.2010 Jamal

 

 

 

 

 

Le 15 janvier 2010 nous entamions nos soirées lectures « entre nous » de textes nord-africains : français, tamazight, arabe, tous les auteurs étant bienvenus pour une soirée de découverte de la littérature maghrébine. Avec Francis Pornon et Majid Kaoua, chacun a lu un texte ou deux, prose ou poésie, d’un auteur ou de soi-même… (Maison des Associations Arnaud Bernard 3, rue Escoussières 31 000 Toulouse)

 

2010 La Merlinette et l’indigène

Marc Bernard et Sabah Riboulet, deux membres de Coup de Soleil Midi-Pyrénées, nous ont présenté, en avant-première, un exposé-projection sur la contribution des femmes et des combattants indigènes à la libération de la France pendant la Seconde Guerre Mondiale, à travers les figures de la mère de Marc et du père de Sabah, qui ont appartenu tous deux et simultanément à la 3ème Division d’Infanterie d’Afrique. Le succès de cet exposé les a convaincus de réitérer l’expérience. Ils travaillent actuellement à une mouture «grand public».

2009 Le forom des langues Le 31 mai, Coup de soleil Midi Pyrénées est présent au Forom des langues à Toulouse. (Oui, vous avez bien lu, forom avec deux « o » !) A l’origine, c’est l’Institut d’Études Occitanes, qui proposa la création d’une journée internationale consacrée à la défense et à la promotion des langues dites «minorisées» de l’Europe, chaque aire linguistique devant fêter sa propre langue.2009 f langues

Forom des langues: la carte des relations et influences au Maghreb

Forom des langues: la carte des relations et influences au Maghreb

Jugeant que l’enjeu dépassait de loin la seule langue occitane, une poignée de penseurs, linguistes et artistes parmi lesquels Félix Castan, Henri Meschonnic et Claude Sicre, ont décidé de donner une représentation à toutes les langues du monde. De la langue Afar, akkadien, à la langue yiddish, yoruba, zaza, zazaki, zoulou… presque toutes sont représentées, par des associations, lors de cette journée. Coup de soleil tiendra une table sur le derija, arabe dialectal maghrébin, avec des représentants des 3 pays du Maghreb qui donneront aux visiteurs des explications sur cette langue. Des débats sont prévus l’après midi ainsi qu’un hommage au linguiste Henri Meschonnic, récemment disparu.

Coup de soleil Midi Pyrénées tenait donc un stand au Forom des langues à Toulouse. A l’origine, c’est l’Institut d’Études Occitanes, qui proposa la création d’une journée internationale consacrée à la défense et à la promotion des langues dites «minorisées» de l’Europe, chaque aire linguistique devant fêter sa propre langue. Jugeant que l’enjeu dépassait de loin la seule langue occitane, une poignée de penseurs, linguistes et artistes parmi lesquels Félix Castan, Henri Meschonnic et Claude Sicre, ont décidé de donner une représentation à toutes les langues du monde. De la langue Afar, akkadien, à la langue yiddish, yoruba, zaza, zazaki, zoulou… presque toutes sont représentées, par des associations, lors de cette journée.Coup de soleil tenait donc une table sur le derija, arabe dialectal maghrébin, avec des représentants des 3 pays du Maghreb qui donnaient aux visiteurs des explications sur cette langue.

Des débats ont eut lieu dans l’après midi ainsi qu’un hommage au linguiste Henri Meschonnic, récemment disparu.

