Actualités Midi pyrénées



Gilles Ory, disparition brutale, mai 2017

gilles-04-juillet-2011-interview-avanti-1C’est un choc pour notre groupe : la disparition brutale de notre ami Gilles Ory, « un camarade syndicaliste de SUD PTT, résolu, opiniâtre, fédérateur. Le batteur de l’ancien groupe de musique La Teigne était aussi un nouvel adhérent de Coup de Soleil Midi-Pyrénées ». Telle est l’annonce de Marc sur son blog

http://www.cailloutendre.fr/2017/05/gilles-ory-militant/

 Nous étions si bien ensemble quelques jours avant, en réunion chez Zoubir. Après, Gilles, Maryse et Micheline continuent la discussion. Tout allait bien. Nous ne le connaissions que depuis peu, mais tous avaient beaucoup apprécié son intervention. Voici comment il avait lancé le thème de la soirée :

« Sujet délicat et sur lequel j’aimerais avoir votre point de vue, votre éclairage. Pour résumer rapidement, dans ma fédération syndicale (je suis militant du syndicat SUD PTT) une jeune femme maghrébine portant le hidjab (ce point est accessoire, encore que…) s’est vue confier des responsabilités syndicales importantes. Elle travaille dans un site de téléconseillers (chez Orange) et a commencé à porter des revendications pour obtenir un local de prière sur le lieu de travail.
Cette question notamment et d’autres points dans son attitude ont heurté plusieurs militant-e-s (de longue date) qui ont tenté d’avoir un débat sur ce sujet dans leurs structures syndicales et qui se sont vus très rapidement taxés d’islamophobie…. Débat compliqué, donc. Et très tendu. En fait absence de débat à vrai dire. Je pense que cette situation mérite d’être éclairée par des personnes extérieures au monde syndical… »

 Nous débattons sérieusement, passionnément sur ce sujet délicat. Chacun donne des exemples de ses expériences. Un avis à l’unanimité : Pas de salle de prière sur un lieu de travail, même si les employés ne sont pas confrontés au public.

 Par ailleurs, Gilles nous propose de visionner un documentaire qui est passé sur Arte, très intéressant. Les musulmans d’Europe.
http://www.tv-replay.fr/11-04-17/les-musulmans-d-europe-1-2-arte-12325865.html

Au crematorium de Cornebarieu, quelques membres de Coup de soleil au milieu de 150 amis de Gilles, nous avons écouté le sextuor de La Teigne chanter « banlieue rouge » et quelques autres airs.

Les femmes du Maghreb écrivent, avril 2017, Médiathèque de Roques-sur Garonne

Au Maghreb des livres 2017 à Paris, sur grand écran, Fatima Mernissi

Au Maghreb des livres 2017 à Paris, sur grand écran, Fatima Mernissi

 Souad Benkirane, couverture de son livre: Les quatre saisons du citronier

Souad Benkirane, couverture de son livre: Les quatre saisons du citronier

Kaouter Adimi en signature au Maghreb des livres 2017 à Paris

Kaouter Adimi en signature au Maghreb des livres 2017 à Paris

Samedi 29 avril à 10h30, une séance de lectures et de discussion à la Médiathèque du Moulin, à Roques-sur-garonne http://lemoulin-roques.com/agenda/mediatheque/item/petit-dejeuner-lecture.

On fera parler de Kaouter Adimi, Souad Benkirane, Assia Djebar, Fatima Mernissi et quelques autres écrivaines.

Assia Djebar: Tournage du film Nouba

Assia Djebar: Tournage du film Nouba

Lidia Terki et Viviane Candas à l’ABC Toulouse le 29 mars et le 3 avril 2017

Coup de soleil Midi Pyrénées s’associe à nos Ami(e)s d’Averroès pour vous convier à deux soirées cinémas centrées sur les rapports franco-algériens. Une Histoire fondée sur des liens humains et historiques sans équivalent pour les deux pays. Dans la grande Histoire, des histoires, des trajectoires singulières d’hommes et de femmes des 2 rives…

Mercredi 29 mars 2017 à  20h30 à l’ABC

13-rue Saint-Bernard, 31000 Toulouse (Métro Jean Jaurès)

(Séance du mercredi : 4 euros)

PARIS LA BLANCHE – 2017 –  de Lidia Terki (1h26)
Débat animé parAmina MESSABIS et Sabrina KECHICHE,de la Case de Santé.

