On aime,on soutient



Soirées d’Averroes, Mars-Juin 2019, 4eme édition

Occident Orient : frontière/opposition ou échange/compréhension ?
Islam(s), islamisme(s), au pluriel tant l’écheveau peut être ténu entre tendances, nuances, déclinaisons et inclinaisons. Dans son projet de poursuivre la réflexion entamée, de tenter d’apporter des réponses à nos interrogations individuelles ou communes, l’association « Les Ami-e-s d’Averroès » vous invite à la quatrième édition des « Soirées Averroès » consacrées au thème Occident Orient. Elles proposent cette année de contribuer à éclairer ce rapport par une réflexion inaugurale sur la pensée d’Averroès, animée par Driss KSIKES, qui montre le caractère artificiel d’une opposition entre ces deux sphères de pensée. Avant que nous plongions dans une lecture passionnante de l’imaginaire occidental sur l’Islam à travers la littérature qui s’y est produite à travers les siècles que nous propose Nedim GURSËL. Après une soirée festive méditerranéenne qui mêlera danses, chants et musique (par Caroline ACHOUR et Brahim DHOUR) d’ici et de là-bas, nous vous inviterons à découvrir une lecture psychanalytique ancrée dans la pensée occidentale, du Livre des Musulmans avec Olfa YOUSSEF. Ce printemps de réflexion s’achèvera avec la présentation du premier volume sur la saga des premiers Califes, « éclairés », mais « maudits », sous la plume de la marraine de ces Soirées, Hela OUARDI.
En présence d’universitaires et de spécialistes de l’Islam
PROGRAMME
Vendredi 15 mars 2019, 19h – Espace Diversités-Laïcité, 38-rue d’Aubuisson (Métro J.Jaurès)
CONFERENCE-DEBAT 
Par Driss KSIKES autour de son ouvrage « Au détroit d’Averroès ».
 
Ecrivain, dramaturge, universitaire, critique littéraire et ancien rédacteur en chef du magazine TelQuel (2001-2006), il est actuellement en charge de projets de recherche média et culture, en partenariat avec plusieurs laboratoires du Maghreb et de la Méditerranée. Professeur de méthodologie, il anime des ateliers d’écriture et contribue à plusieurs revues littéraires et critiques internationales. A l’initiative de projets mettant l’art, la culture et le débat au cœur de la cité, il est co-fondateur des Rencontres d’Averroès à Rabat, de Dabateatr citoyen, du Collectif du Vivre ensemble, du Divan public, et coresponsable scientifique des Etats généraux de la culture au Maroc.
Lundi 8 avril 2019, 19h – Espace Diversités-Laïcité, 38-rue d’Aubuisson (Métro J.Jaurès)
CONFERENCE-DEBAT : «  L’islam dans l’imaginaire occidental » par Nedim GÜRCEL
 
Autour de son dernier essai « La seconde vie de Mahomet, le Prophète dans la littérature » (CNRS Editions, 2018). Franco-turc, il vit entre Paris et Istanbul. Il enseigne actuellement à l’université de Berne. Il est l’auteur de plus d’une trentaine de romans, nouvelles, récits et essais, pour lesquels il a été primé plusieurs fois. Il dit des rives du Bosphore qu’elles sont au carrefour de toutes les histoires. Il en a fait le creuset de son œuvre. Son écriture est multiple dans ses formes, mêlant lyrisme, romance, humour, épique, érotisme, ou même fantastique.
 
Mardi 9 avril 2019, 19h – Espace Diversités-Laïcité, 38-rue d’Aubuisson (Métro J.Jaurès)
SOIREE CULTURELLE MEDITERRANEENNE
En première partie : Caroline ACHOURI
Oscillant entre Orient et Occident, traditions séculaires et influences actuelles, elle est professeure de danse orientale et de Tribal BellyDance à Toulouse. Pionnière dans la région Midi-Pyrénées de ces deux courants de danse, elle est aussi chorégraphe et interprète de la Compagnie Al-Raqs, directrice de la Tribu Purple Haze (Tribal Fusion) et de la tribu BellyWarda, et enfin co-fondatrice du Festival « Back to the Roots ».
En seconde partie : Brahim DHOUR et l’Ensemble Méditerranéen
Musique subtile, raffinée, parfois même envoûtante qui vous transporte sur l’autre rive de la Méditerranée. Mais les ponts sont là. L’Espagne et l’Andalousie se mêlent aux sonorités du oud, de la guitare, de la flûte égyptienne. Alors, parfois seulement, une voix s’extrait, s’échappe des instruments qui finissent par la rejoindre, la suivre, l’accompagner. Le tambourin se fait alors plus sage, le qanoun est caressé du bout des doigts…
 