 

2009 MÉMOIRE D’UN PORTEUR DE VALISE

2009 vinci
Les Amis d’Averroès, Coup de Soleil Midi-Pyrénées, Atlas et Radio Canal Sud 92.2 FM vous invitent à la présentation du film : « Au ‘Non’ de Vinci »

Le Mardi 26 mai à 20 heures RADIO Canal Sud (40, Rue Alfred Dumeril- 3400 Toulouse / Métro Palais de Justice)

En présence du réalisateur Menad M’barek

Claude Vinci chante  dans des cabarets parisiens quand il est appelé sous les drapeaux. Après quelques jours de grandes vacances au soleil, il découvre la réalité de la « pacification », en assistant à un horrible massacre au lance-flammes de villages où ne se trouvent que des femmes, des vieillards et des enfants. Il pense à Oradour sur Glane. Le soir même, il déserte. Après avoir rencontré à Alger un responsable FLN, il se retrouve « porteur de valises » en France. Car,  répète-t-il, on ne peut être que du « côté des opprimés »

Ce très beau film, réalisé à partir d’interviews et de documents d’archives, est né de la rencontre avec Claude Vinci lors d’un atelier-mémoire en Bretagne. Comme le dit Menad M’barek « J’ai fait ce film en bonne partie pour Claude Vinci lui–même, comme preuve de reconnaissance et d’amitié à ce « grand frère ». Ce film je l’ai réalisé avec des dettes ; mais notre dette envers cet homme est plus importante.»

Fiche technique

Algérie documentaire 2005 52 mn DV cam couleur VO

Réalisation : Menad M’barek

Image : Samuel Nissim, Hocine Redjala

Montage : Hocine Redjala et Fatima Kaci

Son : Bazou et Si Mohand

Distribution : MPV Belle image Tizi Ouzou

Ce fut une très belle projection précédée et suivie d’un débat passionnant!

2009 Benchicou2 2009 Mohamed Benchicou2009 : MOHAMED BENCHICOU, ancien rédacteur en chef du quotidien algérien LE MATIN, sera CE JEUDI 14 mai à 18h30, à Toulouse, à la librairie de la Renaissance, pour présenter son dernier ouvrage « Journal d’un homme libre« . La rencontre-débat sera animée par Alain Raynal, journaliste à l’Humanité et par notre ami Moncef Benouniche. Nous y sommes toutes et tous convié-e-s.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bureau de l’association en 2009 : Présidente : Sofia Lachkar  Vice-présidente : Sabah Riboulet  Trésorier : Dominique Thura  Trésorière adjointe : Claudine Nissou.  Secrétaire : Annelise Verdier  Secrétaire adjoint : Marc Bernard.

2008 Août exposition Mohand

 

 

2008, Toulouse, le grand chapiteau "marocain" de la Caravane des femmes

2008, Toulouse, le grand chapiteau « marocain » de la Caravane des femmesDu 22 au 30 mai 2008 nous participions avec de nombreuses autres associations à l’accueil de la venus témoigner de leurs luttes pour les droits des femmes, la mixité et la citoyenneté.Du 22 au 30 mai 2008 nous participions avec de nombreuses autres associations à l’accueil de la venus témoigner de leurs luttes pour les droits des femmes, la mixité et la citoyenneté.

Du 22 au 30 mai 2008 nous participions avec de nombreuses autres associations à l’accueil de la Caravane des femmes marocaines venus témoigner de leurs luttes pour les droits des femmes, la mixité et la citoyenneté.

 

 

encore la Caravane des femmes à Toulouse

encore la Caravane des femmes à Toulouse

En 2007, Coup de Soleil Midi Pyrénées a créé une biblio-blog : les membres peuvent présenter, sur le blog, les livres en lien avec le Maghreb qu’ils possèdent. En effet, nous avons remarqué que plusieurs d’entre nous avaient les mêmes livres. Plutôt que d’acheter les livres en doublon, nous avons préféré créer une bibliothèque virtuelle qui nous permet d’échanger les ouvrages et de nourrir ainsi nos discussions et réflexions.

 

2006 Au printemps 2006, à La Chapelle, une grande réunion donne au groupe la vision de son existence pour une expansion facile et joyeuse, même si la « foule » ainsi réunie est celle des marginaux habituels qui fréquentent ce lieu, plus qu’un public spécifiquement motivé par le Maghreb (pas d’images conservées de cette réunion)

 

1er Bureau de l’association, 2005/ 2006 :  Présidente Hacina Hamaïli Rivière  Vice-présidente Dominique Martre  Secrétaire Bernard Marc  Secrétaire adjoint Georges Rivière  Trésorier Dominique Thura  Trésorière adjointe Catherine Kasmi

 2005  Au départ, c’est Marc, après des contacts avec Michèle Rodary dès 2002 et une adhésion à CdS Montpellier, qui a pris l’initiative avec Georges Rivière en 2004. L’association nait alors officiellement d’une réunion en novembre 2005, en présence de Georges Morin, président national.

