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Samrakandi, Islam confrérique en France contemporaine

Samrakandi Habib, Alawiyya et Tijaniyya, Islam confrérique en France contemporaine

[Thèse d’anthropologie, Toulouse EHESS, 2015]

Après avoir assisté en juin 2016 à la soutenance de thèse de Foad Khatir http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/06/11/confreries-et-changement-politique-en-algerie-a-luniversite-jean-jaures-27-juin/ , nous avons pu consulter l’ouvrage de thèse de notre ami Habib : décidément Toulouse est lié au confrérisme Alawiyya… et nous progressons dans la connaissance de cet islam confrérique. Or on connaît peu, chez nos amis de Coup de soleil, cet aspects de la réalité du monde franco-maghrébin : loin des activismes d’un Islam extrême et exclusif. Loin aussi des musulmans modernistes militants avec qui nous nous sentons parfois en connivence. Que savons-nous du monde peu visible des gens à la fois modernistes et pieux, insérés dans les mille professions des classes moyennes de nos villes, tissant des solidarités entre tout le Maghreb et l’Afrique de l’ouest d’une part, et d’autre part le monde où eux-mêmes (ou leurs ancêtres) ont émigré aux deux rives de l’Atlantique ?

L’étude de Mohamed Habib Samrakandi permet d’en apprendre beaucoup, dans un texte érudit sur deux « confréries maraboutiques » maghrébines qui font évoluer le mysticisme musulman dans sa pratique quotidienne, « tant pour le contenu des rituels que pour les croyances, au contact de sociétés d’accueil fortement sécularisées… Un Islam ésotérique sécularisé qui fera certainement concurrence à l’Islam des mosquées ».

Mabrouk Rachedi: raconter Tous les hommes sont des causes perdues à Toulouse

En mars 2015, Mabrouk Rachedi dès l’abord prend en main chaleureusement notre cercle de Coup de soleil. Il nous en dira le moins possible sur son nouveau roman Tous les hommes sont des causes perdues. On comprend que le thème principal est celui de l’importance des malentendus, des hasards, des événements fortuits, dans les rencontres amoureuses. Il joue avec des personnages dont les racines sont certes dans « les banlieues » et, au delà, quelque part au Maghreb, mais là n’est pas l’essentiel. Contrairement à ses romans antérieurs, il n’utilise plus la langue des banlieues, puisqu’Adam et Sofia, le couple dont nous suivons l’histoire habite en plein cœur de Paris.

Ben Jelloun, Sansal, Zouari: Marathon des mots à Toulouse, 23/26 juin 2016

Boualem Sansal

Boualem Sansal

Notre calendrier vous donne le détail des présentations (lectures, rencontres) de ces trois écrivains maghrébins, Tahar Ben Jelloun (Maroc), Boualem Sansal (Algérie), Fawzia Zouari (Tunisie) au Marathon des mots à Toulouse (23/ 26 juin 2016), dont c’est la 12e édition en région toulousaine. 56 points de rencontre (bibliothèques, librairies, centre culturels), à Toulouse-même mais aussi dans 17 localités voisines et quelque 160 manifestations.

Tahar Ben Jelloun présentera son livre Le mariage de plaisir le jeudi 23 juin (Médiathèque du Mirail et Librairie La Renaissance). Fawzia Zouari présentera Le corps de ma mère le samedi 25 juin à la Librairie Floury  frères, à la Médiathèque José Cabanis et le dimanche 26 juin à l’Espace des diversités et de la laïcité et Boualem Sansal présentera 2084, le samedi 25 juin à la Médiathèque Jose Cabanis, et à la Librairie de la Renaissance, le dimanche 26 juin au Centre culturel Bellegarde. Pour Sansal voir http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/04/19/2084-boualem-sansal-polar-science-fiction/

Tahar Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun

 

 

Toulouse Ombres Blanches 22 juin 2016 18h, Christian Jambet: Islam et conception politique du monde

UnknownRencontre Toulouse Mercredi 22 juin 2016 de 18H00 à 20H00 Librairie Ombres Blanches

Salle de conférences

Christian Jambet

Le gouvernement divin ; Islam et conception politique du monde  Présentation par Habib Samrakandi 

C’est dans la théologie de Mullâ Sadrâ (m.1640) que Christian Jambet explore la souveraineté de Dieu. Il confronte cette théologie aux penseurs musulmans antérieurs, aux sources grecques et à leurs interprétations. En un temps où les théologies islamiques les plus sommaires sèment la terreur, il est bon de connaître que les plus grands penseurs de l’islam ont pensé les fondements de la foi islamique, les transformant en une quête impérieuse de la vie bienheureuse.

