Actualités Midi pyrénées



Pour ! revue franco-algérienne, années 1990

Pour ! Action & solidarité avec les démocrates algériens

Pour savoir comment nous l’avons retrouvéehttp://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/31/toulouse-reims-paris-ayda-et-asma-pour-lire-marion-camarasa/

Éditorial du numéro un de Pour :

La fête est finie. Les youyous se sont tus. Les balles ne sont plus tirés en l’air mais pour tuer.

Le président Zeroual est devant un triple choix :

-Il continue sa politique d’immobilisme et attends les élections législatives qui risquent de reproduire la victoire des islamistes.

-Il choisit la négociation avec les islamistes en acceptant un certain nombre de leurs revendications et s’en est fini de tout espoir de démocratie.

-Il peut aussi s’engager dans la voix de la rupture réclamée par une grande partie de son électorat ; l’impulsion d’un renouveau politique sur la base de la lutte contre l’intégrisme et la corruption, de la remise en cause du code de la famille, d’une réforme de l’enseignement, et du principe de l’alternance politique, d’une Algérie plurielle. Alors seulement, une mobilisation de toutes les forces démocratiques et progressiste pourra peser sur ces nouvelles orientations et redonner espoir à tous ceux qui luttent contre le fascisme et l’intégrisme. (J. Porchez)

Manifeste de la revue 

Qui sommes nous ? Des citoyens français et des citoyens algériens qui vivons et travaillons en France, réunis autour d’un même projet et nous sentons tous concernés par la montée du racisme en France et de l’intégrisme islamique en Algérie. La France l’Algérie sont liées par leur histoire commune, l’importance des populations d’origine algérienne et des Français d’Algérie vivant en France, les rapports économiques et culturels privilégiés.

Devant la montée des périls tant en France qu’en Algérie, nous ne sommes pas neutre. En France le racisme et la xénophobie progressent, et l’intégrisme menace. En Algérie les forces de progrès sont prises en tenaille entre le pouvoir militaire et le camp intégriste. Une partie des forces qui se prétend démocrate pactise avec les organisations intégristes et fascisantes.

Que voulons-nous ? Rappeler avec force que l’intégrisme n’est pas une fatalité en Algérie. Combattre la pensée dominante en France qui, sous prétexte de « paix civile », prône des accords avec les intégristes au détriment de la démocratie. Soutenir les forces de progrès qui luttent pour l’instauration de la démocratie.

Comment ? En développant l’information sur la situation algérienne et ses répercussions en France. En contribuant à lutter contre la désinformation dominante. En ouvrant le bulletin au débat d’idées. (Le comité de rédaction).

Article : Surlendemains d’élections (Simon Blumenthal)

À la stupéfaction générale, le peuple algérien s’est rendu en masse dans les bureaux de vote pour l’élection présidentielle du 16 novembre. Ce seul fait constitue une réplique cinglante au clan de ceux qui, de Mehri à Ait Ahmed,ont tout tenté pour contrecarrer l’expression populaire.

Face aux menaces, « un bulletin égal une balle », ou « après l’urne le cercueil », abondamment diffusée dans toute l’Algérie, la participation massive au scrutin constitue un modèle de courage et de dignité, un véritable défi au terrorisme islamiste. Ces élections ont marqué, en quelque sorte, une irruption du peuple algérien sur la scène politique. Voilà la nouvelle donnée dont il faudra bien tirer toutes les leçons.

Il y a, au moins, deux leçons qui ressortent du scrutin. D’une part, les Algériens rejettent nettement l’intégrisme totalitaire, et d’autre pas, ils rejettent avec la même vigueur les solutions « pacifistes » de ceux qui, réunis à Rome, préconisent de fait la soumission, face aux crimes et à la terreur. Évidemment tout reste affaires.

Le danger de l’intégrisme est toujours présent, il comprit, mais pas seulement, à travers le mouvement de la société islamique, Hamas), de M. Nahnah. Il est indéniable que des coups sévères ont été portés aux groups islamistes armés par les forces de l’ordre et la résistance populaire. Mais seuls les naïfs pourraient penser que le bulletin de vote mettrait fin à leurs prétentions et leurs exactions. Les assassinats ont repris de plus belle.

Face à cette situation, force est de constater que le camp démocratique se présente encore en ordre dispersé. En aucun cas, le score réalisé par Saïd Sadi n’est représentatif de la totalité des forces républicaines de progrès. Loin de là ! Beaucoup de démocrates ont porté leurs voix sur la candidature de Zeroual, pour ramener la paix en réduisant les éléments du terrorisme, pour favoriser l’émergence de la liberté expression, du pluralisme politique et l’éclosion du débat démocratique. Le peuple ne pardonnerait pas… Ce n’est sans doute pas le même message que véhicule une partie de l’entourage présidentiel, et parmi les groupes de pression plus ou moins opportunistes qui s’agitent autour de la présidence, plus d’un rêve à une sinécure ou l’intérêt personnel prime sur celui de la nation. Ce n’est pas, à coup sûr, ce qu’a voulu exprimer le peuple algérien en se rendant dans les bureaux de vote. Et sa vigilance est en éveil. Alors que les conditions sociales sont d’une injustice criante, alors que se profilent des échéances proches, ce peuple ne pardonnerait pas aux « élite politiques » d’avoir méconnu son message et ses inspirations.

Une mère de famille algérienne à Paris : Langue arabe ou religion ?

J’ai quitté l’Algérie il y a quelques années, afin de ne pas livrer mes enfants aux griffes de l’intégrisme, à l’école algérienne, où l’on apprend à devenir terroriste. C’est avec un grand soulagement que je les ai inscrit à la communale. Mais, pensant bien faire, j’ai inscrit également l’aîné au cours d’arabe facultatif dispensée au sein de l’école le mercredi matin, jour de repos. Au bout que trois cours, surveillant le cahier d’arabe de mon fils, je me suis aperçu qu’au lieu de lui apprendre à lire et à écrire l’arabe, l’enseignante lui distillait plutôt des notion de théologie, ce qu’on ne lui demandait certainement pas. Depuis mon fils ne va plus au cours d’arabe. Il y a bien une autre enseignante, mais je ne connais pas le contenu de son cours.

Il faudrait je pense que l’éducation nationale exerce un contrôle sur les cours qui ont lieu à l’intérieur d’écoles républicaines et laïques. Farida C. Paris. PS les deux premiers numéro de pourson très bien. Continuez !

Benjamin Stora et Messali Hadj

[…] Dans le premier cas, celui des travaux sur Messali et le messalisme, on soupçonnait, peut- être à tort, quelques affinités et tropismes personnelles et politiques, à cause du long engagement de Stora chez les trotskistes, nuance Lambert, et du longue engagement de ces derniers en faveur de Messali et de son MNA pendant la guerre d’Algérie. Cette fois-ci, la recherche du tropisme doit aller plus loin, franchir l’espace et le temps. Car il est question à plusieurs reprises dans ces page d’un certains Elie Stora (père, oncle), notable israélite et SFIO, maire adjoint de Kenchela, amis de longue date de Ferhat Abbas.

J’avoue que cette discrète référence familiale ne me choque pas. La référence aurait pu être explicite, approfondi : Benjamin Stora n’est-t-il pas l’historien de la « mémoire de la guerre d’Algérie », et dans cette mémoire ne figure-t-il pas lui, sa famille, leur passé ?

