événement



Les femmes du Maghreb écrivent, avril 2017, Médiathèque de Roques-sur Garonne

Au Maghreb des livres 2017 à Paris, sur grand écran, Fatima Mernissi

Au Maghreb des livres 2017 à Paris, sur grand écran, Fatima Mernissi

 Souad Benkirane, couverture de son livre: Les quatre saisons du citronier

Souad Benkirane, couverture de son livre: Les quatre saisons du citronier

Kaouter Adimi en signature au Maghreb des livres 2017 à Paris

Kaouter Adimi en signature au Maghreb des livres 2017 à Paris

Samedi 29 avril à 10h30, une séance de lectures et de discussion à la Médiathèque du Moulin, à Roques-sur-garonne http://lemoulin-roques.com/agenda/mediatheque/item/petit-dejeuner-lecture.

On fera parler de Kaouter Adimi, Souad Benkirane, Assia Djebar, Fatima Mernissi et quelques autres écrivaines.

Assia Djebar: Tournage du film Nouba

Assia Djebar: Tournage du film Nouba

Maïssa Bey/ Camille Lacoste : mars 2017, Toulouse, Université Jean Jaurès

Maïssa Bey/ Camille Lacoste : Toulouse, Université Jean Jaurès, Journée mondiale des femmes 2017 

Au Centre culturel de l’université (CIAM) dans le théâtre de « La fabrique », en ce jour du 8 mars, le Maghreb est à l’honneur. D’abord l’Association Baraka nous présente son film de témoignage de Maïssa Bey, puis l’Association Coup de soleil nous donne en lecture « à six voix » une présentation de l’œuvre de Camille Lacoste.

pochette du DVD publié

pochette du DVD publié par l’association Baraka

Maïssa Bey, qui « joue » avec art son personnage, c’est d’abord une petite fille qui a douze ans lors de l’indépendance de l’Algérie, qui devient une militante dans son pays, une prof de français à Sidi bel Abbes, qui « tombe dans l’écriture » au moment de la décennie noire des années 1990 et multiplie les publications de témoignages (des autres ou d’elle-même) comme les fictions. Baraka (la_baraka@orange.fr) a donc entrepris de publier en dvd des témoignages croisés sur l’Algérie et la France (déjà en vente : Boualem Sansal).

Camille Lacoste

Camille Lacoste

Camille Lacoste-Dujardin, c’est une ethnologue qui n’a cessé d’être attentive à la vie des femmes maghrébines, avant tout des femmes kabyles en émigration. Coup de soleil-Midi Pyrénées, après avoir « monté » en 2015 une lecture avec l’œuvre de Assia Djebar http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/?s=assia+djebar , a composé pour 2016 une présentation de l’œuvre de Camille Lacoste http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/08/13/camille-lacoste-dujardin-lectures-contes-autour-des-femmes-kabyles-toulouse-maison-de-la-diversite-rue-daubuisson-lundi-26-septembre-a-18h-30/ Une première séance a été organisée en septembre 2016, avant celle qui vient d’avoir lieu un semestre plus tard.

 Djaffar: en septembre 2016, le conte "la femme et le lion"

Djaffar: en septembre 2016, le conte « la femme et le lion »

affiche du spectacle de 2015, pour Assia Djebar

affiche du spectacle de 2015, pour Assia Djebar

Conférence sur la BD africaine

Conférence sur la BD africaineMardi 17 janvier 19 heures, Centre culturel Bellegarde, Rue Bellegarde, Toulouse

Avec Annelise Verdier (Coup de soleil Toulouse), Christophe Cassiau HAurie,  directeur de la collection L’Harmattan BD, scénariste et auteur de recherches sur la BD africaine (maghrébine compris) et Al Mata, auteur congolais.

Mouloud Mammeri vu par Mohamed Arkoun : conte kabyle

Mouloud Mammeri

Mouloud Mammeri

Pour les fêtes de fin d’année 2016, donnons à nos lecteurs ce conte kabyle, après nos textes sur Camille Lacoste (http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/12/05/camille-lacoste-dujardin-la-kabylie-du-djurdjura-decouverte/)

C’est dans le numéro double 6/7 de 1990 de la revue Awal, publié en hommage à Mammeri, que Mohamed Arkoun nous donne un conte villageois kabyle savoureux, dont voici des extraits.