Des militants anti-racistes sont tentés, dans la mouvance (AYDA) où militait par exemple le couple Didier (Marie Frédérique et Michel), militances où l’on se déchire sur la politique algérienne : soutenir mordicus le gouvernement « éradicateur » des islamistes, ou renvoyer dos à dos la terreur religieuse et la terreur d’Etat, en soutenant les initiatives de réconciliation ?

 

2008/ 2009- Marc Bernard a questionné quatre de nos militant(e)s sur leur participation à Coup de soleil :

 

Claudine

Claudine et Marc; arrière fond: affiche du "coup de coeur" de Coup de Soleil

Claudine et Marc; arrière fond: affiche du « coup de coeur » de Coup de Soleil

J’ai 63 ans. Je suis à Coup de Soleil Midi-Pyrénées depuis la fondation, en 2006.

J’étais en terminale, en 1962, au moment de la fin de la guerre d’Algérie. J’étais très politisée car j’avais des copains qui étaient partis là-bas comme appelés. Mais je suis devenue amie avec une jeune fille pied-noir qui m’a fait découvrir les pieds-noirs, leur joie de vivre, leur culture… Tout en étant tout à fait anticolonialiste. Par contre, nous ne parlions pas du tout de l’Algérie en classe.

Ensuite, j’ai enseigné un module d’histoire française contemporaine dans une université en Angleterre et j’ai choisi la guerre d’Algérie. J’ai alors découvert la torture. Puis, j’ai souhaité approfondir ma compréhension du colonialisme après mon séjour de deux ans en Martinique.

J’ai rencontré mon mari à Paris. Il est Algérien. Je suis partie en Algérie où j’ai été enseignante en civilisation et littérature anglaise et américaine à l’école d’interprétariat de l’Université d’Alger de 1977 à 1984. Cette période a été particulièrement riche en expériences.

Suite à l’arabisation soudaine de l’université, à la section interprétariat, on est passé à la langue de base arabe. Nous n’avions trouvé que quelques étudiants qui avaient à peine la moyenne dans les trois langues : arabe, français, anglais.

Des enseignants ont été recrutés au Moyen-Orient, en Egypte,… Les réunions se faisaient en français et… on traduisait en arabe pour les « étrangers » ! Tout le monde continuait à parler en français car c’était impossible d’enseigner du jour au lendemain en arabe.

Puis, lorsqu’il y a eu l’algérianisation des cadres, je suis partie enseigner au lycée français d’Alger.

Nous sommes rentrés en France après les événements de 1988. J’ai eu du mal à me réadapter à la France : j’avais cette mauvaise impression de laisser des gens que j’aimais derrière moi, dans une situation très difficile. Je ne m’étais guère trompée !

J’ai rencontré à Alger des gens de sensibilités très différentes : des Pieds-Noirs qui étaient restés là-bas, des Juifs, des Kabyles, des Arabes, des Chiliens, des Cubains et j’ai compris que l’histoire multiculturelle de l’Algérie était une chance et qu’il était bien dommage de ne prendre qu’une seule direction, celle d’une identité arabo-musulmane. Les Algériens sont en général des gens ouverts, multi-culturels.

En adhérant à Coup de Soleil, je voulais garder un lien avec l’Algérie, qui m’est restée au cœur, et je voulais contribuer à faire passer l’idée qu’il y a une culture maghrébine proche de la nôtre et ouverte aux autres, bien différente de celle d’un islamisme étriqué.