Jeudi 11 avril 2019, 19h – Espace Diversités-Laïcité, 38-rue d’Aubuisson (Métro J.Jaurès)
CONFERENCE-DEBAT : « De la religion à la foi : approche psychanalytique » par Olfa YOUSSEF
Autour de son ouvrage « Le Coran au risque de la psychanalyse ».
Universitaire et écrivaine tunisienne, elle a publié plusieurs ouvrages dans lesquels elle propose une lecture ouverte et sans tabous des textes sacrés, présentant une nouvelle lecture de la tradition musulmane.
 
Mercredi 26 juin 2019, 19h – Espace Diversités-Laïcité, 38-rue d’Aubuisson (Métro J.Jaurès)
 
CONFERENCE-DEBAT : « La saga des Califes » par Hela OUARDI
Autour de son dernier ouvrage « Les Califes maudits (titre de la série). Tome 1 : La Déchirure ». 
Professeure de littérature et de civilisation françaises, et chercheuse associée au laboratoire d’études sur les monothéismes (LEM) au CNRS. Premier ouvrage (« Les derniers jours de Muhammad », éd. Albin Michel) qu’elle nous a fait l’honneur de présenter au cours de l’édition 2017 des Soirées Averroès. Invitée à nouveau en 2018, elle nous annonçait son second ouvrage qui paraît ce printemps. C’est fait, elle viendra nous présenter le premier volume de cette saga consacrée aux premiers califes de l’Islam : « Les Califes maudits (titre de la série). Tome 1 : La Déchirure ».
ORGANISÉES PAR LES AMI.E.S D’AVERROES EN PARTENARIAT AVEC L’APRES ET LES PIEDS NOIRS PROGRESSISTES ET LEURS AMIS
LES AMI-E-S D’AVERROES
4 bis Cheminement Robert Cambert
BP 83506
31000 – Toulouse-  Cedex 1

Juan Goytisolo, Université Toulouse Jean Jaurès

Pour voir l’affiche de cette exposition, à partir du 13 mars, Bibliothèque centrale, cliquez ici:

http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/wp-content/uploads/sites/12/2019/03/dv-Juan-Goytisolo.pdf

Kamel Dad à Ombre Blanche, 8 novembre 2018

Le 8 novembre 2018, 20h30, à la Librairie Ombre Blanche, Kamel Daoud présente son nouveau roman

Journées culturelles franco-algériennes

Venez nombreux à cette manifestation annuelle organisée par :

Les Ami-e-s d’Averroès et les associations partenaires, elle aura lieu du 1 au 15 octobre prochain et comme à l’accoutumée, universitaires, historiens, chercheurs, témoins venus d’Algérie et de France nous aideront à encore nous questionner, débattre, avancer des éléments de réponses sur le thème de l’année. 
Des artistes nous accompagneront également : musiciens, caricaturiste, cinéaste… pour une quinzaine que nous espérons riche en rencontres et échanges.

[gview file= »http://coupdesoleil.net/wp-content/uploads/2018/09/AFFICHE-Journees-culturelles-franco-algériennes-2018.pdf »]

ARP/PHILO: du nouveau en Algérie, printemps 2018

Session ARP Philo  Expérience Collective du 20 au 30 Mars 2018.

Voyage Atelier itinérant en ALGERIE.

Les groupes, Français, Algériens et Tunisiens se sont retrouvés pour une mise en commun d’une richesse culturel, d’échanges philosophiques sur une réflexion partagée « La Pensée Créative », l’approche Artistique, Esthétique.

Les groupes ont mené un travail interculturel, intergénérationnel et inter statutaire tout confondu ( Inspecteur, Enseignants, Elève, Parent/Enfant), en présence d’Enseignants et cadres de l’Education et aussi d’Enfants volontaires sur le thème  » la Créativité à l’Ecole ». Nous avons eu la possibilité de voir et d’animer des Ateliers Enfants et  d’entendre philosopher des enfants.