[…] Dans les années 1945-52, Mouloud était un intellectuel brillant, élégant, admiré, écouté du village. Il avait eu le privilège d’étudier à Paris (licence de lettres classiques), de séjourner au Maroc auprès de son oncle Lounas, précepteur, puis chef du protocole du sultan Mohamed V. Les tous jeunes comme moi le suivaient du regard pour admirer sa chemise, son pantalon et son burnous en soie fine et dorée, on l’écoutait avec ravissement lorsqu’il devisait ou plaisantait avec ses amis, le soir, au clair de lune, sur la place nommée Thasasht dont il a évoqué la richesse poétique et la fonction socio-culturelle dans La Colline oubliée.

« Colline oubliée », déjà en 1950. Pourtant son père Salem maintenait vivante et vivace la vieille mémoire du village et de la Kabylie. Da Salem était l’Amin du village : homme de confiance, dépositaire de la mémoire collective, protecteur intègre du code de l’honneur qui assure la sécurité des personnes, des biens, des communautés. […] C’est de son père que Mouloud a reçu ce sens élevé d’une culture parfaitement intégrée et à grand pouvoir d’intégration, bien qu’elle fût totalement orale.[…]

Face à Mouloud si à l’aise, si favorisé par la naissance, l’histoire et la fortune, je ressentais pour la première fois une petite compensation aux handicaps sociaux de mon statut de « protégé » : je connaissais une langue, l’arabe, et avais accès aux sources de la religion vraie, je pouvais donc m’autoriser à prendre la parole publiquement dans un « foyer rural » (sorte de maison de la culture) récemment créé par Driss Memmeri, docteur en médecine qui venait s’installer au village pour le bonheur de toute la population (jusque là, il n’y avait qu’un humble dispensaire tenu par des sœurs Blanches à Aït Larbaa, village voisin de Taourirt-Mimoun).

Mohamed Akroun

Mohamed Akroun

Ma conférence [sur « La condition de la femme Kabyle et l’urgence de son émancipation »…] eut lieu devant un public réjoui, intéressé, ouvert. J’étais pourtant très mal préparé à une épreuve aussi redoutable. Certains concepts n’avaient pas de correspondants exacts en kabyle et j’avais peur, par dessus tout, de transgresser soit tel article du code d’honneur local, soit telle disposition du droit musulman.

On parla de l’événement dans tous les foyers et, bien entendu, Da Salem en eut connaissance. Son pouvoir d’Amin était déjà déclinant depuis l’institution d’une municipalité ; on n’avait donc pas sollicité son autorisation pour donner la conférence. Le lendemain, sûr de me retrouver au café où se réunissaient traditionnellement la plupart des jeunes, il vint vers moi levant sa canne pour me battre et fit cette déclaration publique qui résume parfaitement les modes et les voies de contrôle du discours social et du capital symbolique dans la société kabyle traditionnelle.

[…] « Ne sais-tu pas que tu appartiens à ceux d’en-bas et que si quelqu’un doit prendre la parole en kabyle, il revient à Dâdâk (« ton respecté ») Salem de le faire, si quelqu’un doit prendre la parole en arabe, il revient à Dâdâk Lounas de le faire et si, enfin, quelqu’un doit prendre la parole en français, seul Dâdâk Al-mulud (Mouloud) peut le faire ! Tu as transgressé les hiérarchies établies ; heureusement que ton père est connu pour sa droiture ; je t’invite à suivre strictement son exemple. »

[…] J’ai bien sûr demandé pardon à dâ Salem, homme unanimement respecté ; j’ai expliqué que l’initiative de toute l’affaire venait d’un Mammeri […] Le droit musulman n’avait pas été appliqué en Kabylie jusqu’en 1962. En manière de statut personnel, les Kabyles, jusqu’à l’indépendance, pouvaient opter pour le régime kabyle, musulman ou français. Parmi l’assistance, ceux d’en-bas ont été choqués par un mode de domination qu’ils croyaient révolu ; d’autres, ne comprenant pas exactement l’enjeu de l’admonestation, furent simplement amusés par la scène.