Confréries et changement politique en Algérie: à l’Université Jean Jaurès, 27 juin

Foad KHATIR soutient une thèse d’histoire: « Le changement de politique algérienne à l’égard des confréries religieuses musulmanes : de la persécution à la réhabilitation, le cas particulier de la tariqâ ‘Alawiyya 1909-2009 »

Lundi 27 juin 2016 à 13h30, Université Toulouse Jean Jaurès salle de la faculté d’histoire (nouveau bâtiment), séance publique.

Résumé de la thèse: La place des zaouïas et plus particulièrement celle de la ‘Alawiyya dans l’Algérie contemporaine, pendant la montée du nationalisme et la lutte de libération, ne peut pas être considéré que du point de vue politique.  1) L’administration coloniale : la confrérie était étroitement surveillée par les services de la police des renseignements généraux. La stratégie de la confrérie consistait à rester neutre autant que possible mais elle n’hésitait pas à défendre la préservation de l’identité arabo-musulmane. 2) Le mouvement du réformisme : avec  l’Association des Oulémas Musulmans Algériens (AOMA) fondée le 5 mai 1931 avec à sa tête le Président Ibn Badis qui contribua à la montée du sentiment nationaliste algérien. Le cheikh al ‘Alawi exhorta et soutint cette initiative et tenta d’y participer jusqu’au moment où la position des Oulémas consista à marginaliser les zaouïas algériennes. 3) Les milieux nationalistes algériens :  la confrérie ‘Alawiyya entretenait des relations étroites avec le Parti du Peuple Algérien (PPA) fondée en 1937 par Messali Hadj. Les événements du 8 mai 1945 à Sétif précipitèrent la préparation de la Révolution algérienne pendant laquelle le cheikh Mehdi Bentounes joua son rôle. 4) Les gouvernements algériens successifs : La confrérie ‘Alawiyya entendait lutter contre la nationalisation des biens habous. Le gouvernement Boumediene mena une vaste campagne de persécution contre le cheikh Mehdi Bentounes et procéda à son arrestation en 1970. La confrérie agissait dorénavant sur le terrain Européen avec le cheikh Khaled Bentounes qui procéda à la création de nombreux projets culturels et de jeunesse, reconnus par les instances officielles. La méfiance de l’Etat à l’égard des confréries s’expliquaient par les accusations de collaboration avec l’administration coloniale de la part des milieux nationalistes. Les persécutions finirent progressivement par marginaliser un courant religieux- soufisme (taçawwûf) qui était présent en Algérie depuis le début du millénaire et qui composait un patrimoine immatériel important pour l’Algérie. Il a fallu l’avènement de la montée du fondamentalisme religieux qui aboutit à la guerre civile dite « les années noires » pour que le Gouvernement algérien procède à la réhabilitation des confréries religieuses en Algérie.

Amis d’Averoes, débats sur l’islam, 30 mai- 3 juin 2016

Soirées d'Averroes - FLYER1Sur quatre soirées, 30 et 31 mai, 1er et 3 juin 2016, Les amis d’Averoes  organisent à la Maison de la diversité un cycle de conférences et débats, sur l’islam.

Rencontre-débat avec Najet Zouggar: Aux origines intellectuelles du salafisme

Soirée du lundi 30 mai 2016 à 19h Espace diversités laïcité – 38, rue d’Aubuisson

Rencontre avec Najet Zouggar, universitaire, docteur en pensée musulmane et enseignante à l’université Toulouse Jean Jaurès.

Rencontre-débat avec Omar Benlaala, auteur de “La barbe”

Soirée du mardi 31 mai 2016 à 19h Espace diversités laïcité – 38, rue d’Aubuisson

Rencontre avec Omar Benlaala, écrivain. Dans “La Barbe” son premier livre publié au Seuil, il raconte sa propre histoire, celle d’un jeune Parisien en quête d’un chemin de vérité et qui se retrouve parmi les “barbus” à l’intérieur du Tabligh.