L’implication, l’émotion sont présentes : la lisibilité du livre y gagne. A travers la biographie de l’auteur du manifeste du peuple algérien, 1943, du fondateur de l’UDMA, 1946, du premier président du GPRA, 1958- 1961, c’est toute l’histoire de l’Algérie du Xxe siècle qui se déroule […]

Une belle vie ardente et prudente, Plus audacieux qu’il n’y paraît et qui se termine après 1962, jusqu’à la mort, en 1965, dans l’opposition au gouvernement successif de l’Algérie. Une vie d’Algériens modernisateurs, t’es ma liste, modernise heures, Bourguiba liste, qui semble vers la fin suivre le courant majoritaire et se rapprocher de l’islamisme.

Editorial ou adieu ? Dernier n° de Pour…

C’est dur de faire un journal, sans moyens, sans subventions. Nous tenons le coup depuis six ans. Le journal a eu des hauts et des bas. Aujourd’hui nous sommes plutôt dans un creux, cela fait quatre mois que nous n’avons pas paru. Ce n’est pas le manque d’articles, d’informations, de temps : c’est le manque d’argent. Tant que nous n’avons pas l’argent pour sortir un numéro, nous attendons. Nous ne voulons pas laisser d’ardoise à notre imprimeur qui depuis le début, nous aide par ses prix et ses conditions. À titre d’information, nous avons plus de 1000 abonnés payants et notre tirage oscille rentre 3000 et 3500 exemplaires. Il est loin le temps où nous tirions à plus de 5000 exemplaires.

Malgré tout, nous avons continué, via Internet, à informer sur l’Algérie : nous avons sorti près de 400 lettres depuis octobre 1999. Chaque lettre touche près de 2000 personnes. Nous avons également commencé à construire un site Web, au milieu de l’année, et près de 10 000 personnes l’on déjà visité.

Nous voulons continuer. Nous nous sommes donné une date, juin 2002, pour faire le point sur le journal. Pourquoi juin 1002 ? Parce que lors d’une rencontre des collectif Algérie, en janvier, un certain nombre de personnes se sont engagées à verser mensuellement à Pourune certaine somme, par virement automatique. Nous avons évalué nos besoins à 5000 Fr. par mois. Nous avons reçu de plusieurs collectif Algérie des engagement pour un total de 3500 Fr. francs mensuels : Brest, Grenoble, Poitiers, Besançon, Orléans, Mont-Saint-Martin, des militant de l’ADFE, des cercles Frantz Fanon etc.. Nous pensons qu’il est maintenant facile d’atteindre notre objectif, après ces engagements, que nous remercions.

Soutenez financièrement Pour, soit par un don, soit par un engagement à nous verser mensuellement une somme, dès maintenant et jusqu’à juin 2002. Trouver de nouveaux abonnés est aussi une forme de soutien financier. L’équipe de Pours’engage, en contrepartie, à publier régulièrement le journal, huit à neuf numéros par an. À faire un compte rendu du prochain colloque, et en fonction de l’argent reçu, augmenter la pagination. La solidarité avec l’Algérie doit s’amplifier. La lutte contre l’islamisme politique, tant en Algérie qu’à travers le monde, doit se développer. Mais ce combat ne progressera que s’il est lié au combat pour la démocratie, les libertés et le développement de l’État de droit en Algérie. Sur ces bases, nous sommes malheureusement encore peu nombreux. Seul votre soutien financier peut nous permettre de continuer et de conserver notre totale indépendance.

 

Toulouse- Reims -Paris : Ayda et Asma, Pour : lire Marion Camarasa

Marion Camarasa

C’est en approfondissant l’information à partir de la revue Asma que je suis tombé sur Geneviève Azam et Michel et Marie Didier, sur Georges Rivière : mais aussi sur  Annie Rey Goldzeiger… Et tout cela grâce à Marion Camarasa (Claude Bataillon)

Le mémoire de maîtrise Ayda- Toulouse, une aventure de solidarité, de Marion Camarasa,  a été soutenu en  juin 2000 sous la direction de Djamila Amrane. http://marionca.chez-alice.fr/sommaire.htm  Remontons la filiation : Djamila Amrane (1939-2017) est en 1988 l’auteur d’une thèse de doctorat soutenue à l’Université de Reims sous la direction de Annie Rey Goldzeiger (1925-2019). Djamila Amrane résume ainsi sa thèse : « L’objectif de cette thèse est de déterminer le rôle des femmes ayant participé à la guerre de libération nationale en Algérie (1954-1962). Les archives françaises et algériennes sur ces évènements n’étant pas encore accessibles aux chercheurs. Il a donc été nécessaire de faire appel a d’autres sources. Le travail a été principalement base sur l’utilisation de deux sources encore inexploitées : le fichier du ministère algérien des anciens combattants et les témoignages oraux des militantes. Par ailleurs des journaux de l’époque ont été systématiquement dépouilles. Les données fournies par 10 949 attestations de militantisme concernant des femmes tirées du fichier des anciens combattants ont permis d’établir grâce a un traitement informatique, des statistiques fiables et de tirer des conclusions sur l’importance numérique des militantes, leur âge, leur répartition géographique, la date de leur engagement, leurs types d’activités, leur détention éventuelle et la mortalité due à la guerre. 88 entretiens de militantes ont été réalisés, enregistrés, décryptés, puis vérifiés par recoupements et recherches. L’authenticité et le vécu de ces témoignages ont apporté la dimension humaine qui manquait aux statistiques. Pour situer dans le contexte historique le rôle joue par les femmes dans la lutte. La première partie de l’étude fait le constat de la situation de la femme algérienne en 1954. Puis, après l’analyse des résultats statistiques ont été étudiés le contexte socio-culturel et les différents terrains de lutte ».

Annie Rey Goldzeiger

Djamila Amare

Lire la thèsede Marion Camarasa sur Ayda  est passionnant pour qui s’intéresse au militantisme franco-maghrébin à Toulouse. Pour donner l’eau à la bouche au lecteur, j’ai glané un peu. La naissance de Ayda est facilitée en ces temps pré-informatiques par la diffusion de l’information par fax et pendant les quatre ans de vie de l’association (1995- 98) elle tourne entre 200 et 300 adhérents, dont l’essentiel à Toulouse et environs. Ayda a vécu essentiellement grâce aux 50 000 f annuels de subvention du Conseil départemental de Haute Garonne. Deux librairies soutiennent l’action : Ombre Blanche et La Renaissance. A l’Université de Toulouse le Mirail, sont impliqués principalement trois centres : Groupe Simone (études féministes), Analyse du Monde arabe, Groupe de recherche en histoire immédiate. Parmi les innombrables thèmes des manifestations (sous forme de conférences, expositions, concerts, etc.) deux sont centraux : l’émancipation des femmes, l’émigration algérienne.

Pour nous l’édition de la revue Asma est essentielle pour comprendre Ayda : même si seulement six numéros ont été produits, ils ont été tirés à 1500 exemplaires et la publication a eu 137 abonnés, dans cette Occitanie dont le centre est Toulouse.