AKSOUH La nacre de l’être, exposition Université J Jaurès, Toulouse

   AKSOUH La nacre de l’être

mon-choix-aksouh-photo-4Vernissage le mardi 10 janvier 2017 à 18h, avec une performance de Michel-Abdeslam Raji AYAT AL WUJUD OU SIGNES DE L’EXISTENCE

Exposition du 11 janvier au 10 février 2017, ouverte du lundi au vendredi de 10h à 17h (La Fabrique – Le Cube)

Mohamed Aksouh est né le premier juin 1934 à Bolghine (Saint-Eugène) à l’ouest d’Alger et la Casbah constitue le cadre de son enfance, quand il entreprend de sculpter puis de peindre. Aksouh a exercé son métier de forgeron, depuis l’âge de dix ans-et continuera jusqu’en 1998.

Peintre et graveur non figuratif et appartenant à la génération des « fondateurs » de la peinture algérienne moderne, il vit et travaille à Ivry sur Seine depuis 1976.

Le secteur cultures du monde, à travers cette exposition, prolonge le travail déjà publié dans la revue Horizons Maghrébins en 2005. Ce faisant, nous traduisons notre projet, depuis 1984, de synergie entre activité éditoriale et activité artistique.

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Mohammed Habib Samrakandi

« Sous la trame du visible les bandes lumineuses que tissent Aksouh laissent percevoir la chaîne même qui le soutient. Le peintre, l’ayant délivré de l’apparente stabilité des choses qui le constituent, atteint une aura de vapeur, en filigrane que cristallise à peine son irradiation. Univers d’affleurements : mosaïques à demi effritées, strates de pierres se levant du fond d’anciens murs écaillés, cailloux ou galets sertis dans la poussière des chemins comme dans les marbrures de la vague. Ou scintillements furtifs de mica, tremblement du feuillage des oliviers, miroitements d’un envol de lycènes, ou d’argynnes. » Michel Georges Bernard (Extrait de l’article de : Michel Georges Bernard ‘’ Escales au pays de la lumière, la peinture d’Aksouh, p.185- 190, du dossier Cahier-couleur, consacré au peintre algérien AKSOUH, in Horizons Maghrébins – le droit à la mémoire – n°52/2005, Presses universitaires du Mirail.

Le vernissage a été très chaleureux, entre la qualité des oeuvres exposées et la prestation de la danse initiatique

inauguration de l'exposition

inauguration de l’exposition

 

le danseur se présente

le danseur se présente

le danseur en mouvement

le danseur en mouvement

le danseur en voltige

le danseur en voltige

 

 

Camille Lacoste- Dujardin, La kabylie du Djurdjura: découverte?

Camille Lacoste-Dujardin, La kabylie du Djurdjura: le bastion montagnard et la diaspora, Editions Achab, 2014,, 172 p

couverture: le Djurdjura

couverture: le Djurdjura

L’auteure, déjà malade, n’a pu qu’à peine regarder son dernier ouvrage. Il reprend bien sûr beaucoup d’éléments déjà présents dans ses livres antérieurs. Mais son éditeur de Tizi Ouzou, en Grande Kabylie, a su mettre en valeur un manuscrit – témoignage, où Camille Lacoste, en un livre court, synthétise sans précautions ni langue de bois ce qu’elle sait sur le monde kabyle après 64 ans de fréquentation. Edition précieuse et peu connue d’un petit éditeur, qui a pris soin de mettre à jour soigneusement la bibliographie de l’auteure, mais aussi la liste des textes essentiels parus depuis 1962 sur cette Kabylie (les textes antérieurs étant recensés dans l’ouvrage de notre auteure (Bibliographie ethnologique de la Grande Kabylie, Paris- La Haye, Mouton, 1962, 104 p.) Ce livre circule-t-il en Algérie, et particulièrement en Kabylie ? Pour ce qui est de la France, il est à peu près inconnu et nous sommes heureux, au groupe Coup de soleil de Toulouse, de le faire connaître après avoir travaillé récemment sur les textes déjà connus Camille Lacoste Dujardin. http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2016/08/13/camille-lacoste-dujardin-lectures-contes-autour-des-femmes-kabyles-toulouse-maison-de-la-diversite-rue-daubuisson-lundi-26-septembre-a-18h-30/

 

Elle insiste sur le rôle de « bastion » d’une civilisation que représente la Kabylie, sur le très long terme, comme symbole d’un esprit de résistance typiquement algérien, sans masquer tous les conservatismes et les querelles internes qui vont avec. Elle ne masque en rien les conflits récurrents qui opposent ce bastion aux autorités politiques, là aussi sur le long terme, en particulier pour la période coloniale et la période indépendante depuis 1962. Elle montre aussi que ce pays pauvre très densément peuplé n’a pu survivre que grâce au travail en émigration pour ses habitants, d’abord à Alger et dans tout le Maghreb central et oriental, puis précocement outre mer en France et ailleurs. Cette émigration n’empêche en rien, au contraire, l’évolution dynamique d’une culture qui a cessé d’être purement orale, ce dont témoignent les livres que les Editions Achab publient en tamazight. Merci pour cet ouvrage, en français celui-ci.