En ce moment, je fais une recherche sur les femmes algériennes combattantes pendant la guerre d’indépendance. Comment toutes ces femmes sont sorties de chez elles, pour résister dans les maquis ou dans la guérilla urbaine. Comment ces femmes ont été trahies après l’Indépendance, avec l’adoption du code de la famille… Elles s’étaient battues de façon formidable, beaucoup y ont laissé leurs vies et tout cela pour redevenir des mineures à vie. Les femmes en Algérie savent que la démocratie ne se fera pas sans l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est un combat passionnant.

 

Sofia

Sofia

CDS MP : Sofia, tu viens d’où ?

Sofia : J’ai 27 ans, je suis franco-marocaine. Je suis née au Maroc, à Rabat, où j’ai vécu jusqu’à l’âge de dix huit ans. Mon père est marocain, ma mère est française. J’ai fait toute ma scolarité à l’école française et au lycée français de Rabat. C’est un monde clos et très protégé. Seules les élites économiques peuvent y accéder. Mais j’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont toujours dit : «Tu n’es pas là par hasard, c’est pas la norme».

Quand es-tu arrivée en France?

Sofia : Après le bac. Mon rêve, c’était de partir en France, car j’avais envie de goûter à la liberté, à l’anonymat. Et au niveau des études, avoir un diplôme français, c’est plus reconnu qu’un diplôme marocain. Mais je suis aussi venue pour y rester. Ayant la nationalité française, je n’avais pas de problème de papiers. Au Maroc, il y a dix ans, c’était pas évident d’avoir de la liberté pour une jeune fille.

Et alors en France, qu’est-ce que tu fais à « Coup De Soleil » ?

Sofia : Je suis arrivée par cooptation à Coup de Soleil, en septembre 2006. J’ai rencontré à Toulouse des Maghrébins qui partageaient beaucoup de choses avec moi. J’ai accroché avec l’équipe de Coup de Soleil dès la première fois et puis, je suis revenue !

Qu’est ce que tu veux que CDS soit pour toi ?

Sofia : Pour moi, CDS c’est d’abord l’occasion d’apprendre beaucoup de choses sur mes origines, et sur l’Algérie et la Tunisie, que je ne connaissais pas du tout. C’est une ouverture d’esprit, et c’est un moyen de rencontrer plein de gens sympas : à Toulouse, on a la chance d’être un groupe qui a des convictions humaines très fortes. J’attends de CDS de faire des actions ensemble, de monter des projets en lien avec le Maghreb, pour mettre en valeur tout ce qu’il y a de bien dans ces cultures, et peut-être faire évoluer ce qu’il y a de moins bien.

Et qu’est ce que tu ne veux pas de CDS?

Sofia : L’image que je ne veux pas donner du Maroc, c’est l’image folklorique. Mon objectif, c’est de montrer que ce sont des pays pauvres où les gens galèrent, souffrent, même si ce sont aussi des pays très riches en histoire, avec des gens qui sont d’une générosité incroyable.

 

Claude et Françoise Bataillon

Marc : Cette interview se fait au « Forom des langues », sur la place du Capitole, ou nous sommes au stand de Coup de Soleil. L’association Midi-Pyrénées y présente l’Arabe dialectal, al-dārija.

Anne-Lise et Claude au forum des langues

Marc, Anne-Lise, Claude et Françoise au forum des langues

Françoise : Nous sommes adhérents de Coup de Soleil depuis deux ans, en 2007. Nous avons rencontré Coup de Soleil à la présentation du livre de JL Planche, à Portet-sur-Garonne, au musée de la mémoire du Récébédou. J’ai discuté avec Sabbah, elle nous a invités au couscous dans le Gers, nous avons fait la connaissance de l’ensemble du groupe et nous avons adhéré.

Claude : Le deuxième contact c’est, à Paris, avec le Maghreb des livres de 2008. Nous connaissions ce salon, mais sans avoir fait le lien avec l’association.

Françoise : Mon père était pied-noir, d’une famille installée en Algérie dans les années 1850, une famille où l’on était huissier, professeur ou instituteur. Avec une particularité c’est que les hommes pied-noirs se mariaient à chaque génération avec des francaouis. Donc ma mère était béarnaise.