Revenons à Marion Camarasa : nous retrouvons sa trace au Québec… où elle travaille sur l’émigration algérienne dans ce pays http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/10/27/6678596.html

La revue Pour, quel drôle de nom ! Oui, c’est par Georges Rivière que nous avons appris son existence. Avec un nom pareil, la retrouver grâce au moteur de recherche d’un catalogue de bibliothèque est un travail policier…que sait faire un bibliothécaire de la Bibliothèque nationale. C’est là que j’ai appris que la Bibliothèque Nationale avait quelques numéros de Pour, mais que pour une raison mystérieuse ils n’étaient pas consultables. Déception ! Mais ce même bibliothécaire m’a appris qu’une collection à peu près complète existait à la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) sur le campus universitaire de Nanterre. Là, accueil rapide et sympathique, et très vite je peux photographier les pages qui me permettent de vous faire connaître ce qui fut un outil  essentiel de la solidarité franco-algérienne de la décennie noire. Une revue parisienne qui, elle, a « tenu » quelque cinq ans (jusqu’en 1999), dont nous parle aussi Marion Camarasa.

Retrouvez la revue Pourhttp://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/31/pour-revue-franco-algerienne-annees-1990/

Retrouvez la revue Asma:http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

Asma N° 5

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=asma

Septembre 1996 N°5, Prix de soutien 15f

LEZZAYER ALGERIE

TUGDUT DÉMOCRATIE

TAMSETLA SOLIDARITÉ

SOMMAIRE

Dossier mémoire

Le 17 octobre 1961

Amnésie quand tu nous tiens…

… et le 17 octobre 1996, solidarités

La constitution algérienne

Synthèse et positions des principales forces politiques.
Un appel d’associations de femmes.
France, terre d‘asile ?
Algériens, un cas à part.

INTERVIEW; L’unité dans la différence

M.Z.K. : Comme d’habitude. Vous voilà présent aux «poésiades» ?  Youcef Sebti : Je crois qu’il y a là une tradition qu’il y a lieu de préserver. Le festival est à sa 4e édition, et c’est tout à fait intéressant de ne pas le laisser tomber. D’autant qu’il y a de la part de ses organisateurs (Association Culturel «Soumman») une volonté de faire que l’unité et la différence s’y manifestent de façon tolérante et décontractée.

M.Z.K. : Mais, enfin, ce festival a-t-il quelque chose de particulier ? S. : II s’est déroulé dans une situation un peu particulière (1 mois après l’assassinat du Président Boudiaf…), et c’est un peu là sa gageure. Comparativement à ce que j’ai vécu en 1989, il y a comme des politesses que l’on s’est faites cette fois-ci. En 1989, les frictions fraternellement poétiques étaient plus présentes. Peut-être que l’ambiance d’aujourd’hui à quelque chose à y voire.

Asma N° 4

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=asma

ETE 1996 N°4 prix de soutien 15 Fr.

LEZZAYER      ALGERIE
TUGDUT        DEMOCRATIE

TAMSETLA    SOLIDARITE

 

SOMMAIRE

Ce dernier numéro avant l’été, nous l’avons en partie consacré à l’économie algérienne. Autour des éco-dernières et de quelques chiffres significatifs, le processus de paupérisationde l’Algérie (p.2) est analysé, en dépit (ou à cause) du satisfecit du FMI(p.3). Étranges collusions des forces intérieures et extérieures au pays, dans un contexte de réformes calquées sur les diktats libéraux, qui font passer d’un État entrepreneur à un Etat marchand(p.4). À qui profite la dette? Se demande Farida G. en pointant du doigt à quel point « le Tiers-Monde finance le Nord. (p.5). Après un bref point d’information sur ce que sont Patronat et forces syndicales algériennes(p.5) Asma donne la parole à un journaliste qui revient de Médéa, Au-dessous des brouillards de Tibhrineoù ont été assassinés les prêtres chrétiens (p.7). L’arrêt de l’utilisation du religieux à des fins politiques, Une insulte à l’Islam(p.7), est un des éléments du Mémorandumproposé par le Président Zéroual (p.8). Une synthèse reprise de Alger Info International permet de comprendre les Réactions des principales forces politiques en présence(p.7). En France, pendant ce temps, les réseaux de solidarité avec la démocratie algérienne semblent se diriger vers des projets fédérateurs, comme le montre la naissance d’une coordination grand sud« Pour une Algérie démocratique », la rencontre de Paris, (p.8) et l’Appel en solidarité avec les journalistes algériens(p.9). Asma s’achève avec quelques pages culturellesqui mettent en valeur une pensée et une création qui, en dépit de l’exil et le la mort, continuent à être fécondes. Un dernier mot avant que les coups de soleil ne vous accablent la légèreté et la fraîcheur des flots méditerranéens où les amoureux s’étreignent est pour une multitude d’entre nous le mirage qui cache une véritable mer de plomb. Merci à vous tou(te)s de nous accompagner encore pendant ces quelques mois.

Asma N° 3

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

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http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

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MARS 1996 N°3 Prix de soutien * 15

ASMA POUR LA DEMOCRATIE EN ALGÉRIE

LEZZAYER ALGÉRIE
TUGDUT DÉMOCRATIE
TAMSETLA SOLIDARITÉ

SOMMAIRE:

Les femmes au cœur de la revendication démocratique
Algérie : quelques repères sur le mouvement des femmes

L’écartèlement : l’égalité, un droit reconnu par la constitution
Au-delà du code de la famille
Lettre ouverte des associations au Président de la République
Quelques articles du code de la famille (extraits de la revue «Pour »)

Au cœur de la lutte pour la démocratie

 


LA LUTTE DES FEMMES

Aujourd’hui la question de « l’enjeu démocratique » est la  question cruciale. Nous sommes nombreux et toujours plus nombreux à lutter pour que la démocratie l’emporte dans ce déchaînement sanglant que vit l’Algérie. On ne peut se représenter à l’étranger et en France en particulier l’horreur ni l’ampleur de ce déchaînement sanglant compte tenu du caractère parcellaire et partial qui domine au niveau de la majorité des médias internationaux. Évoquer l’enjeu démocratique c’est se situer au centre des confrontations…

littérature algérienne à la Librairie Biffures, 14 mai 2019 19h

Nous avons écouté des lectures de textes, discuté sur les écrivains… et notez l’adresse: Librairie Biffures, 22 Avenue Jean Rieux Toulouse

Ecrivains sélectionnés:

Yahia Belaskri (Les fils du jour): La conquête de l’Algérie et la saga d’une tribu des hautes plaines entre Tlemcen et la frontière marocaine

Anouar Benmalek (L’année de la putain): la société algérienne actuelle (voir le texte: http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/16/anouar-benmalek-lannee-de-la-putain-lecture-a-toulouse/

Assia Djebar: un hommage à une écrivaine disparue qui montre dans une Algérie coloniale la famille d’un instituteur prise entre modernité et traditions (voir notre dossier antérieur contenant le texte « La carte postale » http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=assia+Djebar

Brigitte Giraud: La guerre d’Algérie, un point de vue original

Faïza Guène (millenium blues) : Le monde du XXIe siècle pour une jeune femme française « issue de l’immigration »

Zahia Rahmani : Les harkis et leurs enfants

Alice Zeniter (L’art de perdre) : Les harkis et leurs enfants (voir les textes: http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/16/alice-zeniter-lart-de-perdre-en-lecture-a-toulouse/

Film: Résistantes, Tournefeuille Utopie 1er avril 20h30

A ne pas manquer, ce film documentaire  « joué » par trois femmes qui ont participé  au FLN dans la guerre d’Algérie. Au cinémaUtopia, unique présentation  avec la participation de la réalisatrice. Retenez vos place…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19582341&cfilm=269018.html