Musique, Oud, Bagatelle, Toulouse: Loopuyt 19 novembre 2016

19 Novembre à 20h30

Concert de LOOPUYT

Maison de quartier de Bagatelle

Impasse du Bachaga Boualem

Métro Bagatelle

(cliquer ici pour voir l’affiche du spectacle) affiche-loopuyt

 

Les parfums de ma terre, film 1er décembre 2016

retour à Guelma

Retour à Guelma

Parfums de ma terre, film, 1er décembre 2016, 19h30, Espace diversité, Rue d’Aubuisson, Toulouse

Jacky raconte

Jacky raconte

A l’invitation de l’association Coup de Soleil de Toulouse et de l’association des Pieds Noirs Progressistes Jacky Malléa, de Perpignan, est venu présenter le film de Medhi Lallaoui « Les parfums de ma terre » le premier décembre à Toulouse. Ce documentaire, très émouvant, retrace le parcours de Jacky, de son enfance à Guelma en Algérie, lieu d’un épouvantable massacre d’Algériens le 8 mai 1945 et les jours suivants, de son refus de participer militairement à la guerre, de l’exode de sa famille en 1962, de sa vie en France ainsi que de ses voyages de retour à sa terre d’origine. Sans dévoiler l’extraordinaire secret de famille qui rend son témoignage si fort, nous sentons bien qu’il s’agit là d’un combat de toute une vie pour une « nostalgie positive », pour construire l’amitié entre les peuples divisés par

Jacky et les spectateurs

Jacky et les spectateurs

l’Histoire.
Ce fut une belle projection, suivie d’un débat instructif et chaleureux, dans l’amphi de l’Espace des diversités et de la Laïcité à Toulouse.

Pour en savoir plus sur les films de Medhi Lallaoui http://alger-mexico-tunis.fr/?p=1129

 

En Algérie: retrouver les anciens harkis

 

couverture du livre de Pierre Daum

couverture du livre de Pierre Daum

Pierre Daum, Le dernier Tabou, les « harkis » restés en Algérie après l’indépendance, 2015, Actes Sud.

voir aussi http://coupdesoleil.net/blog/harkis-en-algerie-coup-de-sonde-en-profondeur/

Le 12 octobre 2016, à l’Espace Diversité et Laïcité de Toulouse, une conférence vivante et passionnante organisée par Les amis d’Averroès et les Pieds Noirs Progressistes dans le cadre de la quinzaine algérienne. Sur le sort des harkis restés en Algérie, les livres d’historiens nous ont déjà beaucoup appris, sauf un trait pas assez souligné précédemment : quelle que soit la difficulté matérielle à émigrer vers la France en 1962 pour « ceux qui ont travaillé pour la France », bien peu en réalité ont fait le choix quand leurs officiers français le leur proposait, certes dans l’urgence de mars 1962, avec un délai de 24 heures pour se décider, pour eux seuls, pas pour leurs proches. Mais aussi plus tard pour ceux qui sortent d’un long séjour dans les prisons algériennes (autour de 1/10e de « ceux qui ont travaillé pour la France » ont été incarcérés) : ces harkis le plus souvent ne peuvent moralement risquer ce départ vers l’inconnu, seuls et en laissant les leurs derrière eux.

Mais Pierre Daum nous en dit beaucoup plus sur le vécu de cette immense majorité de harkis retournés dans leur milieu familial. Il nous conte sa recherche en s’accompagnant d’un carrousel d’images : photos d’archives de la guerre d’Algérie, photos actuelles de ses interlocuteurs et de leur vie dans les bourgades où il a conversé avec eux. C’est Fatima Besnaci Lancou qui l’a mis sur la voie de ses interlocuteurs. Ses témoins sont une soixantaine de vieux messieurs, rencontrés souvent plusieurs fois, au seul café de la bourgade où ils vivent, lieux comme il y en a des milliers en Algérie. Comment les a-t-il retrouvés ? En général un descendant de l’ancien harki, qui sait se connecter en informatique au « cyber » de la bourgade (peu ont la liaison informatique chez eux et ce serait en ce cas imprudent de se servir de sa propre adresse). Ce descendant a envoyé un message internet à une des nombreuses associations de harkis en France.