Nous avions donc gardé beaucoup de relations avec la France.

Mes parents se sont connus à la Cité Universitaire, à Paris. Mon père préparait un doctorat en Droit et ma mère l’agrégation de Lettres. Pour mes grands-parents, ma grand-mère maternelle était née à Constantine, et elle était institutrice à Guelma, son père avait été instituteur à Constantine, et sa mère était lingère au lycée de Constantine, veuve à 24 ans, sans boulot, et elle avait donc été prise au lycée où son premier mari avait enseigné. Mon grand-père était le fils d’un chef de gare dans la région de Carcassonne, et comme il était brillant, il avait fait l’école normale de St. Cloud et était devenu prof au lycée de Constantine. C’est là qu’il a connu ma grand-mère. Puis révoqué à la suite d’une histoire pas claire il a passé une licence en Droit et est devenu avocat au tribunal de Guelma. Auparavant mon arrière grand-père était venu de Savoie comme instituteur. Issu d’une famille paysanne de Tarentaise, il avait fait l’école normale d’instituteurs d’Albertville et après quelques années en Savoie était parti en Algérie. Le premier qui soit venu en Algérie était de Figeac. L’étude d’huissier de son père avait fait faillite et après sept ans de service militaire, il s’était retrouvé sans travail, il est donc resté en Algérie comme greffier dans un tribunal militaire de Mostaganem. Puis il a fini huissier à Constantine… Il était franc-maçon…

Je ne sais pas si on peut dire de gauche… Mon grand-père était arrivé en Algérie, socialiste et dreyfusard, et il était devenu antisémite… et considérait les Arabes comme de grands enfants. Un antisémitisme « mondain ». Les Juifs on ne devait pas les fréquenter… Pas leur faire du mal, mais ne pas frayer avec ces gens-là. Pour compléter le tableau, sa nièce, qui était venue le voir à Constantine, s’était mariée avec le fils d’un rabbin de la ville, et du coup mon grand père n’a plus jamais adressé la parole à son frère. Quelques mois avant l’indépendance, lorsqu’il était question de « l’intégration » mon grand père disait : c’est le mariage du crocodile et du papillon, le papillon étant bien sûr le pauvre pied-noir.

J’ai beau avoir vécu à Alger puis à Tunis, un peu au Liban, puis de nouveau à Alger, j’étais coupée de la culture arabe. À Tunis, mon père était au gouvernement. Jamais nos parents ne nous ont poussé à faire de l’Arabe. Donc j’étais franco-française en Afrique du Nord. Plus tard je me suis passionnée pour la guerre d’Algérie, pour l’indépendance. Ensuite nous avons été tous les deux professeurs au Maroc pendant trois ans. Cela me rappelait mon enfance, mais, en fait, la culture maghrébine je l’ai mieux comprise à l’âge adulte. Et je continue à m’y intéresser !

Claude : Moi mes relations avec l’Algérie sont en pointillés. J’ai un arrière grand-père alsacien, juif, et comme il ne trouvait pas de travail comme avocat chez lui, il est parti fonctionnaire de préfecture à Constantine et à Alger, de 1860 à 1880. Ce juif alsacien ayant épousé une goy, il a été obligé d’attendre 35 ou 40 ans pour se marier car, à cette époque-là, il fallait l’autorisation des parents et son père n’admettait pas cette mésalliance. Donc ma grand-mère est née à Alger.

Mon père professeur d’espagnol a eu comme premier poste l’université d’Alger, en 1929, et il y est resté jusqu’en 1937. Mes deux frères, et ma sœur ont vécu à Alger pendant huit ans. Pour les plus grands, cela les a beaucoup marqués mais moi, pas vraiment. Je ne connaissais que la maison et presque rien autour. Quelques bruits, des odeurs et rien de plus.

Puis nous sommes allés vivre à Paris.