 

 

et le commentaire de nos amis lyonnais sur ce film

« RESISTANTES », film de la réalisatrice Fatima Sissani 2019

Asma N° 2

 

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=asma

Ce sont donc les cinq numéros disponibles (en trouverons-nous d’autres ? qui sait…) que nous vous livrons peu à peu. Le travail de récupération « en saisie de texte » a été réalisé par Marc. N’oubliez pas que tout texte récupéré contient des coquilles et signalez-les nous. Notre « édition » est partielle : récupérer tous les textes dans leur mise en page d’origine serait hors de notre portée. Comme en 2019, le combat pour la démocratie s’attaquait bien sûr aux politiques, mais aussi, clairement, au Code de la famille qui lamine l’égalité femmes/ hommes. Dans ce second numéro de Asma on trouve des titres prémonitoires : « marre de vos petites querelles » en parlant des groupes démocratiques ; impact mutuel de l’Algérie et du Maroc, etc… et n’oubliez pas de relire le n°1http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

DÉCEMBRE 1995 N°2

LEZZAYER ALGÉRIE

TUGDUT DÉMOCRATIE

TAMSETLA SOLIDARITÉ

SOMMAIRE

D’Algérie, une « Roumia » dans les Aurès : Cri d’espoir… ou de désespoir

Opinions

Les choses sérieuses commencent : Rupture ou continuité ?

Partout les Algériens se sont déterminés

ET MAINTENANT

UN DIMANCHE COMME LES AUTRES

Une « roumia » et ses chocolats ETRE JOURNALISTE FRANÇAISE EN ALGÉRIE
27 octobre 1995 à Ouled Moussa, un petit village agrippé à la pente caillouteuse à 1200 mètres d’altitude, en plein cœur des Aurès. Le 1-novembre 1954, la guerre d’indépendance a éclaté là, avec les hommes de Mostepha Ben Boulaid.

Autour et dans le village, en patrouille tranquille, les gardes communaux ou patriotes. Un vieil homme prend le soleil du matin, allongé devant sa maison. La porte s’ouvre sur une minuscule cour intérieure desservant trois pièces aux ouvertures étroites et basses. Enfants et jeunes femmes s’égayent. La vieille fait front. Salima traduit du chaoui au français et la discussion s’engage, timide de leur côté, gênée du mien. La vieille raconte la guerre. Mots simples, crus, rudes. Horreur, tortures, résistance. Les enfants écoutent. Un garçon d’une dizaine d’années, bloc de silence, ne me quitte pas des yeux. Dans ses yeux passe une petite fille tombée en 1956 dans cette région sous les balles d’un tireur d’élite français pour 500 Francs et une boîte de ration (2).

Mais le café est chaud. Les filles cassent les noix avec des pierres sur le sol en terre battue. Les pommes, acides, aiguillonnent les gencives… et on se surprend à rire ensemble et à se prendre par la main.

Et puis, une attitude qui depuis ce jour me taraude l’esprit. Moi, distribuant du chocolat aux enfants avant de reprendre la route, images tournées et carnets de notes noircis. Saurais-je jamais ce qu’ont perçu ces enfants ? Une roumia avec ses chocolats, une voleuse d’images et de paroles ou la possible courroie de transmission de leur réalité.

Il est peut-être encore plus difficile en Algérie qu’ailleurs de trouver l’honnête façon d’être journaliste. Dans ce pays deux problèmes se superposent : la déontologie journalistique et les relations, humaines et professionnelles, avec un pays du tiers-monde, ancienne colonie française. La presse n’a plus ni le temps ni la volonté de faire son travail de recherche et d’investigation. Nous sommes à l’heure des informations qui doivent précéder l’actualité, même s’il faut pour cela la fabriquer. En ce qui concerne l’Algérie, la majorité des intellectuels français et une grande partie de la presse ont depuis longtemps pris l’habitude de décider à sa place de son devenir. Et si les journaux français n’arrivent pas en Algérie, les chaînes françaises sont, elles, largement diffusées. La population algérienne a donc, elle aussi, pris l’habitude de voir ses voisins d’en face expliquer à sa place ce qui serait bon pour elle. Cette population vérifie donc chaque jour que la colonie ce n’est pas encore fini.

Voilà pourquoi mes chocolats pèsent lourd. Voilà pourquoi je me tais souvent et me contente de glaner des paroles et des images pour les restituer les plus brutes possible et avec le minimum d’intervention de ma part. Nous ne pouvons plus jouer à être les acteurs d’une pièce qui n’est plus la nôtre. Nous ne pouvons que travailler à renouer des relations humaines et intellectuelles adultes d’égal à égal avec la population algérienne qui n’est plus notre petite sœur. Nous n’avons aucun droit sur elle, nous n’avons rien à lui imposer, ni au travers de la presse, ni au travers des 0.N.G., ni au travers de partis politiques.

MARIE-ANGE POYET, décembre 1995

 

(1) Nom donné aux françaises (masculin : Roumi). Référence, dépourvue d’inimitié, faite aux romains, présents en Algérie pendant sept siècles.)
(2) Lire  » La mort d’une petite fille  » de Noël Pavrelière dans Les crimes de l’armée française, textes rassemblés par Pierre Vidal-Naquet, petite collection Maspero, Maspero, Paris, 1975.

Cri…d’espoir…ou de désespoir

Ce soir je ne sais ce qui se passe en moi. Mon esprit bouillonne. Il remet tout en cause, il tourne et tourne. C’est le vertige, le néant. Mais que faire ?

Mais qu’ai-je donc fait, moi, petit être humain, pour me retrouver dans cette situation sans choix aucun, oui, sans choix aucun, car un camp s’est imposé à moi, mais comment aurais-je pu choisir entre ta mort qu’on m’a prescrite et la soi-disant démocratie ? Je ne savais pas ce que c’était une pseudo-démocratie. Jusqu’à ces derniers jours.

Je n’arrive pas à me convaincre sur la démocratie. Mon camp étant choisi, je sais que je risque la mort à chaque instant, mais cela devient de plus en plus sans importance et secondaire par rapport aux déceptions que je subis de jour en jour, et ce soir, je n’en peux plus. Je ne peux plus me supporter ou plutôt je ne peux plus me supporter ce soir. C’est la première fois que je me demande si cela vaut la peine de donner sa vie en ce moment. Ce soir, je n’arrive pas à me convaincre et même pas à me mentir sur la démocratie…

Cependant, je suis sûre que le fascisme et l’intégrisme sont en agonie, et je ne suis pas sûre que la démocratie vaincra, parce que je commence à me poser des questions quand à ceux qui sont censés la représenter. Ce soir j’ai l’intime conviction que ni l’intégrisme religieux (fascisme), ni la démocratie ne vaincront. Mon pays adoré, mon pays pour lequel je suis prêt à donner le plus cher de moi-même, ma vie, Algérie, ce soir laisse-moi pleurer sur ton sort, mon amour, permet moi de te faire une confidence. Mais tu peux ne pas me croire. Ne pas faire confiance à ceux qui sont en train de tuer, d’égorger, de décapiter le meilleur de tes enfants, mais fais aussi attention à ceux qui veulent briser tes chaînes, ne leur fais pas une confiance aveugle comme je l’ai fait, s’il te plaît, fais-leur savoir qu’ils ne sont pas tes seuls enfants parce qu’ils ont su te déclarer leur amour. Dis-leur que l’amour de ceux qui ne te déclarent pas de la même manière qu’eux est aussi important pour toi.