Pierre Daum

Pierre Daum

Cette association a transmis le e-mail à Pierre Daum qui a pris contact. Il va en Algérie, bien sûr sans faire savoir le but de son voyage : dans les « bleds » ou les « djebels », les services de sécurité détestent laisser des étrangers isolés circuler librement, c’est-à-dire en tout cas au risque d’un enlèvement qui peut tourner mal. Une fois en Algérie, avec une voiture de location, il va discrètement rencontrer son contact. Celui-ci lui raconte comment il a vécu difficilement, tout comme le petit groupe qu’il connaît de « ceux qui ont travaillé pour la France » (une ou quelques dizaines de gens). Ils avaient en général été recrutés sans discours idéologiques : besoin d’un salaire pour le recruté, besoin de main d’œuvre de supplétifs pour l’armée ou l’administration françaises. Du cercle des anciens harkis de sa bourgade que connaît le vieux monsieur, c’est à peu près un sur dix qui est parti en France, moins de un sur dix qui a été assassiné en 1962. Les massacres collectifs ont été l’exception. Les individus assassinés isolément sont chacun un cas particulier : vengeance entre familles, individu connu pour avoir participé à des viols (participer à des tortures était un crime plus courant et moins impardonnable), malchanceux qui se trouve face à un « marsien » (c’est-à-dire un « patriote » de la dernière heure qui veut se dédouaner, pressé de démontrer son héroïsme à peu de frais).

Dans la discussion qui suit la conférence on évoque les cas beaucoup plus nombreux de harkis victimes d’humiliations et de tabassages, aussi ceux (des milliers) envoyés faire le déminage des zones frontalières du Maroc et de la Tunisie, travail à haut risque faute d’avoir obtenu de l’armée française les plans des champs de mines.

Pierre Daum, le plus souvent, a changé le nom des témoins interrogés, mais pas celui de la localité. Ceux qui ont voulu parler ouvertement sous leur propre nom sont l’exception. Le terme de harki en Algérie est devenu un nom commun, une insulte pour désigner un traitre. Mais aux services de l’Ambassade de France en Algérie, des milliers de dossiers de harkis sont déposés deppuis 2010 par d’anciens harkis pour obtenir la pension du gouvernement français à laquelle ont droit ceux qui peuvent prouver qu’ils ont « servi la France », où que ce soit qu’ils habitent. Mais plus d’un demi siècle plus tard ceux qui sont encore en vie et qui ont conservé le contrat (devenu infamant) d’engagement comme auxiliaire de l’armée française ne sont bien sûr qu’une petite minorité parmi les quelque 400 000 personnes concernées en 1962. Si tant de courriers électroniques parviennent en France aux associations d’anciens harkis, c’est que leurs enfants ou petits enfants espèrent quelque chose de la France : sans doute un visa ou une pension. Le gros livre de Pierre Daum est certes forcément répétitif, mais sa lecture est passionnante.

Pierre Daum a le souci de ne rien avancer qui ne soit sûr, de croiser les témoignages recueillis. Il a mené une enquête irremplaçable, même si on peut trouver bien d’autres témoignages, en particulier dans les oeuvres littéraires, comme le récit de Zahia Rahmani –Moze, 2016, Paris, SW poche. Par exemple http://alger-mexico-tunis.fr/?p=715 a exploité les mêmes sources historiques que Pierre Daum

4e journées culturelles franco-algériennes des Ami(e)s d’Averroès

PROGRAMME – 2016

Lundi 3 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

OUVERTURE DES 4ES JOURNÉES CULTURELLES

FRANCO-ALGÉRIENNES

Rencontre avec les ami(e)s et adhérents des « Ami(e)s

d’Averroès ». Bientôt 10 ans et toujours là, petit bilan d’une

expérience associative toulousaine pour le vivre ensemble.