L’objectif Général de ce voyage atelier itinérant a été de pratiquer la réflexion partagée à visée philosophique sur la pensée créative, et, pour nous  participants, se former à l’animation de « Moments Philo »  par la pratique et la théorie.

La pratique de  l’éducation Civique en Algérie ouvre une porte possible pour les ateliers Philo.

Déroulement du voyage atelier :

GHARDAIA : Atelier enfants à partir d’un film documentaire sur la Planète et le respect de l’environnement. Atelier adultes itinérant à SebSeb (Palmeraie et la Culture du sable).

LAGHOUAT : Atelier documenté  et lectures partagées de poèmes choisis, dans le cadre du Festival de la Poésie Féminin en présence de la poétesse Fouzia LARADI.

BOUSAADA (Cité Du Bonheur):Atelier enfants « logico-mathématique » puis avec des adolescents à l’école ELMOUNIR à partir du film d’animation de Djilali BESKRI sur le thème du « cadeau ». Ensuite, Atelier adultes « approche d’une œuvre » au musée Nessredine DINET en présence d’artiste peintre.

TIPASA : Atelier documenté avec des étudiants en philo mené par le  projet  de Malika BENDOUDA et Nacer BOUHOUIA. Suivi d’un atelier documenté enfants à partir du texte «  Vincent l’éléphant ou Méssaoud en arabe et la bande des grands ».

En résumé, nous avons rencontré chez les Algériens une volonté d’instaurer une dynamique autour des ateliers Philo documenté. Certains existent déjà  dans des écoles privées et  fonctionnent grâce à l’investissement personnel d’enseignants qui se sont saisi de ce projet Philo pour qu’il perdure. (Yasmina Houari)

Des coupures de presse pour la session de Tipaza http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/wp-content/uploads/sites/12/2018/04/DUPIN-Danielle-Algérie-avril-2018.pdf

Rappelons que notre chronique antérieure concernait les travaux 2015 à 2017 (http://coupdesoleil.net/midi-pyrenees/2015/07/02/ateliers-philomaroc-en-mai-2015-toulouse-en-octobre-2015/

ALGÉRIE MARS 2018 Journal de voyage de Danielle Dupin (merci à Danielle de nous avoir permis d’utiliser de larges extraits de son texte)

Dimanche 18 mars

Mes origines se rappellent à moi en ce presque jour anniversaire  du 19 ; période de retrouvailles avec mon pays de naissance, l’Algérie ! Origine : le Chlef, ce fleuve qui passait à Orléansville rebaptisée El Asnam puis depuis, Chlef… ville des tremblements de terre où je suis née il y a 78 ans.

D’abord les visas et démêles avec le consulat de Toulouse ; alors que partout ailleurs tout se faisait en 48 h nous sommes restés dans l’attente… depuis novembre ! Il nous a fallu déployer des trésors de patience, de diplomatie et de sollicitations d’intervention à tout niveau pour faire avancer notre dossier : Ministère ENA, COOP Algérie-France, Magistrat de liaison des ambassades, Affaires Étrangères…pour ENFIN voir la situation se débloquer le dernier jour et sans savoir pourquoi! J’ai eu les passeports tamponnés le vendredi 17 à midi, pour un départ le 18 ! Arrivés à l’aéroport d’Alger, nous trouvons plus commode d’accepter un taxi qui se présente et nous propose de nous conduire toutes  les 5 à Alger centre avec bagages pour … 7,50 euros, c’est bon !

Dialogue avec Fatiha Agag Boudjahat

affiche: le livre

et l’auteure

Venez nombreux pour dialoguer à propos de son livre 

Grand détournement

30 mars 2018, 19 h

Librairie L’autre rive

24 Avenue Etienne Billières

Toulouse

 »

Invitée à la Grande librairie le mois dernier aux côtés d’Elisabeth Badinter, Fatiha Agag-Boudjahlat, porte une parole nouvelle sur les questions de laïcité notamment mais aussi de tolérance et de féminisme. Il y a peu elle interpellait le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer sur le plateau de « L’Emission politique » sur France 2. Enseignante à Toulouse, nous avons souhaité l’inviter pour discuter ensemble autour de son livre  » Le Grand détournement » aux éditions du Cerf.