Mon pays, demande aux démocrates… Demande-leur de rompre leur cercle autour de toi pour donner l’occasion aux autres de prendre part à la rupture des chaînes. Mais surtout, je t’en prie, impose-leur de ne pas refermer leurs cercles sur les mains qui se rejoindraient aux leurs et de ne pas exclure celles qui n’ont pas les mêmes caractéristiques que les leurs. Fais-leur comprendre aussi que plus le nombre de cercles autour de toi grandira et plus tes chaînes se briseront vite et qu’un seul cercle ou un nombre réduit n’arriveront pas à t’en sortir. Ils s’essouffleront bien avant.

Mes amis « démocrates » permettez-moi de vous dire mon désarroi et ma déception en votre contact. Bien sûr, après les discussions sur les tueries et les actes horribles, vous n’oubliez jamais de critiquer et de démolir les autres, ceux qui sont censé être du même bord que vous, ceux qui ont aussi peur que vous, ceux qui sont menacés comme vous, et tout cela par ce qu’ils ne sont pas du même parti ou de la même association que vous, je ne comprends vraiment pas, peut-être le pouvez vous ?
Salima D. Alger.

 

Démocrates, qu’attendez-vous pour vous unir?

Donner sa perception des élections présidentielles qui se sont déroulées en Algérie paraît facile, mais face au papier et au stylo, ce qui était assurance se transforme en questionnement.

Jamais la population n’a vu un tel déploiement des forces de sécurité que pendant la période de la campagne électorale et le jour des élections. Cela explique en partie le nombre des votants. L’autre explication est la transgression de la peur et le désir de voir changer la situation. 75% de votants est un chiffre énorme, qui n’est même plus atteint dans des pays où la paix règne. Si l’on écoutait certains spécialistes de la psychologie humaine, ces 75% auraient eu un comportement suicidaire, puisqu’ils ont choisi de ne pas suivre le mot d’ordre des intégristes terroristes et de leurs alliés tout en sachant de quoi ces derniers sont capables. Les spécialistes de la politique quant à eux soutiennent que cette sortie massive exprime le ras le bol de la population et la recherche d’une paix à n’importe quel prix.

Un non à l’intégrisme Nous disons que ce vote massif exprime surtout une abnégation de soi face au danger futur qui guette nos enfants et notre pays. Un boycott important, qui serait allé dans le sens des mots d’ordre lancés par les signataires de la plate-forme de Sant’ Egidio à Rome (F.I.S., F.L.N., F.F.S.***), aurait signifié la volonté de la recherche de la paix à tout prix. A l’inverse, cette sortie massive pour aller aux urnes est un cri du peuple disant non au terrorisme, à l’intégrisme et à leurs alliés. (Notons au passage que bon nombre de nos amis de la base du F.F.S. ont voté, contrairement à la position de leur propre parti). Que dire concrètement des résultats chiffrés ? Il est clair que les programmes des quatre candidats répondaient en fait à deux projets de société : l’un islamiste, avec deux tendances (celle « modérée » du Parti du Renouveau Algérien de Noureddine Boukrouh, et celle  » dure  » du Hamas dont le candidat était Mahfoud Nahnah), l’autre républicain avec deux tendances également (celle du démocrate Saïd Saadi du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, et celle du chef de l’état Liamine Zéroual). Le projet républicain s’en est sorti globalement avec 70% des suffrages et l’islamiste avec 30%.

En tant que républicaines, devons-nous être satisfaites ou non de ce résultat ? En temps normal probablement oui.

République et démocratie ne sont pas synonymes…  Mais dans la conjoncture actuelle en Algérie, nous avons beaucoup plus peur pour l’avenir. Dans notre pays les politiciens et ceux qui tiennent le pouvoir ont tellement vidé les termes les plus nobles de leur sens en les galvaudant en toutes circonstances qu’aujourd’hui on se demande quel sera le devenir du terme « République » (j’évite ici le mot « démocratie », par souci de le préserver, car pour nous ce terme est le résultat d’une démarche et d’une culture que nous n’avons pas encore acquises).

Deux étapes décisives nous indiqueront quel sera le chemin suivi :

– La réponse donnée à la population face à ses exigences de rupture, et la définition de cette rupture qu’en donneront le pouvoir et le président élu.
– Les résultats des futures législatives. Si, en effet, la population a voté aujourd’hui pour un programme dans sa globalité, il ne faut pas oublier qu’elle a aussi voté pour «l’homme ». Qu’en sera-t-il demain aux législatives ? Quels hommes vont incarner le projet du président élu, quand on sait que les opportunistes du F.L.N. ont soutenu ce parti jusqu’en 1988, puis sont passés au FIS jusqu’en 91-92, puis sont devenus Hamas jusqu’en 1995 et qu’aujourd’hui ils sont prêts à se transformer en parti de Zeroual ? Par ailleurs, les 30% qui ont voté pour les deux projets islamistes (celui du Hamas, dont le candidat était M. Nahnah, et celui du P.R.A., avec N. Boukrouh) demeurent un chiffre effrayant qui pourrait augmenter au moindre faux pas ou à la première erreur du président élu et des démocrates, ces démocrates dont on parle tant mais qui ignorent ou font semblant d’ignorer les aspirations de leur base à un pôle démocratique.

Marre de vos petites querelles  Mais qu’est-ce que vous attendez pour vous unir sur ce qui vous rassemble ? Ne croyez-vous pas que la base en a marre de vos mésententes, et de vos petites querelles partisanes ou individuelles ? Que faut-il faire aujourd’hui pour demain ? Telle est la seule question que l’on se pose. Le camp des démocrates étant divisé, l’utilitarisme prime sur d’autres considérations. D’où le vote utile pour Zéroual.

Mais jusqu’à quand ? Le pouvoir qui succède au pouvoir devient pour nous une phrase vide de sens face au spectre de l’islamisme.

Salima D.

Les choses sérieuses commencent

Nous publions ci-dessous des extraits d’un article du journaliste algérien Areski Metref, compagnon et co-fondateur avec Tahar Djaout de l’hebdomadaire Ruptures, paru dans Politis du 23 novembre 1995.

L’enjeu, les enjeux, de l’élection présidentielle, (…) résident , moins dans le nom du vainqueur, (…)que dans le taux de participation, en particulier celui des femmes qui, contrairement à 1991, ont voté pour elles-mêmes, effectuant leur propre choix, accompli d’autorité pour elles, lors des législatives, par leur époux, fils, frères ou pères. (…)Jamais, autant qu’aujourd’hui, l’acte de voter n’a été ressenti comme un devoir. (…)Ils ont désormais compris qu’aller à la pêche, c’est aussi, dans certaines conditions, aller au chaos. L’autre enjeu, indirect, c’est le Fis, sa place dans le jeu politique. Sa victoire aux législatives, puis l’interruption du processus électoral suivi de sa dissolution en a fait, pendant trois ans (avec l’aide ardente d’analystes prompts à transposer la réalité française – structurée – sur la complexe sociologie électorale algérienne – versatile et mouvante) une sorte de parti « sacré », dépositaire immanent de la volonté populaire, détenteur de clés (du paradis) de la démocratie.