Rekia, une femme 70 ans, quitte l’Algérie pour la première fois afin d’y ramener son mari Nour, venu travailler en France dans les années 1970. Mais l’homme qu’elle retrouve dans une maison de retraite est devenu un étranger à ses yeux.

 

Lundi 3 avril 2017 à 20h45 à l’ABC 

13-rue Saint-Bernard, 31000 Toulouse (Métro Jean Jaurès)

L’ALGÉRIE DU POSSIBLE – 2016 – 

Débat en présence de la réalisatrice Viviane Candas

En rencontrant ses anciens compagnons de combat, le film suit le parcours d’Yves Mathieu, anticolonialiste en Afrique Noire puis avocat du FLN. À l’indépendance de l’Algérie, il rédige les Décrets de Mars sur les biens vacants et l’autogestion, promulgués en 1963 par Ahmed Ben Bella. La vie d’Yves Mathieu est rythmée par ses engagements dans une Algérie qu’on appelait alors « Le Phare du Tiers Monde ». La réalisatrice, qui est sa fille, revient sur les conditions de son décès en 1966. Une recherche sur le père de la cinéaste dans l’Algérie entre guerre d’indépendance et utopies des premières années d’indépendance. Certains d’entre nous ont pu voir ce film et s’apprêtent à le revoir, il en vaut la peine http://coupdesoleil.net/?s=viviane+Candas

Maïssa Bey/ Camille Lacoste : mars 2017, Toulouse, Université Jean Jaurès

Maïssa Bey/ Camille Lacoste : Toulouse, Université Jean Jaurès, Journée mondiale des femmes 2017 

Au Centre culturel de l’université (CIAM) dans le théâtre de « La fabrique », en ce jour du 8 mars, le Maghreb est à l’honneur. D’abord l’Association Baraka nous présente son film de témoignage de Maïssa Bey, puis l’Association Coup de soleil nous donne en lecture « à six voix » une présentation de l’œuvre de Camille Lacoste.

pochette du DVD publié

pochette du DVD publié par l’association Baraka

Maïssa Bey, qui « joue » avec art son personnage, c’est d’abord une petite fille qui a douze ans lors de l’indépendance de l’Algérie, qui devient une militante dans son pays, une prof de français à Sidi bel Abbes, qui « tombe dans l’écriture » au moment de la décennie noire des années 1990 et multiplie les publications de témoignages (des autres ou d’elle-même) comme les fictions. Baraka (la_baraka@orange.fr) a donc entrepris de publier en dvd des témoignages croisés sur l’Algérie et la France (déjà en vente : Boualem Sansal).

Camille Lacoste

Camille Lacoste

Camille Lacoste-Dujardin, c’est une ethnologue qui n’a cessé d’être attentive à la vie des femmes maghrébines, avant tout des femmes kabyles en émigration. Coup de soleil-Midi Pyrénées, après avoir « monté » en 2015 une lecture avec l’œuvre de Assia Djebar http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=assia+djebar , a composé pour 2016 une présentation de l’œuvre de Camille Lacoste http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/08/13/camille-lacoste-dujardin-lectures-contes-autour-des-femmes-kabyles-toulouse-maison-de-la-diversite-rue-daubuisson-lundi-26-septembre-a-18h-30/ Une première séance a été organisée en septembre 2016, avant celle qui vient d’avoir lieu un semestre plus tard.

 Djaffar: en septembre 2016, le conte "la femme et le lion"

Djaffar: en septembre 2016, le conte « la femme et le lion »

affiche du spectacle de 2015, pour Assia Djebar

affiche du spectacle de 2015, pour Assia Djebar

Mouloud Mammeri vu par Mohamed Arkoun : conte kabyle

Mouloud Mammeri

Mouloud Mammeri

Pour les fêtes de fin d’année 2016, donnons à nos lecteurs ce conte kabyle, après nos textes sur Camille Lacoste (http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/12/05/camille-lacoste-dujardin-la-kabylie-du-djurdjura-decouverte/)

C’est dans le numéro double 6/7 de 1990 de la revue Awal, publié en hommage à Mammeri, que Mohamed Arkoun nous donne un conte villageois kabyle savoureux, dont voici des extraits.