« Égalité, mais aussi laïcité et encore droit, justice : ces mots, qu’on croyait universels, sont, chaque jour, détournés de leur sens. Du « féminisme », au nom duquel le voile intégral devrait être autorisé, au « patriarcat » qui n’est combattu que lorsqu’il se présente sous les traits du « mâle blanc », en passant par la « tolérance », invoquée pour justifier l’excision, ou la « culture », qu’on évoque désormais contre la loi de la Nation, c’est l’histoire d’un détournement sémantique qui nous est ici contée. Un plaidoyer pour que l’écologie du langage serve à redonner voix à la politique et à la République fraternelle.»


Enseignante, cofondatrice du mouvement citoyen Viv(r)e la République, ex-secrétaire nationale du MRC en charge de l’Éducation, Fatiha Agag-Boudjahlat vit à Toulouse.

Terrorisme: lire Libération et discuter

Cyril Dion, journaliste

Cyril Dion, journaliste

Le terrorisme se nourrit de l’humiliation Par CYRIL DION, Ecrivain, réalisateur

Marc nous propose de lire et de discuter…

Qu’est-ce que la jeunesse, dont la culture a été rabaissée par la colonisation politique, puis économique de l’Occident, peut envisager pour redresser la tête? C’est une question que l’on doit se poser si l’on veut espérer en finir avec le fanatisme.

Il y a quatorze ans, dans la grande salle d’un château suranné surplombant le lac de Montreux, le chef du protocole de Yasser Arafat se tenait au milieu d’un cercle de diplomates, de religieux, de responsables politiques, d’universitaires, de théologiens, israéliens, palestiniens, algériens, français, anglais, suisses, américains… J’avais 24 ans et j’organisais, avec la fondation Hommes de parole, des congrès pour relancer le processus de paix au Proche-Orient. Arrivé avec une journée de retard, l’homme nous racontait de quelle façon il avait quitté la Palestine pour nous rejoindre. L’exfiltration clandestine par l’Egypte, les contorsions pour ramper sous la clôture barbelée (il était obèse), la nuit passée à même le sol du désert, les heures de marche, l’auto-stop, pour finalement parvenir aéroport du Caire, puis à celui de Genève, puis prendre le train à nouveau jusqu’à Lausanne, puis encore dans la montagne helvète et finalement se retrouver parmi nous. Ereinté. Poisseux. Malodorant. Après trois jours de voyage.

Nous qui n’avions eu qu’un train ou un avion à attraper, dans lequel nous avions certainement lu, dormi. Où l’on nous avait peut-titre servi un «snack» et des «rafraîchissements » et nous avait menés à bon port en quelques heures à peine. J’étais jeune, ignorant. Je pensais qu’il cherchait à justifier son retard. En réalité, il nous signifiait qu’à l’heure d’entamer les discussions de paix, nous n’étions déjà plus sur un pied d’égalité. Nous ne l’avions jamais été.

A cette époque (entre 2003 et 2006), je séjournais régulièrement à Tel-Aviv, Jérusalem, Ramallah, et je passais parfois par Hébron, Haïfa, Gaza, Bethleem… Vu de l’extérieur, Israël me paraissait un pays en guerre. De l’intérieur, il ressemblait exactement a ce que nous vivons aujourd’hui en France: des militaires patrouillant, des hommes et des femmes sur le qui-vive mais ayant intégré la possibilité d’un attentat dans leur quotidien. La relation qu’Israël entretient avec les Territoires palestiniens a, à mon sens, beaucoup de similitude avec celle qu’entretient l’Occident avec les pays qui ont exporté sur son sol le terrorisme. Et malheureusement, cette histoire est abondamment nourrie de domination, de colonisation, d’humiliation.