(…)C’est autour de ce mythe coriace que s’est organisée « l’opposition représentative » qui a réuni, à Rome, autour du clou qu’est le FIS, des forces politiques qui croyaient s’attribuer une prime de popularité, de représentativité populaire, par une alliance avec « le parti de Dieu et du peuple ».

(…)L’échec de leur appel au boycott relativise, pour le moins, leur prégnance, surdimensionnée, sur la société algérienne. (…) Il ne fait néanmoins pas de doute que le taux impressionnant de participation des Algériens au scrutin s’explique davantage par le fait qu’ils ont été interpellés dans leur sentiment patriotique (sauver la patrie du chaos qui la guette) que dans leur sens de la citoyenneté (construire une démocratie.) Une démocratie ne se construit pas en un jour et pas en laissant sur le bas côté des forces politiques qui, sans avoir le poids qu’elles s’attribuent, pèsent tout de même dans une Algérie multiple et contradictoire. Si l’on veut enterrer cette haine qui est à l’origine de tant de malheurs, le succès de ce scrutin ne doit pas être le motif à exclure davantage les partis de la coalition romaine d’un jeu politique dans lequel personne ne peut leur contester leur place.

L’opposition, toute l’opposition, doit négocier avec le pouvoir la tenue d’élections législatives dans un délai raisonnable. Elle doit réintégrer la compétition politique seule à même de montrer jusqu’où le pouvoir de Zeroual est prêt à aller dans la mise des conditions d’un retour à la normale par l’isolement des groupes armés qui enlèvera sa raison d’être à la répression…

A.M.

DANS LA PRESSE ALGÉRIENNE
reprise de Alger International Info du 18-19/11/95)

« Rien ne sera comme avant »

Après l’élection de M. Liamine Zeroual à la présidence de la République, trois quotidiens algériens ont publié une édition spéciale le vendredi (lendemain du scrutin et jour férié en Algérie).
El Moujahid écrit : « Hier, les tenants de la violence, les magouilleurs, les assassins du GIA ont définitivement perdu. Les terroristes ne font plus peur. Le citoyen, où qu’il se trouve dans le pays (..) a montré par sa volonté farouche à travers la menace des groupes terroristes sanguinaires qu’ils disposent d’une arme plus forte que la «mahchoucha » (NDLR : fusil de chasse à canon scié) ou le « Klach ». Cette arme décisive s’appelle bulletin de vote. Cette arme sert la paix et la démocratie et participe au redressement du pays.

Liberté analyse : « Bien plus que cela, ce scrutin est à considérer comme un signe important, celui de l’éradication politique de l’intégrisme, mais aussi un désaveu cuisant des signataires du Contrat de Rome dont l’appel au boycott n’a pas été suivi. La forte participation a enlevé tout argument politique à l’opposition armée ainsi qu’aux principaux mouvements de l’opposition politique ligués sous la bannière de l’alliance forgée par la plate-forme de Rome de janvier dernier. En votant, l’Algérie a inévitablement la conviction que son geste est porteur de paix et de stabilité après quatre années de guerre injuste et atroce contre le citoyen. C’est peut-être le début d’une nouvelle ère. Un signe que rien ne sera comme avant. La couverture du terrorisme est désormais levée. Sous quelle bannière osera-t-on s’attaquer maintenant aux institutions de l’Etat, aux intellectuels, aux agents de l’ordre, bref aux simples citoyens. Les urnes ont tranché. Liamine Zeroual est président de la République après avoir lui-même dirigé deux années de transition.»
EL Chaab (quotidien arabophone) estime qu’à travers « la leçon, pleine de civisme, de démocratie et de nationalisme, administrée par le peuple aux observateurs de ces élections de par le monde, le peuple a donné une leçon à ces partis politiques qualifiés généralement de poids lourds et qui ont rejeté ces élections en appelant à leur boycottage. »

DANS LA PRESSE MAROCAINE

Voici le point de vue de trois journaux marocains d’opposition : Al Ittihad AL Ichtiraki (en arabe) et Libération (en français), tous deux quotidiens de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) et Anoual (en arabe), quotidien de l’Organisation de l’Action Démocratique et Populaire (OADP).

Le 17 novembre, le Maroc célèbre l’anniversaire du retour du roi Mohammed V de l’exil en 1955 et la proclamation de l’Indépendance. Malgré cette date, les journaux consacrent leur une à l’élection présidentielle en Algérie. Al Ittihadinsiste sur la « forte participation à l’occasion de l’élection présidentielle. » Le quotidien, tout en analysant les positions des différents partis et en rappelant « les quatre années de violence politique et les milliers de victimes », termine son article en disant que « le soleil de ce vendredi brillera sur une saison nouvelle du processus politique algérien. »

Libérationest plus volontaire. En première page : « Massivement et du fond du gouffre de la violence, les Algériens se sont accrochés aux urnes. » Et, à côté d’une photo montrant un électeur s’acquittant de son devoir de citoyen, commente: « Ils ont gagné…» Le quotidien insiste sur le fait que les Algériens « étaient appelés à choisir leur président, parmi quatre candidats, pour la première fois depuis l’indépendance en 1962 » ».

Pourquoi cette élection ? « C’est pour l’Algérie et pour tenter de fermer la trop longue parenthèse de violence que les Algériens se dirigent vers les urnes. »

Les numéros du 18 et 19 novembre 1995 d’Al Ittihad reprennent les déclarations des différents candidats ainsi que celles de leaders comme Hocine Ait Ahmed pour qui «l’élection s’est déroulée pendant un état de siège». Le journal reprend également l’inquiétude de « certains commentateurs [qui] craignent qu’il n’y ait pas de fin rapide à la crise politique et économique du pays. »

Al Ittihad, du 21 novembre 1995, à la une, rapporte les points de vue des trois fronts, FFS, FIS et FLN, qui avaient appelé à boycotter l’élection : « Le dialogue véritable est la revendication des forces de l’opposition pour sortir le pays du cycle de la violence. » Mais, dans un billet signé Abou Faris, l’accent est mis sur « le nouveau visage de l’Algérie qui contraste avec celui, triste, des nouvelles années de braise qui ont provoqué la mort de plus de quarante cinq mille Algériens. Il s’agit du visage de l’Algérie mûre, forte de ses espoirs, de ses rêves et de son peuple, qui garde encore profonde la capacité de résister et de réaliser les choix difficiles, même dans les moments les plus durs. » L’expérience algérienne est ensuite replacée dans le contexte arabe et par rapport au problème de la démocratie. « Les résultats de l’élection, écrit l’éditorialiste marocain, sont une bonne surprise pour le Monde arabe actuel, où les Arabes n’ont goûté qu’un seul plat électoral, celui des quatre vingt dix neuf pour cent »

 

 

Lettre algérienne N°2 et manifeste « POUR UNE SORTIE DE CRISE PACIFIQUE « 

Cette chronique de Mars 2019 est toujours d’actualité deux mois plus tard, alors nous lui donnons un complément communiqué par nos amis du Gers: mise au point modérée… et comme toujours des slogans qui pèsent par leur humour comme par leur précision! https://theconversation.com/operation-mains-propres-en-algerie-la-societe-civile-mobilisee-pour-une-revolution-durable-116875?utm_medium=ampemail&utm_source=email

Jour après jour, vendredi après vendredi, les nouvelles d’Algérie nous parviennent, les médias français multiplient tables rondes et reportages. Encore un témoignage sur l’importance des femmes,  de leur statut et de leur rôle dans la société:  https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/03/26/femmes-algeriennes-nous-reaffirmons-notre-determination-a-changer-le-systeme-en-place/

Nous diffusons à nouveau un texte envoyé par Georges Rivière, suivi cette fois-ci d’un manifeste collectif qui nous éclaire sur les événements algériens au jour le jour. Ce texte est accompagné d’une vue de « manif » récente de médecins à Tizi Ouzou, Kabylie.