[…] Dans les années 1945-52, Mouloud était un intellectuel brillant, élégant, admiré, écouté du village. Il avait eu le privilège d’étudier à Paris (licence de lettres classiques), de séjourner au Maroc auprès de son oncle Lounas, précepteur, puis chef du protocole du sultan Mohamed V. Les tous jeunes comme moi le suivaient du regard pour admirer sa chemise, son pantalon et son burnous en soie fine et dorée, on l’écoutait avec ravissement lorsqu’il devisait ou plaisantait avec ses amis, le soir, au clair de lune, sur la place nommée Thasasht dont il a évoqué la richesse poétique et la fonction socio-culturelle dans La Colline oubliée.

« Colline oubliée », déjà en 1950. Pourtant son père Salem maintenait vivante et vivace la vieille mémoire du village et de la Kabylie. Da Salem était l’Amin du village : homme de confiance, dépositaire de la mémoire collective, protecteur intègre du code de l’honneur qui assure la sécurité des personnes, des biens, des communautés. […] C’est de son père que Mouloud a reçu ce sens élevé d’une culture parfaitement intégrée et à grand pouvoir d’intégration, bien qu’elle fût totalement orale.[…]

Face à Mouloud si à l’aise, si favorisé par la naissance, l’histoire et la fortune, je ressentais pour la première fois une petite compensation aux handicaps sociaux de mon statut de « protégé » : je connaissais une langue, l’arabe, et avais accès aux sources de la religion vraie, je pouvais donc m’autoriser à prendre la parole publiquement dans un « foyer rural » (sorte de maison de la culture) récemment créé par Driss Memmeri, docteur en médecine qui venait s’installer au village pour le bonheur de toute la population (jusque là, il n’y avait qu’un humble dispensaire tenu par des sœurs Blanches à Aït Larbaa, village voisin de Taourirt-Mimoun).

Mohamed Akroun

Mohamed Akroun

Ma conférence [sur « La condition de la femme Kabyle et l’urgence de son émancipation »…] eut lieu devant un public réjoui, intéressé, ouvert. J’étais pourtant très mal préparé à une épreuve aussi redoutable. Certains concepts n’avaient pas de correspondants exacts en kabyle et j’avais peur, par dessus tout, de transgresser soit tel article du code d’honneur local, soit telle disposition du droit musulman.

On parla de l’événement dans tous les foyers et, bien entendu, Da Salem en eut connaissance. Son pouvoir d’Amin était déjà déclinant depuis l’institution d’une municipalité ; on n’avait donc pas sollicité son autorisation pour donner la conférence. Le lendemain, sûr de me retrouver au café où se réunissaient traditionnellement la plupart des jeunes, il vint vers moi levant sa canne pour me battre et fit cette déclaration publique qui résume parfaitement les modes et les voies de contrôle du discours social et du capital symbolique dans la société kabyle traditionnelle.

[…] « Ne sais-tu pas que tu appartiens à ceux d’en-bas et que si quelqu’un doit prendre la parole en kabyle, il revient à Dâdâk (« ton respecté ») Salem de le faire, si quelqu’un doit prendre la parole en arabe, il revient à Dâdâk Lounas de le faire et si, enfin, quelqu’un doit prendre la parole en français, seul Dâdâk Al-mulud (Mouloud) peut le faire ! Tu as transgressé les hiérarchies établies ; heureusement que ton père est connu pour sa droiture ; je t’invite à suivre strictement son exemple. »

[…] J’ai bien sûr demandé pardon à dâ Salem, homme unanimement respecté ; j’ai expliqué que l’initiative de toute l’affaire venait d’un Mammeri […] Le droit musulman n’avait pas été appliqué en Kabylie jusqu’en 1962. En manière de statut personnel, les Kabyles, jusqu’à l’indépendance, pouvaient opter pour le régime kabyle, musulman ou français. Parmi l’assistance, ceux d’en-bas ont été choqués par un mode de domination qu’ils croyaient révolu ; d’autres, ne comprenant pas exactement l’enjeu de l’admonestation, furent simplement amusés par la scène.