Dans leur excellent livre l‘Invention tragique du Moyen-Orient, Jean-Paul Chagnollaud et Pierre Blanc (Editions Autrement, 18,90 euros) retracent les circonstances qui ont conduit le Royaume-Uni et la France a démanteler l’Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale, traçant des frontières souvent arbitraires et peu regardantes des cohérences ethniques, culturelles locales. Ils expliquent à quel point ce découpage hautement stratégique, cette humiliation en règle des populations de la région et du pouvoir ottoman (qui n’est pas sans rappeler celle infligée par le traité de Versailles) a non seulement contribué à construire un ressentiment grandissant mais une véritable poudrière.

Pendant des années, le conflit israélo-palestinien a été le symbole le plus visible de cette tragique recomposition historique. Dès les années 30, les Palestiniens et les Kurdes furent les grands oubliés du partage territorial et politique. Mais après les grands mouvements de décolonisation, l’envahisseur européen, le colon, fut désormais symbolisé par Israël. État dont l’Occident avait impose la présence. De surcroit peuplé de juifs au milieu d’un vaste espace musulman. Juifs luttant à leur tour pour maintenir l’espace géographique et politique de leur existence. Pour ne pas disparaitre. Eux qu’un fou sanguinaire avait essayé d’éradiquer de la surface de la planète.

Autant dire qu’il fallait une sacrée dose d’optimisme pour croire que cela allait fonctionner. Des lors, la souffrance du peuple palestinien a été utilisée, instrumentalisée, par nombre de mouvements djihadistes comme un symbole de l’humiliation que l’Occident (chrétien et juif) a fait subir à la culture musulmane. Les images d’enfants gazaouis démembrés, ensanglantés, sont utilisées pour recruter, jusque dans les ghettos des banlieues européennes où l’humiliation économique, sociale, le passer colonial permettent de faire résonner le message. Désormais s’y ajoutent les images d’enfants syriens, irakiens, libyens. Comme le souligne l’islamologue François Burgat, la réponse a l’écrasement se cherche un  véhicule identitaire, culturel. On cherche à hisser ses propres couleurs pour bien se différencier de l’ennemi. Car, que peuvent penser les habitants d’Irak, de Syrie, de Libye, dont la France et le Royaume-Uni ont morcelé les territoires au début du XXe siècle après les avoir colonisés, qui ont à nouveau été envahis par les Américains et les Français, dont les maisons sont détruites, dont les économies sont effondrées, mais qui peuvent voir sur leurs téléviseurs ou écrans de smartphone que, dans nos pays, règnent la paix et une certain opulence? Que peut penser une partie de la jeunesse issue de l’immigration des pays colonisés par la France, reléguée dans des ghettos périphériques, stigmatisée, mais en même temps excitée par l’appétit consumériste, la culture du fric qui a déjà fait tant de ravages dans les banlieues majoritairement peuplées de Latinos et d’Afro-Américains aux Etats-Unis ?

Qu’est-ce que cette jeunesse, dont la culture a été rabaissée par la colonisation politique, puis économique de l’Occident, peut envisager pour redresser la tête, tout en défendant son identité propre ? Le voile, la barbe, le Coran. Comme des étendards. Et bonne nouvelle, une secte s’est structurée en armée pour les accueillir.

Il ne s’agit pas de nier la folie destructrice que porte la secte Daech, mais de se demander ce qui peut rendre une partie de la population perméable à ses concepts. Comme une partie de la population allemande l’a été au nazisme La folie pousse sur un terreau, comme les insectes ravageurs fondent sur les plantes affaiblies par un sol malade.

Notre politique sécuritaire, si nécessaire soit-elle, ressemble aux épandages de pesticides, au traitement que l’on applique lorsqu’il est trop tard et que le mal est fait. Mais si nous ne soignons pas le terrain, si nous n’agissons pas à la racine du mal, nous serons condamnés à reproduire le traitement, encore et encore. Avec les conséquences à long terme que nous connaissons. Nous agissons comme des « pompiers pyromanes» selon l’expression chère à Pierre Rabhi. Humiliant, manipulant, finançant d’une part et tentant de contenir les conséquences de l’autre.