« manif » de médecins à Tizi Ouzou, mars 2019

L’Algérie au milieu du gué : et maintenant ?

Derrière la façade d’une cité redevenue étonnamment calme, l’Algérie est en pleine effervescence. La question qui est sur toutes les lèvres, sans doute à la veille de nouvelles grandes mobilisations populaires, « et maintenant ? ».

Le pouvoir est silencieux et immobile, n’ayant pour l’instant que changé de premier ministre, et se montrant prêt à toutes les tergiversations pour se maintenir en donnant l’illusion de l’ouverture. Il gagne du temps, faisant monter la pression et laissant libre court à toutes les supputations : Bouteflika serait mort depuis longtemps, son clan achèverait de vider les caisses et de faire disparaître les preuves avant de partir (ce que dit aussi Mustapha Bouchachi, un avocat réputé, ancien de la Ligue des droits de l’homme). Les ministres sont toujours en place. L’anti-constitutionalité de « l’étirement ubuesque » d’un mandat 4+ n’a pas reçu de réponse. Le vice-premier ministre va à l’étranger (en Russie) chercher les soutiens qu’il a, semble-t-il, déjà obtenu du gouvernement français. Le premier ministre et ancien ministre de l’intérieur (sic) essaie en vain d’impliquer – et de compromettre – des acteurs du mouvement dans une « grande concertation » attrape gogo (cela ne vous rappelle-t-il rien ?). Le « président » ne parle pas mais fait des lettres. Bref, c’est une guerre des tranchées qui ne peut durer qu’un court moment.

Les partis d’opposition (sociaux-démocrates du FFS, libéraux du RCD, trotskystes du PT ou du PST, fractions ex-communistes MDS, PLD), les syndicats autonomes, après avoir manifesté leur extrême réserve vis-à-vis du mouvement à sa naissance lui ont emboité le pas. Leur rejet par la jeunesse leur fait adopter profil bas par crainte d’être accusés de récupération. Il faut reconnaître que leur incapacité structurelle de s’entendre sur un « smig démocratique », y compris pendant la sinistre période de la « décennie noire », tout autant que leurs postures idéologiques et langagières très vieillissantes, ne leur donne pas beaucoup de crédibilité. Des dirigeant.e.s critiques comme Louisa Hanoune ou Saïd Saadi  n’ont pas été bienvenu.e.s dans les manifestations.

Du coté « politique informelle » les réunions pullulent, des plateformes émergent çà et là venant d’on ne sait vraiment qui, des coordinations, des regroupements auto-décrétés de salut national surgissent – sans que l’on puisse vraiment démêler la part du recyclage, de la diversion ou de la véritable réflexion – expriment sur internet ou dans la presse la volonté de créer une transition (y compris pour certains avec les islamistes). Le gouvernement a même recruté des informaticiens pour intoxiquer les réseaux sociaux avec des rumeurs qui décrédibilisent les personnes susceptibles d’émerger, en créant des pages de faux opposants. Sur internet ce qui va dans un sens peut immédiatement se tourner en son contraire. Il y a beaucoup de suspicion héritée de l’expérience historique et le temps qui passe, en créant une ambiance délétère, n’est pas forcement en faveur du mouvement social.

Mais, réèllement, du coté social les groupes sociaux, syndicats, médecins, juges, journalistes, universitaires, étudiants et lycéens – qui ont refusé « la main tendue » du pouvoir – manifestent et se coordonnent.

Car chacun ressent que l’Algérie doit sortir de l’impasse. Le tout est de savoir comment et par qui. En tout cas pas par le pouvoir. « C’est pourquoi la classe politique actuelle doit être dissoute (…) C’est au peuple en marche et à lui seul que revient de définir les modalités de représentation de ses délégués et de choisir ses représentants, en dehors de toute pression » (Mustapha Hadni dans le quotidien El Watan)

Un consensus se dessine, de façon encore désordonnée : il n’y aura pas de mandat 4+ ni d’élection présidentielle avant qu’il n’y ait une désignation consensuelle de personnes incontestées, une sorte de Comité des Sages(des noms circulent). Celui-ci devra choisir des experts « qui questionnent plus qu’ils ne guident, qui analysent plus qu’ils n’encadrent » (idem) et qui feront des propositions en vue d’une Constituante.

Je joins ici l’appel important d’un collectif d’associations et de syndicats engagé.e.s depuis des décennies dans le combat démocratique. Il éclaire le débat en cours. La question aujourd’hui est : comment y arrivera-t-on ? Avec qui ? Et y arrivera t-on ?

D’aucuns, en sourdine, expriment la tentation, par désespoir, de faire appel à la seule force organisée : l’armée. Dans l’espoir d’une révolution à la Portugaise ?

Georges Riviere, Alger, le 18 mars 2019

(voir la première lettre envoyée par G Rivière: http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/lettre-dalgerie-mars-2019/

 

COLLECTIF DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ALGÉRIENNE POUR UNE SORTIE DE CRISE PACIFIQUE (Feuille de route pour l’instauration de la nouvelle République)

Par leurs manifestations massives, pacifiques, solidaires et apaisées, les algériennes et algériens montrent depuis le 22 février 2019 leur haut degré de maturité politique, crient haut et fort leur refus d’un cinquième mandat, tout prolongement du quatrième et des élections présidentielles du 18 avril 2019 et rejettent le système corrompu et autoritaire.

Cette contestation nationale, est considérée comme une occasion historique pour en finir d’une manière irréversible avec « Le système ».

Nous, dynamique de la société civile, au terme de plusieurs concertations, discussions et échanges, conscients de notre rôle de médiateur et de force de proposition, nous contribuons par cette proposition que nous partageons avec la société, la classe politique dans le but de dégager un large consensus qui organisera le départ du système d’une manière pacifique.

Les étapes de la transition démocratique:

Pour aboutir à cette transition, le collectif considère que des mesures d’apaisement préalables sont nécessaires en réponse aux revendications populaires.

Premièrement: afin d’éviter au pays d’entrer dans une période de non droit, le Président de la République sortant doit se remettre à la volonté du peuple et se retirer au plus tard le 27 avril. Aucune prolongation du mandat n’est possible et les institutions existantes doivent laisser place aux institutions de la transition.

Deuxièmement: La mise en place d’un Haut Comité de Transition(HCT), une instance collégiale composée de personnalités jouissant d’une autorité morale et bénéficiant d’une large acceptation populaire. Cette instance aura à incarner l’État.

Troisièmement: installation par le Haut Comité d’un Gouvernement National de Transition (GNT) composé de personnalités consensuelles et crédibles pour gérer la période de transition dans des délais raisonnables à définir.  Ce gouvernement consensuel a pour seules missions:

  • La gestion des affaires courantes en assurant la continuité de l’Etat et la levée immédiate de toutes les entraves liées à l’exercice des libertés civiles, politiques et démocratiques dont la liberté d’association, et de manifestation, d’expression, et de la presse, syndicales, et de création des partis politiques…
  • Préparation et organisation des Assises du Consensus National.