Pendant la guerre (1939-45), mon frère aîné a préparé l’école coloniale, que l’on appelait plus noblement «École de la France d’Outre mer » et a fait partie de la seule promotion envoyée en Algérie. Avant cette école fournissait pour l’Afrique Noire ou l’Indochine, et après, en 1945, avec l’École d’Administration, pratiquement c’était l’administration préfectorale qui devait fournir les cadres administratifs. Il a donc été nommé pour la création des communes mixtes, lorsqu’ils ont retiré l’administration militaire, au Sahara. Il a été dans divers postes du Sud et son plus long parcours a été El Oued, le Souf, à la frontière tunisienne. Il s’est passionné pour ce pays. Il a appris le dialectal. Je l’ai vu mener des discussions sur des problèmes fonciers avec des paysans du coin. Il disait lui-même qu’il ne se servait d’un interprète que pour avoir le temps de réfléchir à ce qu’il allait répondre.

J’ai  été lui rendre visite, en 1951. J’ai fait un grand voyage, Casablanca, le Maroc, les auberges de jeunesse, puis le Souf, le Sahara. Puis deux ans plus tard, je suis retourné dans le Souf pour préparer une maîtrise de géographie. J’ai un peu pénétré ce milieu mais avec une connaissance de l’Arabe extrêmement limitée.

C’est en travaillant sur El-Oued que j’ai eu la visite du professeur universitaire qui dirigeait mon travail et qui organisait une excursion d’étudiants parisiens ou de l’université de Caen dans l’Est Algérien et c’est dans cette excursion que j’ai rencontré une étudiante d’Alger qui s’appelait Françoise ! Il y a eu des sympathies, entre la géographie et le Maghreb et l’on s’est marié un peu plus tard !

Nous sommes partis enseigner à Casablanca, à l’automne 1958 en pleine guerre d’Algérie. Avant, elle était prof au Mans et moi au Havre, c’était quand même plus simple de se retrouver à Casablanca. Quand on était pour l’indépendance de l’Algérie c’était militant d’aller aider un pays qui venait de devenir indépendant. Et puis, il ne faut pas l’oublier, quand on était coopérant dans ces pays, et y compris depuis fort longtemps en Algérie, on gagnait un peu plus d’argent comme fonctionnaire qu’en travaillant en France. Nous avons donc passé trois ans au Maroc, tout juste indépendant. Et c’est là que nous avons pris nos seuls cours d’arabe dialectal, nous savons quelques mots de marocain…

Françoise : Très vite je n’ai pas aimé le Maroc. J’y ai retrouvé, alors que le pays était indépendant, la situation coloniale que j’avais toujours connue enfant. Une séparation totale des communautés. J’étais prof dans un lycée marocain et j’avais 5 ou 6 classes, d’une cinquantaine d’élèves, et j’avais une élève marocaine ! C’était très décevant quand on arrivait avec une certaine naïveté, on pensait que nous allions vivre avec les gens… Et au bout de trois ans, j’ai voulu partir ! Et l’on est parti au Mexique !

On est revenu au Maroc en 1982, comme touristes dans le Rif, au moment où le trafic de hashich tendait beaucoup la situation. Une année très tendue. On se faisait injurier dans les rues de Fes. Et en Algérie, nous y sommes retournés, il y a un an et demi (2007), avec un groupe d’anciens instituteurs du Souf. Nous y sommes partis pour le centenaire de l’École de Guemar, Guemar étant une petite ville intellectuelle, à côté d’El-Oued. C’est le maire de Guemar qui est professeur au collège qui avait organisé cette cérémonie en invitant une vingtaine d’anciens enseignants pendant une semaine. Nous avons été reçus un peu partout. Il y a eu plusieurs cérémonies dont la reconstitution d’une classe de 1958, ce qui était très drôle, avec les anciens élèves assis là, tout tassés sur les bancs, une dictée comme on la faisait à l’époque… Avec des gens extraordinairement généreux vis-à-vis des instituteurs et avec nous. Car ils avaient gardé du frère de Claude un excellent souvenir. Nous en étions donc les représentants. J’étais très étonnée ! Je ne m’attendais pas à un accueil aussi chaleureux ! Avec tous les anciens élèves, qui s’étaient téléphoné pour se prévenir… Mais aussi, à côté, une présence policière très forte. Manifestement les autorités avaient peur que nous ayons des ennuis. En particulier à El-Oued, où nous étions encadrés par les flics. Et après, dans la campagne, car nous avons fait un périple vers le Mzab, avec une automitrailleuse devant et une derrière notre car. Donc une situation très tendue et des gens très gentils, très agréables, partout ! Les anciens élèves se précipitaient pour saluer leurs instituteurs, très attachés à l’école française…