Verre de l’amitié, exposition photos, pause musicale avec le

musicien Thierry Di Filippo. Discours, échanges, adhésions…

Mardi 4 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

TABLE RONDE : « MÉMOIRES COMMUNES »

Autour de l’engagement de citoyens français et algériens

d’origine européenne en faveur de l’indépendance de l’Algérie

Avec : Jean-François Soulet, historien et professeur émérite

d’histoire contemporaine, sera le modérateur, Sybille Chapeu,

docteur en histoire, auteure de l’ouvrage « Des chrétiens

dans la guerre d’Algérie », Alexis Sempe, historien, auteur

de « Un instituteur communiste en Algérie », Philippe Samson,

directeur de rédaction du journal Alters Echos.

Mercredi 5 octobre à 19 h Salle Osète de l’Espace Duranti

RENCONTRE-DÉBAT : « LES GAZ ET PÉTROLE DE SCHISTE

SUR LES DEUX RIVES DE LA MÉDITERRANÉE »

Une planète, des enjeux communs.

Avec : Mouhad Gasmi, du Collectif contre le gaz de schiste

(In Salah, Sahara algérien), Messaoud Babadji, universitaire

et militant associatif (Oran, Algérie), Sylviane Baudois,

collectif 32 Non au gaz de schiste.

Vendredi 7 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

CONFÉRENCE : « FRANCE-ALGÉRIE, HISTOIRE COLONIALE,

QUELLES RUPTURES, QUELLES CONTINUITÉS ? »

Avec : Olivier Le Cour Grandmaison, historien, politologue,

maître de conférences à l’université d’Evry-Val d’Essonne,

Jacques Pradel, universitaire et responsable de l’Association

Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs amis,

travaillant sur la mémoire.

Samedi 8 octobre à 20 h 30 La Cave Poésie

CONFÉRENCE-CONCERT : « SABIRAÏ OU DES LANGUES

DANS LA CHANSON RAÏ »

Avec : Hadj Meliani, professeur-chercheur à l’université

d’Oran sur le « patrimoine immatériel algérien », Musiciens.

Lundi 10 octobre à 20 h 30 Cinéma ABC

FILM-DÉBAT : « DANS MA TÊTE, UN ROND-POINT »

Documentaire de Hassen Ferhani (2015, 1 h 40)

Dans le plus grand abattoir d’Alger, des hommes vivent et

travaillent à huis-clos aux rythmes de leurs tâches et de leurs

rêves. L’espoir, l’amertume, l’amour, le paradis, l’enfer et le

football se racontent. Une métaphore de l’Algérie d’aujourd’hui.

Avec : un membre de la production (sous réserve).

Séance gratuite dans la limite des places disponibles

(séance prise en charge par la Mairie de Toulouse)

Mardi 11 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

CONFÉRENCE-DIAPORAMA : « L’ ALGÉRIE A ÉTÉ ROMAINE,

UN PEU, BEAUCOUP… ». Le patrimoine archéologique algérien

Avec : Nacéra Benseddik, épigraphiste, historienne et

archéologue algérienne.

Mercredi 12 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

RENCONTRE AUTOUR DE L’HISTOIRE DES HARKIS

On pense en général que les harkis ont soit réussi à s’enfuir

en France, soit été massacrés au moment de l’indépendance.

En réalité, la plupart vivent toujours en Algérie depuis un demisiècle.

Une vérité difficilement acceptable des deux côtés de

la Méditerranée. Avec : Pierre Daum, écrivain et journaliste

d’investigation auteur du livre « Les harkis, le dernier tabou ».

Jeudi 13 octobre à 19 h Espace diversités laïcité

CONFÉRENCE « ÉVOLUTIONS GÉOPOLITIQUES ET RAPPORTS

FRANCO-ALGÉRIENS »

Avec : Daho Djerbal, sociologue et historien algérien.

Vendredi 14 octobre à 19 h Salle du Conseil Départemental 31

CONFÉRENCE « HÉRITAGE ET APPORT D’AVERROÈS

À LA CIVILISATION OCCIDENTALE »

Avec : Ghaleb Bencheikh, docteur ès Sciences Physiques,

philosophe, islamologue, producteur et présentateur de

l’émission hebdomadaire « Cultures d’Islam » sur France 2.

Samedi 15 octobre Le Bijou

SOIRÉE DE CLÔTURE : RÉCITAL MUSICO-POÉTIQUE

ET BUFFET AMICAL

(uniquement sur réservation : lesamisdaverroes@yahoo.fr)

Avec : Magyd Cherfi, auteur, chanteur, compositeur.