Quatrièmement: Les Assises du consensus national regroupent toutes les sensibilités de la société et des représentant-e-s du mouvement, auront à dégager un consensus national sur les modalités pratiques de mise en place de la Constituante, et réaliser un compromis historique autour des principes fondamentaux inaliénables, au respect de toutes libertés, des droits humains et de l’égalité. Elle aura à proclamer la naissance de la nouvelle république par un texte fondateur.

Cinquièmement : Élection d’une Assemblée Constituante chargée d’élaborer la nouvelle Constitution. Cette élection sera précédée par la mise en place d’une commission indépendante d’organisation des élections. La nouvelle Constitution sera élaborée sur la base du texte fondateur de la nouvelle République démocratique et sociale.

Sixièmement : Retour à la légalité constitutionnelle, ouverture du champ politique et organisation des élections générales.

(Alger le 18 mars 2019)

  • LADDH ( Benissad/Zahouane) (Ligue Algérienne de la Défense des Droits de l’Homme)
  • LADH (Ligue Algérienne des Droits de l’Homme)
  • RAJ (Rassemblement – Actions – Jeunesse)
  • DJAZAIROUNA
  • SOS DISPARUS
  • RESEAU WASSILA
  • THARWA FADHMA N’SOUMER
  • Association TIMLILIT
  • CSVM-22 FEV (Comité Soutien Vigilance du Mouvement 22 Février)
  • SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation)
  • SNAPEST (Le syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique )
  • SNAP (Syndicat National Autonome des postiers)
  • CNES (Conseil National des Enseignants du Supérieur)
  • SNAPAP (Ssyndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique)
  • CGATA (Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie)
  • SOS CULTURE BAB ELOUED
  • ACDA (Association pour le Changement Démocratique en Algérie)
  • CNDDC (Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs)
  • Le collectif des Haragas disparus en mer.
  • IRD (Initiative de Refondation Démocratique)
  • Collectif des Jeunes engagés

Asma N°1 : mémoire toulousaine de l’Algérie

Asma, journal toulousain franco-algérien ? Premier numéro, novembre 1995

Coup de soleil est né à Toulouse en 2005, vingt ans après Paris.

Celles et ceux qui sont à l’origine de notre association toulousaine avaient participé avant cela  à bien des actions politiques liées au Maghreb. En particulier à des groupes à la fois féministes et démocratiques, dont l’association AYDA : déformation du mot arabe « Al Aouda », « Le Retour » car les Algérien.ne.s participant au journal ne s’inscrivaient pas dans l’émigration mais dans la lutte politique pour leur retour en Algérie. Ayda a porté la création du journal Asma. Celui-ci a publié sans doute au moins huit numéros, dont seulement cinq peuvent être consultés au dépôt légal de la Bibliothèque nationale : le numéro 1 est de novembre 1995 et le numéro 5 septembre 1996.

L’originalité au groupe Ayda était aussi d’être très majoritairement composé d’Algérien.n.es. La composante féministe était forte, ce qui explique pourquoi le journal Asma relie aussi étroitement le combat démocratique avec la défense de l’égalité femmes/ hommes. C’est ce qui donne une forte actualité en 2019 à beaucoup de textes que nous avons retrouvés.  C’est grâce à la table ronde organisée automne 2018 par les Amis d’Avérroes que nous avons recherché les textes de Asma (voir : http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2018/10/17/decennie-noire-quelle-memoire-quel-journalisme/.)

Aider nos ami(e)s d’Algérie, contraints de se replier en France pendant cette décennie 1990, face à la menace des groupes islamistes radicaux, montrer le visage d’une Algérie plurielle et démocratique contre l’image déformée qu’en donnaient les groupes terroristes était une priorité. Parfois le pouvoir militaire algérien en place s’en prenait aussi à ces mêmes amis au lieu de les protéger. Quant au gouvernement français de l’époque il était dans le déni du terrorisme islamiste, n’accordant jamais le statut de réfugiés politiques aux démocrates (« menacés par l’opposition » sic).

Faire connaître le quotidien de la vie en Tunisie ou au Maroc comme en Algérie permettait de sensibiliser tout un public en France, mais aussi de favoriser les échanges entre démocrates des trois pays du Maghreb.

indépendance

Avant Internet, quand l’édition informatisée balbutiait à peine, faire un journal était tout autant qu’un travail intellectuel un ouvrage d’atelier (ici Nuance du Sud) ou photo, ciseaux et colle avaient leur part. Georges Rivière a créé la maquette et fait le suivi rédactionnel et les copains de l’imprimerie libertaire toulousaine Sacco offraient leur prestation. (Claude Bataillon)

Notre travail sur la revue ASMA a permis de récupérer cinq numéros, qui forment un ensemble :

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/17/asma-memoire-toulousaine-de-lalgerie/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/03/21/asma-n-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-3-2/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2019/05/28/asma-n-4/

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=asma

 Un flash retrouvé sur AYDA et sur Asma:

La naissance de Asma a été étudiée par Marion Camarasa dans sa thèse de maîtrise consacrée en 2000 à l’association toulousaine Ayda, sous la direction de Djamila Amrane, à l’Université Toulouse le Mirail (plus tard Jean Jaurès), sous la direction de Djamila Amrane:

http://marionca.chez-alice.fr/asma.htm

NOVEMBRE 1995 N°1
 LEZZAYER ALGÉRIE
 TUGDUT DÉMOCRATIE                 
 TAMSETLA SOLIDARITÉ

ASMA POUR LA DEMOCRATIE EN ALGÉRIE

Directrice de publication : Liliane Bourgeois
Comité de rédaction : Miloud, Abdelmadjid, « Charlie », Anne, Geneviève, Julien et Georges avec la participation de Aida, Mustapha, André, Annie, Saïd, A. Ghouirgate, Momo … et Gyps.

Maquette et réalisation : Georges Rivière
Flashage Nuances du Sud.
Impression: Sacco

Ces travailleurs des arts graphiques offrent une prestation à prix coûtant, en forme de solidarité avec le combat des démocrates algériens.
La revue, bimestrielle, est éditée par Ayda Toulouse. Sa rédaction est toutefois indépendante de l’association. Les articles, sauf indication, sont sous la responsabilité de leurs auteurs et ne sauraient engager politiquement l’association. La collaboration à la rédaction est ouverte à toutes celles et tous ceux qui ont fait leur le combat pour une Algérie démocratique, sans exclusive.
La revue est vendue 15 F.
Les commandes et abonnements sont à envoyer, en précisant «journal », accompagnés du chèque de règlement à : AYDA TOULOUSE 111P 363.31006 TOULOUSE cedex

C’est encore avec du retard qu’Asma paraît. Mais nous avons voulu l’améliorer. Avoir plus de textes d’Algérie. Plus d’informations. Les analyser plus « froidement »… Alors que rien ne s’y prête. Ni la facilité des contacts. Ni la presse algérienne qui, tout simplement, n’arrive plus. Ni le moral, parfois. « Stress multiforme » comme le dit, ci-contre, Serhane, à propos— il est vrai —d’une vie quotidienne tellement plus dure que celle de l’exil. Et puis tout un débat a été mené sur les élections. Piège pour certains, manipulation ou ouverture pour d’autres. Autour des candidats que nous présentons (pp. 1, 7 et 8) les interrogations vont bon train !