Claude : Finalement on se rend compte du prestige de la culture française. Pourtant elle n’a formé, avant l’indépendance de tous ces pays, qu’une toute petite élite, très peu nombreuse. Il y a eu ensuite la période assez longue de la coopération, une bonne quinzaine d’années, où des couches beaucoup plus nombreuses, ont été éduquées. Mais si, au début, presque toutes les matières étaient en Français il y a eu ensuite l’arabisation progressive, et cette arabisation a été presque partout menée avec un personnel enseignant arabe venu d’ailleurs et très souvent de qualité très limitée. Beaucoup d’entre eux étaient égyptiens et surtout préoccupés de prosélytisme religieux. Beaucoup étaient proches des Frères musulmans et l’Egypte avait là l’occasion de s’en débarrasser (témoignage d’une Algérienne du Souf intendante de lycée et de son fils de 18 ans). Le résultat c’est que le prestige de la culture française comme culture de qualité, culture de promotion sociale est resté fondamental, y compris à travers une ségrégation qui continue. Dans les trois pays du Maghreb il y a encore des Écoles dépendant de l’ambassade de France et qui forment toutes les élites locales. Le faux-semblant de l’arabisation bricolée a finalement renforcé la culture en français.

Françoise : Pour moi Coup de soleil, au départ, c’était le Maghreb des livres, qui me permettait de trouver des livres dont je ne connaissais même pas l’existence, les conférences autour aussi… Et puis ici, dans le Coup de Soleil Toulouse c’est de retrouver des gens qui sont à cheval entre les deux cultures, et je trouve cela très agréable. Et puis pour moi c’est aussi le plaisir extraordinaire de parler avec un Algérien.  C’est idiot, mais quand, dans la rue, je rencontre un vieil Algérien, cela me fait plaisir ! Ce qui est pour moi le plus intéressant c’est les rencontres comme celles qu’il y a eu avec JL Planche. Je suis beaucoup plus sur la réserve quant au militantisme ! Ce que j’aime c’est le contact avec des gens qui s’intéressent aux mêmes choses. Le contact avec des maghrébins, parler le même langage, mais je suis plus sensible et attachée à l’Algérie et à la Tunisie qu’au Maroc.

Claude : C’est l’occasion de comprendre au quotidien ce que je sais théoriquement, c’est-à-dire qu’il y a quelque chose de commun en France entre les gens qui ont connu le Maghreb pour y avoir vécu plusieurs années et les gens venus du Maghreb et ce depuis plusieurs générations. Et puis c’est, malgré les discours nationalistes, la permanence de la culture française. De même que l’Inde existe en Anglais, le Maghreb, et surtout l’Algérie, existe en français !

Marc : Et est-ce que cette imprégnation fonctionne, à ton avis, aussi dans l’autre sens ? La France est-elle pénétrée par la culture maghrébine ?

2015: de l'ancien site au nouveau site

2015: de l’ancien site au nouveau site

Claude : C’est très inégal. Les Français sont de tout temps persuadés que c’est eux la culture ! Mais malgré tout cette imprégnation passe par la cuisine…

Françoise : Et puis pourquoi les enfants des collèges, dans toutes les banlieues, même les plus chics, se mettent-ils à parler avec l’accent pied-noir !

Marc : Peut être que plus qu’un accent pied-noir, c’est une musique, où la langue française imite la musique de la langue arabe ?