Je ne prétends pas être un expert en géopolitique ou en terrorisme international. J’ai seulement passé quelques années au Moyen-Orient, au Maghreb, à tenter de rapprocher Israéliens et Palestiniens, juifs et musulmans. Mais je pense y avoir appris une chose : la violence, le terrorisme se nourrissent de l’humiliation. Nulle issue ne pourra être trouvée aux défis que nous affrontons sans rendre aux populations de Gaza, de Bagdad, de Mossoul, de Homs, de Tripoli, mais aussi des banlieues déshéritées de Paris, Bruxelles, Londres ou Barcelone, des faubourgs de Ouagadougou et de Bamako, leur dignité, leur indépendance économique et politique. La capacité de penser par eux-mêmes, d’orienter leur propre destin, affranchi du joug d’un ultralibéralisme prédateur, invasif, tout autant que des fanatiques islamiques.

Pour cela, il me semble que nous devons comprendre les récits qui s’entrechoquent et ont construit notre histoire commune. Retrouver notre capacité d’accepter l’altérite, de faire preuve d’empathie, de pouvoir nous identifier au sort de ces peuples. Dans cette bataille, il ne nous faudra pas que des armes, des cameras de vidéo surveillance et des policiers, mais également l’apport précieux de la littérature, du cinéma, de l’histoire, de la rencontre et de la démocratie. Par la culture, par le pardon, peut-être pourrons-nous nous comprendre et imaginer ensemble un avenir commun. Par une véritable démocratie, nous pourrons le construire.

 

 

Dimanche 7 mai 2017 : ne jouons pas avec le feu !

(appel de l’association Coup de soleil –Midi Pyrénées, à l’occasion des élections présidentielles françaises)

 Tout comme notre association nationale (voir http://coupdesoleil.net/blog/au-racisme-coup-de-soleil-et-elections-presidentielles-francaises-2007/), la section toulousaine de Coup de soleil appelle à barrer la route au Front national. (Texte adopté en réunion le 5 mai 2017)

 Dimanche 21 avril 2002, résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française : le leader de l’extrême droite est qualifié pour le second tour (16,86%). Dix jours plus tard, le 1er mai 2002, les adhérents de Coup de soleil ont alors massivement participé aux manifestations de Paris, Lyon, Marseille, Montpellier et Toulouse. De manière toujours « a-politique » et toujours « positive », comme le veut la charte de notre association, nous défilions à Paris sous la banderole «  Pour une société française sûre d’elle-même, ouverte au monde et fraternelle ».

A coup de soleil, on discute!

A coup de soleil, on discute!

Dimanche 23 avril 2017, quinze ans après, résultats du 1er tour de l’élection présidentielle française : la cheffe de l’extrême droite est qualifiée pour le second tour (21,30%). Pour Coup de soleil en Midi Pyrénées, les choses sont claires : comme en 2002, et même beaucoup plus qu’en 2002, le danger est immense. Pour celles et ceux qui adhèrent à Coup de soleil, qui en sont proches, qui partagent nos valeurs, pas de vote Le Pen, cela va de soi ! A nous de faire que la liberté, l’égalité et la fraternité ne soient pas remises en cause dans notre pays.

 

Pizzeria Belfort, Zoubir et Hafid: notre maison commune

La cave, lieu magique des specacles

La cave, lieu magique des specacles

L’association Coup de Soleil Midi-Pyrénées veut exprimer sa profonde reconnaissance et son soutien à la Pizzeria de Belfort, à Zoubir et Hafid ses animateurs.

Ce lieu, qui nous permet de nous réunir régulièrement, en tant qu’association, depuis des années, est surtout un endroit où se vit une culture vivante, métissée et populaire, et ce dans un quartier totalement déserté.

la place, la nuit

la place, la nuit

Nous y avons toutes et tous vécu de très beaux moments de convivialité où, « pour une petite pizza de 10 euros » nous retrouvions cette « fraternité humaine » qui fait tant défaut ailleurs. Nous y avons applaudi des poètes sans prétention, des musiciens sans partition, des déclameurs, des vidéastes engagés, des militants de causes lointaines, des utopistes du dimanche…

Fermer c’est tuer ce lieu.

les fans, devant la pizzeria

les fans, devant la pizzeria

Alors nous demandons que des travaux soient entrepris pour régler les problèmes de sécurité qui entrainent sa fermeture. Il faut vraiment que la Pizzeria de Belfort soit aidée par la Mairie, par la Région, par les services culturels et par les associations pour que l’Étoile de Belfort puisse continuer à vivre et à donner du rêve et de l‘amitié  à ces « clients ».