Rencontre-débat avec Éric Geoffroy,L’islam sera spirituel ou ne sera plus

Soirée du mercredi 1er juin 2016 à 19h Maison de la citoyenneté Nord – 4, place Marché aux cochons (Métro Les Minimes)

Rencontre avec Éric Geoffroy, universitaire, écrivain et professeur à l’université de Strasbourg, spécialiste académique incontournable du soufisme

Rencontre-débat avec Abdelkader Djemaï, auteur de “La dernière nuit de l’Émir”

Soirée du vendredi 3 juin 2016 à 19h, Espace diversités laïcité – 38, rue d’Aubuisson

Rencontre avec Abdelkader Djemaï, journaliste et romancier algérien auteur de nombreux ouvrages historiques: son dernier livre “La dernière nuit de l’Émir”,

Gyps à Toulouse, La Chapelle, vendredi 10 juin 2016 à 20 heures

imagesUnknownGyps, spectacle le vendredi 10 juin à 20 heures à La Chapelle, Toulouse. Entrée 5 euros, buvette avant et après la séance. Gyps est un dessinateur de presse algérien connu pour ses nombreux albums publiés. Il a transformé une série de ses « histoires » en sketchs: vie quotidienne à Alger, portraits, vivre en immigré, etc.GYPS

Benchicou polémique: avec Bouteflika

UnknownMohamed Benchicou, Journal d’un homme libre, Riveneuve éditions, 2008, 382 p.

Journaliste à Le Matin (Alger), incarcéré à Alger en 2004- 206, il publie son carnet de bord 2006- 2008. C’est une chronique de la politique algérienne, avec des personnages pourvus de pseudonymes. Virulent, minutieux, il passionne ceux qui suivent au jour le jour les affaires algériennes. Tel était son public quand nous l’avons vu présenter son livre à la librairie du Mirail, à Toulouse, peu après sa parution.

Adonis, poète et politique

Adonis

Adonis

Adonis, Violence et Islam, entretiens avec Houria Abdelouahed, Seuil, 2015, 187 p.

Ces conversations entre la psychanaliste et le poète n’ont pas de cadre thématique précis, malgré la division en chapitres. Soit comme traductrice, soit comme organisatrice et auteur de préfaces, la psychanaliste joue un rôle essentiel dans la mise en forme des écrits d’Adonis pour le public français. Ici la profonde défiance des deux protagonistes se fait jour, devant les incapacités des sociétés musulmanes de langue arabe pour aller vers des modernités démocratiques, comme devant les attitudes des « occidentaux » qui se ferment à leurs propres valeurs. Une pierre dans l’édifice des écrits contradictoires sur le thème des profondes mutations que connaissent ces sociétés ou au contraire des scléroses passéistes qui les minent.

Sans doute des changements de perspectives pour prendre en compte d’autres sociétés en mutation permettraient de sortir de cette impasse : autorité patriarcale et machisme ont d’autres formes, elles aussi dures et perverses, dans d’autres sociétés musulmanes non arabes, comme dans des sociétés « chrétiennes » (mondes orthodoxes ou mondes des sectes protestantes), ou des sociétés non monothéistes (mondes chinois ou indouistes).

Musulmans réels en Europe

Esprit, Les religions dans l’arène publique, N° 422, février 2016.

Richesse de cette livraison, avec en particulier une analyse du livre de Jean Birnbaum Un silence religieux (p. 127-129), deux critiques du livre de Pierre Manent, Situation de la France, par Jean-Louis Schlegel et Smaïn Laacher (p. 59-73) : l’un et l’autre se méfient d’un « accueil » en France de l’islam qui fait des musulmans des êtres mythiques qui doivent être traités à part. Et l’article central de Olivier Roy, synthèse sur le religieux tel qu’il fonctionne en Europe pour comprendre quelle place l’islam réel a dans chaque pays européen : cela permet de mieux voir en quoi les spécificités françaises se positionnent dans ce contexte européen, où le séculier n’est pas aussi généralisé que bien des Français veulent le croire : « … l’enjeu de la liberté religieuse (…) est de maintenir ouvert un espace social qui est aussi un espace de pensée et de liberté, d’accepter la complexité et la diversité de la société (…). Il n’y a de liberté que dans des sociétés ouvertes. L’identité n’est pas une clé, c’est un cadenas ».